Le Programme d’équité salariale, relevant du Programme du travail, recommande aux employeurs d’adopter une approche basée sur la collaboration pour mettre en œuvre l’équité salariale dans leurs établissements. Nous avons donc élaboré des lignes directrices afin de vous aider, en qualité d’employeur, à déceler et à éliminer les écarts salariaux fondés sur le sexe dans votre établissement.
Le Programme du travail tient à souligner que la communication efficace avec les employés est la clé du succès du processus d’équité salariale.
Les sept étapes présentées fournissent un cadre permettant de comprendre comment la notion de « salaire égal pour un travail de valeur égale » fonctionne. Ces étapes ne sont pas exhaustives étant donné que les régimes de rémunération peuvent varier d’un établissement à l’autre, mais elles tiennent compte des concepts établis dans la Loi canadienne sur les droits de la personne.
Voici les sept étapes :
La première étape du processus d’équité salariale consiste à informer les employés et les agents négociateurs de votre intention de mettre en œuvre un plan d’équité salariale. Cette étape peut également comprendre l’élaboration de règles de base concernant la méthodologie à utiliser pour déceler tout écart salarial dans un plan de projet. À ce point, vous pouvez également décider de recourir aux services d’un conseiller externe en matière d’équité salariale.
Nous vous recommandons de travailler au processus d’équité salariale en collaboration avec les employés et les représentants des employés dès le début de la phase de planification. De cette façon, le processus sera ouvert et honnête et ses résultats seront acceptables.
Avant d’entreprendre toute activité, examinez les questions initiales destinées aux employeurs concernant la surveillance de la conformité, afin d’avoir une bonne idée d’un point de départ et pouvoir ainsi envisager l’élaboration d’une stratégie de communication.
Le processus d’équité salariale peut être long et complexe. Le Programme du travail recommande aux parties de préparer préalablement un plan de projet qui mentionne des règles de base flexibles concernant les étapes et les objectifs clés de la mise en œuvre de l’équité salariale dans leurs établissements. Vous devriez également établir une stratégie de communication visant à informer les employés au sujet du processus.
Dans le cadre du plan de projet, les parties devraient convenir en termes généraux d’une méthode et d’un échéancier visant à corriger tout écart salarial qui peut être relevé à la fin du processus, ainsi que la période à la fin de laquelle l’écart sera comblé. Un plan de projet pourrait également comprendre un énoncé d’objectif et une indication de la composition d’un comité d’évaluation des emplois et du processus de sélection de ses membres, de même que leurs rôles et leurs responsabilités.
Vous pouvez également envisager d’établir un mécanisme permettant de régler les questions sur le processus et de répondre à toute préoccupation soulevée par le processus d’évaluation des emplois ou par ses résultats. Les processus internes de règlement des différends permettent aux parties de résoudre des problèmes avant de déposer une plainte à la Commission canadienne des droits de la personne.
Après avoir été préparé, le plan de projet doit être approuvé par la haute direction ou, dans les plus petits établissements, par une personne investie du pouvoir de prendre des décisions en matière de rémunération.
Une bonne communication est essentielle pour le succès d’un programme d’équité salariale et les employeurs devraient préalablement décider d’une stratégie de communication efficace avec les employés. Les méthodes que vous choisissez pour informer les employés du processus et des résultats varient selon la taille et la culture de l’organisation. Par exemple, la communication peut être :
Chaque mode de communication a ses avantages et ses inconvénients.
Voici des exemples de sujets pouvant faire partie d’un plan de communication approfondi concernant l’équité salariale :
Nous vous recommandons d’indiquer clairement aux employés, dès le départ, que l’équité salariale :
On devrait également souligner que la notion de salaire égal pour un travail de valeur égale n’a pas pour but de combler tout l’écart salarial entre les hommes et les femmes. D’autres programmes, comme l’équité en matière d’emploi, peuvent régler des problèmes comme la répartition professionnelle ou les obstacles dans les systèmes d’emploi qui peuvent contribuer aux écarts salariaux entre les hommes et les femmes. Il faut clairement établir que la direction et les syndicats se sont engagés dans le processus d’équité salariale et dans la réalisation de l’équité salariale au sein de leurs établissements.
L’étape suivante du processus d’équité salariale consiste à décider comment l’effectif sera analysé, de manière à ce que tous les écarts salariaux fondés sur le sexe soient décelés et éliminés. Il est essentiel de déterminer l’importance de l’établissement de l’employeur, d’identifier les groupes professionnels et de déterminer la prédominance des sexes avant de décider quels sont les emplois à évaluer.
