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ARCHIVÉ - Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie (2006-2015)

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Survol historique et situation actuelle

Survol historique du marché du travail canadien

Le marché du travail canadien est plus diversifié qu'auparavant car on y trouve plus de femmes, de travailleurs âgés et d'immigrants...

La composition du marché du travail canadien a grandement évolué au cours des dernières décennies. Ainsi, on y trouve aujourd'hui beaucoup plus de femmes, de travailleurs âgés et de personnes nées à l'étranger qu'autrefois. Cette transformation reflète l'évolution de divers facteurs démographiques - naissances et décès (l'accroissement dit « naturel »), immigration et émigration (ou migration nette). Entre 1987 et 2005, la baisse des taux de fécondité, le vieillissement de la population et l'augmentation des niveaux d'immigration ont fait que le poids de l'accroissement naturel dans l'augmentation totale de la population est passé de 66  % en 1987 à 34  % en 2005. Par conséquent, la part de la migration nette s'élève maintenant à 66  %.

L'évolution du profil d'âge de la population canadienne est sans équivoque. Vers le milieu des années 60, alors que le baby-boom tirait à sa fin, la ventilation de la population selon l'âge ressemblait à une pyramide. En 1987, la génération des baby-boomers (alors âgés entre 21 et 40 ans) représentait 35  % de la population totale. En 2005, les baby-boomers (âgés entre 39 et 58 ans) représentaient encore une part importante de la population, mais la pyramide des âges continuait à se rétrécir à la base, signe distinctif d'un taux de fécondité inférieur au seuil de renouvellement des générations. Vu l'allongement de l'espérance de vie, le poids relatif des personnes plus âgées a augmenté rapidement. C'est pourquoi l'âge médian de la population est passé de 31,8 ans en 1987 à 38,5 ans en 2005.

Répartition  Répartition

Le vieillissement de la population a également eu un effet prononcé sur le profil de la population active, l'âge médian étant passé de 33,4 ans en 1987 à 39,3 ans en 2005. De plus, la part des aînés (55 ans et plus) dans la population active est passée de 10 à 14  % entre 1987 et 2005, tandis que celle des jeunes (15 à 24 ans) a chuté de 22 à 16  %. Le taux d'activité des travailleurs âgés est passé de 26,9  % en 1987 à 31,5  % en 2005, se distinguant ainsi de la baisse observée parmi les jeunes (taux d'activité de 65,9  % en 2005). En ce qui a trait au groupe dit « principal » (les personnes âgées 25 à 54 ans), son taux d'activité a progressé de 82,6 à 86,3  %, sous l'effet, entre autres facteurs, de la participation accrue des femmes au marché du travail.

La proportion des femmes dans la population active a augmenté sensiblement au cours des 17 dernières années, passant de 43  % en 1987 à 47  % en 2005. Le taux d'activité des femmes a atteint 61,8  % en 2005, comparativement à 56,5  % en 1987. Celui des hommes a connu une baisse au cours de cette période, passant de 76,8 à 72,8  %. Somme toute, le taux d'activité global était près de son niveau record en 2005.

Taux

...et il se porte très bien depuis quelques années

En 2005, l'emploi a augmenté à un taux annuel de 1,4  %, le plus faible depuis le ralentissement économique de 2001. Cette croissance moindre peut s'expliquer à la fois par l'appréciation rapide du dollar canadien, la hausse des prix de l'énergie et l'intensification de la concurrence internationale, autant de facteurs qui ont nui à l'emploi dans la fabrication. Les résultats de l'an dernier n'en ont pas moins été relativement favorables par rapport à ceux du passé, le taux de croissance rejoignant presque la moyenne de 1,5  % enregistrée entre 1987 et 20051. Depuis la contraction économique du début des années 90, pendant laquelle on a délibérément utilisé la politique monétaire pour ralentir l'économie afin de combattre l'inflation, le taux de croissance de l'emploi a varié entre 1 et 2,5  % par année.

Grâce à la bonne santé de l'économie et de l'emploi en 2005, le taux de chômage est tombé à 6,8  %, son point le plus bas, qu'il avait déjà atteint en 2000. Les facteurs démographiques ont concouru à cette baisse : les travailleurs plus âgés sont moins exposés au chômage et la population active du Canada vieillit. Le taux de chômage suit une tendance baissière depuis 1993, alors qu'il était de 11,4  %.

D'autres indicateurs font voir que le marché du travail canadien performe bien. En 2005, le taux d'activité était proche de son sommet de 67,2  % et le taux d'emploi atteignait le chiffre record de 62,7  %.

Croissance

Pour consulter d'autres indicateurs de l'économie et du marché du travail, cliquer ici.

Croissance de l'emploi par industrie

La part de l'emploi accaparée par le secteur des services a continué d'augmenter...

Depuis 1987, le nombre total d'emplois au Canada a augmenté à un taux annuel moyen de 1,5  %. L'emploi dans le secteur des services a progressé à un rythme légèrement au-dessus de la moyenne, soit 1,9  %, alors que dans les industries productrices de biens, le taux de 0,5  % est très en deçà de la moyenne. Cette situation n'est pas inhabituelle : la part du secteur des services dans l'emploi total augmente depuis plusieurs décennies, ce qui reflète en partie l'augmentation plus rapide de la production par travailleur dans le secteur de la production de biens. En outre, le secteur des services est beaucoup moins exposé aux effets des ralentissements économiques.

