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ARCHIVÉ - Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie (2006-2015)

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Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie (2006-2015)

Perspectives du marché du travail canadien

Le marché du travail canadien devrait bien performer au cours de la prochaine décennie et ne devrait pas connaître de pénuries générales de main-d'oeuvre

On s'attend à ce que l'emploi passe de 16,2 millions en 2005 à 18,1 millions en 2015, ce qui équivaut à un taux de croissance de 1,1  % par année, en moyenne. Cela représente un certain ralentissement par rapport aux années 2001 à 2005, alors que le taux moyen se situait à 1,8  %, mais on prévoit que l'économie canadienne créera quand même 1,9 million d'emplois d'ici 10 ans. Cette croissance sera sensiblement plus rapide pendant les cinq premières années de cette période :

  • L'emploi devrait croître à un taux annuel moyen de 1,4  % au cours des cinq prochaines années (2006-2010), soit la création d'environ 1,2 million de nouveaux postes. Comme on s'attend à ce que la population active augmente de 1,3  % pendant cette période, le taux de chômage passera de 6,8  % en 2005 à 6,0  % en 2010.
  • La croissance de l'emploi entre 2011 et 2015 (0,8  %) devrait dépasser légèrement celle de la population active (0,7  %), de sorte que le taux de chômage continuera de baisser pour atteindre 5,6  % en 2015. De 2011 à 2015, il se créera 700 000 emplois de plus dans l'économie.

Ces projections de l'emploi sont liées aux projections relatives à l'évolution de l'activité économique et de la productivité. D'ici à 2010, le PIB réel devrait progresser à un taux de 2,9  % par année, en moyenne, pour ensuite ralentir quelque peu, le taux s'établissant à 2,6  % en moyenne pendant les cinq années suivantes. Cette décélération sera principalement attribuable à celle du potentiel de croissance de l'économie, elle-même causée par l'augmentation moins rapide de la population active qu'entraînera le ralentissement de la croissance démographique. Le vieillissement de la population et les départs à la retraite qu'il suscitera auront eux aussi un effet dépressif sur la croissance de la population active. Comme l'inflation s'est très largement maintenue dans la fourchette cible de la Banque du Canada (de 1 à 3  %) depuis de nombreuses années, on peut s'attendre à ce que la politique monétaire de la Banque soit telle que la demande s'alignera sur la croissance moins rapide du potentiel de l'économie. C'est pourquoi on n'entrevoit pas de pénuries persistantes et généralisées de main-d'oeuvre sur le marché du travail. Pour plus de détails sur les projections macroéconomiques, démographiques et relatives à la population active (méthodologie et résultats), cliquer ici.

Le taux de croissance de la productivité du travail (mesuré ici par la production par travailleur) devrait s'établir en moyenne à 1,6  % au cours des 10 prochaines années, donc à un niveau un peu plus élevé que le taux moyen de 1,1  % enregistré de 1976 à 2005. Les principaux facteurs à l'origine de cette performance de la productivité du travail comprennent la proportion grandissante de travailleurs hautement scolarisés et l'augmentation du coefficient capital/travail attribuable aux nombreux investissements en machines et en matériel et au ralentissement de la croissance de la population active.

Croissance

Croissance de l'emploi par industrie

L'emploi croîtra le plus rapidement dans les industries de services

L'évolution démographique et macroéconomique va se répercuter sur la structure industrielle du Canada. En premier lieu, on peut s'attendre à ce que le ralentissement de la croissance démographique contribue à une décélération de la croissance de la production et de l'emploi dans la plupart des industries, tandis que l'évolution de la pyramide des âges transformera la structure industrielle en favorisant le secteur des services, notamment celui de la santé.

Certaines autres tendances structurelles auront également un impact sur la composition sectorielle de l'économie — par exemple, la transition vers une économie de plus en plus axée sur le savoir, la mondialisation et l'accessibilité réduite de certaines ressources naturelles. Enfin, certains phénomènes plus cycliques, notamment la reprise de la demande en matériel aéronautique, la hausse du prix du pétrole et l'amélioration des perspectives financières des gouvernements, auront des répercussions importantes sur la croissance de plusieurs industries.

Croissance

Au cours des 10 prochaines années, l'écart entre le secteur des services et celui des industries productrices de biens en ce qui concerne la croissance de l'emploi poursuivra la tendance amorcée à la fin des années 80 et se creusera davantage; le secteur des services progressant plus rapidement que les industries productrices de biens. Ainsi, on s'attend à ce que l'emploi dans le secteur des services augmente à un taux annuel moyen de 1,2  % (soit une hausse de près de 1,6 million d'emplois au cours de la période de 2006 à 2015). Dans les industries productrices de biens, le nombre de nouveaux emplois croîtra plus faiblement que la moyenne de 1,1  %, à un taux annuel de seulement 0,8  % (soit un peu plus de 0,3 million d'emplois).

Cet écart en faveur du secteur des services s'explique par la vigueur de la productivité du travail dans les industries productrices de biens. En effet, on s'attend à ce que les manufacturiers continuent d'améliorer leur productivité afin de maintenir leur compétitivité face à la valeur élevée du dollar canadien et à une concurrence internationale de plus en plus féroce. En fait, on prévoit que la croissance du PIB des industries productrices de biens (taux annuel de 3,0  %) dépassera celle du secteur des services (2,7  %), contrairement à ce qui s'est passé dans la période 1987-2005.

