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ARCHIVÉ - Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie (2006-2015)

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29 janvier 2007

Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie (2006-2015)

Document d'information sur

Les pénuries de main-d'oeuvre actuelles et futures au Canada

À l'heure actuelle, plusieurs professions font face à des pénuries de main-d'oeuvre à l'échelle nationale

Selon un nouveau rapport de RHDSC, plusieurs professions sont présentement en pénurie de main-d'oeuvre à l'échelle nationale. Ces professions font face à des augmentations du nombre d'emplois et des salaires considérablement plus rapides que les autres professions. Le taux de chômage pour ces professions est également beaucoup plus bas que sa moyenne historique et inférieur à celui des autres professions.

Les prévisions présentées dans le rapport de RHDSC ne visent que le marché du travail national. La raison est que les données disponibles permettent des prévisions de l'offre et de la demande de main-d'oeuvre à l'échelle nationale, mais ne permettent pas les projections de l'offre de main-d'oeuvre par profession au niveau provincial. L'examen d'un seul côté du marché du travail peut mener à des interprétations très trompeuses. Par exemple, pour une province donnée, la prévision d'une forte croissance de la demande pour une profession ne signifie pas nécessairement qu'il y aura pénurie si l'offre de main-d'oeuvre pour cette profession croît également fortement au cours des années à venir.

De tels indicateurs suggèrent que le nombre le plus élevé de professions où la demande dépasse à l'heure actuelle l'offre, à l'échelle nationale, se trouve dans le secteur de la santé.

Les pressions sont particulièrement fortes en ce qui concerne les médecins, les infirmières, les pharmaciens, les technologues et techniciens médicaux et le personnel de soutien des services de santé (aides­infirmières et assistantes dentaires). L'augmentation de la demande dans ces professions a été forte en raison des besoins croissants liés au vieillissement de la population, à l'accroissement du financement gouvernemental pour les soins de santé et à un nombre élevé de départs à la retraite chez les travailleurs. De plus, la croissance de l'offre pour plusieurs de ces professions a été relativement faible.

Les professions de gestion (p. ex., cadres supérieurs, directeurs des ressources humaines) font également face à des pénuries, surtout en raison d'un niveau élevé de départs à la retraite chez ces travailleurs habituellement plus âgés.

Les autres catégories professionnelles qui montrent présentement des signes de pénurie comprennent notamment :

  • les professions liées au secteur du pétrole et du gaz, surtout en raison des investissements importants dans ce secteur;
  • certains métiers, particulièrement les constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire, en raison d'une forte croissance au cours des dernières années dans les activités de construction et de rénovation de résidences;
  • certaines professions du secteur des technologies de l'information, comme les ingénieurs informatiques et les ingénieurs en logiciels, ce qui reflète la reprise dans ce secteur après l'effondrement de 2001;
  • certaines professions des sciences sociales, de l'enseignement et des services gouvernementaux, comme les professeurs d'université, en raison des départs à la retraite et de la nouvelle demande provoquée par un financement accru des gouvernements pour les études postsecondaires.

La liste des professions en situation de pénurie peut sembler courte compte tenu des nombreuses mentions de pénuries qui ont été faites au cours des dernières années dans l'ensemble du Canada. Il faut toutefois tenir compte de deux éléments importants.

  • Premièrement, la liste ci­dessus concerne les pénuries sur le marché du travail national, alors que les pénuries dont il est fait mention ailleurs portent souvent sur les marchés du travail locaux ou régionaux. À vrai dire, dans un pays aussi diversifié que le Canada, qui comprend des régions ayant une composition industrielle et une démographie différentes, une évaluation des pressions dans les différentes professions faite à l'échelle nationale peut facilement masquer des différences importantes entre les régions. Certaines régions du pays peuvent être aux prises avec une pénurie pour une profession donnée, alors que d'autres régions se retrouvent avec une offre excédentaire pour la même profession.
  • Deuxièmement, les mentions de pénurie peuvent parfois refléter davantage une compétition plus intense pour recruter des travailleurs sur un marché du travail en santé que des indicateurs objectifs d'une pénurie de main-d'oeuvre (tels qu'une forte croissance de l'emploi, un faible taux de chômage et des pressions à la hausse sur les salaires). Lorsque le taux de chômage était dans les deux chiffres, des situations de pénurie étaient moins souvent mentionnées parce qu'il y avait amplement de travailleurs pour occuper les emplois disponibles.