Croissance

Dans le secteur des services, l'emploi aaugmenté de façon constante de 1987 à 2005. La croissance a été la plus forte dans les services aux entreprises : le groupe de gestion, administration et services de soutien, et celui des services professionnels, scientifiques et techniques ont enregistré des taux annuels moyens de 5,0 et 4,3  %, respectivement. Ces industries ont pu bénéficier de la croissance des technologies de l'information (ordinateurs, etc.), de l'augmentation de l'impartition de la part des entreprises et des transformations suscitées par la transition vers l'économie du savoir. L'emploi dans le secteur de l'information, de la culture et des loisirs — qui comprend notamment les services de télécommunications sans fil et par satellite, la radiodiffusion, Internet et la câblotransmission — a également affiché une croissance solide pendant cette période (2,0  %). Ces services, qui en étaient à leurs premiers pas au milieu des années 90, ont envahi le marché à une vitesse fulgurante. Depuis 2002, toutefois, bon nombre d'entre eux sont arrivés à maturité tandis que d'autres ont été durement touchés par l'éclatement de la bulle technologique. L'emploi a donc ralenti considérablement en 2002 et 2003, et n'a repris que faiblement depuis.

Enfin, la croissance de l'emploi dans le secteur des soins de santé et de l'assistance sociale — un taux annuel moyen de 2,3  % — a elle aussi été sensiblement supérieure à la moyenne de l'ensemble du secteur des services entre 1987 et 2005. Le groupe de la santé a bénéficié d'importants réinvestissements dans les services de santé de la part des administrations publiques depuis quelques années, tandis que l'emploi dans la composante assistance sociale a pu profiter de la mise en place de programmes de garderies subventionnées dans certaines régions du pays. À l'opposé, le niveau de l'emploi dans l'administration publique n'a augmenté que très légèrement, soit de 0,5  % par année en moyenne.

Emploi par industrie, 1987-2005
  Emploi (en milliers) Variation 1988-2005
(TCAM1)
Ventilation 2005
  1987 2005
Tous les secteurs 12 333,0 16 169,7 1,5  % 100,0  %
Secteur de la production de biens 3 633,9 4 002,4 0,5  % 24,8  %
Agriculture 464,5 343,7 -1,7  % 2,1  %
Foresterie, pêche, mines, extraction du pétrole et du gaz 287,1 306,5 0,4  % 1,9  %
Construction 726,6 1 019,5 1,9  % 6,3  %
Services d'utilité publique 114,8 125,3 0,5  % 0,8  %
Fabrication 2 041,0 2 207,4 0,4  % 13,7  %
Secteur des services 8 699,2 12 167,3 1,9  % 75,2  %
Commerce 1 982,0 2 574,6 1,5  % 15,9  %
Transport et entreposage 634,0 793,6 1,3  % 4,9  %
Finance, assurances, immobilier et location 765,8 987,8 1,4  % 6,1  %
Services professionnels, scientifiques et techniques 489,8 1 050,0 4,3  % 6,5  %
Gestion, administration et services de soutien 272,6 654,4 5,0  % 4,0  %
Services d'enseignement 776,6 1 106,1 2,0  % 6,8  %
Soins de santé et assistance sociale 1 152,0 1 734,6 2,3  % 10,7  %
Information, culture et loisirs 511,1 735,1 2,0  % 4,5  %
Hébergement et services de restauration 716,7 1 004,5 1,9  % 6,2  %
Autres services 633,1 693,4 0,5  % 4,3  %
Administration publique 765,4 833,1 0,5  % 5,2  %
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.
1 TCAM : taux de croissance annuel moyen.

... tandis que la part des industries productrices de biens a crû plus lentement, sauf dans le secteur du pétrole et du gaz et dans la construction

Depuis 1987, la croissance de l'emploi a été plutôt faible dans la majorité des industries productrices de biens. Davantage exposées aux fluctuations cycliques, ces industries ont été durement frappées par la récession du début des années 90. La fabrication a été particulièrement touchée, ayant perdu plus de 350 000 emplois de 1989 à 1993. La situation s'est toutefois redressée vigoureusement dans la deuxième moitié des années 90 grâce au dynamisme de l'économie canadienne et à la reprise rapide des exportations vers les États-Unis. Des faiblesses sont réapparues dans le secteur de la fabrication depuis 2001, conséquences du ralentissement de l'économie américaine, des effets de l'appréciation du dollar canadien sur les exportations, de la hausse de la concurrence internationale (particulièrement de la Chine) et de certains conflits commerciaux.

Parmi les industries productrices de biens, seule l'agriculture a subi des pertes d'emplois, accusant une diminution moyenne de 1,7  % par année depuis 1987. Plusieurs facteurs sont à l'origine de cette évolution, notamment le ralentissement économique du début des années 90, le rôle grandissant des grandes exploitations agricoles et de l'industrialisation, les graves sécheresses subies au début de la présente décennie et l'embargo sur le boeuf imposé par les États-Unis.

Grâce au boom qui s'est produit dans l'industrie de la construction résidentielle depuis 2001 et à la croissance solide qu'a connue la construction non résidentielle dans le secteur énergétique au cours de la deuxième moitié des années 90, la construction est le seul grand secteur de production de biens qui ait enregistré un taux de croissance de l'emploi (1,9  %) supérieur à la moyenne de l'ensemble de l'économie depuis 1987. Le sous-secteur industriel lié à l'extraction du pétrole et du gaz a également affiché une progression notable pendant cette période. La croissance a été particulièrement vigoureuse ces dernières années, la flambée du prix du pétrole ayant favorisé l'exploitation de nouvelles sources d'approvisionnement en hydrocarbures. Il faut cependant signaler que l'industrie de l'extraction du pétrole et du gaz représente moins de 0,5  % de l'emploi total2.

