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Activité macroéconomique
Le scénario macroéconomique utilisé pour ces projections a été élaboré en collaboration avec le Conference Board du Canada, dont les projections à moyen terme établies au printemps de 2006 ont servi de point de départ. Le scénario du Conference Board a été ajusté afin d'y intégrer des hypothèses qui représentaient un consensus des experts à propos de certaines variables clés, dont le PIB et l'emploi en 2006-2010 et en 2011-2015.
| 2006-2010 | 2011-2015 | |
| PIB | 2,9 % | 2,6 % |
| Emploi | 1,4 % | 0,8 % |
Ce consensus a été tiré d'une multitude de sources privées et publiques, y compris Consensus Forecasts (secteur privé), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Fonds monétaire international (FMI), Finances Canada (Mise à jour financière de 2005) et la Banque du Canada. Le scénario n'a pas pour but de prédire les fluctuations conjoncturelles de l'économie au-delà du cycle actuel; les projections à plus long terme reposent sur les tendances structurelles de l'offre de main-d'oeuvre, de la productivité et des composantes de la demande. On pourra obtenir plus de détails sur les hypothèses macroéconomiques employées dans ces projections en s'adressant à la Direction de la recherche sur la politique stratégique de Ressources humaines et Développement social Canada.
Démographie
Les modèles MEDS (Models of Economic-Demographic Systems), mis au point par Denton, Feaver et Spencer de l'Université McMaster, ont été utilisés pour spécifier le scénario démographique à la base des projections des conditions sur le marché du travail.
| Le nombre de naissances dépend de trois facteurs : (1) le taux de fécondité (établi à 1,5 enfant par femme), (2) l'âge moyen des mères à la naissance de leur premier enfant (stable à 29,1 ans); et (3) la taille de la cohorte des femmes en âge de procréer. En ce qui a trait à la mortalité, on prévoit que le niveau de vie plus élevé et les progrès de la médecine continueront d'allonger l'espérance de vie, mais à un rythme moins rapide que par le passé. L'espérance de vie des femmes, qui se chiffrait à 81,4 ans en 1996, devrait passer à 86,1 ans en 2051. Chez les hommes, elle devrait passer de 75,5 ans en 1996 à 82,8 ans en 2051. Les taux d'immigration et d'émigration sont maintenus constants à 0,75 % et à 0,20 % de la population canadienne, respectivement, tout au long de la période visée par la projection. |
La population du Canada, qui était de 29,6 millions en 1996, a atteint 32,2 millions en 2005. Elle devrait augmenter à un rythme stable pour passer à 35,0 millions d'habitants en 2015, une hausse de 2,8 millions sur 10 ans, comparativement à une progression de 2,9 millions entre 1996 et 2005. Le taux de croissance annuelle moyen, qui se chiffrait à 1,1 % entre 1996 et 2005, passera à 0,9 % entre 2006 et 2015. Cette décélération est principalement attribuable au ralentissement de l'accroissement naturel de la population (les naissances moins les décès), lui-même dû à l'effet conjugué des faibles taux de fécondité et de la croissance plus lente de l'espérance de vie. L'immigration jouera donc un rôle plus important dans la croissance démographique du Canada.

L'immigration joue déjà un rôle important dans l'accroissement de la population canadienne. Son apport à la croissance démographique restera relativement stable entre 2006 et 2015, mais on s'attend à ce qu'en termes cumulatifs, l'immigration représente plus des deux tiers (67,5 %) de l'augmentation totale de la population d'ici 2015.
Le ralentissement de l'accroissement naturel de la population au cours de la prochaine décennie se répercutera directement sur l'augmentation du bassin démographique (la « population source ») de la population active (c'est-à-dire les personnes âgées de 15 ans ou plus). On s'attend à ce que le taux d'augmentation de la population source passe de 1,3 % (1996-2005) à 1,1 % au cours de la période de projection.
Population active
Le vieillissement démographique se répercutera sur le marché du travail actuel car il contribuera au vieillissement de la main-d'oeuvre et à l'accroissement du nombre de départs à la retraite.
Les projections relatives à la population active reposent sur un modèle des taux d'activité mis au point par RHDSC. Ce modèle projette la population active par groupe d'âge, sexe et niveau de scolarité en faisant appel à la notion de cohorte. Ainsi, le modèle suit la progression de la scolarisation des plus jeunes et veille à ce que les niveaux soient maintenus tout au long de la période de projection. Dans le cas des personnes plus âgées, le modèle suit le comportement des cohortes de naissance au fil des années. En effet, certains groupes, notamment les femmes, sont aujourd'hui davantage présents sur le marché du travail qu'ils ne l'étaient par le passé. Le taux d'activité projeté se trouve donc influencé par cet effet de cohorte positif. Selon Finance Canada22, cet effet devrait s'atténuer vers 2015.

La population active devrait passer de 17,3 millions d'individus en 2005 à 19,1 millions en 2015. Cette augmentation moyenne de 1,0 % par année représentera un ralentissement par rapport au taux moyen de 1,7 % par année observée de 1996 à 2005. On prévoit que le taux d'activité global diminuera au cours des 10 prochaines années, passant de 67,2 % en 2005 à 66,7 % en 2015, car la hausse des taux d'activité des personnes plus âgées sera compensée par le vieillissement général de la population active.
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Les 15 à 24 ans
Chez les jeunes, le taux d'activité a baissé sensiblement durant les années 90 par rapport au sommet atteint en 1989. Pendant cette décennie, plus de jeunes ont décidé de poursuivre leurs études, comme en témoigne la hausse des taux de fréquentation scolaire jusqu'en 1997. Depuis, l'amélioration de la conjoncture a attiré un plus grand nombre de jeunes sur le marché du travail, de sorte que leur taux d'activité s'est accru. Le taux d'activité des jeunes devrait augmenter graduellement pour se chiffrer à 68,5 % en 2015 (il était de 65,9 % en 2005), pourcentage qui restera néanmoins inférieur de 2,6 points au sommet de 71,1 % enregistré en 1989.
Les 25 à 54 ans
La population active du groupe dit « principal » devrait continuer d'augmenter, mais à un rythme décroissant. Au cours des dernières décennies, c'est à l'adhésion accrue des femmes au marché du travail qu'on peut attribuer une bonne partie de la hausse du taux d'activité des personnes âges de 25 à 54 ans. On s'attend à ce que le taux d'activité des femmes continuent de s'accroître, mais à un taux moins élevé qu'auparavant, ce qui est principalement attribuable à l'atténuation de l'effet de l'augmentation du niveau de scolarité chez les femmes. Les pressions exercées sur le marché du travail par le vieillissement de la population devraient toutefois avoir des répercussions positives, surtout sur le taux d'activité des hommes. Le taux d'activité des hommes du groupe principal devrait donc augmenter légèrement, passant de 91,5 % en 2005 à 91,9 % en 2015. Le taux des femmes devrait progresser un peu plus rapidement, passant de 81,1 % à 82,3 %.
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Les 55 ans et plus
Le taux d'activité des personnes âgées de 55 ans et plus a connu une baisse sensible jusqu'en 1996, principalement attribuable au recul de la participation des hommes de cette tranche d'âge au marché du travail. La hausse enregistrée par la suite devrait se poursuivre jusqu'en 2015, bien qu'à un rythme décroissant. Parmi les facteurs contribuant à cette augmentation, on peut mentionner la présence d'une plus grande proportion de personnes instruites (qui tendent à être plus actives), l'effet de cohorte (les personnes appartenant à cette tranche d'âge sont plus actives que les générations précédentes), l'amélioration de l'état de santé général des personnes d'âge mur et la conjoncture favorable du marché du travail. Compte tenu de l'importance démographique grandissante de cette cohorte, son taux d'activité continuera de s'accroître pour atteindre 69,9 % chez les hommes et 55,2 % chez les femmes en 2015. Parmi les personnes les plus âgées (65 ans et plus), le taux d'activité des hommes devrait passer de 12,1 % en 2005 à 18,8 % en 2015, et celui des femmes de 5,0 à 8,2 % au cours de la même période. C'est donc dire que la population active au sein de ce groupe doublera au cours des 10 prochaines années.
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Méthodologie
Le scénario industriel utilisé pour établir nos projections a été mis au point en collaboration avec le Conference Board du Canada. On a d'abord établi une prévision pour le PIB par industrie à l'aide des projections relatives aux catégories de dépenses de la demande finale dans le modèle macroéconomique du Conference Board (Medium-Term Forecasting Model). Ensuite, la productivité du travail par industrie a été estimée à partir de sa tendance passée obtenue à l'aide d'un filtre Hodrick-Prescott. Les projections relatives à l'emploi par industrie sont obtenues à partir des projections du PIB et de la productivité du travail par industrie.
