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À l'heure actuelle, plusieurs professions font face à des pénuries de main-d'oeuvre à l'échelle nationale
Selon un nouveau rapport de RHDSC, plusieurs professions sont présentement en pénurie de main-d'oeuvre à l'échelle nationale. Ces professions font face à des augmentations du nombre d'emplois et des salaires considérablement plus rapides que les autres professions. Le taux de chômage pour ces professions est également beaucoup plus bas que sa moyenne historique et inférieur à celui des autres professions.
| Les prévisions présentées dans le rapport de RHDSC ne visent que le marché du travail national. La raison est que les données disponibles permettent des prévisions de l'offre et de la demande de main-d'oeuvre à l'échelle nationale, mais ne permettent pas les projections de l'offre de main-d'oeuvre par profession au niveau provincial. L'examen d'un seul côté du marché du travail peut mener à des interprétations très trompeuses. Par exemple, pour une province donnée, la prévision d'une forte croissance de la demande pour une profession ne signifie pas nécessairement qu'il y aura pénurie si l'offre de main-d'oeuvre pour cette profession croît également fortement au cours des années à venir. |
De tels indicateurs suggèrent que le nombre le plus élevé de professions où la demande dépasse à l'heure actuelle l'offre, à l'échelle nationale, se trouve dans le secteur de la santé.
Les pressions sont particulièrement fortes en ce qui concerne les médecins, les infirmières, les pharmaciens, les technologues et techniciens médicaux et le personnel de soutien des services de santé (aidesinfirmières et assistantes dentaires). L'augmentation de la demande dans ces professions a été forte en raison des besoins croissants liés au vieillissement de la population, à l'accroissement du financement gouvernemental pour les soins de santé et à un nombre élevé de départs à la retraite chez les travailleurs. De plus, la croissance de l'offre pour plusieurs de ces professions a été relativement faible.
Les professions de gestion (p. ex., cadres supérieurs, directeurs des ressources humaines) font également face à des pénuries, surtout en raison d'un niveau élevé de départs à la retraite chez ces travailleurs habituellement plus âgés.
Les autres catégories professionnelles qui montrent présentement des signes de pénurie comprennent notamment :
La liste des professions en situation de pénurie peut sembler courte compte tenu des nombreuses mentions de pénuries qui ont été faites au cours des dernières années dans l'ensemble du Canada. Il faut toutefois tenir compte de deux éléments importants.
Le nombre croissant de départs à la retraite libère de nombreux emplois
Les pénuries de main-d'oeuvre ne se feront pas uniquement sentir dans les secteurs économiques en pleine effervescence, où de nouveaux emplois seront créés. Les pressions liées aux pénuries seront également ressenties dans les professions où les emplois actuels seront libérés en raison des départs à la retraite.
En fait, le remplacement des retraités sera un moteur plus important de la demande de main-d'oeuvre que la croissance économique au cours de la décennie à venir, comptant en moyenne pour plus de deux ouvertures d'emploi sur trois (comparativement à une ouverture d'emploi sur deux au cours de la dernière décennie). Comme il a été mentionné précédemment, le nombre croissant de départs à la retraite contribue à l'élargissement de l'éventail de professions pour lesquelles des pénuries sont présentement perçues ou le seront éventuellement.
La plupart des pénuries de main-d'oeuvre devraient persister au cours des dix prochaines années
La plupart des professions pour lesquelles il y a actuellement des pénuries à l'échelle nationale devraient demeurer dans cette situation au cours des dix prochaines années, car les prévisions montrent plus d'ouvertures d'emploi que de nouveaux chercheurs d'emploi pour ces professions (voir le tableau 1). Par exemple, les nouveaux besoins en matière de soins de santé liés au vieillissement de la population contribueront à faire croître la demande pour plusieurs professions du secteur de la santé jusqu'à des niveaux nettement plus élevés que ceux auxquels l'offre prévue à l'heure actuelle pourra répondre. Les pénuries devraient également se poursuivre pour les foreurs et personnels de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz en raison des importants projets de développement des sables bitumineux en Alberta.
Cependant, certaines professions pour lesquelles il y a des pénuries à l'heure actuelle devraient atteindre un meilleur équilibre entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre. Elles comprennent les professions des secteurs de la construction de résidences et de l'immobilier, en raison d'un ralentissement anticipé des investissements résidentiels après le boom récent qui aurait maintenant atteint son sommet.
Défis liés à l'accroissement de l'offre pour certaines professions faisant face à des pénuries
L'ampleur de la pénurie pour certaines professions est très importante. On peut en faire la mesure en comparant la demande excédentaire à certaines données concernant les sources potentielles d'offre (voir le tableau 2). Une première source pourrait être les chômeurs. Cependant, pour les professions qui sont présentement en situation de pénurie, le taux de chômage est déjà très bas comparativement à leurs moyennes historiques et aux autres professions.
