|
Notes d’allocution pour l’honorable Monte Solberg ministre des Ressources humaines et du Développement social Conférence organisée conjointement par le Forum des fédérations et Ressources humaines et Développement social Canada L’enseignement postsecondaire dans les pays fédérés Gatineau (Québec) Le 15 janvier 2007 |
La version prononcée fait foi
Introduction
Merci pour cette généreuse introduction. C’est la première fois aujourd’hui que j’ai l’occasion de prononcer quelques mots depuis que j’ai assumé mes nouvelles responsabilités, plus tôt ce mois-ci, à titre de ministre des Ressources humaines et du Développement social. C’est pour moi un véritable honneur de pouvoir m’adresser à un groupe d’experts aussi renommés provenant de partout au Canada et des quatre coins du monde.
Merci de votre invitation! Je désire remercier le Forum des fédérations d’avoir invité Ressources humaines et Développement social Canada à travailler avec ses membres afin d’organiser cette conférence.
Une rivière qui unit
Je désire souhaiter la plus chaleureuse des bienvenues à tous ceux et celles qui visitent notre belle région de la capitale nationale pour la première fois. Comme vous le savez peut-être, les villes d’Ottawa et de Gatineau se sont développées grâce au commerce du bois. En effet, il y a 150 ans, les rivières servaient au commerce et le bois d’œuvre était expédié en aval à destination de l’Europe. On peut donc dire que ces rivières nous ont portés vers l’économie mondiale du XIX e siècle.
Mais l’économie d’aujourd’hui ne repose plus sur le commerce du bois. Comme c’est le cas dans bien d’autres villes partout dans le monde, l’économie repose sur le savoir et les connaissances :
Nous sommes donc au bon endroit, un endroit empreint de symbolisme, pour parler des rôles que jouent les pays fédérés dans la promotion des études postsecondaires. L’occasion est bien choisie également pour souligner que le nouveau gouvernement du Canada s’est affairé au cours de la dernière année à créer de nombreuses occasions pour les Canadiennes et les Canadiens afin que nous puissions continuer à jouir du plus haut taux de participation sur le marché du travail des pays de l’OCDE.
La source d’une solide compétitivité
La capacité des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à travailler ensemble nous a permis de former l’une des populations les mieux scolarisées au monde. Aujourd’hui, quarante-quatre pourcent des Canadiens et des Canadiennes possèdent un diplôme d’études postsecondaires.
Notre réussite nous donne un avantage concurrentiel important dans cette économie du savoir, mais ce n’est pas tout. Nos établissements d’enseignement postsecondaire sont une source d’idées et d’innovation, une sorte d’énergie créatrice qui propulse notre économie. L’enseignement postsecondaire contribue au mieux-être des citoyens et de leur communauté. Il a une incidence très positive sur la santé des Canadiennes et des Canadiens. Enfin, il contribue à bâtir une société forte, dynamique et capable d’une belle ouverture d’esprit. Les Canadiennes et les Canadiens qui ont fait des études postsecondaires sont plus enclins à donner de leur temps bénévolement au sein de leur communauté de même qu’à voter aux élections et à s’impliquer dans le monde qui les entoure.
Mais comment le Canada peut-il arriver à gérer la répartition des compétences? Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux ont tous un rôle à jouer dans les efforts pour appuyer l’enseignement postsecondaire. Depuis fort longtemps, le gouvernement fédéral contribue financièrement à l’épanouissement de l’enseignement postsecondaire au Canada. Le réseau de collèges et d’universités auquel nous avons accès aujourd’hui est le fruit d’une solide collaboration entre les deux ordres de gouvernement au fil des dernières décennies.
Le gouvernement fédéral soutient l’enseignement postsecondaire de la façon suivante : il transfert des fonds aux provinces et les provinces investissent cet argent selon leurs priorités et leurs besoins. Le nouveau gouvernement du Canada a récemment investi un milliard de dollars dans un fonds fiduciaire pour moderniser l’infrastructure des collèges et des universités. Tous les gouvernements ont la responsabilité de travailler ensemble, afin de démontrer que nos investissements sont en train de produire des résultats pour les Canadiens et les Canadiennes.
Soucieux de préserver sa place aux premiers rangs dans le secteur de la technologie et de l’innovation, le gouvernement du Canada oriente également ses investissements vers l’excellence dans le domaine de la recherche.
Les fonds du gouvernement fédéral permettent également d’offrir aux étudiants une aide financière sous la forme de prêts et de subventions de même que de crédits d’impôt pendant les études. Nous faisons tout en notre pouvoir pour anéantir les obstacles financiers qui freinent l’accès aux études postsecondaires, pour ouvrir des portes pour les étudiants, et enfin, pour aider les familles à se bâtir un avenir meilleur.
Dans notre budget de 2006, nous avons présenté deux nouvelles mesures pour les étudiants inscrits à un programme d’études postsecondaires. La première mesure permet à un plus grand nombre d’étudiants de recevoir une aide financière par le truchement du Programme canadien de prêts aux étudiants. Grâce à la deuxième mesure, les étudiants bénéficieront d’une aide financière bonifiée dans le cadre des programmes de subventions et de bourses.
Défis
Nous pouvons être fiers de notre bilan. Mais nous avons encore du chemin à faire. La mondialisation, l’économie du savoir et les changements démographiques radicaux auxquels notre pays est confronté sont venus changer les règles du jeu. Et même si le Canada jouit aujourd’hui d’un certain avantage dans le domaine de l’enseignement postsecondaire, il n’est pas garanti que nous maintiendrons toujours cette avance.