Dans le secteur des services, la croissance de l'emploi sera particulièrement vigoureuse dans la conception de systèmes informatiques, la santé et les services professionnels. Ces industries bénéficieront notamment de l'augmentation des dépenses publiques en soins de santé, rendue possible par le redressement de la situation financière des gouvernements, de la transition qui se poursuit vers l'économie du savoir et de la hausse des investissements en recherche et développement. Par contre, on s'attend à ce que l'emploi augmente plus faiblement que la moyenne dans certaines autres industries — notamment dans l'administration publique, à cause d'une ponction de plus en plus importante des fonds publics vers la santé et l'éducation, dans le groupe finance, assurances, immobilier et location, en raison du ralentissement du secteur des services immobiliers et des prêts hypothécaires ainsi que de la hausse de la productivité, et dans le secteur de l'enseignement en raison du ralentissement démographique.

Parmi les industries productrices de biens, celles qui sont liées aux hydrocarbures devraient afficher une croissance de l'emploi supérieure à la moyenne de l'ensemble de l'économie pendant la période de 2006 à 2015. En effet, les prix élevés de l'énergie vont stimuler les dépenses d'investissement dans ce secteur et contribuer par là à la hausse de l'emploi dans l'extraction du pétrole et du gaz (taux de croissance annuel moyen de 2,0  %), dans les activités de soutien à l'extraction minière et du pétrole et du gaz (1,9  %), ainsi que dans la construction (1,3  %). Dans les autres industries du secteur primaire, la croissance de l'emploi sera inférieure à la moyenne, notamment dans la foresterie (-0,6  %), l'extraction minière (0,2  %) et l'agriculture (0,3  %). Enfin, dans le secteur de la fabrication, les perspectives de croissance de l'emploi sont mitigées. Pour l'ensemble du secteur, le taux annuel moyen devrait s'établir à 0,6  %, mais on constate d'importantes disparités entre les industries qui le composent. Ainsi, la croissance de l'emploi devrait être robuste dans la fabrication de produits informatiques et électroniques, dans certaines catégories de fabrication de matériel de transport (produits et pièces pour l'aérospatiale) et dans les produits métallurgiques et les machines, tandis que les pâtes et papiers, la fabrication de produits du bois, l'imprimerie, les autres industries manufacturières (principalement textiles, vêtements et meubles) et la fabrication de véhicules et de pièces d'automobile connaîtront une baisse.

Pour consulter les projections relatives au PIB et à l'emploi par industrie (méthodologie et résultats), cliquer ici.

Croissance de l'emploi par profession (demande d'expansion)

Plus des deux tiers de tous les nouveaux emplois devraient être dans des professions exigeant habituellement des études postsecondaires ou dans des professions de la gestion

La création d'emplois13 au sein des professions dépend de deux facteurs principaux :

  • l'évolution de l'industrie qui emploie des gens dans une profession donnée; par exemple, la création d'emplois parmi les charpentiers, les maçons ou les plombiers dépend étroitement des perspectives du secteur de la construction;
  • l'influence qu'exercent les facteurs structurels sur la profession en question; par exemple, l'emploi parmi les commis au travail général de bureau a diminué en raison du développement de la bureautique (ordinateurs, courrier électronique, systèmes de messagerie vocale, etc.), à la faveur d'employés plus spécialisés tels que les commis administratifs ou les préposés à l'information.

Au cours des 10 prochaines années, plus des deux tiers des 1,7 millions de nouveaux emplois non étudiants (69,2  %) devraient être dans des professions requérant généralement des études postsecondaires (universitaires ou collégiales) ou faisant partie du groupe de la gestion14. En 2005, environ 60  % de tous les travailleurs non étudiants occupaient des emplois appartenant à ces catégories.

Demande d'expansion par niveau de compétence 2006-2015
  Emploi non étudiant (milliers) Croissance (TCAM1) Variation (milliers) Ventilation de la variation
2005 2015 2006-2015
Total 14 566,8 16 263,8 1,1  % 1 697,0 100,0  %
Niveau de compétence2
Gestion 1 376,7 1 547,0 1,2  % 170,3 10,0  %
Professions nécessitant habituellement :
- des études universitaires 2 525,8 2 971,2 1,6  % 445,4 26,2  %
- des études collégiales ou une formation d'apprenti 4 843,2 5 402,6 1,1  % 559,4 33,0  %
- un diplôme d'études secondaires 4 353,3 4 778,2 0,9  % 424,9 25,0  %
- uniquement une formation en cours d'emploi 1 467,5 1 564,8 0,6  % 97,3 5,7  %
Source : RHDSC, DRPS, Division de la prévision et de l'analyse du marché du travail et des compétences, Scénario de référence 2006.
1TCAM : taux de croissance annuel moyen.
2Le niveau de compétence se fonde sur la matrice de la CNP 2001, dans laquelle les professions sont regroupées selon les études et la formation normalement requises.

Parmi les professions nécessitant généralement des études postsecondaires ou faisant partie de la gestion, la demande sera particulièrement vigoureuse pour celles qui exigent normalement un diplôme universitaire : on prévoit que l'emploi dans cette catégorie augmentera en moyenne de 1,6  % par année de 2006 à 2015. Cette progression rapide s'explique en partie par la transition continue vers l'économie du savoir et par l'augmentation de dépenses publiques favorisant l'emploi dans le secteur de la santé.

La croissance de l'emploi sera un peu plus faible dans les autres professions de ce groupe. Elle sera néanmoins supérieure ou égale à la moyenne de l'ensemble de l'économie pour les professions de la gestion (taux annuel moyen de 1,2  %) et pour celles qui exigent généralement une formation collégiale ou une formation d'apprenti (taux annuel moyen de 1,1  %).

