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La hausse considérable des frais de scolarité au cours des années 90 a fait surgir des préoccupations selon lesquelles les niveaux d'endettement sont devenus trop élevés et rendent difficile la période de récupération après les études. Cette section porte sur les tendances de l'endettement des étudiants et les difficultés financières des finissants de 1990, 1995 et 2000 afin de déterminer si l'augmentation des coûts des études postsecondaires (EPS) a coïncidé avec une hausse de l'incidence de l'endettement et du niveau moyen des dettes, un plus lourd fardeau d'endettement et une augmentation du nombre de problèmes de remboursement.
Si à peu près le même pourcentage de finissants du collège et de titulaires d'un baccalauréat ont emprunté de l'argent en 1990, en 1995 et en 2000, la taille moyenne de l'endettement a augmenté considérablement au fil du temps.
En 2000, 47 % des finissants du collège et 52 % des titulaires d'un baccalauréat avaient des dettes en vertu d'un programme de prêts étudiants du gouvernement. Ces pourcentages n'ont pas changé beaucoup par rapport à dix ans auparavant, époque où 45 % des finissants du collège et 51 % des étudiants ayant obtenu un baccalauréat avaient un prêt étudiant. Par contre, le niveau moyen d'endettement a augmenté considérablement au fil du temps. Le niveau d'endettement moyen des finissants du collège en 2000 était supérieur de 8 % à celui des finissants de 1995 et de 63 % à celui des finissants de 1990, tandis que les étudiants ayant obtenu un baccalauréat en 2000 avaient à peu près 15 % plus de dettes que ceux de 1995 et 68 % de plus que ceux de 1990 (tableau 1).
Si l'augmentation des coûts des EPS constitue probablement le principal facteur expliquant la hausse du niveau d'endettement, bon nombre d'autres facteurs ont pu entrer en ligne de compte. Par exemple, l'évolution de la structure familiale (les étudiants qui habitent chez leurs parents comparativement à ceux qui sont seuls ou mariés) et de la répartition des finissants par domaine d'études peuvent avoir influé sur le niveau d'endettement, car un mode de vie et un domaine d'études différents se traduisent par un niveau d'endettement différent.
| Collège/cégep | Baccalauréat | ||||||
| Hommes | Femmes | Total | Hommes | Femmes | Total | ||
| Incidence d'endettement en vertu de prêts étudiants du gouvernement | 1990 | 0,45 | 0,45 | 0,45 | 0,53 | 0,49 | 0,51 |
| 1995 | 0,44 | 0,47 | 0,46 | 0,53 | 0,48 | 0,50 | |
| 2000 | 0,44 | 0,49 | 0,47 | 0,52 | 0,53 | 0,52 | |
| Montant moyen de prêts étudiants du gouvernement dus à la fin des études (2002 $) | 1990 | 6 785 | 7 161 | 7 006 | 10 004 | 10 424 | 10 237 |
| 1995 | 10 407 | 10 705 | 10 584 | 14 638 | 15 336 | 15 029 | |
| 2000 | 11 032 | 11 686 | 11 420 | 17 501 | 17 021 | 17 207 | |
| Revenu annuel brut moyen estimé pour l'emploi occupé deux ans après la fin des études (2002 $) | 1990 | 33 075 | 29 327 | 30 894 | 38 963 | 34 737 | 36 564 |
| 1995 | 32 796 | 24 553 | 28 053 | 36 045 | 30 498 | 32 763 | |
| 2000 | 35 080 | 27 971 | 30 946 | 40 769 | 35 012 | 37 184 | |
| Rapport médian entre les dettes et les gains 1 | 1990 | 0,18 | 0,23 | 0,21 | 0,26 | 0,29 | 0,28 |
| 1995 | 0,30 | 0,42 | 0,36 | 0,40 | 0,49 | 0,45 | |
| 2000 | 0,26 | 0,38 | 0,33 | 0,40 | 0,47 | 0,44 | |
| Difficultés à rembourser les prêts étudiants du gouvernement deux ans après la fin des études 2 | 1990 | 0,27 | 0,25 | 0,26 | 0,22 | 0,26 | 0,24 |
| 1995 | 0,33 | 0,37 | 0,35 | 0,27 | 0,40 | 0,34 | |
| 2000 | 0,40 | 0,41 | 0,41 | 0,30 | 0,31 | 0,31 | |
| Proportion des dettes remboursées deux ans après la fin des études 3 | 1990 | 0,49 | 0,47 | 0,48 | 0,42 | 0,40 | 0,41 |
| 1995 | 0,41 | 0,37 | 0,38 | 0,44 | 0,40 | 0,41 | |
| 2000 | 0,20 | 0,26 | 0,23 | 0,28 | 0,17 | 0,21 | |
| 1. Par définition, il s'agit du montant dû en vertu des programmes de prêts étudiants à la fin des études divisé par le revenu annuel de l'emploi occupé au moment de la première entrevue (deux ans après la fin des études). 2. Difficultés à rembourser les prêts étudiants du gouvernement déclarés par les répondants qui ont emprunté de l'argent en vertu d'un prêt du gouvernement et qui ont commencé à le rembourser. 3. Tous les répondants qui avaient un prêt étudiant du gouvernement à rembourser à la fin de leurs études. |
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Le rapport médian entre les dettes et les gains a augmenté considérablement entre 1990 et 1995 et quelque peu fléchi en 2000.