Pour consulter des données plus détaillées sur l'emploi par industrie, cliquer ici.

Croissance de l'emploi par profession

Les professions hautement qualifiées ont affiché la croissance de l'emploi la plus rapide depuis 1987...

En 2005, plus de 8,7 millions de travailleurs non étudiants exerçaient une profession hautement qualifiée et 5,8 millions occupaient des emplois peu qualifiés3. Pour distinguer les professions hautement et faiblement qualifiées, on fait appel à la Classification nationale des professions de 2001 (CNP 2001). La CNP classifie les professions selon le niveau de scolarité ou la formation habituellement requise pour exercer une profession donnée. (Pour consulter la matrice de la Classification nationale des professions, cliquer ici.) Les professions hautement qualifiées incluent les professions qui exigent habituellement des études universitaires (niveau de compétence A), des études collégiales ou une formation d'apprenti (niveau B) ainsi que les professions liées à la gestion. Les professions faiblement qualifiées exigent habituellement des études secondaires ou une formation propre à un emploi particulier (niveau C) ou bien seulement une formation en cours d'emploi (niveau D).

L'économie canadienne a subi une transformation structurelle profonde sous l'impulsion des progrès technologiques rapides qui caractérisent notre époque et de la libéralisation croissante des échanges commerciaux. Ces deux facteurs ont eu pour effet d'accroître la spécialisation des travailleurs dans des tâches nécessitant des qualifications élevées. Depuis 1987, les professions hautement qualifiées ont augmenté à un taux annuel moyen de 1,7  %, comparativement à une moyenne de 1,4  % pour l'ensemble des professions. Sur dix emplois créés pendant cette période, six se trouvaient dans des professions hautement qualifiées.

Croissance

Deux sous-catégories — les professions nécessitant habituellement des études universitaires (3,1  %) et les professions liées à la gestion (1,7  %) — ont enregistré une forte croissance de l'emploi depuis 1987. Cette progression se reflète dans la proportion des emplois liés aux professions qui exigent habituellement des études universitaires, qui a grimpé de 13,1  % en 1987 à 17,3  % en 2005. Plus précisément, les professions qui ont contribué le plus à la croissance des emplois hautement qualifiés sont celles qui sont liées aux systèmes informatiques et aux systèmes d'information, les ingénieurs, les professionnels en gestion des ressources humaines, les agents des politiques et des programmes, recherchistes et experts-conseils, et les psychologues. Les professions nécessitant des études collégiales ou une formation d'apprenti ont enregistré la plus faible croissance de l'emploi (1,1  %) parmi les professions hautement qualifiées.

Depuis 1987, l'emploi non étudiant dans les professions peu qualifiées a augmenté à un rythme plus lent (1,1  %). Ces professions sont habituellement davantage exposées aux effets des ralentissements économiques car les emplois tendent à se concentrer dans des industries exposées aux fluctuations cycliques comme le commerce, la fabrication et les transports. Pendant la récession du début des années 90, par exemple, plus de 330 000 emplois peu qualifiés ont disparu, tandis que le nombre d'emplois dans les professions hautement qualifiées a augmenté de plus de 120 000. La fabrication (2,2 millions de travailleurs en 2005) a été la plus durement touchée, car 60  % des pertes d'emplois dans les professions peu qualifiées se sont produites dans ce secteur, qui a mis près de cinq ans à se remettre de cette hémorragie.

Emploi selon la profession,1987-2005
  Emploi non étudiant (milliers) Croissance (TCAM1) Variation (milliers) Ventilation de la variation
  1987 2005 1988-2005
Total 11 242,9 14 566,8 1,4  % 3 323,9 100,0  %
Niveau de compétence2          
Gestion 1 009,4 1 376,7 1,7  % 367,3 11,1  %
Professions nécessitant :          
- habituellement des études universitaires 1 467,5 2 525,8 3,1  % 1 058,3 31,8  %
- habituellement des études collégiales ou une formation d'apprenti 4 007,4 4 843,2 1,1  % 835,8 25,1  %
- habituellement un diplôme d'études secondaires 3 557,3 4 353,3 1,1  % 796,0 23,9  %
- uniquement une formation en cours d'emploi 1 200,9 1 467,5 1,1  % 266,6 8,0  %
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.
1TCAM : taux de croissance annuel moyen.
2Le niveau de compétence se fonde sur la matrice de la CNP 2001, dans laquelle les professions sont regroupées selon les études et la formation normalement requises.

...mais, ces dernières années, la conjoncture a été favorable à toutes les professions, hautement et faiblement qualifiées

Plus récemment, après plusieurs années de sous-investissement et de croissance anémique de l'emploi, les perspectives des professions du secteur de la santé se sont grandement améliorées grâce à la hausse de la demande en soins de santé et au retour des budgets publics à une situation plus équilibrée. Ainsi, la plupart des professions de la santé (environ un million d'emplois étaient directement liés aux soins de santé en 2005), indépendamment du niveau de compétence requis, ont affiché une croissance annuelle moyenne d'au moins 3  % depuis 2000. Seuls les médecins, dentistes et vétérinaires n'ont pas atteint ce taux, mais la croissance moindre enregistrée par ces groupes de professionnels s'explique par une insuffisance de main-d'oeuvre qualifiée pour combler toute la demande.