La création d'emploi sera plus faible dans les professions moins qualifiées. Pour celles qui n'exigent qu'une formation en cours d'emploi, le taux moyen de croissance ne sera en effet que de 0,6  % par année, tandis que dans les professions n'exigeant habituellement qu'un diplôme d'études secondaires, le taux se situera à 0,9  %. Pour consulter les projections relatives à l'emploi par profession (méthodologie et résultats),cliquer ici.

Ces résultats ont été obtenus en utilisant la Classification nationale des professions (CNP) pour déterminer les niveaux de compétence où il y aura de nouveaux emplois à doter. On peut aussi se servir des données sur les niveaux de scolarité15. Dans chaque profession, on répartit les travailleurs âgés de 25 à 44 ans entre quatre niveaux de scolarité (moins que les études secondaires, études secondaires, études collégiales et études universitaires) à l'aide des données pour les trois dernières années disponibles (de 2003 à 2005). On utilise ensuite les valeurs ainsi obtenues pour estimer les niveaux de scolarité qu'exigeront les nouveaux emplois. Les résultats obtenus à l'aide de cette méthode montrent eux aussi qu'un peu plus des deux tiers (69,3  %) des nouveaux emplois nécessiteront des études postsecondaires (collégiales ou universitaires).

Population active selon le niveau de scolarité

Le niveau de scolarité de la population active canadienne continuera de s'accroître, mais plus lentement que par le passé

Les projections indiquent que, parmi les quatre niveaux de scolarité, les travailleurs qui ont fait des études postsecondaires (universitaires ou collégiales) continueront de croître plus rapidement que les autres16. Cette progression est attribuable avant tout à l'influence grandissante qu'exerce la cohorte des jeunes qui ont fait des études postsecondaires — en 2005, 65,5  % de la population active âgée de 25 à 29 ans étaient passés par des institutions postsecondaires — à mesure qu'ils remplacent les travailleurs âgés moins instruits (en 2005, environ 55  % de la population active âgée de 55 à 64 ans avait une éducation postsecondaire).

Plus précisément, la cohorte des diplômés universitaires, qui formait respectivement 13,8 et 21,8  % de la population active en 1990 et en 2005, devrait s'accroître en moyenne de 2,2  % par année d'ici 10 ans, de sorte qu'elle représentera 24,4  % de la population active en 2015. En revanche, le nombre des travailleurs ayant moins que les études secondaires devrait continuer à diminuer (à un taux moyen de 1,0  % par année); leur proportion de la population active devrait donc baisser de 14,6 à 11,8  % entre 2005 et 2015, soit moins de la moitié de ce qu'elle était en 1990 (28  %). Les proportions des travailleurs ayant fait respectivement des études collégiales et des études secondaires resteront relativement stables, à 34 et 30  %, respectivement.

Répartition

Donc, on peut s´attendre à ce que le niveau de scolarité de la population active continue de s´accroître, mais il le fera à un rythme moins rapide que par le passé. Les baby-boomers étaient beaucoup plus instruits que leurs parents, et les enfants des baby-boomers sont aussi plus instruits que leurs parents, mais l´écart entre les générations tend à se rétrécir.

Population active selon le niveau de compétence

La croissance la plus rapide de la population active se produira dans les professions exigeant habituellement des études universitaires

On pourrait essayer de comparer directement la création d'emplois par profession (selon les niveaux de compétence) et la croissance de la population active répartie en fonction du niveau de scolarité, afin de déterminer où pourraient se produire des déséquilibres à l'avenir. Cela pourrait se faire, par exemple, en comparant le nombre de nouveaux emplois dans les professions exigeant habituellement une formation universitaire et le nombre de travailleurs fraîchement émoulus de l'université. Comme l'indique le graphique, toutefois, la concordance entre la scolarité d'un travailleur et le niveau de compétence exigé par l'emploi qu'il occupe est loin d'être parfaite. Pour plus de détails sur les raisons expliquant pourquoi il n'y a pas une parfaite correspondance entre le niveau de scolarité d'un travailleur et le niveau de compétence requis pour la profession, cliquer ici.

Ventilation,

On constate, entre autres, que la proportion de travailleurs ayant fait des études postsecondaires est considérable dans les professions peu qualifiées. À l'opposé, on trouve aussi une proportion appréciable de travailleurs moins scolarisés dans les professions hautement qualifiées, en particulier dans les professions de la gestion et dans celles qui exigent habituellement des études collégiales ou une formation d'apprenti. En 2005, par exemple, 65  % des personnes employées dans des postes exigeant des études universitaires avaient effectivement étudié à l'université; 25  % avaient une formation collégiale et 10  % avaient fait des études qui ne dépassaient pas le niveau secondaire.

Ces chiffres montrent à quel point il importe de faire la distinction entre niveau de scolarité et niveau de compétence et de convertir les données sur la population active selon le niveau de scolarité en données sur la population active selon le niveau de compétence. On peut y arriver en examinant les résultats atteints sur le marché du travail par des travailleurs ayant des niveaux de scolarité donnés. Cela permet d'observer que la probabilité qu'un travailleur possédant un niveau de scolarité donné qui occupe un poste qui exige un ensemble de compétences donné est restée relativement stable pour la plupart des catégories de 1990 à 2005. On est en droit de s'étonner de ce résultat, compte tenu des fluctuations cycliques prononcées et des transformations structurelles profondes qu'ont connues l'économie et la population active pendant cette période.

En extrapolant ces probabilités sur les années à venir et en appliquant les résultats aux projections de main-d'oeuvre répartie selon le niveau de scolarité, on peut dégager des projections de la population active selon le niveau de compétence. Ainsi, à mesure que la population vieillit, l'offre future de main-d'oeuvre suivant les niveaux de compétence sera de plus en plus influencée par la mobilité professionnelle, qui comprend à la fois la mobilité ascendante (vers les postes de gestion dans le cas des travailleurs qui gagnent en expérience) et descendante (dans le cas des travailleurs qui décident d'occuper des postes moins qualifiés en prévision de leur départ à la retraite). Pour plus de détails sur la méthodologie servant à établir ces probabilités et sur les résultats, cliquer ici.