Pour certaines personnes, il est encore difficile d’entamer des études postsecondaires et d’en payer les frais. Par exemple, les personnes autochtones sont largement sous-représentées dans notre système d’enseignement postsecondaire.
Au cours de la dernière décennie, les frais de scolarité et les niveaux d’endettement des étudiants ont connu une montée fulgurante. Trop de familles se butent contre ces obstacles financiers qui les tiennent à l’écart du système d’enseignement postsecondaire. Si les étudiants ne peuvent approfondir leurs connaissances en raison des coûts des études, c’est le pays tout entier qui perd au change. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer des chances de perfectionner nos compétences et notre bassin de connaissances.
Le système d’enseignement postsecondaire canadien est essentiellement axé sur les jeunes apprenants. Mais je tiens à souligner que nous avons de plus en plus besoin d’activités d’éducation qui s’adressent aux adultes, surtout en ce qui a trait à la formation axée sur la carrière. Si nous voulons que notre effectif demeure compétitif, nous devons tisser des liens solides entre les établissements d’enseignement postsecondaire et le marché du travail.
Avantage Canada
Il y a deux mois, le nouveau gouvernement du Canada a dressé un plan économique en matière de compétitivité qu’il a intitulé « Avantage Canada ». L’un des buts de cette stratégie consiste à renforcer l’Avantage du savoir de notre pays, c’est-à-dire d oter le Canada de la main-d’œuvre la plus scolarisée, la plus qualifiée et la plus souple au monde.
Pour y parvenir, nous voulons accroître la quantité de travailleurs sur le marché du travail, améliorer la qualité des travailleurs sur le marché du travail, et maximiser l’efficacité du marché du travail.
Pour réaliser ces objectifs, nous aurons besoin d’un solide système d’enseignement postsecondaire. C’est pourquoi nous nous sommes engagés à :
Mais notre travail pour accroître la qualité de notre effectif ne se limite pas aux établissements d’enseignement postsecondaire. Nous désirons également encourager les Canadiennes et les Canadiens à amorcer l’apprentissage d’un métier. Comme nous l’avions promis dans le budget de 2006, nous avons créé la Subvention incitative aux apprentis et le crédit d’impôt pour la création d’emplois d’apprentis.
L’apprentissage continu est essentiel, et il est primordial de débuter le plus tôt possible. Sous la gouverne du Premier ministre Stephen Harper, notre gouvernement a pris les moyens pour veiller à ce que les enfants canadiens commencent leur vie du bon pied. En effet, depuis le mois de juillet, les parents d’enfants de six ans et moins reçoivent chaque mois un montant de 100 $ par enfant dans le cadre de la Prestation universelle pour la garde d’enfants.
Il s’agit de mesures concrètes que nous avons prises pour doter le Canada de la main-d’œuvre la plus scolarisée, la plus qualifiée et la plus souple au monde.
Je suis à l’écoute
Mais la raison pour laquelle nous avons décidé de nous joindre au Forum des fédérations pour organiser cette conférence est que nous voulons connaître vos perspectives et vos conseils.
Chaque pays représenté ici aujourd’hui possède des caractéristiques historiques uniques, qui sont à l’origine de sa fédération. Chacun a choisi sa propre approche en matière d’enseignement postsecondaire. Et chaque approche comprend des gouvernements régionaux et locaux.
Je sais que nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres. Je suis avide de connaître votre opinion sur la façon suivant laquelle un système fédéraliste peut faire face à la multitude de défis qu’offre l’enseignement postsecondaire. J’aimerais savoir ce que vous avez à proposer pour que nous arrivions à conjuguer nos rôles et responsabilités de façon à toujours répondre aux réalités en pleine évolution.
Conclusion
À titre de ministre des Ressources humaines et du Développement social, je suis impatient de saisir cette occasion pour bâtir un système d’enseignement postsecondaire encore plus robuste. Ce système est essentiel à notre réussite économique et à la croissance de notre société.
Il y a quelques années, je suis allé visiter l’Université Augustana, à Camrose, dans ma province natale de l’Alberta. C’est là que mes arrière-grands-parents norvégiens se sont installés il y a plus de cents ans. J’ai erré dans le foyer de l’Université et j’y ai remarqué un grand livre dans lequel était inscrit le nom des premiers donateurs qui avaient contribué à la fondation de l’Université en 1910. Et là, dans ce grand livre, figuraient les noms de mon arrière-grand-père Nils et de mon grand-oncle Matt.
Vous pouvez vous imaginer qu’en 1910, Camrose, tout comme Ottawa et Gatineau en 1860, n’était pas perçu comme un lieu de haut savoir. Mais les gens de cette communauté avaient un profond respect pour l’éducation et l’apprentissage.
Je me demande ce que diront nos arrière-petits-enfants quand ils examineront ce que nous avons fait pour le Canada. J’espère qu’ils constateront que nous avons fait les choix, au début du XXI e siècle, qui ont permis au Canada de conserver son statut de figure de proue dans un monde où l’éducation était la clé de la prospérité économique et de la compréhension sociale, la clé pour bâtir un meilleur pays, plus fort et plus sécuritaire, et tout à fait capable de tenir tête aux défis d’un monde en pleine évolution.
Lorsque nous nous réunissons pour échanger des idées et des pratiques exemplaires, nous faisons un grand pas vers l’accomplissement de cette vision. Je me réjouis de voir que vous avez été nombreux à répondre à l’appel et à venir exprimer vos opinions. Il me tarde déjà de rencontrer les responsables de mon Ministère et de connaître les conclusions des délibérations qui auront lieu aujourd’hui. J’espère que cette conférence vous plaira et qu’elle vous apportera des idées nouvelles. Bonnes discussions!
Je vous remercie.