Résultats
| Croissance annuelle moyenne ( %) 2001-2005 |
Croissance annuelle moyenne ( %) 2006-2010 |
Croissance annuelle moyenne ( %) 2006-2015 |
|||||||
| PIB | Emp. | Prod. | PIB | Emp. | Prod. | PIB | Emp. | Prod. | |
| Toutes les industries | 2.6 | 1.8 | 0.7 | 2.8 | 1.4 | 1.4 | 2.8 | 1.1 | 1.6 |
| Industries productrices de biens | 0.9 | 0.8 | 0.8 | ||||||
| Agriculture | 0.0 | -1.6 | 1.7 | 2.3 | 0.1 | 2.1 | 2.2 | 0.3 | 1.9 |
| Autres secteurs primaires | 3.0 | 2.2 | 0.8 | 3.6 | 1.7 | 1.9 | 2.9 | 1.0 | 1.9 |
| Foresterie et exploitation forestière | 2.9 | -4.3 | 7.6 | 1.3 | 0.1 | 1.2 | 0.4 | -0.6 | 1.0 |
| Pêche, chasse et piégeage | 0.5 | -1.8 | 2.3 | 1.4 | 0.8 | 0.6 | 1.4 | 0.4 | 1.0 |
| Extr. minière (sauf ext. pétrole et gaz) | 2.2 | -1.6 | 3.9 | 2.8 | 0.6 | 2.2 | 2.3 | 0.2 | 2.1 |
| Extraction de pétrole et de gaz | 1.5 | 8.2 | -6.1 | 4.7 | 3.1 | 1.4 | 3.7 | 2.0 | 1.6 |
| Act. de soutien à l'ext. min., pét.& gaz | 11.1 | 10.9 | 0.3 | 3.6 | 3.0 | 0.6 | 3.1 | 1.9 | 1.2 |
| Construction | 5.3 | 4.7 | 0.6 | 2.4 | 1.7 | 0.7 | 2.1 | 1.3 | 0.8 |
| Fabrication | 0.6 | -0.4 | 1.0 | 3.4 | 0.3 | 3.2 | 3.4 | 0.6 | 2.8 |
| Produits alimentaires et boissons | 2.0 | 2.6 | -0.6 | 2.4 | 0.3 | 2.1 | 2.5 | 0.4 | 2.1 |
| Fabrication de produits en bois | 3.2 | 0.5 | 2.7 | 1.0 | -1.2 | 2.3 | 1.5 | -0.6 | 2.1 |
| Pâtes et papier | -1.3 | -2.6 | 1.4 | 1.1 | -1.4 | 2.6 | 1.1 | -0.9 | 2.0 |
| Imprimerie | 2.1 | 0.5 | 1.6 | 2.1 | -0.9 | 2.8 | 1.6 | -0.5 | 2.1 |
| Produits minéraux manufacturés | 2.3 | -1.4 | 3.8 | 4.2 | 0.8 | 3.3 | 3.9 | 0.6 | 3.2 |
| Caoutchouc, plastique et prod. chim. | 2.8 | 1.1 | 1.6 | 4.2 | 0.9 | 3.3 | 4.2 | 1.3 | 2.8 |
| Produits métalliques et de machines | 1.7 | 1.9 | -0.2 | 5.0 | 1.2 | 3.8 | 4.4 | 1.1 | 3.2 |
| Fab. de prod. info., électron. et élec. | -6.2 | -6.2 | 0.2 | 5.8 | 2.0 | 3.6 | 6.7 | 2.9 | 3.5 |
| Véhicules auto., remorques et pièces | 1.0 | -0.2 | 1.3 | 1.7 | -0.3 | 2.1 | 1.9 | -0.1 | 2.0 |
| Autre matériel de transport | -1.8 | -1.4 | -0.1 | 5.1 | 2.8 | 2.0 | 4.4 | 2.4 | 1.8 |
| Autres produits manufacturiers | -1.1 | -2.1 | 1.0 | 2.5 | -1.0 | 3.5 | 2.7 | -0.2 | 3.0 |
| Services d'utilité publique | 0.7 | 1.7 | -1.0 | 3.1 | 0.5 | 2.5 | 2.8 | 0.1 | 2.7 |
| Industries productrices de services | 2.1 | 1.6 | 1.2 | ||||||
| Services commerciaux | 3.4 | 2.0 | 1.3 | 2.8 | 1.6 | 1.2 | 2.8 | 1.1 | 1.6 |
| Commerce de gros | 5.2 | 2.2 | 2.9 | 3.3 | 1.9 | 1.4 | 3.1 | 1.1 | 2.0 |
| Commerce de détail | 4.6 | 2.4 | 2.2 | 3.3 | 2.2 | 1.1 | 2.9 | 1.2 | 1.6 |
| Transport et entreposage | 2.6 | 0.5 | 2.0 | 2.5 | 1.4 | 1.0 | 2.5 | 1.0 | 1.5 |
| Finance, assur. et affaires immob. | 3.4 | 2.9 | 0.5 | 2.2 | 1.0 | 1.1 | 2.4 | 0.7 | 1.7 |
| Serv. professionnels aux entreprises | 1.9 | 2.1 | -0.1 | 3.2 | 1.9 | 1.2 | 3.3 | 1.6 | 1.7 |
| Conception de syst. Informatiques | 4.2 | 1.3 | 2.8 | 4.6 | 2.4 | 2.1 | 4.8 | 2.6 | 2.2 |
| Autres services professionnels | 1.0 | 4.1 | -3.0 | 3.6 | 2.1 | 1.4 | 3.8 | 2.1 | 1.6 |
| Gestion, adm. et services de soutien | 4.6 | 4.0 | 0.5 | 3.1 | 1.7 | 1.5 | 3.1 | 1.5 | 1.6 |
| Information, culture et loisirs | 4.0 | 2.1 | 1.8 | 2.8 | 1.1 | 1.6 | 2.8 | 1.1 | 1.7 |
| Hébergement, restauration et loisirs | 0.7 | 1.4 | -0.6 | 2.7 | 1.5 | 1.3 | 2.7 | 1.2 | 1.4 |
| Autres services | 3.3 | 0.1 | 3.1 | 1.0 | 0.2 | 0.8 | 1.7 | 0.3 | 1.4 |
| Services non commerciaux | 1.9 | 2.7 | -0.8 | 3.1 | 2.0 | 1.0 | 2.8 | 1.6 | 1.2 |
| Services d'enseignement | 1.4 | 2.6 | -1.1 | 1.9 | 1.1 | 0.8 | 1.8 | 0.8 | 0.9 |
| Services de santé | 2.2 | 2.8 | -0.5 | 3.9 | 2.6 | 1.3 | 3.5 | 2.0 | 1.4 |
| Administration publique | 2.1 | 1.5 | 0.5 | 2.1 | 0.7 | 1.4 | 2.1 | 0.7 | 1.5 |
| Source: RHDSC, DRPS, Division de la prévision et de l'analyse du marché du travail et des compétences, scénario de référence 2006. | |||||||||
Le passage à l'économie du savoir favorise les services aux entreprises
L'industrie de la conception de systèmes informatiques et services connexes a atteint sa maturité, de sorte qu'on est loin aujourd'hui des taux de croissance de 10 % ou plus qu'elle a connus pendant les années 90. On prévoit néanmoins que la production de cette industrie atteindra un taux annuel moyen de croissance de 4,8 % entre 2006 et 2015, vu la place importante qu'occupe aujourd'hui l'informatique dans la vie économique. Naturellement, le ralentissement de l'activité dans ce secteur a entraîné une diminution prononcée de la demande de travail; la délocalisation des services informatiques vers l'Inde et la Chine contribue également à ce phénomène de ralentissement. On s'attend à ce que l'emploi augmente à un taux annuel moyen de 2,4 % entre 2006 et 2010 et de 2,8 % au cours des cinq années suivantes, alors que l'industrie aura retrouvé sa vitesse de croisière. Cette croissance reste toutefois bien faible comparativement au taux moyen de plus de 20 % par année enregistré de 1994 à 1999. Malgré cela, les projections indiquent que la conception des systèmes informatiques sera au premier rang du secteur des services pour ce qui est de la croissance de la production et de l'emploi.
Les services professionnels aux entreprises (services juridiques, de comptabilité, d'architecture et de génie) et autres services professionnels (services scientifiques et techniques, services de publicité) ont connu une croissance rapide pendant la deuxième moitié des années 90 en raison de la tendance croissante des entreprises à faire appel à l'impartition de processus non essentiels afin d'accroître leur efficacité opérationnelle, ainsi que de la transition vers l'économie du savoir. Entre 2000 et 2005, la croissance de l'emploi a été légèrement plus faible pour ces deux groupes. En effet, les services professionnels aux entreprises ont été confrontés à une baisse de la construction non résidentielle (ingénieurs et architectes), à une diminution des profits des entreprises et à l'impartition de certains services à l'étranger (les services de comptabilité, notamment). Le ralentissement de la croissance dans les autres services professionnels était surtout attribuable à une baisse des sommes consacrées aux activités de recherche et développement et à une diminution des dépenses de publicité. Pendant la période visée par les projections, on s'attend à ce que la demande envers ces services augmente à la faveur du redressement des bénéfices des entreprises et de l'augmentation des investissements dans la construction non résidentielle et dans la recherche et le développement. La croissance annuelle moyenne prévue du PIB des services professionnels aux entreprises et des autres services professionnels au cours des 10 prochaines années sera respectivement de 3,3 % et 3,8 %. Malgré une hausse appréciable de la productivité présagée par les projections, celles-ci indiquent que l'emploi connaîtra une croissance annuelle moyenne vigoureuse, de l'ordre de 1,6 % pour les services professionnels aux entreprises et de 2,1 % pour les autres services professionnels. Ce dernier groupe connaîtra une croissance plus forte du PIB et de l'emploi car il bénéficiera des investissements accrus en recherche et développement et de la demande en spécialistes de l'environnement pour faire face aux besoins grandissants dans ce secteur.
Le groupe information, culture et loisirs — qui englobe notamment les télécommunications sans fil et par satellite, la radiodiffusion, Internet et la câblotransmission — a connu une croissance mitigée au cours des dernières années. Au milieu des années 90, alors que bon nombre de ces services en étaient à leurs premiers pas, ils ont balayé le marché à une vitesse fulgurante. Depuis 2002, bon nombre d'entre eux affichent toutefois des signes de maturité tandis que d'autres ont été durement touchés par l'éclatement de la bulle technologique, notamment le sous-secteur des télécommunications, d'Internet et de la radiotélévision. C'est pourquoi on a vu la croissance de l'emploi ralentir de façon sensible dans cette industrie depuis 2002. Depuis le début de la décennie actuelle, seuls deux sous-secteurs — le groupe divertissement, loisirs et jeux de hasard et les arts d'interprétation — connaissent une solide croissance, grâce à la hausse du revenu disponible des ménages. À mesure que certains sous-secteurs atteindront la maturité et que d'autres amorceront une reprise, le taux de croissance du PIB du secteur (2,8 %) devrait égaler celui de l'ensemble de l'économie entre 2006 et 2015. L'importance des changements technologiques dans ce groupe aura toutefois tendance à favoriser la productivité aux dépens de l'emploi, limitant la croissance de ce dernier à 1,1 % par année.
La croissance vigoureuse du groupe finance, assurances, immobilier et location ces dernières années est principalement attribuable au dynamisme du marché de l'immobilier. La production a augmenté de 3,4 % par année en moyenne et l'emploi de 2,9 % depuis 2001, taux qui sont supérieurs aux moyennes pour l'ensemble de l'économie. Toutefois, en raison du ralentissement prévu du côté des services immobiliers et des prêts hypothécaires, la production s'accroîtra à un rythme plus lent que l'économie dans son ensemble au cours des dix prochaines années. Par contre, l'accroissement de la richesse et de l'actif immobilier ainsi que les besoins en services financiers (particulièrement de services de gestion du patrimoine) d'une population vieillissante bénéficieront à ce secteur. On s'attend à une augmentation relativement faible de l'emploi (0,7 % par année) entre 2006 et 2015 parce que le recours grandissant à la technologie — y compris les guichets bancaires automatiques, l'utilisation d'Internet pour effectuer des transactions bancaires et les inscriptions de maisons à vendre sur Internet — aura pour effet de limiter la demande de travailleurs.