La deuxième source potentielle provient des sortants scolaires (ceux qui quittent de façon permanente le système scolaire canadien, qu'il s'agisse de décrocheurs au secondaire ou de diplômés du secondaire, des collèges et des universités) ou de l'immigration. Pour certaines des professions pour lesquelles on prévoit une pénurie, une croissance très importante de nouvelles sources d'offre, difficile à obtenir, serait requise pour répondre entièrement à la demande prévue.
Trop d'offre de main-d'oeuvre dans d'autres professions
Nous avons mentionné des professions spécifiques pour lesquelles des pénuries de main-d'oeuvre sont présentement observées ou le deviendront au cours des dix prochaines années. Une offre excédentaire (ou surplus de main-d'oeuvre) est présentement observée pour des professions (surtout des professions peu qualifiées) propres au secteur primaire et à la transformation, à la fabrication et aux services d'utilités publiques, à la vente et aux services et aux opérateurs de machines de bureau. Ces professions devraient demeurer dans une situation d'offre excédentaire au cours de la décennie à venir.
Offre et demande globales de main-d'oeuvre en équilibre à l'échelle nationale
À l'heure actuelle, il n'y a pas de « pénurie » de main-d'oeuvre généralisée au Canada et il ne devrait pas y en avoir au cours de la prochaine décennie. Même si le taux d'emploi et le taux d'activité atteignent des sommets et que le taux de chômage est près de son plus bas niveau en trente ans dans la plupart des régions du pays, ces données ne signifient pas qu'il y a une situation de pénurie de main-d'oeuvre généralisée. Elles sont le reflet d'un marché du travail en santé au sein duquel l'offre a été rejointe par la demande après des décennies marquées par un sous-emploi important de la main-d'oeuvre disponible.
La demande de main-d'oeuvre devrait se situer à un niveau à peu près équivalent à celui de l'offre de main-d'oeuvre au cours de la décennie à venir. Cela reflète l'hypothèse que les conditions monétaires au Canada permettront de garder la demande globale des biens et des services généralement au même niveau que la capacité de production, afin de maintenir l'inflation dans les limites prévues.
Cependant, tel que mentionné cidessus, même lorsque la demande et l'offre de travail sont en équilibre à l'échelle nationale, il subsiste toujours des professions en particulier qui font face à des pénuries, et d'autres pour lesquelles il y a plus d'offre de main-d'oeuvre que ce qui est demandé. Cela est dû aux grandes variations de l'économie qui font que personne, ni les gouvernements, les employeurs, les travailleurs ou les étudiants, ne peut prévoir avec certitude quel sera le marché de l'emploi dans plusieurs années. De plus, il est difficile pour les individus d'ajuster leurs compétences rapidement : les travailleurs forestiers ne deviennent pas technologues médicaux et même les ingénieurs chimistes ne deviennent pas ingénieurs mécaniciens sans formation.
L'offre et la demande par niveau de compétence devraient croître de façon similaire au cours de la décennie à venir
Comme pour le marché du travail pris dans son ensemble, les indicateurs tels que le taux de chômage et le salaire réel suggèrent l'absence de déséquilibres importants à l'heure actuelle entre l'offre et la demande au sein des niveaux de compétence. Ce que nous appelons « niveaux de compétence » correspond à des grandes grappes de professions qui requièrent habituellement des niveaux d'éducation différents :
La croissance de la demande a été la plus forte dans les groupes professionnels ayant des niveaux de compétence plus élevés, ceux qui demandent habituellement une formation universitaire, et la plus lente dans les groupes qui demandent des niveaux moins élevés de compétence. Malgré tout, il semble que la forte croissance de la demande dans les professions exigeant des niveaux de compétence élevés au cours des vingt dernières années a été en grande partie comblée par une offre croissante de travailleurs qualifiés au Canada, comme le suggère les indicateurs du marché du travail. Par exemple, le taux de chômage par niveau de compétence (comparativement à la moyenne des autres niveaux de compétence) n'a pas montré de tendance perceptible depuis 1987, tandis que les salaires réels par niveau de compétence ont été plutôt constants depuis 1997.
Les prévisions de RHDSC montrent que la croissance future de l'offre de main-d'oeuvre ne sera pas en deçà de celle de la demande par niveau de compétence. Près des deux tiers de toutes les ouvertures d'emploi (celles liées à la création de nouveaux emplois et celles liées aux départs à la retraite) au cours des dix prochaines années devraient être dans des professions qui nécessitent habituellement une formation postsecondaire ou dans des professions de gestion (cellesci demandant le plus souvent une formation postsecondaire). Les prévisions de RHDSC montrent que l'offre de main-d'oeuvre sera suffisante pour répondre à ces besoins.