L’article 11 de la Loi canadienne sur les droits de la personne exige que les comparaisons d’emplois soient effectuées dans le même établissement. L’article 10 de l’Ordonnance de 1986 sur la parité salariale vous aidera à définir votre établissement. Afin d’obtenir plus d’aide pour déterminer l’importance de votre établissement, consultez les Notions de base de l’équité salariale ou communiquez avec nous.
Les articles 12 à 15 de l’Ordonnance de 1986 sur la parité salariale mentionnent l’expression « groupe professionnel » mais n’en donnent pas de définition. Il en découle une certaine latitude pour déterminer quels sont les emplois à regrouper afin de comparer les groupes à prédominance masculine et à prédominance féminine.
Les groupes professionnels peuvent être définis de façon étroite ou large, selon la taille et la nature de l’établissement en question. Les critères suivants aideront un employeur à déterminer les groupes appropriés pour l’analyse :
Si un groupe professionnel ne répond pas aux critères touchant la prédominance masculine et féminine cités à l’article 12 de l’Ordonnance, le groupe doit être écarté de la comparaison aux fins de l’équité salariale et il ne doit pas être utilisé pour la comparaison des groupes à prédominance masculine et féminine.
La loi n’oblige pas les employeurs à documenter les emplois avec des descriptions de travail ou des questionnaires. Cependant, dans le cadre du processus de mise en œuvre de l’équité salariale dans un établissement, nous vous recommandons de réunir de la documentation qui décrit les exigences de tous les emplois dans votre établissement afin de déterminer leur valeur relative.
La documentation des emplois comprend la collecte de l’information sur les emplois dans un établissement. L’information sur les emplois constitue la base de l’évaluation des emplois et, par conséquent, il est important de recueillir une information :
Cela permet d’éliminer la partialité fondée sur le sexe.
Il existe de nombreuses méthodes de collecte d’information. Cependant, afin de gérer la partialité, nous vous recommandons d’utiliser des outils analytiques comme les suivants :
Vérifiez l’exactitude de la documentation sur les emplois auprès du supérieur et de l’employé exécutant le travail.
La documentation existante sur les emplois peut être utilisée ou modifiée aux fins de l’équité salariale, mais elle est plus efficace lorsqu’elle est actuelle, exacte et cohérente quant au format et au style. La documentation sur les emplois doit également utiliser un langage non sexiste et décrire les exigences professionnelles en utilisant les quatre facteurs requis pour mesurer la valeur, tel qu’énoncé au paragraphe 11(2) de la Loi canadienne sur les droits de la personne : qualifications, efforts, responsabilités et conditions de travail.
La documentation sur les emplois doit tenir compte de toutes les exigences nécessaires pour exécuter le travail de manière pleinement satisfaisante. Elle ne doit pas tenir compte des attributs de la personne occupant l’emploi. Par exemple, lors de la cueillette d’information sur un emploi de technicien subalterne, seules les qualifications requises pour accomplir le travail de technicien doivent être prises en compte dans l’évaluation de l’emploi, même si le titulaire du poste possède des compétences qui dépassent les exigences du poste.
Il faut porter attention aux emplois majoritairement occupés par des femmes. Certains aspects de ces emplois sont souvent oubliés, comme la responsabilité touchant la protection de la confidentialité, le fait de rester debout pendant une période prolongée ou le stress causé par des demandes multiples. Il est également important de gérer la partialité dans les descriptions de travail.
Exemples d’éléments souvent oubliés dans la description de travail des postes occupés traditionnellement par des femmes
Qualifications
Efforts
Responsabilités
Conditions de travail
La rédaction de descriptions de travail a pour objectif d’obtenir l’information la plus concrète, cohérente et exacte au sujet des emplois afin de les évaluer. Les recommandations suivantes peuvent vous aider à contrôler la partialité dans les descriptions de travail de votre établissement.
Afin d’assurer la cohérence, envisager l’utilisation d’un questionnaire pour recueillir les caractéristiques d’un poste. Les questionnaires posent les mêmes questions sur différents types de travail de la même façon. Un questionnaire bien conçu produit des données complètes, exactes et fiables. Il permet, dans une certaine mesure, de contrôler la tendance de certaines personnes à décrire de manière excessive ou de manière insuffisante le travail qu’elles accomplissent.