Au cours des 10 prochaines années, la population active dans les professions qui exigent habituellement des études universitaires devrait avoir la croissance la plus rapide parmi les niveaux de compétence, avec une croissance moyenne de 1,6  % par année. En revanche, c'est dans les professions exigeant moins que des études secondaires que le bassin de main-d'oeuvre croîtra le plus lentement (0,6  % en moyenne par année). Cela n'a rien d'étonnant, puisque parmi les sortants scolaires, la principale source de travailleurs pour ces deux catégories de professions, le nombre de diplômés universitaires croîtra le plus rapidement alors que le nombre de personnes qui n'ont pas de diplôme d'études secondaires connaîtra la croissance la plus faible.

On s'attend à ce que le taux de croissance de la main-d'oeuvre dans les professions de la gestion se tienne près de la moyenne (1,0  %) au cours des 10 prochaines années, malgré le fait que la principale source de travailleurs pour cette catégorie — les personnes qui ont fait des études universitaires — connaîtra un taux de croissance supérieur à la moyenne. Deux facteurs entrent en jeu : (1) le ralentissement de la croissance dans le groupe d'âge principal, qui contribuent le plus à l'offre de travailleurs aux professions de la gestion; (2) la tendance des travailleurs âgés en transition vers la retraite à quitter les postes de gestion pour occuper des emplois moins qualifiés, par exemple dans les professions de la vente et des services, où les conditions de travail sont plus souples (horaires variables, etc.). On s'attend même à ce que ce dernier facteur amène les professions exigeant habituellement des études secondaires à afficher un taux de croissance moyen de 0,9  % d'ici 10 ans, malgré la croissance inférieure à la moyenne de la principale source de travailleurs dans ces professions, c'est-à-dire les travailleurs qui n'ont fait que des études secondaires.

Croissance

Déséquilibres futurs du marché du travail par niveau de compétence

Des déséquilibres entre les niveaux de compétence qu'exigent les employeurs et la main-d'oeuvre qualifiée disponible pourraient se manifester au cours de la prochaine décennie

Au niveau de l'économie dans son ensemble, on s'attend à ce que la croissance de l'emploi soit légèrement supérieure à celle de la population active au cours des 10 prochaines années. La baisse du taux de chômage qui en résultera (de 6,8  % en 2005 à 5,6  % en 2015) va dans le sens d'un marché du travail bien équilibré où le chômage revient à son niveau « structurel ». Un taux de chômage structurel qui se situe entre 5,5 et 6,0  % à long terme s'accorde avec les projections établies par le Conference Board du Canada17; il est principalement le reflet de l'impact du vieillissement de la population et de la hausse de la fréquentation scolaire, car les travailleurs plus âgés et les travailleurs plus éduqués ont tendance à avoir des taux de chômage inférieurs à la moyenne18.

On peut évaluer les futurs déséquilibres entre l'offre et la demande pour les niveaux de compétence en comparant directement les projections de la croissance de l'emploi et de la population active. Ces projections ayant été établies indépendamment les unes des autres, cette manière de procéder permet de calculer des taux de chômage relatifs pour les niveaux de compétence et donc de mesurer les déséquilibres éventuels parmi ces niveaux.

Dans le graphique qui suit, les taux annuels moyens de croissance de la population active et de l'emploi sont disposés de part de d'autre d'une ligne à 45 degrés afin de montrer comment se comporteront la demande et l'offre de main-d'oeuvre pour les divers niveaux de compétence. Dans l'ensemble, les points se situent assez près de la ligne à 45 degrés, ce qui laisse croire que la croissance des niveaux de compétence exigés par les employeurs et celle de la main-d'oeuvre qualifiée disponible devraient être à peu près en équilibre au cours des 10 prochaines années. Si l'on examine aussi l'évolution des taux de chômage relatifs, on peut toutefois se faire une meilleure idée des futurs déséquilibres possibles parmi les divers niveaux de compétence.

Rapport

La croissance de l'emploi devrait être légèrement supérieure à celle de la population active à tous les niveaux de compétence, ce qui fera baisser les taux de chômage (voir le tableau qui suit). Bien qu'on s'attende à ce que les taux de chômage de tous les niveaux de compétence suivent d'assez près l'évolution du taux de chômage global, les taux de chômage relatifs devrait diverger quelque peu entre 2006 et 2015, ce qui laisse entendre que des déséquilibres pourraient apparaître parmi certains des niveaux de compétence d'ici 10 ans.

Les professions de la gestion et celles qui exigent des études collégiales ou une formation d'apprenti devraient afficher une diminution des taux de chômage relatifs car la croissance de l'emploi dans ses professions sera sensiblement plus rapide que celle de la population active. Le phénomène du vieillissement de la population pourrait exercer des pressions sur ces deux catégories. En revanche, dans les professions exigeant habituellement des études secondaires ou seulement une formation en cours d'emploi, on prévoit également que l'emploi croîtra plus rapidement que la population active, mais de façon moins prononcée que la moyenne, ce qui aura pour effet de faire diminuer le taux de chômage plus faiblement que la moyenne. Finalement, dans les professions exigeant des études universitaires, le taux de chômage devrait connaître une baisse comparable à la moyenne de l'ensemble de l'économie.

