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Table ronde nationale sur la santé et sécurité au travail

Le lundi 29 août 2010
Toronto (Ontario)

Sujet de discussion

Mme Lisa Raitt, ministre du Travail du Canada a rencontré des intervenants à Toronto pour discuter des enjeux de santé et sécurité au travail (SST), avec un accent particulier sur la santé mentale en milieu de travail.

Intervenants présents : 17 intervenants et une responsable du Programme du travail ont participés à la rencontre.

Points saillants de la discussion

La ministre a souhaité la bienvenue à tous, a présenté les participants et a fait les observations préliminaires suivantes :

  • Il est de plus en plus difficile de composer avec le stress et l'anxiété, et ce à tous les échelons de l'organisation. La stigmatisation l'emporte sur la sensibilisation et l'action.
  • En raison de la stigmatisation associée à la maladie mentale, les employés souvent ne veulent pas faire part de leurs inquiétudes à leur employeur. Sous l'effet d'un stress mental, ces employés peuvent éprouver encore plus d'isolement, ce qui aura pour effet d'accroître la maladie mentale et d'ouvrir la voie à la dépression.
  • On estime que 500 000 Canadiens s'absentent chaque jour du travail en raison de problèmes liés à la maladie mentale. Dans un tel contexte, il est important que le gouvernement du Canada organise ces tables rondes sur la SST.
  • Le gouvernement cherche à définir son rôle dans les efforts pour que les lieux de travail soient sécuritaires, et il souhaite mettre à profit les points de vue des intervenants.

Observations préliminaires additionnelles :

  • La ministre souhaitait que tous les intervenants réunis autour de la table s'expriment sur les leçons apprises et les pratiques exemplaires et prodiguent au gouvernement des conseils sur les enjeux liés à la SST.
  • En ce qui concerne la planification de la prochaine génération de politiques, la ministre se dit très inquiète des statistiques stupéfiantes sur la violence en milieu de travail. Particulièrement dans la fonction publique fédérale, où 40 % des plaintes se rapportent au stress en milieu de travail.
  • Aux yeux de la ministre, les intervenants sont des experts susceptibles d'aider le gouvernement à concentrer l'attention sur l'important dossier de la santé mentale en milieu de travail.

Le conférencier principal, M. Bill Wilkerson [1], a soulevé les importants points suivants :

  • Les ministres du Travail jouent un rôle vital dans le domaine des normes d'emploi, y compris la gestion des problèmes de santé mentale.
  • Selon les données estimatives, 75 % des nouveaux emplois qui prennent forme dans les économies américaine et canadienne exigent des aptitudes cérébrales plutôt que manuelles.
  • Les troubles de la dépression et de l'anxiété sont en croissance et on les retrouve plus couramment chez les hommes et les femmes d'âges de forte activité.
  • Il nous faut des principes sur le mieux-être. Les politiques doivent stipuler que l'on s'attend à de l'équité, à de la transparence et à une sérieuse réflexion en milieu de travail.

Les intervenants autour de la table ronde font état plusieurs défis qui se posent à eux :