Comme on l'a souligné dans la section précédente, le secteur de la construction, qui a atteint un million d'emplois en 2005, connaît une croissance solide depuis près de cinq ans, ce qui a favorisé l'ensemble des professions directement liées à cette activité. Le boom du logement a également eu des retombées importantes sur l'emploi dans les professions liées à la fabrication et la vente de meubles, à la vente de matériel de construction, aux services d'aménagement paysager, au secteur immobilier et aux services bancaires (marché hypothécaire). Plus particulièrement, la vigueur du secteur de l'habitation a permis à certaines professions peu qualifiées — notamment les aides de soutien aux métiers, les manoeuvres en construction et les manoeuvres en aménagement paysager et entretien de terrains — de mieux performer que l'ensemble du marché de l'emploi.

De même, les professions liées à l'extraction, l'exploration et le forage des hydrocarbures ont grandement profité des investissements importants effectués ces dernières années sous l'impulsion de l'augmentation rapide de la demande et de la flambée des prix du pétrole et du gaz.

À l'opposé, la forte appréciation du dollar canadien, la concurrence internationale (en particulier celle des pays où les coûts de main-d'oeuvre sont peu élevés), la lente reprise des industries de l'électronique et de l'aéronautique, et les conflits commerciaux avec les États-Unis ont durement touché l'emploi dans les professions liées au secteur manufacturier ces dernières années. La situation est particulièrement difficile pour les opérateurs de machines dans la fabrication de vêtements, produits textiles, pâtes et papiers, produits du bois, ainsi que pour les assembleurs/monteurs de matériel électronique. En plus d'avoir un impact défavorable sur le secteur de la fabrication de produits électroniques et informatiques, l'éclatement de la bulle technologique qui a marqué le début de la présente décennie a considérablement ralenti la croissance de l'emploi dans certaines professions hautement qualifiées, notamment les informaticiens et techniciens en informatique et certaines catégories d'ingénieurs, professions qui avaient contribué le plus dans les années 1990 à la croissance de l'emploi.

Pour consulter les données sur l'emploi par profession (niveau à trois chiffres de la CNP), cliquer ici.

Population active selon le niveau de scolarité

Le niveau de scolarité de la population active canadienne s'est accru considérablement au cours des dernières décennies

Le marché du travail canadien comprend un nombre de plus en plus élevé d'emplois exigeant des connaissances poussées; les emplois nécessitant des études postsecondaires sont ceux qui ont connu la croissance la plus rapide. La population active a répondu à cette demande en compétences en se scolarisant davantage.

Croissance

Et de fait, la proportion de la population active qui a fait des études postsecondaires augmente rapidement depuis 19904. Le nombre de personnes possédant un grade universitaire a augmenté de 4,4  % par année, en moyenne, depuis 15 ans, soit un taux nettement supérieur à celui de l'ensemble de la population active (1,3  %). En 2005, ces personnes représentaient 21,8  % de la population active, comparativement à 13,8  % en 1990. Le nombre de personnes possédant un diplôme ou un certificat de niveau collégial5 s'est accru de 3,2  % par année, en moyenne; leur proportion au sein de la population active a également augmenté, passant de 25,8  % en 1990 à 34,1  % en 2005.

En revanche, le nombre de personnes dans la population active qui n'ont fait que des études secondaires6 a augmenté de 0,7  % seulement en moyenne depuis 15 ans, tandis que le nombre de ceux ayant moins que des études secondaires a diminué à un taux annuel de 3,0  %, en moyenne.

Population active selon le niveau de scolarité, 1990-2005
  Niveau (milliers) Répartition Variation (TCAM1)
1991-2005
  1990 2005 1990 2005
Total 14 224,6 17 342,6 100,0 100,0 1,3  %
Niveau de scolarité
Grade universitaire 1 968,6 3 780,5 13,8  % 21,8  % 4,4  %
Études collégiales 3 681,5 5 906,6 25,8  % 34,1  % 3,2  %
Études secondaires et études postsecondaires incomplètes 4 608,3 5 131,6 32,4  % 29,6  % 0,7  %
Moins que les études secondaires 3 986,2 2 523,9 28,0  % 14,6  % -3,0  %
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active.
1TCAM : taux de croissance annuel moyen.

En 2005, 55,9  % de la population active avaient fait des études postsecondaires, comparativement à moins de 40  % en 1990. Deux facteurs peuvent expliquer cette progression vigoureuse :

  • Les jeunes continuent de s'instruire davantage. En 2005, près des deux tiers (65,5  %) de la main-d'oeuvre âgée de 25 à 29 ans avait fait des études postsecondaires.
  • Les gens qui quittent le marché du travail sont moins scolarisés que ceux qui y entrent. En 2005, environ 55  % de la population active âgée de 55 à 64 ans avait fait des études postsecondaires.

Déséquilibres actuels du marché du travail selon le niveau de compétence

À l'heure actuelle, rien n'indique qu'il y ait des déséquilibres importants parmi les niveaux de compétence...