En décrivant le travail, certains aspects du travail traditionnellement accompli par des femmes sont souvent oubliés. Les exemples d’éléments du travail souvent oubliés comprennent la responsabilité de l’utilisation du matériel de bureau, le soin des malades et le travail ponctué de fréquentes interruptions ou distractions. Cette section contient une liste des tâches souvent oubliées.
Plusieurs facteurs peuvent rendre des descriptions de travail désuètes, comme la technologie ou une réorganisation du travail. Des mises à jour régulières doivent donc être effectuées. Utiliser des questionnaires uniformisés pour tous les emplois.
Éviter d’utiliser des appellations qui sont sexistes (par exemple, utiliser nettoyeur plutôt que femme de ménage) ou qui sont ambigües (utiliser éboueur plutôt que technicien sanitaire).
Cette démarche assure une plus grande cohérence et exactitude dans les descriptions des tâches et des responsabilités.
Les descriptions de travail ne doivent jamais comporter d’allusion au sexe du titulaire, par exemple, « il doit… » ou « elle doit… », parce que cette forme de langage tend à perpétuer les stéréotypes sur le travail traditionnellement accompli soit par les femmes soit par les hommes. Utiliser plutôt des formulations neutres comme « Ce poste exige… ».
Une méthode d’évaluation des emplois appropriée aux fins de l’équité salariale doit être fiable et non sexiste et doit évaluer les quatre facteurs obligatoires (qualifications, efforts, responsabilités et conditions de travail), tel que prévu aux articles 3 à 8 de l’Ordonnance de 1986 sur la parité salariale. La méthode doit également :
Une méthode qui répond à ces exigences est plus susceptible d’être utilisée par la Commission canadienne des droits de la personne, en cas d’enquête suivant une plainte de discrimination salariale fondée sur le sexe.
Bien qu’il existe de nombreuses méthodes d’évaluation des emplois, les plus utilisées sont les méthodes d’évaluation par points et facteurs. Ces méthodes attribuent une valeur numérique au travail accompli. Des points sont attribués aux emplois pour chaque facteur (qualifications, efforts, responsabilités et conditions de travail) et sont additionnés pour établir la valeur totale de l’emploi. Les emplois sont ensuite comparés en fonction du total des points obtenus.
Une méthode unique d’équité salariale ne saurait répondre aux besoins de tous les employeurs, compte tenu de la nature technique de l’équité salariale et du fait que la taille et la complexité des établissements varient. De plus, chaque industrie relève différents défis de concurrence qui influent sur leurs ressources humaines et sur leur stratégie de rémunération. Il existe souvent d’importantes différences dans les pratiques de rémunération entre les organisations syndiquées et les organisations non syndiquées.
La plupart des employeurs de moyennes et de grandes entreprises utilisent des méthodes d’évaluation des emplois relativement évoluées qui sont souvent trop complexes pour les petits employeurs puisque ceux-ci ont peut-être moins d’emplois à évaluer et des ressources limitées. Afin de satisfaire aux exigences de la loi en matière d’équité salariale, les petits employeurs peuvent rechercher des méthodes plus simples qui permettent une évaluation fiable de la valeur relative des emplois dans leurs établissements. Par exemple, un petit employeur peut décider d’utiliser une méthode de classement simple qui tient compte des quatre facteurs susmentionnés.
Il est possible que votre établissement dispose de plusieurs méthodes d’évaluation des emplois. Il n’est pas nécessaire pour un établissement utilisant plusieurs méthodes de mettre en œuvre et de maintenir une seule méthode d’évaluation des emplois. Cependant, une seule de ces méthodes doit être utilisée pour déterminer l’équité salariale. Si de multiples méthodes sont utilisées régulièrement, ou en l’absence de méthode, nous vous recommandons d’exécuter des études périodiques afin de vous assurer que l’équité salariale est maintenue.
L’objectif d’un comité d’évaluation des emplois est de déterminer la valeur des emplois au sein de l’établissement et l’ampleur de tout écart salarial pouvant exister. Le comité peut aider à diriger le processus d’équité salariale, à contrôler la partialité et à rehausser la crédibilité des résultats. En particulier, un comité d’évaluation des emplois peut contribuer à l’intégrité du processus comme suit :
Lorsque le processus initial d’évaluation des emplois est terminé, examiner les évaluations des emplois de tous les membres du comité afin de résoudre les anomalies et de s’assurer que les facteurs sont appliqués uniformément.