  • À l'heure actuelle, il n'existe pas de normes nationales sur la sécurité psychologique en milieu de travail.
  • La santé mentale est étroitement liée à la productivité d'un employé. Un bon état mental est important pour la créativité et la productivité d'un employé. Ce lien, souvent, n'est pas suffisamment reconnu.
  • Les règlements en matière de SST sont communément axés sur de grands milieux de travail. Dans bien des cas, on n'accorde pas l'attention nécessaire à la santé physique et mentale des employés travaillant dans les petits milieux de travail.
  • En ce qui concerne les employés tenus éloignés de leur lieu de travail pour cause d'invalidité de longue durée, l'isolement accentue la dépression et ne favorise pas une réintégration saine au travail.
  • La seule prise en compte des personnes absentes du travail en raison de problèmes de santé mentale n'est peut-être pas suffisante en soi étant donné qu'une proportion bien plus grande de ceux qui sont au travail peuvent également ne pas se trouver dans un bon état.
  • On est généralement peu sensibilisé au fait que les problèmes liés au stress et à la santé mentale devraient être traités comme n'importe quel autre problème de santé physique.
  • En outre, les blessures physiques débouchent souvent sur une maladie mentale à long terme. Par conséquent, il est important de ne pas établir une distinction entre la maladie physique et la maladie mentale dans les milieux de travail.
  • Les cas de simulation de maladie mentale en milieu de travail ne font qu'exacerber la situation. Les coûts réels de prise en compte des séquelles dépassent les coûts médicaux qu'on croyait avoir évités.
  • Les employés doivent épuiser leur banque complète de congés de maladie avant de pouvoir toucher des prestations d'invalidité de longue durée. À l'heure actuelle, ceux qui ont moins de 90 journées d'accumulées doivent recourir à l'assurance-emploi pour une courte durée avant de toucher des prestations d'invalidité de longue durée - ce qui mène à une baisse importante du revenu. L'écart s'explique par l'absence de prestations d'invalidité à court terme.
  • On constate également un manque de mesures normalisées pour inciter les employés à rester au travail, Environ les trois quarts des personnes s'étant trouvées en congé de maladie pendant six mois sont devenues dépressives. Cette situation, à son tour, est l'une des raisons premières du nombre élevé de demandes de prestations d'invalidité pour cause de santé mentale.

Les intervenants ont fait état de plusieurs recommandations :

  • Le projet de loi 168 du ministère du Travail de l'Ontario a pour objet d'amender la Loi sur la santé et la sécurité au travail de manière à contrer la violence et le harcèlement en milieu de travail. Le projet de loi vise également la violence familiale au travail dans les cas où les employeurs ont connaissance d'une telle situation.
  • Il faut créer des outils adéquats, qui visent particulièrement les petites entreprises, afin de se conformer aux lois touchant les situations de maladie mentale ou de violence au travail.
  • Le fait de rester en contact avec les employés qui souffrent d'une invalidité de longue durée par le biais de bulletins, de services d'approche et d'appels téléphoniques peut avoir des répercussions positives et réduire l'isolement et la dépression.
  • 90 % des milieux de travail disposent de programmes d'aide aux employés (PAE). Il s'agit d'un service utile, mais sans rendement empirique du capital investi puisque le PAE est souvent un service réactif.
  • La Commission de la santé mentale poursuit des projets pilotes visant à contrer la stigmatisation en plus de mener des études sur les mesures qui aideraient vraiment à éliminer ce problème.
  • Il est important de soutenir l'élaboration de normes axées sur la santé mentale en milieu de travail.
  • Il est important de veiller à ce que les normes et les lois ne soient pas uniformisés, mais visent plutôt des cas particuliers communs à tous les employeurs, quelle que soit la taille de l'entreprise. Les employeurs doivent trouver des solutions qui leur conviendront.
  • L'éducation est nécessaire pour former non seulement les employeurs, mais les collègues sur les raisons pour lesquelles il est nécessaire de prendre des mesures d'adaptation et sur la manière de procéder.
  • Il est nécessaire d'imposer aux leaders des exigences en matière de rendement pour les stimuler à modifier les milieux de travail.
  • Les cadres subalternes devraient cerner les situations de violence en milieu de travail et se faire les défenseurs de la santé mentale des employés.
  • L'évaluation des risques peut se révéler une pratique de gestion utile pour contrer la violence en milieu de travail.
  • Les cultures organisationnelles doivent être inclusives. Il est important de pouvoir accepter ceux qui sont différents.
  • À l'heure actuelle, les employeurs peuvent trouver dans le domaine public, sans frais, bon nombre des outils et des ressources qui leur sont nécessaires. Ces outils et ressources, qui reposent sur de la recherche crédible, doivent être davantage étudiés et mis à profit (p. ex. le guide « Guarding Minds at Work »).
  • Il faudrait intégrer la santé psychologique dans les programmes universitaires pertinents afin de hausser le niveau de sensibilisation et de mobiliser les gens le plus tôt possible.
  • Les politiques offrent des occasions d'amélioration lorsqu'elles sont assorties de stratégies incitatives/dissuasives. Il faut revoir les politiques sociales qui font obstacle à ceux qui sont aux prises avec une maladie mentale épisodique, et il faut documenter les changements structurels.