L'évolution démographique et les perspectives financières des gouvernements se répercuteront sur l'emploi dans les services gouvernementaux et sociaux
Tout au long des années 90, la croissance du groupe santé et assistance sociale a été très faible en raison des compressions importantes des dépenses en soins de santé effectuées par les gouvernements pour maîtriser leurs déficits. Grâce aux surplus qui sont apparus à la fin des années 90, les dépenses ont augmenté et on a assisté à une reprise accélérée de l'activité dans ce secteur. C'est pourquoi le groupe santé et assistance sociale a fortement contribué à la croissance de l'emploi dans le secteur des services ces dernières années. L'Institut canadien d'information sur la santé estime que les dépenses en santé ont augmenté en moyenne de 7,9 % par année depuis 2000, de sorte que près de 300 000 emplois ont été créés dans les soins de santé et l'assistance sociale, ce qui représente une croissance de plus de 20 %. Parmi les facteurs qui expliquent cette croissance des professions de la santé, on peut mentionner, outre l'amélioration de la situation financière des provinces et du gouvernement fédéral, les pressions accrues qu'exercent le vieillissement de la population sur le système de santé, ainsi que la pénurie grandissante de travailleurs de la santé (attribuable à l'insuffisance de l'offre de travail et à l'augmentation du nombre de départs à la retraite). Par ailleurs, la hausse de la demande de travailleurs en services de garderie, principalement au Québec, a favorisé lsanté se maintiendra au cours des prochaines années. Toutefois, la croissance dans la composante assistance sociale devrait ralentir quelque peu, car le réseau de garderies subventionnées au Québec a maintenant atteint sa maturité et il ne semble pas que les autres provinces emboîteront le pas. Aussi prévoit-on pour l'ensemble de ce secteur une performance supérieure à la moyenne générale pour ce qui est de la croissance de la production (3,5 %) et de l'emploi (2,0 %) au cours des années 2006 à 201523. Cette progression vigoureuse reflète les engagements pris par le gouvernement fédéral et par les provinces en vue d'améliorer le système de santé du Canada. Les nouvelles technologies adoptées dans ce secteur permettront éventuellement de dispenser les soins en faisant appel à des effectifs réduits, phénomène qui se traduira par un ralentissement de la croissance de l'emploi pendant la période de projection. De 2,6 % par année entre 2006 et 2010, le taux de croissance moyen s'abaissera en effet à 1,4 % par année pendant les cinq années suivantes.
Après avoir affiché une croissance anémique en 2000 et 2001, le marché du travail s'est par la suite amélioré sensiblement dans le secteur de l'enseignement, l'emploi ayant augmenté en moyenne de 2,6 % par année depuis 2001. L'amélioration de la situation financière des gouvernements, le sous-financement du secteur de l'éducation au cours des années précédentes et l'arrivée de la « double cohorte » de l'Ontario ont favorisé une hausse importante des investissements dans le système d'enseignement. L'activité dans le secteur de l'éducation est généralement liée au profil démographique du Canada et aux politiques budgétaires. Or, la population vieillit : à mesure que la deuxième génération du baby-boom quittera la cohorte des 0-24 ans, la proportion de la population au sein de cette tranche d'âge va diminuer à une cadence rapide. Aussi s'attend-on à ce que la croissance de la production réelle dans le secteur de l'enseignement soit modeste au cours de la période de projection (une moyenne annuelle de 1,8 %), car la production accrue de l'enseignement postsecondaire, due à la hausse des inscriptions et des investissements publics dans les collèges et les universités, ne suffira pas à compenser le ralentissement de la fréquentation aux niveaux primaire et secondaire. La diminution de la demande de professeurs et d'enseignants se traduira par une croissance affaiblie de l'emploi au cours des dernières années de la période de projection. L'emploi devrait croître à un taux de 0,8 % par année, ce qui est légèrement en deçà de la moyenne projetée pour l'ensemble de l'économie pendant les années 2006 à 2015.
Les perspectives du secteur de l'administration publique sont étroitement liées à la situation financière et aux programmes des gouvernements. Au cours des années 90, alors que les gouvernements étaient confrontés à des déficits importants, le niveau d'activité de ce secteur a décliné ou est demeurée pratiquement inchangé. L'emploi a baissé pendant huit années consécutives (de 1993 à 2000). Le nombre d'employés des administrations publiques a augmenté en moyenne de 1,5 % par année depuis 2001, l'administration fédérale s'étant tout particulièrement signalée à cet égard. On prévoit que le niveau d'activité de l'ensemble des administrations publiques croîtra à un taux annuel de 2,1 % au cours de la prochaine décennie. On estime que le solde budgétaire restera positif et qu'il ne sera donc pas nécessaire d'apporter des réductions sensibles aux services publics à long terme. Toutefois, compte tenu des engagements annoncés dans les récents budgets fédéraux et provinciaux (en date du début de 2006), on ne s'attend pas non plus à des hausses importantes des dépenses gouvernementales, sauf dans le secteur de la santé. De 2006 à 2015, l'emploi dans le secteur de l'administration publique devrait donc augmenter à un taux annuel moyen de 0,7 %.
L'emploi dans le secteur des biens et services de consommation suivra la tendance générale
Au cours des cinq dernières années, la croissance du PIB et de l'emploi dans le secteur du commerce a été supérieure à la moyenne pour l'ensemble de l'économie. La production du commerce de gros s'est avérée plus dynamique que celle du commerce de détail. En effet, le commerce de gros a non seulement bénéficié de la bonne performance de l'économie et de la vigueur du marché de l'habitation, mais il a également été soutenu par la forte reprise des ventes de machines et de matériel. La productivité ayant toutefois été plus élevée dans le commerce de gros, l'emploi a augmenté un peu plus rapidement dans le commerce de détail. On s'attend à ce que les deux sous-secteurs enregistrent de bons résultats d'ici 2015, soit des taux annuels moyens de croissance du PIB de 3,1 % (commerce de gros) et de 2,9 % (commerce de détail). Ces perspectives favorables découlent principalement de la progression vigoureuse du revenu réel disponible — dont on prévoit qu'elle atteindra un taux moyen de 3,0 % par année au cours de la période de projection — et de la croissance relativement forte de l'emploi global. La hausse du revenu réel disponible s'explique non seulement par l'augmentation des salaires, mais aussi par la diminution des ponctions fiscales, notamment celle de la taxe sur les produits et services (TPS). Les ménages disposeront donc d'un revenu discrétionnaire plus élevé pour leurs dépenses dans les points de vente de gros et de détail. De plus, les dépenses en machines et matériel devraient se maintenir à un niveau élevé tout au long de la période de projection, ce qui favorisera la croissance du commerce de gros. On prévoit toutefois que la hausse de la productivité limitera la croissance moyenne de l'emploi dans le commerce de détail (1,2 %) et le commerce de gros (1,1 %). Le ralentissement de la croissance de l'emploi sera plus important dans la seconde moitié de la période de projection en raison de la popularité grandissante des achats sur Internet. À long terme, le vieillissement de la population aura également des incidences négatives sur le secteur du commerce car les personnes âgées ont tendance à dépenser davantage pour les soins de santé, et ce, au détriment des biens de consommation.
L'activité dans l'industrie du transport et de l'entreposage a connu de fortes fluctuations ces dernières années. En effet, l'emploi a diminué en 2002, principalement à cause de la faiblesse de l'économie américaine et des difficultés financières des compagnies aériennes. Par la suite, la confiance renouvelée envers le transport aérien dès 2003, la vigueur de l'économie canadienne et la reprise de l'activité aux États-Unis ont permis de surmonter les problèmes qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, de sorte que l'emploi a rebondi en 2003. Depuis, l'appréciation à peu près ininterrompue du dollar canadien a eu pour effet de réduire les exportations de biens vers les États-Unis et la hausse du prix du pétrole a provoqué une augmentation des coûts dans l'industrie du transport, de sorte que la croissance de l'emploi a ralenti de nouveau en 2004 et 2005, en particulier dans le sous-secteur du camionnage. On s'attend par contre à ce que la vigueur de l'économie américaine au cours des prochaines années stimule les exportations canadiennes au sud de la frontière et ait un effet positif sur l'industrie du transport et de l'entreposage. Bien qu'on prévoit une légère baisse du taux de change, les entreprises manufacturières vont s'adapter à la valeur plus élevée de la devise canadienne en investissant en machines et en matériel afin d'accroître leur compétitivité. De plus, l'industrie aérienne semble s'être remise des turbulences auxquelles elle a été exposée ces dernières années et devrait reprendre un rythme de croissance plus dynamique. La hausse des investissements dans les transports publics devrait par ailleurs favoriser l'industrie du transport grâce à la demande accrue en services de transport en commun. La demande de travailleurs devrait se situer près de la moyenne de l'économie, soit une croissance moyenne de l'emploi de 1,0 % par an au cours de la prochaine décennie.
Les dernières années ont été difficiles pour le groupe hébergement et services de restauration. Après avoir été durement touché par les contrecoups du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) sur le tourisme en 2003, ce secteur a fait les frais de l'appréciation du dollar canadien en 2004 et 2005. La hausse de la devise canadienne, surtout par rapport au dollar américain, a eu un impact négatif sur le nombre de visiteurs étrangers et a incité de nombreux Canadiens a voyager à l'extérieur du pays en raison du pouvoir d'achat plus élevé à l'étranger. Comme on s'attend à ce que la valeur du dollar canadien reste élevée au cours des prochaines années, il est peu probable que le compte des voyages internationaux s'améliore sensiblement à court terme. La vigueur de la consommation intérieure, stimulée par la hausse du revenu disponible réel, devrait néanmoins favoriser la production de cette industrie. À plus long terme, on prévoit que la consommation de services d'hébergement et de restauration s'accroîtra en raison de l'augmentation du nombre de retraités issus de la génération des baby-boomers, qui auront plus de temps à consacrer aux voyages et à d'autres loisirs. Aussi le taux de croissance du PIB de ce secteur devrait s'établir à 2,7 % par année en moyenne d'ici 2015, tandis que l'emploi devrait augmenter de 1,2 % par année, ce qui situe la performance de l'industrie près de la moyenne de l'économie dans son ensemble.
INDUSTRIES PRODUCTRICES DE BIENS
Après le boom qu'a connu la construction résidentielle ces dernières années, la croissance de l'emploi devrait être plus faible dans la construction et les services d'utilité publique
C'est au dynamisme de la construction domiciliaire qu'il faut d'abord attribuer la croissance de l'emploi dans l'industrie de la construction depuis 2001. Les investissements dans le logement ont en effet monté en flèche au cours de cette période à la faveur d'un marché du travail vigoureux et de taux d'intérêt très faibles. Même si la croissance est demeurée solide en 2005, l'activité dans la branche résidentielle a commencé à s'essouffler. La relance des investissements dans la construction non résidentielle, après plusieurs années de croissance anémique, a néanmoins permis à l'ensemble de l'industrie de la construction de maintenir son élan. Cette reprise de la construction non résidentielle est principalement attribuable aux investissements considérables qui ont été effectués dans le secteur énergétique. En effet, la demande d'espaces à bureau dans les grands centres a été bien inférieure à l'offre ces dernières années, de sorte que la construction de nouveaux immeubles s'est accrue à un rythme modéré. C'est pourquoi les taux de vacance restent élevés partout au Canada sauf dans certaines villes de l'Ouest. En termes nets, l'emploi dans l'ensemble de l'industrie a augmenté de plus de 25 % (110 000 nouveaux postes) depuis 2001. Outre l'accroissement des mises en chantier, on note aussi une reprise dans le secteur de la rénovation, stimulée par le dynamisme du marché de la revente et le vieillissement des unités construites pendant le boom de la fin des années 80. Le boom du logement a également eu des retombées importantes sur l'emploi dans la fabrication et la vente au détail de meubles, la vente de matériel de construction, le secteur immobilier et les services bancaires (marché hypothécaire). Le rythme de l'activité du secteur de la construction résidentielle ralentira considérablement en 2006 et on s'attend à ce que la croissance dans le secteur de la construction de logement soit presque nulle par la suite. À court terme, la hausse des taux d'intérêt et l'absence de demande insatisfaite seront à l'origine de cette baisse d'activité. À plus long terme, les projections indiquent que le vieillissement de la population aura un effet dépressif sur ce secteur car le nombre de personnes appartenant à la génération la plus susceptible d'acheter une première maison va diminuer de plus en plus. La rénovation de logements pourrait toutefois compenser en partie la baisse du nombre de mises en chantier. L'industrie de la construction non résidentielle bénéficiera de la réalisation de grands projets, notamment énergétiques (électricité et hydrocarbures). Dans l'ensemble, on prévoit que l'emploi dans la construction croîtra à un taux annuel moyen de 1,3 % de 2006 à 2015. On verra par ailleurs la productivité s'accroître davantage à mesure que la construction non résidentielle prendra le relais de la construction résidentielle, où le coefficient de main-d'oeuvre est plus élevé.
