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Plus de jeunes Canadiens que jamais se lancent dans des études postsecondaires à la fin de leurs études secondaires. En fait, les jeunes ont, semble-t-il, pris conscience que plus l'économie canadienne repose sur la connaissance, plus nombreux sont les emplois qui nécessitent un niveau supérieur d'éducation et de compétence. Un rapport publié récemment par Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada, Le secondaire, est-ce suffisant?, jette davantage de lumière sur la nature de l'éducation des jeunes, leur formation et leurs expériences de travail dans les années 1990.
Ainsi que nous l'avons mentionné précédemment (Bulletin de la recherche appliquée, vol. 3, no 1), l'Enquête de 1991 auprès des sortants (EAS) montre que 18 % des jeunes de 20 ans avaient quitté l'école avant même d'avoir reçu un diplôme de fin d'études secondaires ou l'équivalent. Quatre ans plus tard, l'Enquête de suivi auprès des sortants de 1995 (ESAS) révèle qu'une grande proportion de ceux-ci étaient revenus en classe. En 1995, la proportion des sortants était tombée à 15 % dans ce même groupe de jeunes, alors âgés de 24 ans. Autrement dit, un sortant sur quatre de 1991 était retourné à l'école et avait obtenu son diplôme en 1995.
Les jeunes peuvent effectuer leur transition de l'école au travail de multiples façons. Parmi les jeunes de 22 à 24 ans qui avaient terminé leurs études secondaires en 1995, 11 % avaient obtenu leur diplôme à 20 ans ou même plus tard. Les institutions et les programmes qui permettent aux adultes d'accéder aux études secondaires ou à l'équivalent sont probablement en grande partie responsables de la présence de ces diplômés plus âgés. Le taux de départ prématuré des jeunes du secondaire de 20 ans et de 24 ans varie considérablement d'une province à l'autre. La Saskatchewan et l'Alberta sont les provinces qui affichent la plus faible proportion de sortants, l'Île du Prince-Édouard, Terre-Neuve et le Québec présentant, quant à elles, le taux le plus élevé.
20 ans en 1991 | 24 ans en 1995 | |
Canada | 18 | 15 |
Terre-Neuve | 24 | 19 |
Île du Prince-Édouard | 25 | 21 |
Nouvelle-Écosse | 22 | 17 |
Nouveau-Brunswick | 20 | 16 |
Québec | 22 | 19 |
Ontario | 17 | 14 |
Manitoba | 19 | 14 |
Saskatchewan | 16 | 11 |
Alberta | 14 | 11 |
Colombie-Britannique | 16 | 13 |
Source : Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada, Le secondaire, est-ce suffisant? Une analyse des résultats de l'Enquête de suivi auprès des sortants, 1995, 1998, p. 10 | ||
En dépit de la forte participation de la jeunesse canadienne à l'enseignement postsecondaire, 11 % de la cohorte de 1991 étaient des sortants du niveau secondaire qui n'avaient aucune autre éducation ou formation. De plus, 17 % supplémentaires étaient des diplômés du secondaire n'ayant pas d'autre éducation ou formation. Pris dans leur ensemble, ce sont donc près de trois personnes de 22 à 24 ans sur dix dont le niveau d'éducation est relativement faible.
Dans une société de plus en plus fortement éduquée, on considère comme «faiblement éduqués», non seulement les sortants du secondaire, mais également ceux qui ont obtenu leur diplôme mais n'ont pas poursuivi leurs études ou leur formation. Certains de ces jeunes moins bien éduqués semblent avoir subi l'influence des contraintes de leur milieu et provenir, par exemple, de familles dont le niveau d'éducation est moins élevé.

Population représentée : 1 136 000
Source : Enquête de suivi auprès des sortants, 1995
Les analyses des divers facteurs associés à l'utilisation des compétences des jeunes de 22 à 24 ans montrent que l'éducation et les états de service sont tous deux extrêmement importants. Les jeunes qui étaient employés ou ceux qui poursuivaient des études postsecondaires affichaient généralement le plus haut niveau d'utilisation et d'évaluation de leurs capacités.
Suite à la récession économique et à la lenteur de la reprise qui a suivi, la transition s'est avérée plus difficile pour de nombreux jeunes au cours de la première moitié des années 1990. Les observations de l'Enquête de suivi auprès des sortants de 1995 confirment les conclusions des années 1980, c'est-à-dire que la transition de l'école au travail est de plus en plus difficile, que les étapes de cette transition ne sont pas clairement définies et que les jeunes ont combiné travail et études de multiples façons. Cette tendance s'est poursuivie au cours des années 1990.
Après leurs études secondaires, 23 % de tous les jeunes de 22 à 24 ans n'avaient jamais eu d'emploi d'au moins six mois comprenant 20 heures de travail ou davantage. L'incidence la plus forte de ceux qui n'avaient jamais eu un emploi de ce genre se retrouvait chez les étudiants du postsecondaire au moment de l'enquête (42 %) et chez les femmes ne possédant pas de diplôme d'études secondaires (33 %). Plus du tiers de tous les jeunes de 22 à 24 ans trouvaient un emploi de ce type dans les premiers six mois de leur départ de l'école secondaire.
Les emplois non standard (travail à temps partiel, emploi temporaire et travail autonome) représentaient 41 % du total des emplois des jeunes. En excluant les étudiants, ce pourcentage est passé à 36 %, comparativement à 31 % pour l'ensemble de la main-d'œuvre en 1995.