Le nombre croissant de départs à la retraite libère de nombreux emplois

Les pénuries de main-d'oeuvre ne se feront pas uniquement sentir dans les secteurs économiques en pleine effervescence, où de nouveaux emplois seront créés. Les pressions liées aux pénuries seront également ressenties dans les professions où les emplois actuels seront libérés en raison des départs à la retraite.

En fait, le remplacement des retraités sera un moteur plus important de la demande de main-d'oeuvre que la croissance économique au cours de la décennie à venir, comptant en moyenne pour plus de deux ouvertures d'emploi sur trois (comparativement à une ouverture d'emploi sur deux au cours de la dernière décennie). Comme il a été mentionné précédemment, le nombre croissant de départs à la retraite contribue à l'élargissement de l'éventail de professions pour lesquelles des pénuries sont présentement perçues ou le seront éventuellement.

La plupart des pénuries de main-d'oeuvre devraient persister au cours des dix prochaines années

La plupart des professions pour lesquelles il y a actuellement des pénuries à l'échelle nationale devraient demeurer dans cette situation au cours des dix prochaines années, car les prévisions montrent plus d'ouvertures d'emploi que de nouveaux chercheurs d'emploi pour ces professions (voir le tableau 1). Par exemple, les nouveaux besoins en matière de soins de santé liés au vieillissement de la population contribueront à faire croître la demande pour plusieurs professions du secteur de la santé jusqu'à des niveaux nettement plus élevés que ceux auxquels l'offre prévue à l'heure actuelle pourra répondre. Les pénuries devraient également se poursuivre pour les foreurs et personnels de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz en raison des importants projets de développement des sables bitumineux en Alberta.

Cependant, certaines professions pour lesquelles il y a des pénuries à l'heure actuelle devraient atteindre un meilleur équilibre entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre. Elles comprennent les professions des secteurs de la construction de résidences et de l'immobilier, en raison d'un ralentissement anticipé des investissements résidentiels après le boom récent qui aurait maintenant atteint son sommet.

Défis liés à l'accroissement de l'offre pour certaines professions faisant face à des pénuries

L'ampleur de la pénurie pour certaines professions est très importante. On peut en faire la mesure en comparant la demande excédentaire à certaines données concernant les sources potentielles d'offre (voir le tableau 2). Une première source pourrait être les chômeurs. Cependant, pour les professions qui sont présentement en situation de pénurie, le taux de chômage est déjà très bas comparativement à leurs moyennes historiques et aux autres professions.

La deuxième source potentielle provient des sortants scolaires (ceux qui quittent de façon permanente le système scolaire canadien, qu'il s'agisse de décrocheurs au secondaire ou de diplômés du secondaire, des collèges et des universités) ou de l'immigration. Pour certaines des professions pour lesquelles on prévoit une pénurie, une croissance très importante de nouvelles sources d'offre, difficile à obtenir, serait requise pour répondre entièrement à la demande prévue.

Trop d'offre de main-d'oeuvre dans d'autres professions

Nous avons mentionné des professions spécifiques pour lesquelles des pénuries de main-d'oeuvre sont présentement observées ou le deviendront au cours des dix prochaines années. Une offre excédentaire (ou surplus de main-d'oeuvre) est présentement observée pour des professions (surtout des professions peu qualifiées) propres au secteur primaire et à la transformation, à la fabrication et aux services d'utilités publiques, à la vente et aux services et aux opérateurs de machines de bureau. Ces professions devraient demeurer dans une situation d'offre excédentaire au cours de la décennie à venir.

Offre et demande globales de main-d'oeuvre en équilibre à l'échelle nationale

À l'heure actuelle, il n'y a pas de « pénurie » de main-d'oeuvre généralisée au Canada et il ne devrait pas y en avoir au cours de la prochaine décennie. Même si le taux d'emploi et le taux d'activité atteignent des sommets et que le taux de chômage est près de son plus bas niveau en trente ans dans la plupart des régions du pays, ces données ne signifient pas qu'il y a une situation de pénurie de main-d'oeuvre généralisée. Elles sont le reflet d'un marché du travail en santé au sein duquel l'offre a été rejointe par la demande après des décennies marquées par un sous-emploi important de la main-d'oeuvre disponible.

