On peut tirer deux conclusions évidentes de la présente étude. Premièrement, le secteur privé de compétence fédérale visé par la partie I du Code canadien du travail contribue beaucoup, de façon relative, aux jours-personnes non travaillés au Canada en raison d’arrêts de travail. Une analyse plus minutieuse des données sur le secteur privé de compétence fédérale révèle une quantité considérable de jours-personnes perdus en raison d’arrêts de travail survenus dans le secteur des télécommunications, tandis que la déréglementation et les forces concurrentielles se sont traduites par une réorganisation substantielle effectuée au moyen de fusions et d’acquisitions. Cette réorganisation au sein de l’industrie a quant à elle donné lieu à des négociations prolongées et difficiles sur des questions cruciales comme la sécurité d’emploi et l’ancienneté.
Deuxièmement, l’initiative stratégique optimale que l’on peut adopter à cette étape-ci pour réduire le risque, la fréquence et la durée des arrêts de travail consiste à investir dans des mesures qui permettent une amélioration systématique des relations syndicales-patronales dans le secteur privé de compétence fédérale. Le fait d’améliorer les relations renforce la nature des interactions entre les intervenants, ce qui donne des relations de travail davantage marquées par la collaboration et des négociations collectives menant à la conviction que les arrêts de travail ne sont pas inévitables et à l’engagement à trouver des solutions aux conflits.
Deux options consensuelles conçues pour améliorer les relations ont été mentionnées par les intervenants. Premièrement, pour assurer le leadership du secteur, il faut créer un conseil tripartite composé des intervenants et du SFMC, ainsi que d’autres services de soutien du Programme du travail, comme le soutien analytique et de données assuré par la Division de la recherche et du développement des données de la Direction de la politique stratégique, de l’analyse et de l’information sur les milieux de travail . Deuxièmement, il faut élargir beaucoup le Programme de médiation préventive du SFMC: assurer la plus grande disponibilité et l’utilisation à plus grande échelle, dans le secteur, de ses ateliers sur la médiation des griefs, les conseils de travail mixtes, la gestion du changement organisationnel, l’organisation de forums sur les intérêts communs et d’autres services conjoints qui ont démontré qu’ils pouvaient réussir à améliorer les relations et à créer des milieux de travail coopératifs.
Il faut faire beaucoup pour donner une forme et un contenu aux options consensuelles décrites au chapitre 6 et portant sur la création d’un Conseil fédéral des relations syndicales-patronales et sur l’élargissement des services de médiation préventive du SFMC. La présente étude a tâché de donner des orientations sur les possibilités qu’offrent ces options d’atteindre des résultats si elles reçoivent l’appui vigoureux de toutes les parties et qu’elles sont instaurées avec enthousiasme et engagement. Si les intervenants appuient ces initiatives, il y a tout lieu de croire qu’ils réussiront à améliorer de façon systématique les relations dans le secteur, ce qui réduirait les arrêts de travail et aurait d’autres avantages qui permettent d’améliorer la capacité du patronat et des syndicats de s’adapter et de se démarquer dans un milieu de travail de plus en plus mondial.