La production du secteur des services d'utilité publique est liée à celle de l'économie dans son ensemble. Aussi le ralentissement qu'a connu cette dernière en 2001 et de nouveau en 2003 s'est-il répercuté sur la production réelle dans ce secteur. La croissance des services d'utilité publique est restée anémique en 2004 et 2005, alors que la forte appréciation de la devise canadienne ralentissait l'activité dans le secteur de la fabrication. Bien que de nombreuses pertes d'emploi se soient produites en 2005, le PIB réel a fait un bond important en 2005, sans doute sous l'impulsion de la hausse des tarifs de l'électricité dans plusieurs provinces. Comme la croissance de la production industrielle devrait se situer dans la moyenne au cours de la période de projection, on s'attend à ce que l'augmentation du PIB des services d'utilité publique suive de près celle de l'économie dans son ensemble. Elle découlera aussi de l'accroissement de la demande en énergie au Canada et aux États-Unis, ainsi que du vieillissement de certaines installations dans les secteurs de l'énergie et des services municipaux (adduction d'eau et égouts). Les projections tiennent également compte de la décision de certaines provinces de déréglementer leur marché de l'électricité et d'exporter cette ressource aux États-Unis. Comme il s'agit d'un secteur à forte densité de capital et que la productivité est très sensible à l'adoption de nouvelles technologies, on s'attend à ce que la demande en nouveaux travailleurs soit très faible au cours de la prochaine décennie (taux annuel de 0,1 %), tandis que la croissance de la production (taux annuel de 2,8 %) sera comparable à la moyenne de l'ensemble de l'économie.
La croissance de l'emploi sera inférieure à la moyenne dans la fabrication en raison d'une hausse sensible de la productivité pour maintenir la compétitivité
L'année 2004 a été relativement bonne pour les industries du secteur de la fabrication, aussi bien la production que l'emploi ayant repris de la vigueur après la croissance anémique de la production et les pertes d'emplois subies en 2003. Malgré la valeur élevée de la devise canadienne et la persistance de certains différends commerciaux avec les États-Unis, la plupart des industries ont connu une performance vigoureuse en 2004 grâce à la forte reprise de l'économie américaine et à la hausse marquée des investissements en machines et matériel. En 2005, cependant, l'appréciation continue du dollar canadien, la hausse des coûts du pétrole et la concurrence de plus en plus vive venant des économies asiatiques, celle de la Chine notamment, se sont conjuguées pour forcer les entreprises manufacturières canadiennes à faire près de 85 000 mises à pied — une baisse de 3,7 % de la main-d'oeuvre. Les secteurs les plus touchés étaient les « autres industries manufacturières » (textiles, vêtements et meubles), la fabrication de produits en bois, l'impression et la fabrication de véhicules automobiles.
On prévoit qu'au cours de la période de projection, la production du secteur de la fabrication croîtra de 3,4 % par année en moyenne, soit à un taux supérieur à celui de l'économie dans son ensemble. Ce dynamisme sera en bonne partie le fruit de la solide performance des investissements en machines et matériel. On s'attend à ce que les manufacturiers continuent d'accroître leur productivité afin de rester compétitifs face à la valeur élevée du dollar canadien et à la concurrence intense qu'ils doivent affronter sur les marchés mondiaux, de sorte que la croissance moyenne de l'emploi sera relativement faible, soit 0,6 % par année. La situation variera considérablement d'une industrie à l'autre. Du côté de l'emploi, on s'attend d'ici à 2015 à des taux de croissance élevés dans la fabrication de produits informatiques et électroniques (2,9 % par année en moyenne) et d'autre matériel de transport (2,4 %). Par contre, il faut prévoir des pertes d'emplois dans la fabrication de véhicules automobiles et de pièces (-0,1 %), les « autres » industries manufacturières (-0,2 %), l'imprimerie (-0,5 %), les produits du bois (-0,6 %) et les pâtes et papiers (-0,9 %). Enfin, on prévoit que la production dans la fabrication de produits du caoutchouc, plastiques et chimiques et de produits métalliques et de machinerie se rapprochera de celle de l'ensemble de l'économie. Dans la fabrication d'aliments et de boissons et celle de produits minéraux manufacturés, la croissance de l'emploi devrait être légèrement inférieure à la moyenne générale.
La croissance de l'emploi devrait être faible dans les professions propres au secteur primaire, sauf dans les secteurs liés au pétrole et au gaz
Au cours des 10 dernières années, plusieurs facteurs défavorables ont contribué à la baisse de l'emploi dans le secteur de l'agriculture. L'industrialisation des fermes (concentration de la production dans moins d'exploitations), la faiblesse du cours mondial du blé, une grave sécheresse dans l'Ouest canadien, l'embargo appliqué contre le boeuf canadien par un certain nombre de pays, dont les États-Unis, et le recours accru aux technologies nécessitant moins de main-d'oeuvre ont fait que l'emploi a diminué de près de 20 % au cours de cette période. Depuis 2002, la conjoncture du marché du travail agricole s'est grandement améliorée, ce qui laisse supposer que les transformations structurelles entreprises dans ce secteur prendront fin bientôt. De son côté, la production a poursuivi en 2005 la forte reprise amorcée en 2003 suite au retour de températures plus clémentes pour l'agriculture dans les provinces de l'Ouest. Au cours de la période de projection, la croissance de l'emploi devrait poursuivre la tendance à la hausse amorcée en 2002, mais elle restera en deçà des taux que connaîtront la plupart des autres branches d'activité de l'économie canadienne. Une reprise se produira éventuellement dans l'industrie bovine mais, dans son ensemble, le secteur de l'agriculture continuera de subir les répercussions négatives du conflit qui oppose les États-Unis à l'Europe au sujet des subventions agricoles et qui contribue à déprimer les prix de nombreux grains céréaliers. Les projections indiquent que l'emploi devrait augmenter à un taux annuel moyen de seulement 0,3 % entre 2006 et 2015. Cette faiblesse est attribuable à la croissance relativement faible de la production, conjuguée à la progression rapide de la productivité réalisée grâce aux investissements que les exploitants agricoles continuent de faire dans les technologies.
Dans le secteur de la pêche, on s'attend à ce que la production réelle augmente faiblement au cours de la période de projection. L'industrie a peine à se relever des effets de la décision de Pêches et Océans Canada de réduire le total autorisé des captures de crabes en 2003. Elle subit également le contrecoup de la fermeture de la pêche de la morue sur la côte atlantique et de la diminution des prises de homard, deux événements qui découlent de la rareté grandissante des stocks. On s'attend toutefois à ce que la pêche au crabe reprenne quelque peu à court terme. En fait, presque toute la pêche sur la côte Est se concentre désormais sur les crustacés et les mollusques, plus profitables que les poissons de fond (notamment la morue), mais cela se traduit par une baisse de l'emploi. À plus long terme, la production réelle continuera de subir les effets négatifs des contraintes qui pèsent sur l'offre. En effet, il semble difficile de ramener les stocks de poissons de fond à des niveaux exploitables malgré les moratoires, et les stocks de mollusques et de crustacés font également face à des baisses importantes. De plus, presque toute augmentation de la production devrait venir d'une hausse de la productivité plutôt que d'un accroissement de l'activité de la main-d'oeuvre. On s'attend donc à ce que l'emploi enregistre une très faible croissance entre 2006 et 2015 (taux annuel moyen de 0,4 %). Il s'agit toutefois d'une meilleure performance que celle enregistré au cours de la dernière décennie, alors que l'emploi a chuté de plus de 1 % par année en moyenne.
Les droits compensatoires imposés par les États-Unis à l'encontre du bois d'oeuvre canadien en 2002 ont gravement compromis la croissance du secteur de la foresterie. Les effets négatifs de ce conflit ont continué à se faire sentir en 2005. Pour maintenir leur compétitivité, les entreprises ont investi des sommes considérables, destinées à accroître la productivité et à réduire les coûts de production, ce qui a entraîné une chute de l'emploi de près de 20 % depuis 2001. On s'attend à ce que les mises en chantier diminuent progressivement au cours des prochaines années, entraînant ainsi une baisse de la demande de bois d'oeuvre. En plus de cela, les préoccupations relatives à l'environnement et les revendications territoriales des Autochtones limiteront la disponibilité de la ressource. Par ailleurs, la baisse des droits de coupe dans plusieurs régions du Canada, notamment au Québec, viendra limiter l'offre de bois. L'impact de la baisse de la demande et de la diminution des droits de coupe sera toutefois limité à court terme, car les droits de coupe en Colombie-Britannique seront considérablement augmentés afin de faire face à une infestation du dentroctone du pin qui affecte déjà le tiers des forêts de pins du nord de la province. Les perspectives de l'industrie forestière ne sont donc pas particulièrement reluisantes et on s'attend à ce que le taux de croissance de son PIB entre 2006 et 2015 soit le plus bas de toutes les industries canadiennes. On prévoit en outre une baisse de l'emploi pour l'ensemble de la période de prévision (de 0,6 % par année en moyenne). Par conséquent, toute augmentation de la production au cours des prochaines années sera attribuable à la hausse de la productivité plutôt qu'à un niveau plus élevé de l'emploi.