Taux de chômage relatifs selon le niveau de compétence, 2006-2015
  Taux de chômage
en 2005
Croissance 2006-2015
(TCAM1)
Taux de chômage
en 2015
Niveau Valeur
relative
Emploi Population
active
Niveau Valeur
relative
Total 6,8  % 1,0 1,1  % 1,0  % 5,6  % 1,0
Niveau de compétence
Professions de gestion 3,3  % 0,5 1,2  % 1,0  % 1,6  % 0,3
Professions exigeant habituellement :
- des études universitaires 3,3  % 0,5 1,6  % 1,6  % 2,9  % 0,5
- des études collégiales ou une formation d'apprenti 5,6  % 0,8 1,1  % 0,9  % 3,2  % 0,6
- des études secondaires 8,2  % 1,2 0,9  % 0,9  % 8,0  % 1,5
- une formation en cours d'emploi seulement 13,3  % 2,0 0,7  % 0,6  % 12,3  % 2,1
Source : RHDSC, DRPS, Division de la prévision et de l'analyse du marché du travail et des compétences, Scénario de référence 2006.
1 TCAM : taux de croissance annuel moyen.

Déséquilibres futurs du marché du travail par profession

On a montré précédemment qu'au cours des 10 prochaines années, des déséquilibres pourraient se produire parmi les niveaux de compétence, étant donné les tendances que révèlent les projections relatives à l'emploi et à la population active. Ce sont les professions de la gestion et celles qui exigent habituellement des études collégiales ou une formation d'apprenti qui pourraient être exposées aux pressions les plus intenses. Cependant, cela n'exclut pas la possibilité que des déséquilibres importants se manifestent au sein de professions; certaines professions seront en pénurie de main-d'oeuvre tandis que d'autres se trouveront en situation d'offre excédentaire.

Cette section présente les professions qui sont anticipées être en pénuries ou en surplus de main-d'oeuvre au cours des 10 prochaines années. Pour ce faire, on compare le nombre de nouveaux chercheurs d'emploi issus du système scolaire et de l'immigration au nombre d'emplois devenus disponibles en raison de la demande cyclique (« demande d'expansion ») ou des départs à la retraite19. Des pressions à la hausse se manifesteront si on prévoit que le nombre d'emplois disponibles dépassera nettement le nombre de nouveaux chercheurs d'emploi. À l'inverse, si on s'attend à ce que le nombre de nouveaux chercheurs d'emploi soit supérieur à celui des ouvertures d'emploi, les pressions seront à la baisse.

De plus, la situation actuelle entre l'offre et la demande doit être considérée pour chaque profession (voir Déséquilibres actuels par profession). Par exemple, une profession actuellement en demande excédentaire verra sa situation se détériorer si le nombre d'ouvertures d'emploi est anticipé être plus grand que le nombre de nouveaux chercheurs d'emploi au cours des 10 prochaines années. Si cette profession est actuellement en offre excédentaire, une augmentation plus importante du nombre d'ouvertures d'emploi que de nouveaux chercheurs d'emploi au cours de la période de projection contribuera à réduire ou éliminer la situation d'offre excédentaire initiale. Pour voir le diagramme présentant la méthodologie qui sert à évaluer les pressions éventuelles par profession, cliquer ici.

D'autres considérations, comme la mobilité de la main-d'oeuvre, sont aussi prises en compte lors de l'identification des professions qui pourraient être en pénuries ou en surplus au cours des 10 prochaines années. La mobilité de la main-d'oeuvre prend deux formes, la mobilité verticale du travail, dans laquelle les travailleurs expérimentés se déplacent vers des postes de gestion, et la mobilité horizontale, dans laquelle les travailleurs se déplacent entre les professions qui nécessitent des compétences similaires. En ne tenant pas compte de la mobilité, une approche qui évalue seulement les nouveaux chercheurs d'emploi pour déterminer les pressions futures sur le marché du travail tend à surestimer les situations de demande excédentaires et d'offre excédentaires parmi les professions. Par exemple, les nouveaux chercheurs d'emploi sont principalement des jeunes qui sortent du système scolaire et n'ont qu'une expérience limitée du marché du travail. Par conséquent, une faible proportion de ces jeunes entreront dans des professions de gestion ou de supervision après avoir quitté le système scolaire. D'autre part, les travailleurs déjà sur le marché du travail (et qui ne sont pas inclus dans les nouveaux chercheurs d'emploi) peuvent se déplacer vers des professions de gestion ou de supervision. L'offre de travail de ces travailleurs est donc considérée dans la détermination de la situation sur le marché du travail pour ces professions.

Avant de présenter les professions qui sont anticipées être en pénuries ou en surplus de main-d'oeuvre au cours des 10 prochaines années, les projections des différentes composantes des ouvertures d'emploi et des nouveaux chercheurs d'emploi seront abordées. Les résultats fournis sont restreints aux niveaux de compétences. Pour les projections par profession, le lecteur peut se référer aux annexes.

Ouvertures d'emploi et nouveaux chercheurs d'emploi futurs

Un nombre croissant d'emplois deviendront disponibles en raison des départs à la retraite

On mesure la contribution de deux grandes sources d'ouvertures d'emploi pour chacune des professions à trois chiffres de la CNP. La croissance de l'emploi attribuable à la croissance économique (la « demande d'expansion ») est tout simplement le résultat de la création d'emplois qui se produit en raison de l'intensification de l'activité économique, comme nous l'avons indiqué dans la section sur la « Croissance de l'emploi par profession ». La deuxième source d'ouvertures d'emploi est constituée des départs à la retraite.