Mot de la fin

La ministre Raitt a conclu la discussion en résumant les propos suivants des participants :

  • On pourrait effectuer une analyse de rentabilisation qui permettrait de formuler des opinions à court, moyen et long terme.
  • On pourrait, à court terme, concentrer les efforts sur les problèmes de violence et d'intimidation pour assurer la sécurité individuelle.
  • Les efforts à moyen terme pourraient s'orienter sur des milieux de travail sains étant donné qu'une telle situation engendre l'innovation et la productivité. On pourrait également intégrer le retour au travail et les mesures d'adaptation en milieu de travail.
  • Les objectifs à long terme pourraient se conjuguer avec les préoccupations du gouvernement du Canada, qui veut abaisser les statistiques selon lesquelles un Canadien sur cinq souffrira de maladie mentale à un moment de sa vie, et selon lesquelles également moins de 40 % des employeurs embaucheraient des employés ayant des problèmes de maladie mentale.
  • La maladie mentale en milieu de travail est un problème qui nécessite notre attention parce qu'elle est au cœur de notre capacité à réussir à l'échelle mondiale. La sensibilisation est incontournable.
  • Comme exercice d'image de marque, la ministre demande aux intervenants de réfléchir à la terminologie et de faire des suggestions quant au terme particulier à utiliser quand on fait état de la maladie mentale en milieu de travail.

La ministre a remercié les intervenants de cette occasion de discuter avec eux sur la question de la santé mentale en milieu de travail et elle s'engage à prendre en compte toutes les préoccupations et les solutions proposées.

Liste des participants

  1. L'honorable Lisa Raitt, Ministre du Travail, gouvernement du Canada
  2. Mary Ann Baynton, Membre du comité consultatif sur les travailleurs de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC); directrice de programme, Centre pour la santé mentale en milieu de travail de la Great-West
  3. Chuck Conlon, Directeur, Relations patronales-syndicales, Ressources humaines, Union Gas - une entreprise de Spectra Energy
  4. Normand Coté, Directeur, Relations de travail, BMO, Groupe financier
  5. Richard Dixon, Vice-président, Ressources humaines, NAV Canada; et président, ETCOF
  6. Joan Eakin, Professeure, Dalla Lana School of Public Health, Université de Toronto
  7. Catherine Foti, Directrice, Ressources humaines, CTV Globe Media
  8. S. Len Hong, Président et chef de la direction, Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail, (CCHST)
  9. Ian T. Howcroft, Vice-président (division de l'Ontario), Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC)
  10. Bonnie Kirsh, Professeure agrégée, Département de sciences professionnelles et d'ergothérapie, Université de Toronto
  11. Bayla Kolk, Sous-ministre adjointe, Direction générale de la conformité, des opérations et du développement du programme, Programme du travail
  12. François Legault, Directeur, Services d'aide aux employés à Santé Canada
  13. Colin MacDonald, Conseiller politique, Ministère du travail de l'Ontario
  14. John MacNamara, Vice-président, Santé et Sécurité, HydroOne
  15. Kim Sunderland, Directrice de projet, Rapport final, Global Business and Economic Roundtable on Addiction and Mental Health
  16. Marie Clarke Walker, Vice-présidente exécutive, Congrès du travail du Canada
  17. Bill Wilkerson, Cofondateur et PDG, (conférencier principal, Global Business and Economic Roundtable on Addiction and Mental Health
  18. Kevin Wilson, Sous-ministre intérimaire, Ministère du travail de l'Ontario
  19. Lorne Zon, PDG, Association canadienne pour la santé mentale de l'Ontario

[1] Cofondateur et PDG, Global Business and Economic Roundtable on Addiction and Mental Health retourner

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Date de modification :
2011-11-15