La productivité du secteur des mines (à l'exclusion du pétrole et du gaz) a connu une croissance fulgurante au cours des 10 dernières années, sauf en 2005, alors qu'elle a chuté en faveur de l'emploi. C'est pourquoi, alors que la production a augmenté de près de 25 % depuis 1996, l'emploi a diminué de plus de 25 %. Plusieurs facteurs expliquent cette hausse de la productivité : l'augmentation des investissements des entreprises en machines et en matériel, l'amélioration notable des techniques et technologies d'extraction des minéraux et l'exploitation à grande échelle de nouveaux types de minerais (notamment le diamant, la potasse et l'uranium). Par contre, la chute des prix de certaines matières premières a entraîné une diminution des activités d'exploration. Le relèvement des prix des matières premières amorcé en 2004, qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années, conjugué à la reprise économique aux États-Unis et à la forte demande chinoise, favorisera l'exploration et l'exploitation minières au Canada. L'expansion récente de l'industrie du diamant dans le nord du pays continuera d'aider à stimuler la production et l'emploi dans le secteur minier. Celui-ci bénéficiera également des retombées rattachées aux gisements de nickel, de cuivre et de cobalt de Voisey's Bay, dans le province de Terre-Neuve-et-Labrador. La construction de la mine à ciel ouvert et de l'usine de traitement par broyeur/concentrateur est maintenant terminée et la production de concentrés a commencé en 2006. Enfin, la demande en uranium et en potasse devrait également être bonne au cours des prochaines années. Les projections indiquent que le PIB de l'industrie minière connaîtra un bond important de 2006 à 2008 et croîtra de 2,3 % par année entre 2006 et 2015. La concurrence accrue en provenance de l'Australie et de divers pays d'Amérique latine et la forte croissance de la productivité limiteront toutefois la croissance de l'emploi, dont on estime qu'elle se chiffrera en moyenne à 0,2 % par année au cours des 10 prochaines années.
L'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz est en effervescence depuis quelques années, ce qui est attribuable à la hausse vertigineuse du prix du pétrole et à la forte demande mondiale, qui ont stimulé les activités d'exploration et permis aux entreprises d'envisager l'exploitation de sources non classiques (les sables bitumineux, notamment). Les entreprises pétrolières et gazières ont donc commencé à investir des sommes énormes dans l'exploration de nouvelles sources d'hydrocarbures et dans la préparation des zones d'extraction des sables bitumineux. Ces investissements se sont traduits par une hausse sensible de l'emploi (8,2 % par année) dans l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz depuis 2001 et par une augmentation de l'activité dans des industries connexes comme les activités de soutien à l'extraction minière, de pétrole et de gaz et la construction non résidentielle. Toutefois, comme l'extraction du pétrole provenant de ces sources reste relativement faible pour l'instant, la production de l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz n'a pas augmenté de façon significative au cours des cinq dernières années (1,5 % par année). L'extraction du pétrole provenant des sables bitumineux devrait s'intensifier dès 2006. La production de l'industrie dans son ensemble en 2006 sera d'autant plus forte qu'il s'agira de la première année complète d'exploitation de la plate-forme White Rose à Terre-Neuve. Par conséquent, on prévoit que la production réelle dans l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz augmentera de 3,7 % par année en moyenne d'ici 2015. Les prix du gaz naturel et du pétrole devraient rester élevés à court et à moyen terme, étant donné la croissance de la demande et les tensions géopolitiques. En Alberta et en Colombie-Britannique, les producteurs de gaz naturel profiteront des cours élevés des produits de base pour forer un nombre record de nouveaux puits. La croissance sera également très forte (3,1 %) dans l'industrie des activités de soutien à l'extraction minière, de pétrole et de gaz, qui comprend la sous-traitance des compagnies pétrolières, notamment pour le forage. La croissance de la production totale de pétrole sera toutefois limitée, même si le prix du brut reste à des niveaux très élevés. En effet, la plupart des analystes estiment que la diminution des ressources du bassin sédimentaire de l'Ouest canadien (BSOC) limitera la production à moyen terme. La production des gisements sous-marins à Terre-Neuve (Hibernia, Terra-Nova, White Rose en 2006 et Hebron en 2009) permettra de compenser en partie la baisse de l'offre de pétrole classique dans l'Ouest. L'augmentation de la production tirée des sables bitumineux aidera également à maintenir le taux de croissance réelle à long terme, mais on ne prévoit pas de retour aux taux de 5 à 8 % observés au début des années 90. On s'attend à ce que la croissance de l'emploi d'ici à 2015 soit en moyenne de 2,0 % par année dans l'industrie de l'extraction de pétrole et de gaz et de 1,9 % par année dans les activités de soutien.
Méthodologie
Les projections relatives à l'emploi par profession ont été établies en estimant la part qu'occupe une profession dans l'emploi total d'une industrie. Le modèle comprend plus de 4 500 équations (soit 140 professions dans 33 industries). La part de chaque profession est estimée en faisant appel aux valeurs retardées de cette part (afin de pouvoir saisir les tendances à long terme) et à une estimation de la situation conjoncturelle de l'industrie (afin de pouvoir saisir l'influence des effets cycliques à court terme).
Résultats
Pour consulter les projections relatives à l'emploi par profession, cliquer ici.
Méthodologie
Comme il n'existe aucun ensemble de données détaillées capables de fournir des renseignements fiables sur les départs à la retraite, une série chronologique a été établie à l'aide d'une formule en trois étapes :
La projection du nombre annuel de départs à la retraite est obtenue à l'aide d'une approche descendante.
Résultats
Le nombre de départs à la retraite au sein de l'économie canadienne devrait s'accroître sensiblement au cours de la prochaine décennie : le taux annuel de retraite, mesuré par le nombre de départs à la retraite divisé par le nombre d'emplois non étudiants, devrait augmenter de façon ininterrompue entre 2005 et 2015, passant de 2,1 % à 2,6 %, ce qui donne un nombre total d'environ 3,8 millions de départs à la retraite pendant cette période.

Le vieillissement de la population est le principal facteur contribuant à la hausse des départs à la retraite, car la proportion des personnes âgées de 55 ans ou plus dans la population adulte, qui est passée de 25 % en 1990 à 29 % en 2005, atteindra 35 % en 2015.

Professions exposées aux pressions des départs à la retraite les plus fortes
Le nombre de départs à la retraite projeté pour chaque profession est d'abord déterminé par l'interaction de deux variables, à savoir le profil d'âge des travailleurs et l'âge moyen de ceux-ci au moment de prendre leur retraite. Les pressions de la retraite devraient se faire sentir le plus dans les professions dont les effectifs sont plus âgés et dans celles où l'âge de la retraite est relativement bas. En 2005, l'âge moyen des travailleurs était de 39 ans et l'âge médian des personnes qui prenaient leur retraite était de 61 ans.
Les professions exigeant les compétences nécessaires pour exercer des fonctions de gestion et celles qui nécessitent habituellement des études universitaires devraient être les plus touchées par les pressions exercées par les départs à la retraite d'ici à 2015. En moyenne, 2,8 % des travailleurs occupant des postes de gestion devraient prendre leur retraite à chaque année, ce qui est surtout attribuable au fait que l'âge moyen de ces travailleurs est plus élevé que la moyenne (44 ans). Les professions qui joueront un rôle clé à cet égard sont les cadres dans les services de santé et les services éducatifs, communautaires et sociaux, ainsi que les membres des corps législatifs et les cadres supérieurs.
Les travailleurs dans les professions qui exigent habituellement des études universitaires devraient également afficher un taux de retraite annuel supérieur à la moyenne (2,5 %) parce que l'âge moyen dans cette catégorie est supérieur à la moyenne (41 ans) tandis que l'âge moyen des départs à la retraite est inférieur à la moyenne (60 ans). Les professions qui contribueront le plus à la hausse des taux de retraite sont les enseignants/enseignantes et conseillers/conseillères en orientation aux niveaux primaire et secondaire, les enseignants/enseignantes au niveau collégial et dans les écoles de formation professionnelles, les professionnels/professionnelles en sciences infirmières, et les professionnels/professionnelles des bibliothèques, archives, musées et galeries d'art.
Professions où les pressions des départs à la retraite seront faibles
Les travailleurs dans les professions exigeant habituellement une formation en cours d'emploi auront les taux de retraite projetés les plus faibles (2,1 %), ce qui s'explique par leur jeunesse relative (34 ans) et par leur âge de retraite supérieur à la moyenne (63 ans). Les professions qui ont une influence déterminante sur la tendance à afficher des taux de retraite inférieurs à la moyenne comprennent les professions de la vente et des services, dont les caissiers/caissières, les serveurs/serveuses d'aliments et de boissons et les travailleurs des autres professions de la vente.
Le tableau qui suit présente les données relatives à la retraite pour les professions à trois chiffres de la CNP.
