Avoir du coeur à l’ouvrage, c’est bien, mais avoir toute sa tête à l’ouvrage, c’est encore mieux. La tête est le système le plus complexe mais aussi le plus fragile et le plus délicat du corps humain. Il nous est généralement possible de continuer à vivre en perdant une quelconque partie de notre corps, mais si nous perdons la tête, ça jamais!
Les risques de lésions à la tête sont nombreux. Dans plusieurs milieux de travail, on est exposé à des chutes d’objets, on se promène sous des planches ou des tuyaux qui se balancent au bout d’une corde, on est obligé de se pencher sous les machines, on doit travailler sous un véhicule, etc.
Lorsqu’on parle de blessure à la tête, vous pensez tout de suite à la fracture du crâne et aà la commotion cérébrale causées par des chocs violents. Et vous avez raison car ce sont les deux plus graves. Mais il existe d’autres types de lésions qu’on néglige souvent d’évaluer :
Dans tous ces cas, vous devez vous protéger la tête et sélectionnez le type de protection qui convient à la fois au travail effectué et aux risques présents.
L’impact d’un objet et la réception d’un coup violent sur la tête peuvent causer des contusions et des lacérations du cuir chevelu et parfois provoquer une commotion cérébrale ou une fracture du crâne.
La commotion cérébrale est causée par un déplacement violent et soudain du cerveau à l’intérieur du crâne. Du côté où la tête reçoit le coup, le cerveau frappe la paroi tandis que du côté opposé au coup, le cerveau s’éloigne de la paroi. Il se développe alors des forces de cisaillement nocives tant au niveau du cerveau comme tel qu’au niveau du bulbe rachidien, c’est-à-dire à l’endroit où le cerveau est rattaché à la moelle épinière. Selon l’intensité du coup reçu, on peut subir un simple malaise passager (étourdissement, cécité soudaine), une lésion temporaire (confusion, désorientation, inconscience) ou des dommages permanents : perte de certaines fonctions neurologiques (amnésie, paralysie). Dans les cas graves, on peut tomber dans le coma et en mourir.
La fracture du crâne n’est pas dramatique en soi. Le crâne est un ensemble d’os capables de se réparer comme tous les autres os. Par contre, si lors de la fracture, des éclats d’os pénètrent dans la cavité crânienne, ils peuvent blesser le cerveau et causer des dommages permanents graves. De façon générale, le risque de conséquences désastreuses est d’autant plus élevé que l’intensité de l’impact est élevée et que la pression exercée sur le crâne est localisée sur une petite surface.
Les chapeaux de sécurité sont les seuls équipements qui peuvent vous protéger contre ces risques. Ils sont dessinés pour réduire l’intensité des impacts sur la tête et répartir la pression du coup sur une plus grande partie du crâne. D’une part, ils comportent une « coquille » rigide et monobloc résistant aux chocs et à la pénétration et répartissant l’intensité du coup sur l’ensemble du crâne. D’autre part, ils sont munis s’une sorte de système de suspension, la coiffe, qui amortit le coup par son élasticité et qui assure un espace entre la tête et la coquille : plus l’espace est grand, plus l’énergie est absorbée.
Les chapeaux de sécurité ne sont pas tous pareils. Pour les différencier, l’Association canadienne de normalisation (CSA) a préparé une série de tests pour les classer selon leur niveau de protection. Il existe trois niveaux :
G - pour usage général
E - pour résistance électrique
C - pour conducteur
Si vous devez uniquement vous protéger contre les impacts et les coups, les chapeaux de classe G et C suffisent. Leur coquille est faite en fibre de verre, en résine phénolique, en polyester, en polycarbonate, en laminé de textiles out même en aluminium (classe C seulement). Ils résistent à l’impact et à la pénétration. Ceux de classe G résistent en plus à des voltages de 2 200 volts. La classe G est recommandée puisque, dans presque tous les milieux de travail, nous côtoyons des appareils électriques de bas voltage.
Il arrive que certaines tâches doivent être effectuées dans des endroits restreints où le risque de heurter involontairement des éléments fixes de l’environnement est fréquent. Par exemple, lorsque vous travaillez sous des machines, que vous réparez un véhicule ou une pièce d’équipement, que vous faites des travaux d’entretien, que vous conduisez un véhicule lourd ou que vous inspectez des compteurs.