La taille du comité d’évaluation des emplois est un point important. Si un comité est trop grand, il n’est pas efficace. Dans les grands établissements, il peut être nécessaire d’avoir plusieurs sous-comités rendant compte à un comité directeur d’évaluation.
Si vous décidez d’établir un comité d’évaluation des emplois, nous vous recommandons de suivre les étapes suivantes :
Un comité d’évaluation des emplois représentatif doit être composé de membres de différents niveaux organisationnels et compter des femmes et des hommes pour assurer un éventail de points de vue sur les emplois évalués. En outre, les membres du comité doivent :
Un comité de membres triés sur le volet peut améliorer le processus et offrir un éventail de points de vue sur les emplois.
Veiller à ce que les membres du comité reçoivent une formation suffisante sur les principes d’évaluation des emplois aux fins de l’équité salariale. Les membres du comité seront ainsi sensibilisés aux questions de partialité fondée sur le sexe, et le classement des emplois sera plus cohérent dans l’établissement.
Fournir aux membres du comité une information sur les emplois qui est exacte et détaillée. Les membres du comité devraient avoir accès aux ressources dont ils ont besoin pour mettre en œuvre le processus d’équité salariale dans l’établissement.
Vous pouvez envisager l’embauche d’un conseiller externe chargé de contribuer à la création d’un comité et à la mise en œuvre de l’équité salariale dans votre établissement.
Vous disposez de plusieurs options concernant la sélection d’une méthode d’évaluation des emplois. Vous pouvez :
Certaines méthodes d’évaluation des emplois sont offertes au public, par exemple, sur Internet. D’autres sont offertes sur le marché et la plupart des grandes sociétés d’experts-conseils en ressources humaines offrent une méthode d’évaluation des emplois par points et facteurs dans le cadre de leurs services. De plus, certaines sociétés d’experts-conseils en ressources humaines offrent des méthodes personnalisées basées sur la culture et les exigences de l’établissement de l’employeur. Une autre option consiste à élaborer des méthodes d’évaluation des emplois à l’interne, en s’inspirant d’autres modèles.
Le Programme du travail ne peut pas appuyer de méthode d’évaluation des emplois en particulier, puisqu’il n’est pas garanti que les méthodes soient exemptes de discrimination fondée sur le sexe. Le choix de la méthode d’évaluation n’est qu’une autre étape du processus. Les descriptions de travail ou les questionnaires et l’évaluation des emplois doivent également être exempts de préjugés sexistes.
Dans certains cas, un spécialiste en rémunération du Programme du travail peut examiner la méthode d’évaluation des emplois d’un employeur sur demande et fournir un conseil d’ordre technique concernant sa mise en œuvre. Les observations sur le plan se limiteront généralement à l’assurance que les quatre facteurs sont inclus et correctement décrits afin de répondre aux exigences de la loi.
Il existe de nombreuses méthodes d’évaluation des emplois. Cependant, aux fins de l’équité salariale, une méthode d’évaluation des emplois devrait être fiable et non sexiste et évaluer les quatre facteurs requis pour déterminer la valeur relative des emplois dans un établissement (qualifications, efforts, responsabilités et conditions de travail).
Il y a deux types principaux de méthode d’évaluation des emplois :
L’équité salariale a conduit de nombreux employeurs à utiliser des méthodes quantitatives.
Les méthodes non quantitatives d’évaluation des emplois examinent les emplois globalement selon leur importance pour l’organisation et ne produisent pas de cote numérique précise. Ces méthodes comprennent :
Les méthodes quantitatives d’évaluation des emplois examinent l’importance des emplois selon les critères d’évaluation. Les méthodes quantitatives comprennent :
Il s’agit de la plus simple forme d’évaluation des emplois. Le processus comporte un examen de l’emploi global ou une comparaison entre emplois, ce qui produit un classement des emplois de la plus haute valeur à la plus basse. Un petit employeur peut choisir d’utiliser cette méthode à condition qu’il prenne en considération les quatre facteurs (qualifications, efforts, responsabilités et conditions de travail).
Ce processus comprend deux étapes principales :
Il est vraisemblable et acceptable que certains emplois aient le même classement.
Pour obtenir un exemple de ce système, consulter le document sur la méthode de classement simple : Équité salariale dans les petits établissements.