Depuis 10 ans, la demande d'expansion est à l'origine d'environ la moitié de l'ensemble des ouvertures d'emploi. Il se produira toutefois une nette transformation de cette tendance au cours des 10 prochaines années. La demande d'expansion devrait augmenter à un taux annuel moyen de 1,1  % pendant cette période, ce qui mènera à la création de 1,7 million d'emplois non étudiants. Par ailleurs, on s'attend à ce qu'environ 3,8 millions de travailleurs prennent leur retraite, soit une moyenne de 2,4  % de la population active chaque année. En d'autres termes, le nombre d'ouvertures d'emploi attribuables aux départs à la retraite sera plus de deux fois plus élevé que celui qui viendra de la création d'emplois proprement dite.

Répartition

En fait, la proportion des ouvertures d'emploi attribuables aux départs à la retraite augmentera sans interruption au cours de la période de projection pour atteindre presque 80  % en 2015. Cette évolution sera fortement influencée par le vieillissement de la population et le ralentissement général de la croissance de l'emploi.

Pour plus de détails sur les projections relatives aux départs à la retraite (méthodologie et résultats), cliquer ici.

Deux tiers de tous les emplois disponibles, lesquels incluent la demande d'expansion et les retraites, se trouveront dans des professions exigeant habituellement des études postsecondaires ou dans les professions de la gestion

Les ouvertures d'emploi (à l'exclusion de celle qui vise les étudiants20) ne seront pas également réparties entre les différents niveaux de compétence. En effet, on observera une demande plus importante, suscitée par la création de nouveaux emplois et par le nombre d'emplois à combler suite aux départs à la retraite, dans les professions nécessitant généralement des études postsecondaires (université, collège) ou faisant partie du groupe de la gestion. Au cours des 10 prochaines années, environ 66  % de la demande totale sera dans ces professions, qui représentaient 60  % de l'emploi en 200521.

Parmi les professions exigeant habituellement des études postsecondaires, la demande sera particulièrement vigoureuse dans celles qui nécessitent habituellement un diplôme universitaire car l'emploi augmentera en moyenne de 1,6  % par année et 2,5  % de la force de travail devra être remplacée en moyenne à chaque année en raison des départs à la retraite. La demande d'emploi sera un peu plus faible dans les autres professions nécessitant des études postsecondaires. Elle sera tout de même plus forte ou équivalente à la moyenne dans les professions de la gestion (demande d'expansion annuelle moyenne de 1,2  % et taux de retraite de 2,8  %) et dans celles qui exigent normalement une formation collégiale ou un programme d'apprentissage (demande d'expansion annuelle moyenne de 1,1  % et taux de retraite de 2,4  %).

La création de nouveaux emplois et les besoins créés par les départs à la retraite seront plus faibles dans les professions moins qualifiées. Celles qui ne nécessitent qu'une formation en cours d'emploi afficheront la demande la plus faible (demande d'expansion annuelle moyenne de 0,6  % et taux de retraite de 2,1  %). Les professions n'exigeant qu'un diplôme d'études secondaires enregistreront de leur côté une croissance d'emploi proche de la moyenne et un taux de retraite inférieur à la moyenne (demande d'expansion annuelle moyenne de 0,9  % et taux de retraite de 2,2  %).

Ouvertures d'emploi par niveau de compétence, 2006-2015
  Demande d'expansion (emplois non étudiants) Départs à la retraite Ventilation
Niveau (milliers) Taux (TCAM1) Niveau (milliers) Taux (TAM2)
Total 1 697 1,1  % 3 801 2,4  % 100,0  %
Niveau de compétence3
Gestion 170 1,2  % 433 2,8  % 11,0  %
Professions requérant habituellement :
- des études universitaires 445 1,6  % 726 2,5  % 21,3  %
- des études collégiales ou une formation d'apprenti 560 1,1  % 1 288 2,4  % 33,6  %
- un diplôme d'études secondaires 425 0,9  % 1 035 2,2  % 26,5  %
- uniquement une formation en cours d'emploi 97 0,6  % 320 2,1  % 7,6  %
Source : RHDSC, DRPS, Division de la prévision et de l'analyse du marché du travail et des compétences, Scénario de référence 2006.
1TCAM : taux de croissance annuel moyen.
2TAM : taux annuel moyen de retraite ; ces taux correspondent aux moyennes des ratios du niveau des retraites par rapport au niveau de l'emploi pour chacune des années de la projection.
3Les niveaux de compétence se fondent sur la matrice de la CNP 2001, dans laquelle les professions sont regroupées selon les études et la formation normalement requises.

En chiffres absolus, les professions qui nécessitent habituellement une formation collégiale ou un programme d'apprentissage accapareront le tiers des ouvertures d'emploi (environ 1,8 millions). Ces professions représentaient le tiers (33  %) des emplois en 2005. Les professions nécessitant seulement des études secondaires représenteront une part importante des ouvertures d'emploi (26,5  %), mais celle-ci sera moins élevée que la part de ces professions dans l'emploi total en 2005 (30  %). À l'opposé, les professions exigeant une formation universitaire, qui représentaient 17  % de l'emploi total en 2005, verront leur part des ouvertures d'emplois s'élever à 21,3  % au cours des 10 prochaines années. De même, les professions en gestion accapareront une part plus importante des ouvertures d'emplois (11  %) que leur proportion de l'emploi total en 2005 (9,5  %).

Les sortants du système scolaire demeureront de loin la principale source de nouveaux chercheurs d'emploi

Le nombre estimatif de nouveaux chercheurs d'emploi est établi en fonction du nombre d'étudiants qui quittent le système scolaire à chaque année (les « sortants ») et de l'immigration récente. On effectue ces calculs pour toutes les professions à trois chiffres de la CNP.

