Un aperçu du Code canadien du travail, partie II a pour objectif d'expliquer la législation qui s'applique à tous les champs de compétence fédérale. Cette présentation destinée à l'éducation à la clientèle aidera à promouvoir, par l'entremise des comités de santé et de sécurité ainsi que des représentants en matière de santé et de sécurité, l'autoréglementation ainsi que la résolution interne des plaintes et des problèmes de santé et de sécurité au travail par les employeurs et les employés. Il aidera aussi à établir un mécanisme propice à la gestion des affaires courantes et à la participation des syndicats.
Il s'agit d'une séance d'information portant sur le Code canadien du travail, partie II, qui s'adresse aux employeurs et aux employés, aux membres des comités de santé et de sécurité ainsi qu'aux représentants qui sont assujettis à la partie II du Code.
La séance d'information a pour but :
La séance d'information met l'accent sur la participation et la discussion en tenant compte des expériences et des perceptions des participants et du formateur.
La séance comprend une présentation simplifiée des principales dispositions de la partie II du Code portant sur la santé et la sécurité au travail.
Pendant la séance, l'information sera présentée sous forme d'exposé et de discussion de groupe.
« Chaque année, de nombreux Canadiens meurent ou se blessent en milieu de travail. Ces drames ont de profondes répercussions sociales et entraînent des coûts qui s'établissent à des milliards de dollars.
Connaître le Code canadien du travail et surtout mettre en application les dispositions de sa partie II permet de cerner et de régler les préoccupations en matière de santé et de sécurité et demeure une des façons les plus efficaces de réduire les accidents et les maladies professionnelles en milieu de travail.
Le Code canadien du travail régit les employés sous compétence fédérale, soit près de 10 % de tous les travailleurs au Canada. Ils œuvrent dans des secteurs clés de l'économie, notamment dans le transport aérien, ferroviaire, routier et par pipeline; dans les banques, la radiotélédiffusion et les télécommunications; dans les mines d'uranium, le transport maritime et les services connexes.
Quelques 40 sociétés et organismes d'État, les réserves indiennes ainsi que toute la fonction publique fédérale y sont également assujettis. Les responsables de l'application et de l'administration du Code canadien du travail relèvent du Programme du travail de Ressources humaines et Développement des compétences Canada en partenariat avec Transports Canada et l'Office national de l'énergie.
Transports Canada est responsable des employés itinérants dans les secteurs du transport ferroviaire, maritime et de l'aviation de compétence fédérale, tandis que l'Office national de l'énergie est responsable des employés dans le secteur du pétrole et du gaz de compétence fédérale. »
En vertu du paragraphe 122.1, le Code canadien du travail, partie II a pour objet de prévenir les accidents et les maladies liés à l'occupation d'un emploi régi par ses dispositions.
Et selon le paragraphe 122.2, la prévention devrait consister avant tout dans l'élimination des risques, puis dans leur réduction, et enfin dans la fourniture de matériel, d'équipement, de dispositifs ou de vêtements de protection, en vue d'assurer la santé et la sécurité des employés.
Les lois fédérales sur la santé et la sécurité au travail ont été regroupées dans la partie II du Code canadien du travail. Le Code s'applique aux secteurs d'activité économique suivants à l'échelle interprovinciale et internationale :
Nota : La partie II du Code canadien du travail ne s'applique pas à certaines entreprises régies par la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires.
En vertu de l'article 124 du Code, l'obligation générale des employeurs est de veiller à la protection de ses employés en matière de santé et de sécurité au travail.
En vertu du paragraphe 125. (1), l'employeur a des obligations précises en ce qui concerne tout lieu de travail placé sous son entière autorité ainsi que toute tâche accomplie par un employé dans un lieu de travail ne relevant pas de son autorité, dans la mesure où cette tâche, elle en relève.
En vertu du paragraphe 126. (1), le Code canadien du travail prévoit plusieurs obligations pour les employés, ces obligations ayant toutes pour objectif de prévenir les maladies professionnelles et les accidents de travail. L'employé doit prendre les mesures nécessaires pour assurer sa propre santé et sa propre sécurité et celles de quiconque risque de subir les conséquences de son travail ou des ses activités.
Personne ne connaît mieux un lieu de travail que les gens qui y travaillent. C'est pourquoi la partie II du Code confie aux parties dans le milieu de travail un rôle important quant à la définition et à la résolution des problèmes en matière de santé et de sécurité.