Avantages de la méthode de classement :
Inconvénients de cette méthode :
Le simple classement ne donne qu’une indication de l’ordre et ne révèle rien sur l’écart relatif entre les emplois. Le processus peut être influencé par les titulaires et les évaluateurs peuvent appliquer différents critères de jugement. De plus, tous les nouveaux emplois doivent êtres comparés aux emplois existants, ce qui demande une répétition du processus de classement.
Il y a généralement deux sous-types de méthode de classement :
La comparaison par paires est un système simple qui permet à un employeur d’examiner et d’établir la valeur relative de chaque emploi par rapport aux autres emplois d’après les quatre facteurs. Ce système devient trop compliqué s’il y a trop de comparaisons d’emplois et il convient mieux à de petits établissements ou à des groupes professionnels de moins de 15 emplois.
La méthode par insertion consiste à comparer des emplois et à les placer dans un ordre hiérarchique interne établi. Elle ne peut pas être utilisée comme outil autonome. Les emplois qui semblent de nature, de portée et de niveau similaires sont identifiés et sont assignés à des niveaux de rémunération, en fonction de la comparaison globale des emplois avec d’autres emplois du même niveau.
Les avantages de cette méthode sont les suivants :
L’inconvénient de cette méthode est qu’elle est hautement subjective et il est donc difficile de déterminer la valeur réelle des emplois. Nous ne recommandons pas de l’utiliser aux fins de l’équité salariale.
La méthode de classification permet de classer les emplois d’après une analyse globale de l’emploi en utilisant des descriptions de classe prédéfinies. Elle est appliquée dans la fonction publique fédérale.
La première étape de ce processus consiste à analyser et à documenter le contenu de l’emploi. Des emplois repères qui semblent similaires quant à leur nature, leur portée ou leur niveau sont alors déterminés et regroupés. Des définitions génériques préliminaires sont préparées pour constituer les niveaux de classification (échelon ou salaire). Les descriptions de travail repères sont ensuite comparées aux descriptions génériques préliminaires et des modifications sont apportées au besoin. Finalement, les autres emplois sont affectés à des niveaux de classification correspondant plus fidèlement à la nature et au niveau du travail accompli.
Avantages de cette méthode :
Inconvénients :
Les méthodes quantitatives d’évaluation des emplois examinent l’importance des emplois en fonction des « critères d’évaluation ». Les méthodes quantitatives comprennent :
La méthode de questionnaire d’analyse des composantes d’emploi ou du poste utilise une analyse de régression multiple pour déterminer les facteurs et les valeurs des facteurs qui expliquent le mieux les niveaux relatifs des salaires du marché concernant les emplois repères. Ces facteurs sont ensuite utilisés pour évaluer les emplois non repères.
La première étape exige que l’employeur ou le comité d’évaluation des emplois sélectionne et définisse les critères d’évaluation qu’il désire mesurer. Un questionnaire d’analyse du poste est ensuite préparé pour recueillir l’information spécifique sur les critères d’évaluation définis, puis des données du marché touchant les emplois repères sont recueillies et saisies dans un programme informatique. Une analyse de régression à facteurs multiples des données est exécutée pour déterminer les facteurs devant être inclus dans le modèle initial de rémunération. Le modèle est ensuite mis à l’essai en utilisant le même ensemble de données que contiennent les emplois repères et il est ajusté au besoin pour produire l’ordre hiérarchique désiré. Tous les emplois sont examinés par rapport au modèle final afin d’assurer l’équité interne complète de tous les emplois dans l’ordre hiérarchique.
Les avantages de cette méthode sont qu’elle crée un équilibre entre l’équité interne et la compétitivité externe au moyen d’un seul outil en utilisant le marché externe comme principal point de référence. Elle repose également sur des statistiques, ce qui crée une impression d’objectivité. Les inconvénients sont que l’élaboration de la méthode est très complexe et coûteuse. De plus, son manque relatif de transparence peut compliquer la communication des résultats.
Il existe de nombreux types de méthodes d’évaluation des emplois, mais les plus répandues aux fins de l’équité salariale sont les méthodes par points et facteurs. Ce type de méthode permet aux organisations d’attribuer de façon constante une valeur numérique au travail accompli en utilisant des facteurs et des degrés définis. Les points sont attribués aux emplois, par facteur, et sont additionnés pour établir la valeur totale des emplois. Les emplois sont ensuite comparés d’après la valeur totale de points.