On parle de déséquilibre parmi les niveaux de compétence lorsqu'il y a des écarts entre les niveaux de compétence que recherchent habituellement les employeurs (demande) et ceux que possèdent les travailleurs qualifiés disponibles (offre).7 Des déséquilibres significatifs par niveau de compétence se traduiront par des mouvements importants des salaires réels ou des taux de chômage (ou des deux) au fil des années. Par exemple, si la demande des employeurs dans les professions nécessitant habituellement des études universitaires est insatisfaite en raison de la difficulté de trouver une main-d'oeuvre qualifiée propre à combler cette demande, cela entraînera généralement une forte croissance des salaires réels et une baisse du taux de chômage dans ces professions. Pour faire ressortir un véritable déséquilibre dans les niveaux de compétence, il faut toutefois aller plus loin et considérer les taux de chômage et les salaires réels en valeur relative plutôt qu'en valeur absolue. Si les salaires réels augmentent en même temps que les taux de chômage diminuent pour tous les niveaux de compétence, il est bien possible que cela ne soit que la manifestation d'une conjoncture généralement favorable plutôt qu'un symptôme de déséquilibres entre l'offre et la demande dans un niveau de compétence donné.

Les graphiques qui suivent dépeignent l'évolution des salaires réels et des taux de chômage pour chacun des niveaux de compétence (par rapport aux autres) depuis 1987 et 1997, respectivement8.

Taux  Salaires

Du point de vue des niveaux de compétence, les salaires réels relatifs ont été plutôt stables depuis 1997 (sauf dans les professions de la gestion), ce qui laisse supposer que le marché du travail n'a pas connu de déséquilibres importants entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre. Les taux de chômage — qui, en valeur relative, n'ont pour ainsi dire pas bougé depuis 1987 — viennent appuyer cette conclusion. Il semble donc que l'offre de main-d'oeuvre qualifiée s'est accrue à un rythme capable de répondre à la demande dans les professions hautement qualifiées.

...mais cela n'empêche pas la présence d'une certaine surqualification de la main-d'oeuvre disponible

L'équilibre général constaté parmi les niveaux de compétence permet de croire que, du point de vue des employeurs, il y avait suffisamment de travailleurs qualifiés pour répondre à la demande. Cela voudrait dire, par exemple, que les employeurs qui offraient des postes exigeant habituellement des études collégiales ont pu trouver un nombre suffisant de travailleurs qualifiés, voire surqualifiés (études universitaires), qui étaient prêts à combler ces vacances. Du point de vue des travailleurs, cependant, cet indicateur ne dit pas s'il y avait un nombre suffisant d'emplois correspondant à leur niveau de scolarité. Ainsi, il est possible que des travailleurs qui ont fait des études universitaires aient dû accepter des emplois moins qualifiés, symptôme probable d'une offre excédentaire à leur niveau de scolarité. Pour analyser cette question, il faut examiner l'évolution des taux de chômage et des salaires réels selon le niveau de scolarité (en fonction des autres niveaux).

Taux  Salaires

Comme l'indiquent les graphiques, en termes relatifs le chômage a augmenté et les salaires réels ont diminué pour deux niveaux de compétence, soit les professions nécessitant des « études universitaires » et celles qui exigent « moins que les études secondaires ». Il y a tout lieu de s'inquiéter du taux de chômage relatif des diplômés universitaires, qui a augmenté considérablement de 2001 à 2003 alors même que les salaires relatifs accusaient une baisse dans cette catégorie.

Il y a plusieurs explications possibles à cette dégradation de la situation des diplômés universitaires sur le marché du travail. Dans certaines professions embauchant habituellement des sortants d'université — professionnels de l'informatique et des systèmes d'information, et professionnels des services aux entreprises, par exemple —, ceux-ci ont eu la vie difficile sur le marché du travail par suite de l'éclatement des bulles technologique et boursière en 2001-2003. La situation semble s'améliorer dans ces professions, ce qui a fait baisser le taux de chômage relatif des diplômés d'université depuis 2003, mais ce taux reste sensiblement plus élevé qu'il ne l'était au début des années 90.

Les autres explications tiennent principalement au fait qu'une forte proportion des personnes qui ont fait des études postsecondaires se trouve dans des professions peu qualifiées. La proportion des travailleurs ayant une formation universitaire qui se trouvent dans des professions faiblement qualifiées a augmenté, passant de 12  % en 1990 à environ 17  % en 2005, ce qui porte à croire qu'il pourrait y avoir une surabondance de diplômés universitaires. C'est toutefois là un domaine qui mérite une étude plus poussée.

D'autres raisons incluent le recours accru à de nouveaux régimes de rémunération, tels que les options sur actions et les primes de rendement, qui pourrait avoir eu pour effet de limiter la hausse de la rémunération des travailleurs ayant une formation universitaire; et la proportion grandissante des personnes ayant une formation universitaire qui travaillent dans le secteur privé, où les taux de roulement sont généralement supérieurs à ceux du secteur public, ce qui pourrait avoir contribué à la hausse du taux de chômage de ce groupe.

Déséquilibres actuels par profession

Il y a actuellement des déséquilibres sur le marché du travail : plusieurs professions, pour la plupart hautement qualifiées, sont en situation de demande excédentaire...

Il n'y a pas à l'heure actuelle de déséquilibre généralisé entre les niveaux de compétence qu'exigent les employeurs et ceux que possèdent les travailleurs disponibles. Cela dit, il est tout à fait possible que cette situation dissimule un grand nombre de déséquilibres à un niveau plus détaillé et que certaines professions souffrent d'une offre excédentaire à l'échelle nationale tandis que d'autres se caractérisent par une demande excédentaire. Or, c'est effectivement ce qui se produit en ce moment.