Les dispositions du Code visent à faire en sorte que les employeurs et les employés puissent régler eux-mêmes les questions liées à la santé et à la sécurité au travail et, par le fait même, rendre les lieux de travail plus sécuritaires.
Un comité local de santé et de sécurité doit être mis sur pied dans les lieux de travail occupant vingt employés ou plus. Au moins la moitié des membres du comité doivent être des employés qui n'exercent pas des fonctions de direction.
Le comité local de santé et de sécurité est tenu de se réunir au moins neuf fois par année à intervalles réguliers, pendant les heures normales. Si les circonstances exigent des réunions supplémentaires, celles-ci peuvent se tenir pendant ou en dehors des heures normales.
Les attributions du comité local de santé et de sécurité sont nombreuses. Il doit :
Le comité peut exiger de l'employeur tout renseignement qu'il juge nécessaire pour connaître les risques professionnels. Il a accès sans restriction aux rapports, études et analyses de l'État et de l'employeur sur la santé et la sécurité des employés. Cependant, le comité n'a pas accès aux dossiers médicaux d'un employé sans le consentement de ce dernier.
L'employeur qui compte trois cents (300) employés ou plus doit constituer un comité d'orientation en matière de santé et de sécurité. Ce comité est chargé de régler des questions communes, en adoptant une approche stratégique à l'égard de la santé et de la sécurité au sein de l'organisation.
Le comité d'orientation est composé d'au moins deux membres. Ces membres doivent être nommés par l'employeur, selon les conditions qui suivent.
La moitié des membres du comité doivent être des employés qui n'exercent pas des fonctions de direction. Ces membres doivent être choisis par le syndicat qui représente les employés.
Dans les cas où les employés ne sont pas syndiqués, ceux-ci devront choisir ensemble les personnes qui les représenteront au sein du comité d'orientation.
Si la convention collective le permet, un comité d'orientation peut aussi compter parmi ses membres des personnes qui ne sont pas des employés.
Le comité d'orientation est dirigé par deux coprésidents. L'un doit être choisi par les membres représentant l'employeur, et l'autre, par ceux représentant les employés.
La durée maximale du mandat des membres du comité est de deux ans.
Les obligations du comité d'orientation sont nombreuses, il doit :
Le comité d'orientation a accès à tous les rapports, études et analyses de l'État et de l'employeur qui portent sur la santé et la sécurité des employés. Il peut demander à l'employeur de lui fournir tout renseignement qu'il considère nécessaire pour déterminer les risques réels ou potentiels que peuvent présenter, dans tout lieu de travail relevant de l'employeur, les matériaux, les méthodes de travail ou l'équipement qui sont utilisés ou les tâches qui sont accomplies.
Selon le Code, le comité d'orientation doit se réunir au moins tous les trois mois, durant les heures de travail normales. S'il est nécessaire de tenir d'autres réunions, le comité peut se réunir pendant les heures de travail normales ou en dehors de ces heures.
Dans chaque lieu de travail occupant moins de vingt employés ou pour lequel la constitution d'un comité n'est pas obligatoire, il doit y avoir un représentant.
Les employés du lieu de travail qui n'exercent pas de fonctions de direction choisissent, au sein de leur groupe, la personne qui sera nommée pour agir à titre de représentant en matière de santé et de sécurité. Si les employés sont représentés par un syndicat, c'est ce dernier qui choisira le représentant, après avoir consulté les employés qui ne sont pas représentés par ce syndicat.
Les fonctions du représentant en matière de santé et de sécurité sont nombreuses. Il doit :
Le représentant en matière de santé et de sécurité peut exiger de l'employeur les renseignements qu'il juge nécessaires afin de recenser les risques réels ou potentiels dans le lieu de travail. Il a accès sans restriction aux rapports, études et analyses de l'État et de l'employeur sur la santé et la sécurité des employés. Cependant, il n'a pas accès aux dossiers médicaux d'un employé, à moins d'obtenir le consentement de ce dernier.
De façon générale, le Code canadien du travail établit le cadre législatif ainsi que les obligations et responsabilités de l'employeur et des employés en matière de santé et de sécurité au travail.
Le Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail énonce en détail les exigences précises visant à protéger la santé et à assurer la sécurité dans le lieu de travail.