Au début du processus d’évaluation des emplois, les « groupes de facteurs » d’évaluation des emplois qui reflètent les quatre facteurs, de même que les descriptions de travail repères qui illustrent un degré ou les degrés des facteurs, doivent être sélectionnés pour assurer la cohérence dans l’application des échelles d’évaluation. Les emplois existants dans l’établissement doivent alors être analysés et décrits en fonction des quatre facteurs. Ensuite, les évaluateurs doivent déterminer le niveau de degré de chaque facteur qui convient le mieux à l’emploi et attribuer les valeurs respectives de points. Il est important que les évaluateurs interprètent chaque facteur et chaque degré de façon cohérente afin de déterminer la valeur interne de chaque emploi. Finalement, les points pour chaque emploi sont additionnés et les emplois sont classés dans un ordre hiérarchique interne.
Principaux avantages de ce type de méthode :
Inconvénients :
L’article 11 de la Loi canadienne sur les droits de la personne ne vous oblige pas expressément à mettre en œuvre un processus d’évaluation des emplois, mais nous vous encourageons à adopter un moyen systématique de mesurer et de classer la valeur des emplois dans votre établissement en utilisant une méthode d’évaluation des emplois fiable et non sexiste qui est basée sur une information documentée sur les emplois.
Plusieurs sources peuvent fournir différents types de méthodes d’évaluation des emplois. Vous devez sélectionner une méthode appropriée aux fins de l’équité salariale. Si vous êtes un petit employeur, vous pouvez adopter une approche systématique de l’équité salariale en veillant à ce que tous les emplois de valeur égale dans votre établissement obtiennent un salaire égal.
La loi ne vous oblige pas à recourir à un comité d’évaluation des emplois représentatif, mais un tel comité peut contribuer à assurer une orientation et un contrôle en matière de préjugés dans le processus d’évaluation des emplois. Il est important de se rappeler que l’évaluation des emplois doit se concentrer sur les emplois eux-mêmes et non pas sur les personnes qui les occupent. Par exemple, les évaluateurs ne doivent pas tenir compte du fait que le titulaire possède un doctorat en sciences au moment de déterminer la valeur du poste de technicien subalterne qui ne demande qu’un baccalauréat en sciences.
Lorsqu’une évaluation d’emploi est terminée, les salaires doivent être examinés pour découvrir si des iniquités salariales existent.
L’article 15 de l’Ordonnance de 1986 sur la parité salariale prévoit deux types de comparaison salariale : directe et indirecte. Une comparaison directe consiste à comparer un emploi à prédominance féminine à un emploi équivalent à prédominance masculine. Bien qu’une comparaison directe de la valeur du travail accompli et des salaires obtenus par les employés dans un groupe professionnel à prédominance féminine ne puisse pas être effectuée avec un groupe professionnel à prédominance masculine, une comparaison indirecte peut être réalisée. Une comparaison indirecte nécessite l’utilisation d’une courbe salariale.
Une méthode permettant de déterminer si des écarts salariaux existent dans un établissement comporte deux étapes :
Lorsque vous aurez déterminé l’ampleur de l’écart salarial, l’étape suivante consiste à examiner ces écarts afin de déterminer s’ils se justifient par l’un des facteurs reconnus raisonnables autorisés en vertu de l’Ordonnance.
La première étape consiste à déterminer le taux salarial existant pour chaque poste. La Loi canadienne sur les droits de la personne stipule que les salaires comprennent toute forme de rémunération payable pour un travail accompli par une personne.
Le taux salarial appliqué à cette fin est le taux salarial que l’employé peut espérer obtenir s’il donne un rendement totalement satisfaisant dans son emploi. Il peut être inutile de calculer la valeur monétaire des avantages sociaux directs et indirects si tous les employés en bénéficient de façon égale.
Pour obtenir plus d’information sur le terme « salaire » dans le contexte de l’équité salariale, consultez la page Notions de base de l’équité salariale : Glossaire.
L’étape suivante consiste à exposer ou à représenter graphiquement le taux salarial en fonction des valeurs d’évaluation, c’est-à-dire, tracer les courbes salariales. Il s’agit de tracer les points d’évaluation totaux et les taux salariaux respectifs de chaque emploi (voir la figure 1). Une courbe salariale représente les emplois dans le groupe à prédominance masculine et une autre courbe représente les emplois dans le groupe à prédominance féminine.