La demande de main-d'oeuvre devrait se situer à un niveau à peu près équivalent à celui de l'offre de main-d'oeuvre au cours de la décennie à venir. Cela reflète l'hypothèse que les conditions monétaires au Canada permettront de garder la demande globale des biens et des services généralement au même niveau que la capacité de production, afin de maintenir l'inflation dans les limites prévues.

Cependant, tel que mentionné ci­dessus, même lorsque la demande et l'offre de travail sont en équilibre à l'échelle nationale, il subsiste toujours des professions en particulier qui font face à des pénuries, et d'autres pour lesquelles il y a plus d'offre de main-d'oeuvre que ce qui est demandé. Cela est dû aux grandes variations de l'économie qui font que personne, ni les gouvernements, les employeurs, les travailleurs ou les étudiants, ne peut prévoir avec certitude quel sera le marché de l'emploi dans plusieurs années. De plus, il est difficile pour les individus d'ajuster leurs compétences rapidement : les travailleurs forestiers ne deviennent pas technologues médicaux et même les ingénieurs chimistes ne deviennent pas ingénieurs mécaniciens sans formation.

L'offre et la demande par niveau de compétence devraient croître de façon similaire au cours de la décennie à venir

Comme pour le marché du travail pris dans son ensemble, les indicateurs tels que le taux de chômage et le salaire réel suggèrent l'absence de déséquilibres importants à l'heure actuelle entre l'offre et la demande au sein des niveaux de compétence. Ce que nous appelons « niveaux de compétence » correspond à des grandes grappes de professions qui requièrent habituellement des niveaux d'éducation différents :

  • les professions de la gestion, qui exigent souvent, mais pas toujours, une formation universitaire,
  • les professions qui exigent habituellement une formation universitaire,
  • les professions qui exigent habituellement une formation collégiale ou une formation d'apprenti,
  • les professions qui exigent habituellement une formation secondaire,
  • les professions qui n'exigent qu'une formation en cours d'emploi.

La croissance de la demande a été la plus forte dans les groupes professionnels ayant des niveaux de compétence plus élevés, ceux qui demandent habituellement une formation universitaire, et la plus lente dans les groupes qui demandent des niveaux moins élevés de compétence. Malgré tout, il semble que la forte croissance de la demande dans les professions exigeant des niveaux de compétence élevés au cours des vingt dernières années a été en grande partie comblée par une offre croissante de travailleurs qualifiés au Canada, comme le suggère les indicateurs du marché du travail. Par exemple, le taux de chômage par niveau de compétence (comparativement à la moyenne des autres niveaux de compétence) n'a pas montré de tendance perceptible depuis 1987, tandis que les salaires réels par niveau de compétence ont été plutôt constants depuis 1997.

Les prévisions de RHDSC montrent que la croissance future de l'offre de main-d'oeuvre ne sera pas en deçà de celle de la demande par niveau de compétence. Près des deux tiers de toutes les ouvertures d'emploi (celles liées à la création de nouveaux emplois et celles liées aux départs à la retraite) au cours des dix prochaines années devraient être dans des professions qui nécessitent habituellement une formation postsecondaire ou dans des professions de gestion (celles­ci demandant le plus souvent une formation postsecondaire). Les prévisions de RHDSC montrent que l'offre de main-d'oeuvre sera suffisante pour répondre à ces besoins.

La coexistence de professions pour lesquelles il y a des emplois sans travailleurs et d'autres professions pour lesquelles il y a des travailleurs sans emploi suggère qu'il a y a un effort à fournir pour mieux faire correspondre les compétences des sortants scolaires et des travailleurs aux besoins du marché de l'emploi. Même si les incertitudes inhérentes aux prévisions du marché de l'emploi signifient que l'appariement ne peut jamais être parfait, il peut être amélioré par une meilleure information sur les pénuries et surplus anticipés dans les différentes professions et par une plus grande flexibilité du système d'éducation postsecondaire face aux  besoins changeants du marché du travail.