Par exemple, en vertu du Code, l'employeur doit veiller à ce que l'aération, l'éclairage, la température, l'humidité, le bruit et les vibrations soient conformes aux normes réglementaires. Cet énoncé en dit peu sur les mesures concrètes que doit prendre l'employeur. C'est donc dans la partie VI – Éclairage du Règlement qu'il trouvera les dispositions réglementaires qui précisent les niveaux d'éclairements dans différents milieux de travail.
Le Code canadien du travail, partie II confère à l'employé les trois droits suivants :
En vertu du Code, l'employé a le droit d'être informé de tous les risques connus ou prévisibles présents dans son lieu de travail et de bénéficier de l'information, de la formation, de l'entraînement et de la supervision nécessaires à la protection de sa santé et de sa sécurité.
Afin de renforcer ce droit, le Code prévoit l'utilisation de modes de communication acceptables pour tous les employés, y compris ceux qui ont des besoins spéciaux.
Par l'entremise du comité d'orientation, du comité local ou du représentant en matière de santé et de sécurité, l'employé a le droit d'accéder aux rapports de l'État ou de l'employeur sur la santé et la sécurité des employés, mais non aux dossiers médicaux de qui que ce soit, sauf si la personne concernée y consent.
L'employé qui est représentant ou membre d'un comité local ou d'un comité d'orientation en matière de santé et de sécurité a le droit et la responsabilité de participer à la détermination et au règlement des problèmes relatifs à la santé et à la sécurité au travail.
L'employeur qui compte trois cents (300) employés ou plus doit constituer un comité d'orientation en matière de santé et de sécurité chargé d'examiner les questions qui concernent toute l'entreprise. Comme les questions de ce genre touchent plus d'un lieu de travail, l'établissement d'une approche globale ou stratégique est nécessaire.
La partie II du Code canadien du travail prévoit également un processus de règlement interne des plaintes qui nécessite la participation des employés.
Un travailleur a le droit de refuser de travailler s'il a des motifs raisonnables de croire que :
Afin d'être protégé par le Code, il est très important que l'employé suive la procédure prévue quand il exerce son droit de refus.
Le but du droit au recours est de protéger les employeurs contre le recours abusif au droit de refuser de travailler, et les employés contre les mesures disciplinaires arbitraires.
L'employeur ne peut prendre des mesures disciplinaires contre l'employé qu'après qu'un agent de santé et de sécurité a conclu à l'absence de situation dangereuse.
L'employeur doit prouver que l'employé a abusé de son droit de refus devant le Conseil canadien des relations industrielles avant de pouvoir prendre des mesures disciplinaires.
Cette disposition vise à assurer l'équilibre entre la protection contre le recours abusif à ce droit et la protection contre les mesures disciplinaires arbitraires.
Selon le Code, l'employeur est tenu : d'offrir aux employés l'information, la formation, l'entraînement et la surveillance nécessaires pour assurer leur santé et leur sécurité;
Les gestionnaires qui représentent l'employeur doivent connaître leurs responsabilités en matière de santé et de sécurité et être bien renseignés sur les mesures à prendre pour régler les questions de santé et de sécurité. La complexité croissante de l'organisation du travail, des méthodes de travail et de l'équipement utilisé au travail exige que les gestionnaires et les superviseurs reçoivent la formation nécessaire sur la santé et la sécurité.
Les gestionnaires et les superviseurs qui agissent au nom de l'employeur devraient être formés adéquatement et bien renseignés sur leurs responsabilités en ce qui concerne les méthodes de travail sécuritaires, notamment sur les procédures, plans, politiques et programmes que l'employeur doit établir selon le Code.
Plus précisément, la formation devrait porter sur les obligations de l'employeur et des employés, les trois droits fondamentaux des employés et les procédures prévues dans le Code, comme la marche à suivre en cas de refus de travailler ou de plainte et lorsqu'une situation dangereuse nécessite une enquête.
On peut se conformer au Code en mettant sur pied un programme permanent d'initiation aux exigences de la loi et en adoptant des méthodes de travail appropriées au lieu de travail.
Les outils de formation peuvent comprendre des exposés, des films, des exercices pratiques et du matériel d'information de toutes sortes. L'ampleur de la formation dépend des méthodes utilisées dans le lieu de travail. Par exemple, il est essentiel d'expliquer les techniques de levage et de transport aux gestionnaires et aux superviseurs dans les entrepôts.