D'une profession à l'autre, les rapports entre l'offre et la demande se modifient constamment sous l'effet de divers facteurs : l'adoption de nouvelles techniques de production, la variabilité des préférences des consommateurs, l'évolution démographique, les variations des prix relatifs des biens et des services, et ainsi de suite. Les adaptations quantitatives et qualitatives auxquelles doivent se plier les besoins des employeurs en main-d'oeuvre et les compétences offertes par les travailleurs en réaction à ces facteurs ne se produisent pas instantanément ni simultanément. Au cours de ce processus d'adaptation, certains secteurs seront en pénurie de main-d'oeuvre tandis que d'autres se trouveront en situation excédentaire.

L'évaluation des pressions propres à des professions déterminées fait intervenir des indicateurs comme la croissance de l'emploi, le taux de chômage et la hausse des salaires. Une profession sera considérée comme étant en situation de demande excédentaire si l'emploi et les salaires s'accroissent à un rythme sensiblement plus rapide que dans les autres professions et si le taux de chômage est sensiblement inférieur à ceux des années antérieures ou des autres professions. D'après la méthodologie employée par le Bureau of Labor Statistics (BLS) aux États-Unis9, une profession sera considérée comme subissant des pressions si elle répond aux conditions suivantes : le taux de croissance de l'emploi y est au moins supérieur de 50  % à la moyenne de l'ensemble des professions, les hausses salariales sont d'au moins 30  % plus rapides que la moyenne et le taux de chômage est inférieur d'au moins 30  % à la moyenne10.

Les concepts employés par le BLS ont toutefois tendance à limiter le nombre de professions montrant des signes de demande excédentaire. Le méthode du BLS a donc été modifiée de façon à inclure également les professions dont le taux de chômage était proche du niveau le plus bas jamais enregistré (même si leur taux de chômage n'était pas de 30  % inférieur à la moyenne et que la croissance des salaires n'était pas 30  % supérieure à la moyenne). Ce procédé a été adopté pour tenir compte du fait qu'un taux de chômage de 5  % est élevé dans le cas du personnel infirmier mais faible dans le cas des professions du secteur de la construction.

À l'aide de données pour les années 2003 à 2005, le tableau qui suit énumère les professions de la CNP à trois ou à quatre chiffres (comptant au moins 10 000 travailleurs) qui répondent à ces critères. Ces professions, dont la plupart nécessitent des études universitaires ou collégiales ou encore une formation d'apprenti, représentaient 11,4  % de l'emploi total en 2005.

Tableau
Groupe professionnel Professions montrant des signes de demande excédentaire Emploi non étudiant en 2005 (milliers)
Affaires, finances et administration Membres des corps législatifs et cadres supérieurs (CNP 001) 84,1
Directeurs/directrices des ressources humaines (CNP 0112) 27,4
Professionnels/professionnelles en gestion des ressources humaines et en services aux entreprises (CNP 112) 138,6
Superviseurs/superviseures de commis de bibliothèque, de correspondanciers et d'autres commis à l'information (CNP 1213) 14,1
Sciences naturelles et appliquées et domaines apparentés Géologues, géochimistes et géophysiciens/géophysiciennes (CNP 2113) 11,3
Ingénieurs civils/ingénieures civiles (CNP 2131) 40,2
Ingénieurs mécaniciens/ingénieures mécaniciennes (CNP 2132) 30,8
Ingénieurs informaticiens/ingénieures informaticiennes (CNP 2147) 14,1
Ingénieurs/ingénieures en logiciel (CNP 2173) 29,1
Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel et en génie de fabrication (CNP 2233) 18,9
Secteur de la santé Médecins, dentistes et vétérinaires (CNP 311) 82,5
Optométristes, chiropraticiens/chiropraticiennes et autres professionnels/professionnelles en diagnostic et en traitement de la santé (CNP 312) 13,2
Professionnels/professionnelles en thérapie et en évaluation (CNP 314) 43,6
Infirmiers/infirmières en chef et superviseurs/superviseures (CNP 3151) 15,2
Personnel technique en soins de santé (sauf soins dentaires) (CNP 323) : infirmiers/infirmières auxiliaires, techniciens/techniciennes en audiologie et en physiothérapie, etc. 108,7
Technologues en radiation médicale (CNP 3215) 15,9
Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires (CNP 3413) 175,8
Autre personnel de soutien des services de santé (CNP 3414) 56,4
Sciences sociales, enseignement, administration publique et religion Juges, avocats/avocates (partout au Canada) et notaires (au Québec) (CNP 4112) 71,4
Professeurs/professeures d'université (CNP 4121) 50,2
Psychologues (CNP 4151) 17,0
Arts, culture, sports et loisirs Réviseurs/réviseures, rédacteurs-réviseurs/rédactrices-réviseures et chefs du service des nouvelles (CNP 5122) 15,9
Professionnels/professionnelles des relations publiques et des communications (CNP 5124) 44,6
Vente et services Directeurs/directrices des services d'hébergement (CNP 0632) 45,4
Agents/agentes et vendeurs/vendeuses dans l'immobilier (CNP 6232) 67,9
Personnel des métiers et personnel spécialisé dans la conduite du matériel de transport et de la machinerie Constructeurs/constructrices et rénovateurs/rénovatrices en construction domiciliaire (CNP 0712) 80,8
Directeurs/directrices de l'exploitation et de l'entretien d'immeubles (CNP 0720) 35,9
Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses du personnel de métiers et du personnel assimilé (CNP 721) 208,5
Personnel spécialisé du secteur primaire Surveillants/surveillantes du forage et des services reliés à l'extraction de pétrole et de gaz (CNP 8222) 14,2
Foreurs/foreuses et personnel de mise à l'essai et des autres services relatifs à l'extraction de pétrole et de gaz (CNP 8232) 23,0
Personnel spécialisé dans la transformation, la fabrication et les services d'utilité publique Surveillants/surveillantes dans les industries de transformation (CNP 921) : pétrole, gaz, produits chimiques, plastiques, produits de caoutchouc, etc. 72,8
  Total 1 667,5