Lorsque vous vous heurtez contre ces éléments, l’impact n’est jamais aussi violent que lorsque vous recevez un marteau sur la tête. Il en résulte généralement des lésions au cuir chevelu : contusions légères, coupures modérées si l’élément est coupant, déchirures, éraflures, arrachage de cheveux, usures…
Si les risques que nous avons décrits à la section précédents n’existent pas, il n’est pas nécessaire d’utiliser des chapeaux de sécurité. Le port d’une callots rigide (bump cap) en plastique, aérée ou non, avec ou sans suspension peut très bien faire l’affaire. Mais attention, ces casques ne sont pas approuvés par la CSA. Ils protègent peu contre l’impact d’objet volant ou tombant, et très peu contre la pénétration.
Les chapeaux de classe E sont conçus non seulement pour résister à l’impact et à la pénétration mais aussi pour offrir une certaine protection contre les chocs électriques venant d’un contact accidentel avec des conducteurs électriques de haut voltage. Expérimentalement, des casques peuvent résister à 20 000 volts (phase à la terre). La coquille est souvent composée de polyéthylène de haute densité ou de polycarbonate, et ne comporte ni trous, ni attaches. Toutes les composantes du système de suspensions offrent une résistance électrique (vinyle, cuir, nylon) et le chapeau en entier ne contient aucune pièce métallique.
Les chapeaux de classe E conviennent aux monteurs de ligne, aux mineurs, aux ouvriers en forêt, en industrie et en construction, dans les usines de fabrication, dans les services publics, bref partout où il y a risque d’exposition à des conducteurs actifs ou à des masses électriques de haute tension.
Il n’est pas recommandé de vous promener tête nue au soleil sur une longue période de temps car qui dit soleil dit risque de coup de chaleur, de crampe de chaleur et d’insolation.
La plus grave de ces lésions est l’insolation caractérisée par un mal de tête, des étourdissements, une fatigue, une peau chaude, sèche et rouge, un rythme cardiaque élevée et une respiration rapide. L’insolation sévère conduit à la confusion et mme à des crises, à des convulsions et au coma.
Lorsque le port du chapeau de sécurité n’est pas de rigueur, une simple casquette de tissu léger ou un chapeau de paille peut faire l’affaire.
Si le chapeau de sécurité est obligatoire, choisissez un casque de sécurité muni d’un bord large qui fait le tour de la coquille. Vous pouvez également l’équiper d’une coiffe et d’un bandeau anti-sueur. Si la protection électrique n’est pas nécessaire, vous pouvez porter un casque de classe C munis de trous d’aération latéraux.
Pour se protéger du froid, il existe une foule de chapeaux, de la tuque au chapeau de poil, avec ou sans oreillettes, du cache-nez au passe-montagne.
Si vous devez porter un chapeau de sécurité, il existe plusieurs modèles de doublure que vous pouvez ajouter au chapeau pour vous protéger de l’hiver. Les bandeaux s’enfilent par-dessus le chapeau et empêchent le froid et le vent de pénétrer entre la coiffe et la coquille. Les capuchons se mettent directement sur la tête sous la coiffe. Si vous le désirez, vous pouvez trouver sur le marché des capuchons qu i protègent également le cou, la nuque, les joues, une partie du visage, le haut des épaules ou tout cela à la fois. Il n’y a pas de règle de sélection précise pour vous aider dans votre choix.
C’est à vous de choisir le bon chapeau. Identifiez bine les risques et achetez le chapeau qui vous protège le mieux. Par exemple, lorsque les risques d’impact, de percussion et de heurt sont minimes et que les risque d’étincelle et de poussière sont élevés, vous pouvez portez une calotte ou une casquette en tissu ou en cuir. On voit souvent cela dans les garages et les services d’entretien mécanique, chez les soudeurs et lors du découpage au chalumeau.
Si le seul risque qui existe est lié au fait que les cheveux peuvent se prendre dans les pièces en mouvement, tomber dans les aliments ou s’envoler sous l’effet de l’électricité statique produites par des pièces rotatives, des poulies et des courroies, vous pouvez porter une résille, c’est-à-dire une sorte de filet en tissu (rayonne, nylon, coton…) ou de matière élastique, avec ou sans mailles.
Sachez choisir le bon chapeau et utilisez-le au bon moment et au bon endroit. Vous éviterez peut-être ainsi une lésion regrettable à la tête.
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