Tableau 1 Professions en situation de pénurie actuelle ou future
Groupe professionnel Professions Signes de pénurie à l'heure actuelle Pénuries prévues au cours des 10 prochaines années
Affaires, finances et administration Cadres supérieurs Oui Oui
Directeurs des ressources humaines Oui Oui
Professionnels en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises Oui Oui
Sciences naturelles et appliquées Ingénieurs civils Oui Oui
Ingénieurs mécaniciens Oui Non
Ingénieurs informaticiens Oui Non
Ingénieurs en logiciel Oui Non
Santé Directeurs des secteurs de la santé, de l'enseignement et des services communautaires et sociaux Non Oui
Médecins, dentistes et vétérinaires Oui Oui
Optométristes, chiropraticiens et autres professionnels en diagnostic et en traitement de la santé Oui Oui
Professionnels en thérapie et en évaluation Oui Oui
Infirmières en chef et superviseurs Oui Oui
Personnel technique en soins de santé (infirmières auxiliaires, techniciens en audiologie et en physiothérapie) Oui Oui
Technologues en radiation médicale Oui Oui
Aides­infirmières, aides-soignantes et préposés aux bénéficiaires Oui Oui
Autre personnel de soutien des services de santé Oui Oui
Sciences sociales, de l'enseignement, de l'administration publique et de la religion Directeurs de la fonction publique Non Oui
Avocats et notaires au Québec Oui Non
Professeurs d'université Oui Non
Arts, culture, loisirs et sports Réviseurs Oui Non
Professionnels des relations publiques et des communications Oui Non
Ventes et services Directeurs des services d'hébergement Oui Non
Agents et vendeurs dans l'immobilier Oui Non
Métiers, transport et machinerie et professions connexes Constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire Oui Oui
Entrepreneurs et contremaîtres du personnel des métiers Oui Oui
Professions propres au secteur primaire Surveillants du forage et des services reliés à l'extraction de pétrole et de gaz Oui Oui
Foreurs et personnels de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz Oui Oui
Professions propres à la transformation, à la fabrication et aux services d'utilités publiques Surveillants dans les industries de transformation (pétrole, gaz, produits chimiques, plastiques, produits de caoutchouc) Oui Oui
Source : RHDSC, Direction de la recherche sur la politique stratégique, Perspectives du marché canadien du travail pour la prochaine décennie, 2006­2015, octobre 2006.

Tableau 2 Nouvelles sources potentielles d'offre de main-d'oeuvre pour certaines professions en situation de pénurie
Professions Emplois non étudiants en 2005
(en milliers)
Taux de chômage* Excédent de la demande en pourcentage de l'emploi en 2005 Excédent de la demande en pourcentage des sortants scolaires et des immigrants
Toutes les professions 14 565,9 4,5 % 0,1 % 1,6 %
Professionnels en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises 138,6 1,8 % 2,4 % 58 %
Médecins, dentistes et vétérinaires 82,5 0,2 % 2,4 % 51 %
Optométristes, chiropraticiens et autres professionnels de la santé 13,2 0,0 % 3,5 % 124 %
Professionnels en sciences infirmières 252,1 0,7 % 3,2 % 70 %
Personnel technique en soins de santé (infirmières auxiliaires, techniciens en audiologie et en physiothérapie) 108,7 1,2 % 2,0 % 80 %
Personnel de soutien des services de santé 254,6 2,5 % 2,1 % 63 %
Personnel du forage, des mines souterraines et de la production gazière et pétrolière 38,0 3,5 % 3,5 % 172 %
* Le calcul du taux de chômage pour toutes les professions ne comprend pas les personnes sans emploi depuis plus d'un an (l'Enquête sur la population active ne donne pas la dernière profession des personnes sans emploi depuis une longue période) et les personnes sans emploi dont les professions ne sont pas classées.
Sources : Enquête sur la population active (Statistique Canada) et RHDSC, Direction de la recherche sur la politique stratégique, scénario de référence 2006.

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Date de modification :
2011-12-20