| Nombre total (milliers) 2006-2015 | Taux de retraite 2006-2015 (TRAM1) |
Âge median à la retraite | Âge moyen des travailleurs | Écart2 | |
| Total | 3 801 | 2,4 % | 61 | 39 | 22 |
| 001 Membres des corps législatifs et cadres supérieurs | 45 | 4,7 % | 60 | 48 | 12 |
| 011 Directeurs/directrices des services administratifs | 35 | 2,8 % | 60 | 43 | 17 |
| 012 Directeurs/directrices des services financiers et des services aux entreprises | 27 | 2,9 % | 61 | 43 | 18 |
| 013 Directeurs/directrices des services de communications (sauf la radiotélédiffusion) | 4 | 2,7 % | 61 | 42 | 19 |
| 021 Directeurs/directrices des services de génie, d'architecture, de sciences naturelles et de systèmes informatiques | 15 | 2,3 % | 61 | 42 | 19 |
| 031 Directeurs/directrices des secteurs de la santé, de l'enseignement et des services communautaires et sociaux | 51 | 4,9 % | 57 | 46 | 11 |
| 041 Directeurs/directrices de la fonction publique | 16 | 5,9 % | 59 | 47 | 12 |
| 051 Directeurs/directrices des arts, de la culture, des sports et des loisirs | 4 | 3,6 % | 59 | 42 | 17 |
| 061 Directeurs/directrices des ventes, du marketing et de la publicité | 30 | 2,2 % | 61 | 42 | 19 |
| 062 Directeurs/directrices du commerce de détail | 83 | 2,3 % | 64 | 44 | 20 |
| 063 Directeurs/directrices de la restauration et des services d'hébergement | 43 | 2,3 % | 65 | 44 | 21 |
| 064 Directeurs/directrices des services de protection | 2 | 3,8 % | 61 | 45 | 16 |
| 065 Directeurs/directrices d'autres services | 5 | 3,2 % | 61 | 42 | 19 |
| 071 Directeurs/directrices de la construction et du transport | 39 | 2,4 % | 63 | 45 | 18 |
| 072 Directeurs/directrices de l'exploitation et de l'entretien d'immeubles | 9 | 2,1 % | 63 | 42 | 21 |
| 081 Directeurs/directrices de la production primaire (sauf l'agriculture) | 2 | 2,2 % | 63 | 44 | 19 |
| 091 Directeurs/directrices de la fabrication et des services d'utilité publique | 23 | 2,7 % | 63 | 45 | 18 |
| 111 Professionnels/professionnelles en finance, en vérification et en comptabilité | 77 | 2,2 % | 62 | 42 | 20 |
| 112 Professionnels/professionnelles en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises | 48 | 3,0 % | 61 | 44 | 17 |
| 121 Personnel de supervision du travail de bureau | 45 | 3,5 % | 58 | 41 | 17 |
| 122 Personnel administratif et de réglementation | 111 | 3,2 % | 59 | 43 | 16 |
| 123 Personnel d'administration des finances et des assurances | 62 | 2,6 % | 62 | 43 | 19 |
| 124 Personnel en secrétariat | 100 | 4,3 % | 60 | 44 | 16 |
| 141 Commis au travail général de bureau | 67 | 2,8 % | 61 | 39 | 22 |
| 142 Commis en bureautique et en éditique | 16 | 3,0 % | 60 | 38 | 22 |
| 143 Commis des finances et de l'assurance | 95 | 2,5 % | 60 | 39 | 21 |
| 144 Commis de soutien administratif | 68 | 2,7 % | 60 | 40 | 20 |
| 145 Commis de bibliothèque, de correspondance et à l'information | 33 | 1,6 % | 60 | 35 | 25 |
| 146 Commis des services postaux et de messageries | 28 | 3,1 % | 62 | 40 | 22 |
| 147 Commis à l'expédition et à la distribution | 48 | 1,9 % | 62 | 38 | 24 |
| 211 Professionnels/professionnelles des sciences physiques | 8 | 2,5 % | 61 | 42 | 19 |
| 212 Professionnels/professionnelles des sciences de la vie | 5 | 2,1 % | 61 | 40 | 21 |
| 213 Professionnels/professionnelles en génie civil, mécanique, électrique et chimique | 29 | 2,1 % | 62 | 42 | 20 |
| 214 Autres professionnels/professionnelles en génie | 12 | 1,7 % | 63 | 41 | 22 |
| 215 Professionnels/professionnelles en architecture, en urbanisme et en arpentage | 8 | 2,4 % | 63 | 44 | 19 |
| 216 Mathématiciens/mathématiciennes, statisticiens/statisticiennes et actuaires | 1 | 1,7 % | 63 | 39 | 24 |
| 217 Professionnels/professionnelles en informatique | 33 | 1,0 % | 63 | 38 | 25 |
| 221 Personnel technique des sciences physiques | 7 | 2,1 % | 61 | 38 | 23 |
| 222 Personnel technique des sciences de la vie | 9 | 2,2 % | 61 | 39 | 22 |
| 223 Personnel technique en génie civil, mécanique et industriel | 14 | 1,9 % | 61 | 39 | 22 |
| 224 Personnel technique en génie électronique et électrique | 28 | 2,0 % | 61 | 37 | 24 |
| 225 Personnel technique en architecture, en dessin, en arpentage et en cartographie | 10 | 1,9 % | 61 | 37 | 24 |
| 226 Autres contrôleurs/contrôleuses techniques et officiers/officières de réglementation | 14 | 2,8 % | 61 | 44 | 17 |
| 227 Officiers/officières et contrôleurs/contrôleuses des services de transport | 8 | 2,7 % | 61 | 42 | 19 |
| 228 Personnel technique en informatique | 10 | 0,9 % | 61 | 36 | 25 |
| 311 Médecins, dentistes et vétérinaires | 21 | 2,0 % | 67 | 45 | 22 |
| 312 Optométristes, chiropraticiens/chiropraticiennes et autres professionnels/professionnelles en diagnostic et en traitement de la santé | 4 | 2,5 % | 61 | 44 | 17 |
| 313 Pharmaciens/pharmaciennes, diététistes et nutritionnistes | 8 | 2,0 % | 61 | 41 | 20 |
| 314 Professionnels/professionnelles en thérapie et en évaluation | 7 | 1,4 % | 61 | 38 | 23 |
| 315 Professionnels/professionnelles en sciences infirmières | 99 | 3,2 % | 59 | 43 | 16 |
| 321 Technologues et techniciens/techniciennes des sciences de la santé (sauf soins dentaires) | 22 | 2,3 % | 60 | 40 | 20 |
| 322 Personnel technique en soins dentaires | 5 | 1,7 % | 60 | 38 | 22 |
| 323 Personnel technique en soins de santé (sauf soins dentaires) | 29 | 2,5 % | 60 | 40 | 20 |
| 341 Personnel de soutien des services de santé | 62 | 2,2 % | 62 | 40 | 22 |
| 411 Juges, avocats/avocates (partout au Canada) et notaires (au Québec) | 14 | 1,8 % | 67 | 44 | 23 |
| 412 Professeurs/professeures et assistants/assistantes d'enseignement au niveau universitaire et postsecondaire | 23 | 2,3 % | 64 | 39 | 25 |
| 413 Enseignants/enseignantes au niveau collégial et dans les écoles de formation professionnelle | 34 | 3,7 % | 61 | 44 | 17 |
| 414 Enseignants/enseignantes aux niveaux secondaire, primaire et préscolaire et conseillers/conseillères d'orientation | 47 | 3,4 % | 60 | 43 | 17 |
| 415 Professionnels/professionnelles en psychologie, en travail social, en counselling, en religion et en probation | 159 | 3,6 % | 57 | 41 | 16 |
| 416 Agents/agentes des politiques et des programmes, recherchistes et experts-conseils/expertes-conseils | 35 | 2,5 % | 60 | 41 | 19 |
| 421 Personnel paraprofessionnel du droit, des services sociaux, de l'enseignement et de la religion, n.c.a. | 62 | 1,7 % | 62 | 38 | 24 |
| 511 Professionnels/professionnelles des bibliothèques, des archives, des musées et des galeries d'art | 7 | 4,8 % | 61 | 46 | 15 |
| 512 Professionnels/professionnelles de la rédaction, de la traduction et de relations publiques | 24 | 2,1 % | 63 | 41 | 22 |
| 513 Professionnels/professionnelles des arts plastiques et des arts de la scène | 22 | 2,2 % | 63 | 40 | 23 |
| 521 Personnel technique des bibliothèques, des archives, des musées et des galeries d'art | 6 | 3,4 % | 60 | 41 | 19 |
| 522 Photographes, techniciens/techniciennes en graphisme et personnel technique et personnel de coordination du cinéma, de la radiotélédiffusion et des arts de la scène | 7 | 1,5 % | 62 | 37 | 25 |
| 523 Annonceurs/annonceures et autres artistes de spectacles | 1 | 1,1 % | 62 | 35 | 27 |
| 524 Concepteurs/conceptrices artistiques et artisans/artisanes | 18 | 1,8 % | 62 | 39 | 23 |
| 525 Athlètes, entraîneurs/entraîneuses, arbitres et personnel assimilé des sports et des loisirs | 7 | 1,3 % | 62 | 27 | 35 |
| 621 Personnel de supervision des ventes et des services | 44 | 1,8 % | 62 | 37 | 25 |
| 622 Personnel technique du commerce de gros | 25 | 1,9 % | 63 | 41 | 22 |
| 623 Personnel de l'assurance, de l'immobilier et des achats | 47 | 2,7 % | 64 | 45 | 19 |
| 624 Chefs et cuisiniers/cuisinières | 19 | 1,0 % | 66 | 34 | 32 |
| 625 Bouchers/bouchères et boulangers-pâtissiers/boulangères-pâtissières dans le commerce de gros ou de détail | 11 | 1,6 % | 64 | 35 | 29 |
| 626 Policiers/policières et pompiers/pompières | 33 | 3,4 % | 55 | 39 | 16 |
| 627 Personnel technique des services personnels | 21 | 2,1 % | 62 | 39 | 23 |
| 641 Représentants/représentantes des ventes dans le commerce de gros | 53 | 2,1 % | 63 | 41 | 22 |
| 642 Vendeurs/vendeuses et commis-vendeurs/commis-vendeuses dans le commerce de détail | 91 | 2,1 % | 62 | 33 | 29 |
| 643 Personnel de l'hébergement et des voyages | 16 | 2,1 % | 59 | 37 | 22 |
| 644 Guides et personnel préposé au jeu dans les casinos | 4 | 2,1 % | 59 | 36 | 23 |
| 645 Personnel des services des aliments et boissons | 26 | 1,3 % | 59 | 29 | 30 |
| 646 Personnel des services de protection | 10 | 3,0 % | 59 | 39 | 20 |
| 647 Personnel de soutien familial et de garderie | 62 | 3,7 % | 60 | 40 | 20 |
| 648 Autre personnel des soins personnalisés | 9 | 1,8 % | 59 | 35 | 24 |
| 661 Caissiers/caissières | 29 | 1,4 % | 63 | 28 | 35 |
| 662 Autre personnel de la vente et personnel assimilé | 26 | 1,6 % | 63 | 30 | 33 |
| 664 Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel assimilé dans les services alimentaires | 27 | 1,6 % | 63 | 28 | 35 |
| 665 Gardiens/gardiennes de sécurité et personnel assimilé | 26 | 2,7 % | 65 | 41 | 24 |
| 666 Nettoyeurs/nettoyeuses | 125 | 3,1 % | 62 | 42 | 20 |
| 667 Autre personnel des services de voyage, d'hébergement, de loisirs et de parcs d'attractions | 4 | 2,1 % | 63 | 31 | 32 |
| 668 Personnel élémentaire des services personnels | 15 | 3,3 % | 64 | 40 | 24 |
| 721 Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses du personnel des métiers et du personnel assimilé | 67 | 2,9 % | 61 | 44 | 17 |
| 722 Surveillants/surveillantes du personnel des transports ferroviaire et routier | 12 | 4,0 % | 61 | 45 | 16 |
| 723 Machinistes et personnel assimilé | 15 | 1,9 % | 62 | 40 | 22 |
| 724 Électriciens/électriciennes et monteurs/monteuses de lignes d'électricité et de télécommunications | 46 | 3,1 % | 58 | 40 | 18 |
| 725 Plombiers/plombières, tuyauteurs/tuyauteuses et monteurs/monteuses d'installations au gaz | 13 | 2,1 % | 62 | 39 | 23 |
| 726 Personnel des métiers du formage, du profilage et du montage du métal | 27 | 1,9 % | 62 | 39 | 23 |
| 727 Charpentiers/charpentières et ébénistes | 24 | 1,8 % | 63 | 39 | 24 |
| 728 Personnel de maçonnerie et de plâtrage | 9 | 1,4 % | 62 | 37 | 25 |
| 729 Autre personnel des métiers de la construction | 18 | 2,0 % | 62 | 39 | 23 |
| 731 Mécaniciens/mécaniciennes de machinerie et d'équipement de transport (sauf véhicules automobiles) | 52 | 2,8 % | 61 | 42 | 19 |
| 732 Mécaniciens/mécaniciennes de véhicules automobiles | 29 | 1,7 % | 62 | 38 | 24 |
| 733 Autres mécaniciens/mécaniciennes | 6 | 2,0 % | 62 | 39 | 23 |