Deux courbes optimales, une pour le groupe à prédominance masculine et une pour le groupe à prédominance féminine, peuvent ensuite être tracées. Une courbe optimale est une courbe tracée dans le groupe de points de données qui estime le mieux la relation entre les variables, dans ce cas les salaires et les valeurs des emplois. La différence entre les courbes de la figure 2 ci-dessous représente les différences de salaire entre les emplois masculins et les emplois féminins dans l’établissement. Cette différence est l’écart salarial.

À Figure 2, deux courbes ont été tracées : une représente la courbe optimale pour les emplois à prédominance masculine, l’autre représente la courbe optimale pour les emplois à prédominance féminine. L’espace entre les courbes représente la différence salariale qui existe entre les emplois à prédominance masculine et ceux à prédominance féminine au sein de l’établissement. C’est ce qu’on appelle l’« écart salarial ».
Même si des douzaines, voire des centaines, d’emplois ont été évalués, les iniquités salariales ne sont pas nécessairement faciles à déceler. Vous devriez donc utiliser une méthode pour déceler les problèmes éventuels et déterminer leur importance. Si vous êtes un grand employeur, vous préférez peut-être utiliser des techniques statistiques, comme l’analyse de régression multiple, qui permettent des comparaisons indirectes des emplois.
Plusieurs employeurs considèrent que le regroupement des emplois évalués en fonction des échelons est une pratique répandue en matière de rémunération, afin de faciliter l’administration de la structure salariale. Les emplois faisant partie d’un même échelon sont considérés d’égale valeur pour les besoins de la rémunération. Cependant, les échelons ne doivent pas être conçus de manière à ce que les emplois à prédominance féminine se retrouvent dans les échelons inférieurs.
Lorsque vous avez déterminé l’ampleur des écarts salariaux, l’étape suivante consiste à déterminer l’ampleur de l’écart aux fins de l’équité salariale, c’est-à-dire, si une partie de l’écart salarial est due à une discrimination systémique fondée sur le sexe. Examinez les données d’évaluation des emplois pour déterminer si des différences peuvent être expliquées en fonction de l’un des facteurs reconnus raisonnables énoncés à l’article 16 de l’Ordonnance de 1986 sur la parité salariale. Des exemples de facteurs reconnus raisonnables sont les appréciations du rendement, l’ancienneté, la réévaluation d’un poste surévalué, l’affectation de réadaptation ou l’affectation temporaire à des fins de formation, les pénuries de main-d’œuvre dans l’établissement et les variations salariales régionales.
L’écart aux fins de l’équité salariale est la partie de l’écart salarial qui ne peut pas être expliquée par d’autres facteurs raisonnables. Pour que vous puissiez, à titre d’employeur, justifier une différence dans les salaires en invoquant un de ces facteurs, vous devez prouver que le facteur est appliqué de façon uniforme et équitable dans le calcul des salaires.
Si des écarts salariaux sont décelés dans le processus d’équité salariale, nous vous recommandons de prendre les mesures suivantes :
La loi fédérale n’impose pas d’échéanciers de mise en œuvre rigoureux aux employeurs relevant de la compétence fédérale ni de limite quant à l’ampleur du rajustement salarial qu’un employeur doit effectuer pour établir l’équité salariale.
N’oubliez pas que la loi ne permet pas de réduire des salaires pour corriger une iniquité salariale. Bien qu’on s’attende à ce que les femmes soient les principales bénéficiaires de la mise en œuvre de l’équité salariale, la loi s’applique également aux hommes. Les hommes occupant des postes dans les groupes professionnels recevant des ajustements aux fins de l’équité salariale peuvent également bénéficier d’augmentations de salaire.
Dès que le programme d’équité salariale a été mis en œuvre, nous vous recommandons d’établir un système d’examen périodique pour veiller à ce qu’aucun écart salarial fondé sur le sexe ne se manifeste de nouveau.
Un certain nombre de facteurs pourraient entraîner de nouveaux écarts salariaux dans le contexte de l’équité salariale, après l’adoption d’un programme d’équité salariale. Citons, entre autres :
Les politiques et les pratiques de rémunération doivent être examinées pour déterminer s’il y a des écarts salariaux déterminants entre les hommes et les femmes. Si tel est le cas, ces écarts doivent être corrigés pour garantir à l’avenir un salaire égal pour un travail de valeur égale.