Au cours des 10 prochaines années, environ six millions de personnes intégreront le marché du travail canadien, les quatre cinquièmes d'entre elles étant issues du système scolaire. En 2005, on estimait à environ 536 000 le nombre de diplômés et de décrocheurs qui avaient quitté les établissements d'enseignement canadiens pour se présenter sur le marché du travail. Le nombre de sortants scolaires devrait atteindre 572 000 en 2015. Le rythme de croissance annuel (0,7  %) devrait dépasser la croissance démographique du groupe âgé de 17 à 29 ans, qu'on estime à 0,2  % au cours de la prochaine décennie. Pour plus de détails sur les projections relatives aux sortants du système scolaire (méthodologie et résultats), cliquer ici.

Bien que l'immigration internationale soit une source non négligeable de nouveaux chercheurs d'emploi, leur poids est relativement faible comparativement aux sortants scolaires. On estime qu'environ 121 000 immigrants admis au Canada en 2005 ont cherché un emploi. Ce nombre devrait croître à un rythme annuel de 0,8  % pour atteindre 131 000 personnes en 2015. Pour plus de détails sur les projections relatives à l'immigration (méthodologie et résultats), cliquer ici.

Répartition

Déséquilibres futurs par profession

Compte tenu des tendances actuelles de l'offre et de la demande, les pénuries continueront de se manifester dans les professions de la gestion et du secteur de la santé

Les projections relatives aux ouvertures d'emploi et aux nouveaux chercheurs d'emploi, jumelées à l'évaluation des conditions actuelles sur le marché du travail, indiquent que de nombreuses professions continueront de faire face à des déséquilibres entre l'offre et la demande à moyen terme.

La plupart des professions de la gestion actuellement confrontées à des pressions de cette nature continueront vraisemblablement de l'être au cours des 10 prochaines années, car les projections laissent entrevoir un excédent important de postes vacants par rapport au nombre de chercheurs d'emploi. La nécessité de remplacer les travailleurs qui prennent leur retraite créera des ouvertures dans de nombreuses professions, notamment les législateurs et les cadres de direction, les gestionnaires des ressources humaines et les contremaîtres dans les métiers, l'exploitation des installations, le forage et les services pétroliers et gaziers et la transformation. Il faut également prévoir l'apparition de pénuries dans deux autres professions de gestionnaires, soit les cadres dans les services de santé, éducatifs, communautaires et sociaux, et les cadres de l'administration publique.

Tableau
Groupe professionnel Professions où la demande sera excédentaire dans les 10 prochaines années
Affaires, finances et administration Membres des corps législatifs et cadres supérieurs (CNP 001)
Directeurs/directrices des ressources humaines (CNP 0112)
Professionnels/professionnelles en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises (CNP 112)
Sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés Ingénieurs civils/ingénieures civiles CNP 2131)
Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel et en génie de fabrication (CNP 2233)
Secteur de la santé Directeurs/directrices des secteurs de la santé, de l'enseignement et des services communautaires et sociaux (CNP 031)
Médecins, dentistes et vétérinaires (CNP 311)
Optométristes, chiropraticiens/chiropraticiennes et autres professionnels/professionnelles en diagnostic et en traitement de la santé (CNP 312)
Professionnels/professionnelles en thérapie et en évaluation (CNP 314)
Infirmiers/infirmières en chef et superviseurs/superviseures (CNP 3151)
Personnel technique en soins de santé (sauf soins dentaires) (CNP 323) : personnel infirmier auxiliaire, techniciens/techniciennes en audiologie et en physiothérapie, etc.
Technologues en radiation médicale (CNP 3215)
Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires (CNP 3413)
Autre personnel de soutien des services de santé (CNP 3414)
Personnel professionnel des sciences sociales, de l'enseignement, de l'administration publique et de la religion Directeurs/directrices de la fonction publique (CNP 041)
Personnel des métiers et personnel spécialisé dans la conduite du matériel de transport et de la machinerie Constructeurs/constructrices et rénovateurs/rénovatrices en construction domiciliaire (CNP 0712)
Directeurs/directrices de l'exploitation et de l'entretien d'immeubles personnel spécialisé dans la (CNP 0720)
Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses du personnel des métiers et du personnel assimilé (CNP 721) : tuyauterie, charpenterie, etc.
Personnel spécialisé du secteur primaire
Surveillants/surveillantes du forage et des ervices reliés à l'extraction de pétrole et de gaz (CNP 8222)
Foreur/foreuses et personnel de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz (CNP 8232)
Personnel spécialisé dans la transformation, la fabrication et les services d'utilité publique Surveillants/surveillantes dans les industries de transformation (CNP 921) : pétrole, gaz, produits chimiques, plastiques, produits de caoutchouc, etc.

Comme le vieillissement de la population accroîtra les besoins en services de santé, on prévoit que, dans plusieurs professions de la santé, la demande atteindra des niveaux très supérieurs à ceux que peut soutenir l'offre de main-d'oeuvre. En particulier, la menace de pénuries continuera de se faire sentir dans des professions comme les médecins, les optométristes, le personnel professionnel en diagnostic et en traitement de la santé, les infirmiers/infirmières en chef et les superviseurs, les aides-infirmiers/aides-infirmières et les aides-soignants/aides-soignantes. Par ailleurs, d'autres professions de la santé — le personnel professionnel en thérapie et en évaluation et les technologues en radiation médicale — continueront vraisemblablement de montrer des signes de pressions, même si les projections indiquent qu'il y aura un équilibre relatif entre les postes disponibles et les nouveaux chercheurs d'emploi. Pour combler les écarts actuels, il faudrait en effet que l'offre future de main-d'oeuvre soit supérieure à la demande.