| 734 Tapissiers-vernisseurs/tapissières-vernisseuses, tailleurs/tailleuses, cordonniers/cordonnières, bijoutiers/bijoutières et personnel assimilé | 15 | 4,7 % | 60 | 47 | 13 |
| 735 Mécaniciens/mécaniciennes de machines fixes et opérateurs/opératrices de centrales et de réseaux électriques | 10 | 3,8 % | 60 | 44 | 16 |
| 736 Personnel des opérations de transport ferroviaire | 5 | 3,9 % | 60 | 45 | 15 |
| 737 Grutiers/grutières, foreurs/foreuses et dynamiteurs/dynamiteuses | 5 | 3,5 % | 60 | 42 | 18 |
| 738 Personnel de l'imprimerie, scaphandriers/scaphandrières, autre personnel des métiers et personnel assimilé, n.c.a. | 12 | 3,2 % | 60 | 41 | 19 |
| 741 Conducteurs/conductrices de véhicules automobiles et opérateurs/opératrices de transport en commun | 120 | 2,5 % | 64 | 43 | 21 |
| 742 Conducteurs/conductrices d'équipement lourd | 19 | 2,0 % | 65 | 43 | 22 |
| 743 Autres conducteurs/conductrices de matériel de transport et personnel assimilé | 5 | 2,5 % | 63 | 41 | 22 |
| 744 Personnel d'installation, de réparations et d'entretien | 12 | 1,8 % | 61 | 36 | 25 |
| 745 Débardeurs/débardeuses et manutentionnaires | 38 | 1,9 % | 61 | 37 | 24 |
| 761 Aides de soutien des métiers et manoeuvres en construction | 12 | 1,2 % | 63 | 32 | 31 |
| 762 Manoeuvres aux travaux publics et personnel assimilé, n.c.a. | 6 | 2,4 % | 63 | 40 | 23 |
| 821 Surveillants/surveillantes de l'exploitation forestière | 2 | 2,6 % | 63 | 43 | 20 |
| 822 Surveillants/surveillantes de l'exploitation des mines, du pétrole et du gaz | 4 | 1,7 % | 63 | 42 | 21 |
| 823 Personnel du forage, des mines souterraines et de la production gazière et pétrolière | 6 | 1,4 % | 63 | 40 | 23 |
| 824 Conducteurs/conductrices de machines d'abattage du bois | 3 | 2,4 % | 63 | 41 | 22 |
| 825 Entrepreneurs/entrepreneuses, surveillants/surveillantes et exploitants/exploitantes en agriculture, en horticulture et en aquiculture | 68 | 2,7 % | 69 | 48 | 21 |
| 826 Capitaines et officiers/officières de pêche et pêcheurs/pêcheuses | 3 | 1,7 % | 68 | 44 | 24 |
| 841 Personnel d'entretien des mines et du forage des puits de pétrole et de gaz | 1 | 1,0 % | 63 | 34 | 29 |
| 842 Personnel de l'exploitation forestière | 5 | 3,2 % | 63 | 42 | 21 |
| 843 Personnel en agriculture et en horticulture | 10 | 1,3 % | 67 | 32 | 35 |
| 844 Personnel de la pêche, de la chasse et du trappage | 1 | 0,7 % | 68 | 37 | 31 |
| 861 Personnel élémentaire de la production primaire | 10 | 1,3 % | 63 | 32 | 31 |
| 921 Surveillants/surveillantes dans les industries de transformation | 29 | 3,7 % | 58 | 43 | 15 |
| 922 Surveillants/surveillantes dans la fabrication et le montage | 24 | 4,0 % | 58 | 42 | 16 |
| 923 Opérateurs/opératrices de poste central de contrôle dans les procédés de fabrication et de transformation | 8 | 3,3 % | 58 | 42 | 16 |
| 941 Opérateurs/opératrices de machines dans le traitement des métaux et des minerais et personnel assimilé | 7 | 2,1 % | 63 | 40 | 23 |
| 942 Opérateurs/opératrices de machines dans le traitement des produits chimiques, du caoutchouc et du plastique et personnel assimilé | 12 | 1,4 % | 64 | 40 | 24 |
| 943 Opérateurs/opératrices de machines dans la production des pâtes et papiers et dans la transformation du bois et personnel assimilé | 11 | 1,8 % | 64 | 40 | 24 |
| 944 Opérateurs/opératrices de machines dans la fabrication de produits textiles et personnel assimilé | 4 | 2,3 % | 64 | 42 | 22 |
| 945 Opérateurs/opératrices de machines dans la confection d'articles en tissu, en fourrure et en cuir et personnel assimilé | 15 | 3,2 % | 64 | 44 | 20 |
| 946 Opérateurs/opératrices de machines dans la transformation des aliments, des boissons et du tabac et personnel assimilé | 15 | 1,8 % | 64 | 39 | 25 |
| 947 Opérateurs/opératrices de machines à imprimer et personnel assimilé | 4 | 1,5 % | 64 | 38 | 26 |
| 948 Monteurs/monteuses de matériel mécanique, électrique et électronique | 30 | 2,7 % | 60 | 40 | 20 |
| 949 Autre personnel de montage et personnel assimilé | 16 | 1,5 % | 64 | 38 | 26 |
| 951 Opérateurs/opératrices de machines dans le façonnage et l'usinage des métaux et le travail du bois et personnel assimilé | 22 | 1,5 % | 64 | 39 | 25 |
| 961 Manoeuvres dans la transformation, la fabrication et les services d'utilité publique | 39 | 2,0 % | 61 | 37 | 24 |
| Source : RHDSC, DRPS, Division de la prévision et de l'analyse du marché du travail et des compétences, Scénario de référence 2006. 1 TRAM : taux de retraite annuel moyen, calculé en divisant le nombre de départs à la retraite par le niveau de l'emploi dans l'année. 2L'écart entre l'âge moyen des travailleurs et l'âge médian à la retraite est un indicateur des pressions exercées par les départs à la retraite. Habituellement, plus l'écart entre l'âge de la retraite et l'âge moyen des travailleurs dans une profession est élevé, plus le taux de retraite est bas. |
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Méthodologie
Le Modèle des sortants scolaires (MSS) produit des projections quant au nombre de personnes qui ont quitté le système scolaire pour intégrer le marché du travail.
Résultats
Voici les principaux résultats produits par le MSS :
Inscriptions
Le nombre total des inscriptions de première année27 devrait rester le même pendant la période de 2006 à 2015. Pendant la décennie qui a précédé, ce nombre a augmenté de 0,7 % par année, en moyenne. Cette tendance est étroitement liée au ralentissement de la croissance de la population âgée de 15 à 24 ans. Alors que ce groupe a progressé à un taux moyen de 0,9 % entre 1996 et 2005, on s'attend à ce qu'il diminue de 0,3 % en moyenne pendant la période de projection.

La diminution des inscriptions en première année de l'école secondaire anticipée pendant la période de projection (taux annuel moyen de décroissance de 1,2 %) est entièrement attribuable aux facteurs démographiques. En fait, le nombre de jeunes âgés de 13 et 14 ans baissera à un taux annuel de 1,5 % pendant cette période.
Par ailleurs, les inscriptions de première année aux programmes de formation professionnelle des collèges communautaires et à l'université continueront de s'accroître (à des taux annuels moyens de 1,0 et 1,1 %, respectivement), malgré la légère diminution (0,02 %) des effectifs du groupe d'âge de 18 à 24 ans qui est prévue d'ici 2015. On prévoit enfin que les inscriptions aux écoles de métiers et de formation professionnelle augmenteront à un taux annuel de 0,7 %.
Diplômés
Le nombre total de diplômés issus du système d'éducation augmentera pendant la période de projection, passant de 643 000 en 2005 à 674 000 en 2015, soit une hausse annuelle de 0,5 % en moyenne, un taux bien inférieur à celui de 1,2 % enregistré pour la période 1996-2005.

En raison de la diminution des jeunes cohortes, le nombre de diplômés de l'école secondaire se mettra à baisser après 2009, suivant ainsi la tendance prévue pour les inscriptions à ce niveau.
On s'attend par contre à une augmentation du nombre de diplômés postsecondaires. Les collèges communautaires et les universités continueront à fournir des gens hautement scolarisés, les taux moyens respectifs se situant à 1,7 % et 1,2 % par année. La hausse prévue du nombre de diplômés concorde avec celle des inscriptions dans les collèges communautaires et les universités, tant par le passé que pendant la période de projection. Le nombre de diplômés des écoles de métiers et de formation professionnelle devrait être relativement stable pendant la période de projection.
Décrocheurs
Le nombre annuel de décrocheurs augmentera pendant la période de projection, passant de 252 000 en 2005 à 254 000 en 2015.
On s'attend à ce que le phénomène du décrochage diminue légèrement au niveau secondaire pendant la période de projection, suivant ainsi une tendance à long terme qui se poursuit depuis la fin des années 80.

Le taux de décrochage restera inchangé dans les collèges communautaires et les universités car on s'attend à ce que les taux d'achèvement des études s'accroissent pendant la période de projection. En revanche, il devrait augmenter dans les écoles de métiers et de formation professionnelle par suite d'une légère baisse des taux d'achèvement des études.
Diplômés par domaine d'études
Le MSS décompose la population des diplômés postsecondaires selon le domaine d'études avant de procéder à la conversion en professions. On ne tient compte que des ventilations relatives aux trois grands groupes du niveau postsecondaire, car le degré de spécialisation des sortants du niveau secondaire et de certains sortants du niveau postsecondaire est considéré comme étant insuffisant. En tout et pour tout, 49 domaines d'études sont retenus pour les diplômés des écoles de métiers et de formation professionnelle, 55 pour ceux des collèges communautaires et 58 pour les diplômés universitaires (baccalauréat, maîtrise et doctorat). Comme les ventilations selon le domaine d'études sont relativement stables dans le temps, elles sont tenues pour constantes dans le MSS au cours de la période de projection28.
Sortants par niveau de scolarité
Le groupe des sortants scolaires est constitué des personnes qui ont obtenu un diplôme (ou qui ont décroché avant la fin de leurs études supérieures), qui ne poursuivent pas leurs études et qui se trouvent sur le marché du travail29.

On prévoit que, pendant la période de projection, le nombre total des sortants à chaque année passera de 536 000 en 2005 à 572 000 en 2015, Cela représente un taux de croissance annuel de 0,7 % en moyenne, inférieur au taux de 1,2 % observé au cours de la décennie précédente (1996-2005). Il reste néanmoins supérieur au taux de croissance prévu pour l'ensemble du groupe âgé de 17 à 29 ans (0,2 %).
Les tendances observées par le passé en ce qui a trait au nombre de sortants répartis selon le niveau de scolarité vont se maintenir. La hausse la plus marquée devrait se produire parmi les sortants des niveaux universitaire et collégial. Au niveau universitaire, le nombre devrait passer de 179 000 en 2005 à 201 000 en 2015, ce qui représente un taux de croissance annuel de 1,2 % en moyenne. Au niveau collégial, il devrait passer de 101 000 à 119 000 pendant cette période (taux annuel moyen de 1,7 %).

Le nombre de sortants qui ont fait des études postsecondaires incomplètes30 ou qui sont issus des écoles de métiers et de formation professionnelle devrait rester à peu près le même pendant la période de projection. Dans le cas des sortants qui ont fait des études secondaires ou qui n'ont pas atteint ce niveau, le nombre devrait s'abaisser, passant de 145 000 en 2005 à 139 000 en 2015 (soit un taux de décroissance de 0,5 %).