C'est dans le secteur de la santé qu'on relève le plus grand nombre de professions montrant des signes de pénuries de main-d'oeuvre à l'échelle nationale. Les pressions sont particulièrement évidentes parmi les médecins, le personnel professionnel en thérapie et en évaluation (physiothérapeutes, par exemple), les infirmières/infirmiers en chef et les aides-infirmiers/aides-infirmières. On peut aussi constater leurs effets dans d'autres professions de la santé : personnel infirmier auxiliaire, techniciens et techniciennes en audiologie et en physiothérapie, technologues en radiation médicale, et ainsi de suite. Dans ces professions, la demande a augmenté sensiblement en raison des besoins croissants liés au vieillissement de la population, de la croissance des dépenses des gouvernements consacrées aux services de santé et du nombre élevé de travailleurs qui prennent leur retraite. Par contre, la croissance de l'offre a été relativement faible dans plusieurs de ces mêmes professions, phénomène attribuable à plusieurs facteurs, y compris les effets de décisions prises dans le passé pour combattre les déficits (les retraites anticipées, notamment), la baisse des inscriptions dans les programmes de formation ou encore la prolongation des études nécessaires, qui repousse à plus tard les sorties d'école. Dans ces professions, l'offre nouvelle provenant de l'immigration est restreinte elle aussi en raison des problèmes de reconnaissance des titres de compétence acquis à l'étranger et de la demande élevée de travailleurs de la santé partout dans le monde.

Les professions de la gestion (haute direction, gestionnaires des ressources humaines, gestionnaires des services d'hébergement, etc.) sont en situation de pénurie en bonne partie à cause de la demande créée par le grand nombre de départs à la retraite chez des travailleurs qui sont habituellement à un stade plus avancé de leur carrière. Par ailleurs, les employeurs s'efforcent davantage d'embaucher et de conserver des travailleurs de qualité pour les emplois de plus en plus complexes qui caractérisent notre économie, ce qui suscite une forte demande en professionnels des ressources humaines.

D'autres professions montrent aussi des signes de pénuries :

  • La forte hausse du prix de l'énergie et l'augmentation du nombre de puits forés ont stimulé l'emploi dans les professions liées au forage et aux services pétroliers et gaziers. L'emploi est également en hausse parmi les géologues, les géochimistes et les géophysiciens depuis que les cours des produits de base ont monté.
  • Les niveaux élevés des départs à la retraite et la hausse des dépenses publiques dans l'enseignement postsecondaire ont donné lieu à une demande accrue de nouveaux travailleurs dans les professions des sciences sociales et de l'administration publique, dont les psychologues, les professeurs d'université et les avocats.
  • La croissance vigoureuse de la construction et de la rénovation résidentielles ces dernières années a stimulé la demande de constructeurs et de rénovateurs en construction domiciliaire, ainsi que d'entrepreneurs et de contremaîtres des métiers.
  • Deux professions victimes de l'éclatement de la bulle de la technologie de l'information au début du nouveau millénaire semblent s'en être remises et se trouvent aujourd'hui dans le groupe de professions faisant face à des pressions, à savoir celui des ingénieurs en matériel informatique et les ingénieurs en logiciels. En 2005, l'emploi a atteint de nouveaux sommets dans ces deux professions, tandis que leurs taux de chômage sont revenus à leurs niveaux les plus bas.

Dans un pays diversifié comme le Canada, où la structure industrielle et le profil démographique varient sensiblement d'une région à l'autre, un bilan purement national des pressions qui s'exercent sur les marchés du travail des diverses professions pourrait facilement dissimuler des écarts interrégionaux importants. Il peut arriver que certaines régions souffrent d'une pénurie de travailleurs dans une profession donnée alors qu'ailleurs cette même profession se trouve en situation d'offre excédentaire. Bien qu'une analyse des pressions qui s'exercent sur les marchés du travail des professions au niveau provincial reste à être développé, d'autres sources d'information peuvent apporter un certain éclairage sur les variations interrégionales quant à l'état du marché du travail dans une profession déterminée. D'après le Conseil sectoriel de la construction, par exemple, on pourrait, dans une certaine mesure, répondre à la demande de nouveaux travailleurs en construction non résidentielle en Alberta en faisant appel à la main-d'oeuvre excédentaire dans d'autres provinces11.

...tandis que d'autres, moins qualifiées dans la plupart des cas, sont en situation d'offre excédentaire

Le tableau qui suit présente les résultats d'une version modifiée de la méthode dont se sert le BLS pour déterminer quelles professions sont présentement soumises à des pressions à la baisse, c'est-à-dire celles où l'offre de travail est supérieure à la demande. On classe dans cette catégorie les professions où le taux de croissance de l'emploi est inférieur au taux moyen d'au moins 50  %, l'augmentation des salaires est d'au moins 30  % inférieure à la moyenne et le taux de chômage est d'au moins 30  % supérieur à la moyenne (ou bien se trouve à son plus haut niveau jamais enregistré). Comme l'indique le tableau, neuf professions se trouvent actuellement dans cette situation, la plupart exigeant un faible niveau de compétence.