Pour les lieux de travail où les dangers sont plus nombreux et plus grands, comme les silos-élévateurs, les ateliers d'entretien des compagnies de chemin de fer, les garages et les lieux où des substances toxiques sont utilisées, les gestionnaires et les superviseurs ont besoin d'une formation plus longue et plus poussée.
En ce qui concerne les obligations de l'employeur et des employés et les droits fondamentaux des employés, un exposé ou une séance d'information serait normalement considérée comme une formation de base.
Bien des gens considèrent que ce sont les parties, à savoir l'employeur et ses employés, présentes dans le lieu de travail qui connaissent le mieux les risques pouvant être liés à ce milieu et qui ont le plus d'intérêt à solutionner les problèmes à ce chapitre.
Ce processus, établi par le cadre législatif, permet aux parties de prendre toute une série de mesures progressives en matière d'enquête en vue de régler les problèmes dans le milieu de travail, tout en assurant la sécurité au travail. Il leur permet de régler les problèmes de santé et de sécurité plus efficacement et plus rapidement, et renforce la notion de responsabilité interne.
Ce processus donne à l'employeur et au supérieur hiérarchique la possibilité, face aux préoccupations des employés, de prendre les mesures correctives qui s'imposent, sans que l'intervention du comité local de santé et de sécurité, du représentant en matière de santé et de sécurité ou d'un agent de santé et de sécurité soit nécessaire.
L'agent de santé et de sécurité vérifiera tout d'abord si le processus de règlement interne des plaintes a été respecté.
Il fera ensuite enquête sur la plainte, puis :
Il est interdit de prendre des mesures disciplinaires à l'endroit d'un employé qui a exercé les droits ou rempli les obligations que prévoit le Code tant que cet employé agit conformément au Code.
Aux termes du Code canadien du travail, l'agent de santé et de sécurité est une personne que le ministre du Travail a désignée à ce titre.
Cet agent peut, dans l'exercice de ses fonctions :
L'agent de santé et de sécurité peut également :
L'agent de santé et de sécurité peut donner des instructions même s'il ne se trouve pas physiquement dans le lieu de travail. En dernier lieu, l'agent de santé et de sécurité recommandera que des poursuites soient intentées contre quiconque néglige de se conformer à ses instructions.
L'application du Code canadien du travail et des règlements d'application de ce dernier peut se faire au moyen d'amendes, dont le montant est établi en fonction de la gravité de l'infraction.
En plus des infractions comme la négligence criminelle entraînant la mort ou des lésions corporelles, la partie II du Code considère comme une infraction criminelle une infraction délibérée aux normes de santé et de sécurité, lorsque l'auteur de l'infraction sait que celle-ci peut entraîner la mort ou causer des blessures graves. Contrairement au Code criminel, le Code canadien du travail n'exige pas que quelqu'un soit blessé pour qu'il y ait infraction. De telles infractions peuvent entraîner l'incarcération des contrevenants.
Les amendes maximales pour les infractions à la partie II du Code vont de 100 000 $ à un million de dollars.
Dans les poursuites pour infraction aux dispositions de la partie II, à l'exclusion des alinéas 125. (1)c), z.10) et z.11), l'accusé peut se disculper en prouvant qu'il a pris les mesures nécessaires pour éviter l'infraction.
Le ministre du Travail peut demander une ordonnance s'il voit des risques sérieux ou si le simple fait d'imposer une amende s'avérait une mesure inefficace pour faire respecter le Code.
La partie II du Code canadien du travail énonce explicitement qu'il est du devoir de chaque employeur d'assurer la santé et la sécurité de chaque personne à son emploi.
En vertu de l'alinéa 125. (1)z.12), l'employeur est tenu de veiller à ce que le comité local ou le représentant inspecte chaque mois tout ou partie du lieu de travail, de façon à ce que celui-ci soit inspecté au complet au moins une fois par année.
« Prévenir les accidents de travail et les maladies professionnelles est un défi quotidien qui demande la collaboration de tous.
L'évolution du Code canadien du travail est le fruit d'un consensus entre les travailleurs et les employeurs. En accroissant la responsabilité des employés et de l'employeur en matière de santé et de sécurité, le Code canadien du travail leur procure les outils nécessaires pour accroître la santé et la sécurité au travail.
S'investir dans la prévention en milieu de travail demeure la meilleure façon de s'assurer un environnement professionnel plus sain et plus sécuritaire. »
Veuillez visiter les sites Web suivants :
Le portefeuille des transports, de l'infrastructure et des collectivités
Office national de l'énergie