La proportion de sortants qui ont terminé leurs études postsecondaires devrait donc augmenter — de 57,8 % en 2005 à 61,1 % en 2015. Ce phénomène de scolarisation croissante, conforme aux tendances du passé, reflète le besoin grandissant de travailleurs du savoir au sein de l'économie.
Méthodologie
Le modèle de l'immigration comporte trois étapes pour l'estimation du nombre d'immigrants récents qui deviennent de nouveaux chercheurs d'emploi :
Résultats
Voici les principaux résultats des projections relatives à l'immigration :
Population immigrante
Depuis 10 ans, 2,2 millions d'immigrants se sont établis au Canada, soit environ 221 000 par année en moyenne, un chiffre équivalent à 0,72 % de la population canadienne. Le graphique suivant montre l'évolution du nombre annuel d'immigrants ainsi que du taux d'immigration (le rapport entre le nombre annuel de nouveaux immigrants et la population canadienne totale).
On prévoit que la population canadienne passera de 32,3 millions d'habitants en 2005 à 35,0 millions en 2015. Le nombre d'immigrants devrait donc s'accroître proportionnellement, passant de 244 600 à 260 700 par année pendant la même période.

Population active immigrante
Les immigrants sont plus jeunes que la moyenne des Canadiens. En 2005, environ 58 % d'entre eux étaient âgés de 15 à 39 ans, comparativement à 35 % pour la population dans son ensemble. La même année, plus de 77 % de tous les immigrants avaient 15 ans ou plus33. D'après les projections, la population immigrante de 15 ans ou plus devrait passer de 186 500 personnes en 2005 à 202 920 en 2015, en chiffres annuels.

Comme le fait voir le tableau, les immigrants de 15 ans ou plus arrivés au pays entre 1996 et 2000 avaient un taux d'activité de 64,8 %, sensiblement supérieur aux 59,4 % relevés pour les cinq années précédentes. Ce taux est appliqué à la population immigrante de 15 ans ou plus pour déterminer la taille de la population active immigrante. En 2005, quelque 120 900 nouveaux immigrants avaient un emploi ou étaient activement à la recherche d'un emploi, nombre qui devrait passer à environ 131 500 en 2015.
| Recensement 1996 | Recensement 2001 | |||||
| Taux d'activité | Taux d'emploi | Taux de chômage | Taux d'activité | Taux d'emploi | Taux de chômage | |
| Population canadienne totale | 65.5 % | 58.9 % | 10.1 % | 66.4 % | 61.5 % | 7.4 % |
| Population Non immigrante | 66.9 % | 60.2 % | 9.9 % | 68.0 % | 62.9 % | 7.4 % |
| Population immigrante | 60.7 % | 54.3 % | 10.5 % | 61.4 % | 56.9 % | 7.4 % |
| Immigrants arrivés au pays dans les cinq dernières années | 59.4 % | 48.8 % | 18.0 % | 64.8 % | 56.5 % | 12.7 % |
| Source : Statistique Canada, recensements de 1996 et 2001. | ||||||
Population active immigrante et niveau de scolarité
Les immigrants récents sont plus scolarisés que les Canadiens de souche dans la population active. La proportion des détenteurs de grades universitaires est particulièrement élevée : en 2001, 42,1 % de ceux qui se trouvaient sur le marché du travail avaient un grade universitaire, comparativement à 18,5 % pour les Canadiens de souche. Toujours au sein de la population active, la proportion des immigrants récents qui avaient fait des études postsecondaires était supérieure de 9 points à celle des Canadiens de souche (61,5 % contre 52,4 %).

L'évaluation des déséquilibres futurs par profession (et l'identification des professions qui devraient être en pénuries ou surplus de main-d'oeuvre au cours des 10 prochaines années) est basée sur :
Le tableau à la fin de cette section présente les principaux résultats des projections des nouveaux chercheurs d'emploi et des ouvertures d'emploi. Il est à noter que ces projections offrent une indication quantitative sur les pressions potentielles sur le marché du travail à moyen terme.
De plus, les professions montrant des signes de pressions résultant de déséquilibres entre les projections de nouveaux chercheurs d'emploi et d'ouvertures d'emploi ne sont pas nécessairement catégorisées comme étant en demande ou en offre excédentaire. La raison est que la mobilité du travail est prise en compte dans l'identification de la situation future d'une profession. Par exemple, certaines professions estimées être actuellement en demande excédentaire, comme les superviseurs de commis de bibliothèque, de correspondanciers et d'autres commis à l'information (1213) et les directeurs de services d'hébergement (0632) devraient retourner vers l'équilibre malgré le fait que les projections des nouveaux chercheurs d'emploi n'excèdent pas le nombre d'ouvertures d'emploi. La mobilité verticale du personnel de bureau (grand groupe 14) et du personnel de l'hébergement et des voyages (643) viendra atténuer les pressions de demande excédentaire.
| On trouve dans la première colonne les données relatives à l'emploi non étudiant selon la profession en 2005. Pour chacune des composantes de l'offre et la demande, on additionne la somme des flux projetés pour les années 2006 à 2015, puis un indicateur qualitatif vient classer une profession par rapport aux autres pour cette même composante. Ce dernier classement respecte une règle de distribution de 25 %, 50 % et 25 %; en d'autres termes, 35 professions se retrouvent « au-dessus de la moyenne » (AM), 70 professions sont « dans la moyenne » (M) et 35 professions se retrouvent « sous la moyenne » (SM). |
| Dans la première colonne, sous la rubrique « équilibre », la demande anticipée est comparée à l'offre anticipée (puis divisée par 10 pour obtenir une moyenne annuelle) afin d'obtenir une estimation de la demande excédentaire annuelle. L'indicateur est positif si la demande excède l'offre et négatif si l'offre surpasse la demande. |
| L'avant-dernière colonne présente l'indice normalisé des conditions futures du marché du travail (INCFMT), indicateur sommaire estimant l'orientation que devrait prendre la conjoncture future du marché du travail de la façon suivante : offre annuelle moyenne (nouveaux chercheurs d'emploi) — demande annuelle moyenne (ouvertures d'emploi) / emploi dans l'année de référence |
| Si l'indice NFLMS a une valeur positive, cela indique que la profession se dirigerait vers une pénurie de main-d'oeuvre (demande excédentaire), tandis qu'une valeur négative indique que l'offre de main-d'oeuvre tend à être excédentaire. |
| La dernière colonne présente l'augmentation (ou la diminution, si le chiffre est négatif) du nombre de sortants scolaires et d'immigrants nécessaire pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande projetés. Une valeur de 100 % signifie qu'il faudra doubler l'offre de travailleurs pour atteindre l'équilibre. Une valeur négative indique dans quelle proportion l'offre dépasse la demande. |
Évaluation des déséquilibres futurs sur le marché du travail par profession
22Voir T. Sargent, « Canadian Labour Force Participation Rate: Developments and Prospects », Ottawa, Finances Canada, juin 2003.
23Les projections de l'emploi représentent la demande d'emploi requise et non le nombre d'emplois effectivement occupés. Ainsi, si l'offre n'est pas suffisante pour combler la demande requise, la croissance de l'emploi sera plus faible que prévu. (Cette précision s'applique à toutes les industries, mais elle revêt une pertinence particulière pour le secteur de la santé, où l'offre est soumise à des contraintes par les gouvernements, qui imposent des contingentements aux écoles de médecine et des sciences infirmières.)
24La banque DAL a été choisie en raison du vaste échantillon représentatif de travailleurs plus âgés qu'elle renferme et aussi de son caractère longitudinal, deux caractéristiques qui revêtent une importance critique lorsqu'on met au point une série chronologique globale des départs à la retraite. En fait, la taille de l'échantillon DAL est telle qu'elle se compare à la taille du recensement, ce qui n'est pas le cas de l'Enquête sur la population active ou de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu.
25À cause des décalages dans la publication des données de Statistique Canada, le modèle doit d'abord « prédire » le passé avant de prédire l'avenir. Ainsi, comme les données relatives aux collèges communautaires ne sont disponibles que jusqu'en 1999, il faut établir des projections pour la période 2000-2005 avant de passer à la période de référence 2006-2015. L'examen de certaines données administratives provinciales, qui sont disponibles jusqu'en 2004, indique que nos projections suivent les tendances générales de près.
26L'Enquête nationale auprès des diplômés vise notamment à déterminer dans quelle mesure les diplômés du niveau postsecondaire ont pu trouver un emploi après avoir obtenu leur diplôme, à établir quels sont les liens entre le programme d'études du diplômé et son emploi subséquent, et à décrire le passage de l'école au travail des diplômés des écoles de métiers et de formation professionnelle, des collèges et des universités. Les participants à l'enquête ont été contactés deux et cinq ans après l'obtention de leur diplôme. Notre analyse fait appel aux résultats des deux dernières enquêtes, l'END de 2002 auprès des diplômés de 2000 et l'END de 1997 auprès des diplômés de 1995.
27Il s'agit ici des inscriptions de première année dans un domaine d'études particulier. Comme le MSS établit des projections relatives aux entrées de nouveaux travailleurs dans le marché du travail, il est nécessaire d'analyser les entrées de nouveaux étudiants pour les divers niveaux de scolarité considérés.
28Dans Une dynamique de la transition de l'école au travail des diplômés de niveau postsecondaire (Développement des ressources humaines Canada, R-9914F, 1999), Ross Finnie indique que la répartition selon le domaine d'études avait peu changé sur une période de 15 ans.
29Les données relatives aux pourcentages des étudiants qui poursuivent leurs études et aux taux de fréquentation au niveau secondaire sont tirées de l'Enquête auprès des jeunes en transition et de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada. Les données relatives aux taux de fréquentation au niveau postsecondaire sont tirées de l'Enquête nationale auprès des diplômés.
30Dans le MSS, les personnes qui ont fait des études postsecondaires incomplètes sont traitées comme un groupe distinct à cause de leur nombre et du fait que leurs caractéristiques professionnelles diffèrent de celles des personnes qui ont terminé leurs études secondaires.
31Le volet démographique des MEDS établit des projections démographiques jusqu'en 2051 pour le Canada et les provinces à l'aide des facteurs habituels — taux de natalité, de mortalité et de migration.
32On pourrait adopter une approche différente basée sur les professions envisagées par les immigrants avant leur arrivée au Canada, renseignement qui se trouve dans la base de données sur l'immigration. L'analyse a cependant montré que la relation entre la profession envisagée et celle qu'occupe l'immigrant après son arrivée n'est pas statistiquement significative lorsqu'on considère d'autres caractéristiques personnelles liées aux professions. Il semble qu'on puisse en conclure que l'influence de caractéristiques comme la scolarité et la région sur la profession exercée est plus importante que celle des intentions exprimées à l'arrivée au Canada. Pour plus de détails, voir David A. Green, « Intended and Actual Occupations of Immigrants », dans Don J. DeVoretz (dir.), Diminishing Returns: The Economics of Canada's Recent Immigration Policy, étude no 24 sur les politiques (1995).
33D'après les dernières données sur l'immigration selon l'âge, tirées de l'ouvrage de Statistique Canada, Statistiques démographiques annuelles 2005.
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