Tableau
Groupe professionnel Professions montrant des signes d'offre excédentaire Emploi non étudiant 2005 (en milliers)
Affaires, finance et administration Commis en bureautique et en éditique (CNP 142) 57,5
Vente et services Préposés de stations-service (CNP 6621) 14,6
Métiers, transport et machinerie Poseurs de revêtements d'intérieur (CNP 7295) 13,7
Secteur primaire Capitaines et officiers de pêche et pêcheurs (CNP 8262) 17,6
Personnel de l'exploitation forestière (CNP 842) 14,8
Personnel en agriculture et en horticulture (CNP 843) 76,4
Transformation, fabrication et services d'utilité publique Opérateurs de machines dans la fabrication de produits textiles et personnel assimilé (CNP 944) 18,1
Opérateurs de machines à coudre industrielles (CNP 9451) 39,8
Assembleurs, monteurs, contrôleurs et vérificateurs de matériel électronique (CNP 9483) 20,4
  Total 272,9

Ces professions en situation d'offre excédentaire représentaient 1,9  % de l'emploi non étudiant en 200512. Diverses raisons peuvent expliquer les difficultés auxquelles font face certaines de ces professions. Par exemple, les restructurations organisationnelles, l'automatisation et les progrès de l'informatique auront tendance à réduire la demande de commis en bureautique et en éditique. Les progrès technologiques de la navigation, des communications et de la localisation des poissons, ainsi que l'imposition de contingents sur les prises, ont pour effet de ralentir la croissance de l'emploi parmi les capitaines et officiers de pêche et les pêcheurs. En ce qui concerne les opérateurs de machines dans la fabrication de produits textiles et les opérateurs de machines à coudre industrielles, c'est la concurrence internationale qui contribue le plus à la diminution de l'emploi. Dans le cas des préposés de stations-service, le faible niveau de compétence requis fait que l'offre de main-d'oeuvre est fortement excédentaire par rapport à la demande. Enfin, les difficultés qui ont marqué l'industrie forestière, l'agriculture et l'industrie du matériel électrique et électronique ont eu un effet dépressif sur certaines professions dans ces secteurs.


1 La période considérée ici — de 1987 à 2005 — a été choisie parce que les données de Statistique Canada sur les professions sont disponibles seulement à partir de 1987.

2 L'explosion des dépenses consacrées aux projets liés à l'exploitation des sables bitumineux qu'on a pu observer depuis quelques années ne s'est pas traduite par une augmentation sensible de l'emploi dans le secteur de l'extraction du pétrole et du gaz. Les gains d'emploi découlant de ces investissements importants ont plutôt été enregistrés dans d'autres industries, notamment celle de la construction.

3 L'analyse des professions exposée dans cette section porte uniquement sur l'emploi non étudiant (soit 90,1)

4La période d'analyse débute en 1990, car Statistique Canada a adopté de nouvelles questions sur l'éducation dans son Enquête sur la population active cette année-là, ce qui rend difficile la comparaison des résultats avec ceux des années antérieures.

5Le groupe « études collégiales » inclut les personnes ayant complété i) un certificat ou un diplôme d'un établissement de niveau postsecondaire (collège communautaire, CEGEP, école de sciences infirmières, etc.) et ii) un certificat de niveau inférieur au SMccalauréat à l'université.

6Le groupe « études secondaires » inclut les personnes avec un diplôme secondaire et celles qui ont suivi certains cours de niveau postsecondaire sans avoir obtenu de diplôme ou de certificat.

7On établit les niveaux de compétence qu'exigent les employeurs en se reportant à un système de classification des professions qui regroupe ces dernières selon le niveau de compétence et selon le niveau de scolarité « habituellement exigé » par les employeurs. Cinq niveaux sont considérés : (1) professions de la gestion, catégorie très générale qui englobe aussi bien les cadres de direction que les gérants de restaurants; (2) professions exigeant habituellement des études universitaires; (3) professions exigeant habituellement des études collégiales ou une formation d'apprenti; (4) professions exigeant habituellement des études secondaires ou une formation qui leur est propre; (5) professions exigeant seulement une formation en cours d'emploi.

8Les données figurant dans ces deux graphiques sont tirées de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada. Les données salariales de cette enquête débutent en 1997.

9Voir Carolyn M. Veneri, « Can occupational labor shortages be identified using available data? », Monthly Labor Review, vol. 122, mars 1999.

10Le BLS indique que cet ensemble de critères un peu arbitraire a été choisi pour éliminer toute profession qui pourrait être considérée comme un cas limite du point de vue des résultats qui pourraient ressortir des données si les critères étaient moins restrictifs. C'est ainsi que la méthode du BLS élimine les professions dont les salaires ne peuvent augmenter en raison de contraintes institutionnelles — une structure de compensation fixe, par exemple.

11Conseil sectoriel de la construction, Construire vers l'avenir : Besoins en main-d'oeuvre du Canada et des provinces pour la période de 2005 à 2013, Ottawa, 2005.

12La méthodologie employée ici tend à sous-estimer le nombre de professions en situation d'offre excédentaire, car les salaires s'ajustent moins rapidement à ce genre de situation (rigidités salariales).

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Date de modification :
2011-12-20