On s'attend à ce que les pénuries se poursuivent au sein du groupe des professionnel en ressources humaines et en services aux entreprises, car les employeurs continueront à mettre l'accent sur l'embauche et la rétention d'un personnel de haute qualité pour gérer les emplois de plus en plus complexes qui caractérisent notre économie.

Les pressions devraient également persister dans le groupe « foreurs/foreuses et personnel de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz » en raison de la demande accrue suscitée par les grands projets d'immobilisations que sont l'exploitation des sables pétrolifères albertains. Enfin, la vigueur de la construction non résidentielle (notamment pour les Jeux olympiques de 2010 en Colombie-Britannique) et des activités de rénovation profitera aux ingénieurs civils et aux constructeurs de maisons et spécialistes en rénovation.

Un certain nombre de professions présentement aux prises avec des pénuries devraient toutefois voir l'offre et la demande de main-d'oeuvre se rapprocher de l'équilibre au cours des prochaines années. Les professions de la construction résidentielle et des services immobiliers sont du nombre, car l'effervescence qu'a connue ce secteur ces dernières années sera suivie d'un ralentissement des investissements résidentiels. On s'attend également à une baisse des pressions parmi les professeurs d'université, car un plus grand nombre de personnes termineront leurs études de doctorat, mais des pénuries pourraient subsister dans certaines disciplines. Les pressions s'atténueront aussi dans le cas des géologues, des géochimistes et des géophysiciens, ce qui est principalement attribuable au grand nombre d'étudiants inscrits dans les disciplines relatives aux sciences physiques. Enfin, le secteur du génie informatique (matériel et logiciels) devrait disposer d'une main-d'oeuvre suffisante pour répondre à la demande.

Toutes les professions souffrant actuellement d'une offre excédentaire resteront vraisemblablement dans cette situation au cours des 10 prochaines années. Ce sont principalement des professions peu qualifiées.

Pour plus de détails sur les résultats par profession, cliquer ici.

L'analyse des pressions futures sur le marché du travail suppose que les tendances actuelles de la demande et de l'offre de main-d'oeuvre se maintiendront. Il peut même arriver que dans certaines professions les déséquilibres diminuent et finissent par disparaître à long terme parce que les entreprises et les travailleurs réagissent aux signaux du marché (en relevant les rémunérations dans les professions où la demande est supérieure à l'offre, par exemple) ou à l'annonce de déséquilibres éventuels. Ainsi, les jeunes pourraient choisir de suivre des études menant à des emplois où l'offre est insuffisante ou encore des travailleurs déjà occupés pourraient décider de passer de leur emploi actuel à une profession où la demande est forte. De leur côté, les entreprises pourraient décider d'utiliser plus de machines et de matériel et moins de main-d'oeuvre si le prix relatif de cette dernière se met à augmenter. Avec le temps, ces rajustements de l'offre et de la demande aideront à atténuer les pressions qui se manifestent dans les professions où la demande est excédentaire.


13C'est ce que l'on appelle l'« emploi requis », c'est-à-dire le nombre de travailleurs dont on a besoin pour réaliser un niveau de production donné à un niveau de productivité donné. Il ne s'agit donc pas du nombre de travailleurs qui seront effectivement embauchés, un nombre qui dépend notamment de la main-d'oeuvre disponible pour des emplois précis. En d'autres termes, s'il y a des pénuries, le nombre d'emplois effectivement occupés est limité par l'offre disponible.

14L'analyse des professions exposée dans cette section porte uniquement sur l'emploi non étudiant (soit 90,1  % de l'emploi total en 2005), car nous nous intéressons ici au marché du travail permanent et non aux jeunes qui occupent un emploi tout en étudiant et qui ont tendance à se concentrer dans le secteur de la vente et services.

15Cette méthode est une adaptation de celle qu'utilise le Bureau of Labor Statistics (BLS). Pour plus de détails, voir U.S. Bureau of Labor Statistics, Occupational Projections and Training Data, 2004-05 Edition, chapitre 1. Washington, D.C.

16On obtient les projections de la population active selon le niveau de scolarité (1) en projetant les données sur la population selon le niveau de scolarité, une opération qui tient compte de la progression constante de la scolarisation (en faisant appel à la méthode des cohortes) et postule que les jeunes de demain seront aussi instruits que les jeunes d'aujourd'hui, (2) et en appliquant des hypothèses relatives aux taux d'activité de différents groupes d'âge en fonction des niveaux de scolarité.

17Conference Board du Canada (2006), Canadian Outlook 2006: Long-term Economic Forecast, Ottawa.

18En fait, le taux de chômage a atteint 6,1  % en mai 2006, de sorte qu'il se rapproche déjà de l'estimation de son taux structurel à long terme.

19Cette approche a été utilisée car elle permet de calculer l'offre potentielle de travail indépendamment de la demande de travail, permettant ainsi d'évaluer le degré de déséquilibre pour chacune des professions. L'offre potentielle de travail indique où les diplômés issus de diverses disciplines et les immigrants offriront leurs services. Pour les sortants scolaires, une approche « ex ante » est utilisée, c'est-à-dire que les sortants scolaires offrent leurs services dans des professions connexes à leur domaine d'études, bien qu'en réalité, ils pourraient travailler dans une profession non reliée (dû à un ralentissement économique par exemple).

20Tout comme dans la section sur la croissance de l'emploi par profession, l'analyse des professions exposée dans la présente section porte uniquement sur l'emploi non étudiant.

21En fait, 69,2  % des emplois créés par l'expansion économique se trouveront dans les professions nécessitant généralement des études postsecondaires ou dans le groupe de la gestion, tandis que 64,4  % des ouvertures d'emplois causées par les départs à la retraite seront dans ces professions, soit une moyenne combinée de 65,9  %.

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Date de modification :
2011-12-20