La coexistence de professions pour lesquelles il y a des emplois sans travailleurs et d'autres professions pour lesquelles il y a des travailleurs sans emploi suggère qu'il a y a un effort à fournir pour mieux faire correspondre les compétences des sortants scolaires et des travailleurs aux besoins du marché de l'emploi. Même si les incertitudes inhérentes aux prévisions du marché de l'emploi signifient que l'appariement ne peut jamais être parfait, il peut être amélioré par une meilleure information sur les pénuries et surplus anticipés dans les différentes professions et par une plus grande flexibilité du système d'éducation postsecondaire face aux besoins changeants du marché du travail.
| Groupe professionnel | Professions | Signes de pénurie à l'heure actuelle | Pénuries prévues au cours des 10 prochaines années |
| Affaires, finances et administration | Cadres supérieurs | Oui | Oui |
| Directeurs des ressources humaines | Oui | Oui | |
| Professionnels en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises | Oui | Oui | |
| Sciences naturelles et appliquées | Ingénieurs civils | Oui | Oui |
| Ingénieurs mécaniciens | Oui | Non | |
| Ingénieurs informaticiens | Oui | Non | |
| Ingénieurs en logiciel | Oui | Non | |
| Santé | Directeurs des secteurs de la santé, de l'enseignement et des services communautaires et sociaux | Non | Oui |
| Médecins, dentistes et vétérinaires | Oui | Oui | |
| Optométristes, chiropraticiens et autres professionnels en diagnostic et en traitement de la santé | Oui | Oui | |
| Professionnels en thérapie et en évaluation | Oui | Oui | |
| Infirmières en chef et superviseurs | Oui | Oui | |
| Personnel technique en soins de santé (infirmières auxiliaires, techniciens en audiologie et en physiothérapie) | Oui | Oui | |
| Technologues en radiation médicale | Oui | Oui | |
| Aidesinfirmières, aides-soignantes et préposés aux bénéficiaires | Oui | Oui | |
| Autre personnel de soutien des services de santé | Oui | Oui | |
| Sciences sociales, de l'enseignement, de l'administration publique et de la religion | Directeurs de la fonction publique | Non | Oui |
| Avocats et notaires au Québec | Oui | Non | |
| Professeurs d'université | Oui | Non | |
| Arts, culture, loisirs et sports | Réviseurs | Oui | Non |
| Professionnels des relations publiques et des communications | Oui | Non | |
| Ventes et services | Directeurs des services d'hébergement | Oui | Non |
| Agents et vendeurs dans l'immobilier | Oui | Non | |
| Métiers, transport et machinerie et professions connexes | Constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire | Oui | Oui |
| Entrepreneurs et contremaîtres du personnel des métiers | Oui | Oui | |
| Professions propres au secteur primaire | Surveillants du forage et des services reliés à l'extraction de pétrole et de gaz | Oui | Oui |
| Foreurs et personnels de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz | Oui | Oui | |
| Professions propres à la transformation, à la fabrication et aux services d'utilités publiques | Surveillants dans les industries de transformation (pétrole, gaz, produits chimiques, plastiques, produits de caoutchouc) | Oui | Oui |
| Source : RHDSC, Direction de la recherche sur la politique stratégique, Perspectives du marché canadien du travail pour la prochaine décennie, 20062015, octobre 2006. | |||
| Professions | Emplois non étudiants en 2005 (en milliers) |
Taux de chômage* | Excédent de la demande en pourcentage de l'emploi en 2005 | Excédent de la demande en pourcentage des sortants scolaires et des immigrants |
| Toutes les professions | 14 565,9 | 4,5 % | 0,1 % | 1,6 % |
| Professionnels en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises | 138,6 | 1,8 % | 2,4 % | 58 % |
| Médecins, dentistes et vétérinaires | 82,5 | 0,2 % | 2,4 % | 51 % |
| Optométristes, chiropraticiens et autres professionnels de la santé | 13,2 | 0,0 % | 3,5 % | 124 % |
| Professionnels en sciences infirmières | 252,1 | 0,7 % | 3,2 % | 70 % |
| Personnel technique en soins de santé (infirmières auxiliaires, techniciens en audiologie et en physiothérapie) | 108,7 | 1,2 % | 2,0 % | 80 % |
| Personnel de soutien des services de santé | 254,6 | 2,5 % | 2,1 % | 63 % |
| Personnel du forage, des mines souterraines et de la production gazière et pétrolière | 38,0 | 3,5 % | 3,5 % | 172 % |
| * Le calcul du taux de chômage pour toutes les professions ne comprend pas les personnes sans emploi depuis plus d'un an (l'Enquête sur la population active ne donne pas la dernière profession des personnes sans emploi depuis une longue période) et les personnes sans emploi dont les professions ne sont pas classées. Sources : Enquête sur la population active (Statistique Canada) et RHDSC, Direction de la recherche sur la politique stratégique, scénario de référence 2006. |
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