Pour analyser le fardeau d'endettement des étudiants, on se sert du rapport entre les dettes et les gains, soit par définition le montant de prêts étudiants à rembourser à la fin des études divisé par le revenu annuel. La variable du revenu donnée dans l'Enquête nationale auprès des diplômés (END) est une estimation de ce que le finissant aurait gagné sur un an si l'emploi qu'il occupait au moment de l'entrevue (deux ans après la fin de ses études) avait duré toute l'année, indépendamment du véritable statut d'emploi (c.-à-d. le nombre de semaines travaillées).
Tel qu'illustré au tableau 1, chez les finissants du collège, le rapport entre les dettes et les gains est passé de 0,21 en 1990 à 0,36 en 1995, avant de chuter quelque peu en 2000 pour se fixer à 0,33. Le fardeau d'endettement a également suivi la même tendance chez les étudiants ayant terminé un baccalauréat. Le rapport médian entre les dettes et les gains des titulaires d'un baccalauréat est passé de 0,28 en 1995 à 0,45 en 1995 et a légèrement fléchi en 2000 pour s'établir à 0,44. L'augmentation considérable du fardeau d'endettement entre 1990 et 1995 est attribuable à la combinaison d'une augmentation des niveaux d'endettement et à une baisse des revenus réels. En 2000, le montant moyen dû à la fin des études a continué d'augmenter, mais l'augmentation des revenus réels a contribué à l'affaiblissement du fardeau d'endettement.
Étant donné l'augmentation du fardeau d'endettement, le pourcentage d'étudiants ayant déclaré un problème de remboursement a augmenté avec le temps, et le pourcentage des dettes remboursées deux ans après la fin des études a diminué.
Entre 1990 et 1995, le pourcentage d'étudiants ayant du mal à rembourser leur prêt a augmenté, étant passé de 26 % à 35 % chez les finissants du collège et de 24 % à 34 % chez les étudiants ayant terminé un baccalauréat (tableau 1). En 2000, ce pourcentage a augmenté une fois de plus et est passé à 41 % chez les finissants du collège, mais a diminué légèrement chez les titulaires d'un baccalauréat pour se fixer à 31 %. Toutefois, ce recul a été observé uniquement chez les femmes, car le pourcentage de titulaires d'un baccalauréat de sexe masculin ayant déclaré des difficultés de remboursement a continué d'augmenter.
En 1990 et en 1995, les étudiants avaient remboursé environ 40 % de leurs dettes au gouvernement deux ans après la fin de leurs études. En 2000, le pourcentage des dettes remboursées a diminué de près de 50 % à la fois chez les finissants du collège et les titulaires d'un baccalauréat (tableau 1). Notons que cette baisse ne peut s'expliquer par une augmentation de la proportion d'étudiants qui ont poursuivi leurs études après l'obtention d'un diplôme et qui n'ont pas commencé à rembourser leur prêt, puisque les finissants de 2000 étaient moins nombreux à avoir terminé des études supérieures que ceux de 1995 deux ans après l'obtention de leur diplôme (voir tableau A1 en annexe).
L'augmentation des coûts des EPS n'est qu'un seul des multiples facteurs qui ont pu influer sur les difficultés financières des étudiants.
De nombreux facteurs peuvent influer sur les revenus et donc avoir un effet sur le fardeau d'endettement et la capacité de remboursement. Par exemple, une partie de la diminution du revenu réel des finissants entre 1990 et 1995 pourrait s'expliquer par le fait qu'un plus grand nombre de finissants ont poursuivi des études supérieures et ne sont pas entrés à plein temps sur le marché du travail. Par ailleurs, le rétablissement des revenus réels entre 1995 et 2000 pourrait s'expliquer par la diminution du pourcentage d'étudiants qui ont poursuivi des études supérieures8. La taille de la cohorte, la situation du marché du travail au moment de l'obtention du diplôme et de la répartition des finissants selon le domaine d'études représentent également d'importants facteurs qui influent sur la transition vers le marché du travail, donc sur le revenu et la capacité de remboursement.
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