En 1995, un jeune de 22 à 24 ans sur quatre disposant d'un emploi travaillait à temps partiel. Cette proportion est plus forte que ce que l'on retrouve dans la population active en général où elle est de 19 %. Cependant, si l'on exclut les étudiants, seuls 15 % des emplois étaient à temps partiel. La présence à l'école ou la participation à des programmes de formation sont les raisons principales qui expliquent les emplois à temps partiel.
Après l'école secondaire, de nombreux premiers emplois d'une durée de plus de six mois et comprenant au moins 20 heures de travail étaient encore, en réalité, des emplois « étudiants ». Avec le temps, les jeunes ayant acquis les capacités et l'expérience appropriées abandonnaient généralement ces emplois «étudiants» pour se lancer dans d'autres secteurs. On a également pu constater une tendance à passer du plus bas niveau de compétence à des niveaux plus élevés, en particulier chez les jeunes ayant poursuivi des études au niveau postsecondaire.
Dans l'ensemble, 41 % des jeunes ayant un emploi avaient poursuivi des études reliées à une carrière ou à une profession, ou suivi une formation sous forme de programmes, de cours, d'ateliers, de séminaires et de séances de tutorat. C'est chez les sortants du secondaire que ce pourcentage était le moins élevé (28 %) et le plus élevé correspondait aux étudiants du postsecondaire (60 %). La formation reliée au travail des jeunes Canadiens est le plus souvent le fait de ceux qui ont déjà un niveau d'éducation plus élevé.
Il y a quelques avantages à posséder un diplôme d'études secondaires, même pour ceux qui n'ont pas fait d'autres études. Par exemple, les diplômés trouvaient plus rapidement de l'emploi que les sortants et passaient moins de temps au chômage. Cependant, les diplômés du secondaire bénéficiant d'une éducation ou d'une formation postsecondaire étaient bien mieux lotis que les sortants ou les diplômés qui ne pouvaient justifier d'aucune éducation supplémentaire. Ainsi, le taux de participation des diplômés du postsecondaire à la main-d'œuvre était plus élevé que celui des sortants ou des diplômés du secondaire, et leur taux de chômage moins élevé.
| Taux d'activité (Pourcentages) | Taux de chômage (Pourcentages) | |
| Sortants | 81 | 21 |
| Diplômés du secondaire | 85 | 13 |
| Diplômés universitaires | 96 | 9* |
| Autres diplômés postsecondaires | 96 | 10 |
| * L'astérisque indique un coefficient de variation de 16,6 % à 33,3 %. Ce chiffre est moins fiable que les autres. Source : Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada, Le secondaire, est-ce suffisant? Une analyse des résultats de l'Enquête de suivi auprès des sortants, 1995, 1998 | ||
Un pourcentage extrêmement mince des jeunes ne cherchaient pas de travail parce que, selon eux, «il n'y avait pas de travail» ou simplement parce que cela ne «les intéressait pas d'en trouver». Ces résultats correspondent à ceux d'autres études qui ont conclu que les jeunes Canadiens ont un sens élevé de l'éthique du travail.
À l'âge de 22 à 24 ans, les jeunes à l'étude étaient encore en plein milieu de leur transition. Néanmoins, l'analyse découlant de l'Enquête auprès des sortants s'ajoute à toute une série de documents qui donnent à penser que, dans le système économique actuel, un haut niveau d'éducation est la clé qui permet de mieux se positionner sur le marché du travail et dans la vie. Cette vérité fondamentale devrait être à la base de toute décision, tant des individus que des décideurs politiques.
Les jeunes qui possèdent un diplôme d'études secondaires et rien de plus s'en tirent un peu mieux que ceux qui n'en ont pas. D'autre part, parce qu'il ouvre la porte à d'autres études, le diplôme d'études secondaires est une étape importante du point de vue de l'accès à des emplois hautement spécialisés et mieux rémunérés pour ceux qui y aspirent. Dans une économie et une société qui s'appuient de plus en plus sur la connaissance, les études secondaires ne sont peut-être pas suffisantes.
Cependant, le chemin de l'école au travail suppose bien plus que la simple réussite scolaire. Nos jeunes doivent réunir d'autres conditions pour réussir cette transition et les facteurs de développement, la qualité des expériences éducationnelles, ainsi que la disponibilité du travail pour les jeunes partout au pays, par exemple, entrent également en ligne de compte. Une analyse d'un grand nombre de ces facteurs critiques sera bientôt disponible grâce à une Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, ainsi qu'à une Enquête longitudinale sur les jeunes en transition que Développement des ressources humaines est en train de préparer avec la collaboration de Statistique Canada.
Note sur les enquêtes Entre septembre et décembre 1995, Statistique Canada, en collaboration avec Développement des ressources humaines Canada, a mené l'Enquête de suivi auprès des sortants (ESAS). L'enquête initiale auprès des sortants de 1991 avait permis d'interroger près de 10 000 jeunes de 18 à 20 ans afin de documenter leurs caractéristiques et les circonstances qui les avaient poussés à quitter l'école. Quatre ans plus tard, l'ESAS refaisait une entrevue de près des deux tiers des mêmes répondants, alors âgés de 22 à 24 ans, afin d'examiner comment s'était effectuée la transition de l'école au travail des jeunes après le secondaire. L'enquête était conçue de façon à étudier leur transition non pas comme le passage à sens unique de l'école au travail mais comme toute une gamme de mouvements du monde du travail à celui de l'éducation et de la formation. |
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