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| Le marché du travail canadien est présentement en bonne santé... | Après avoir éprouvé des difficultés pendant la majeure partie des années 1990 par suite de l'adoption de politiques monétaires et budgétaires restrictives visant à stabiliser l'inflation et à combattre les déficits budgétaires, le marché du travail canadien fonctionne bien depuis déjà plusieurs années, comme l'indiquent les principaux indicateurs : l'emploi augmente à un taux annuel moyen de 2,0 % depuis 10 ans; en 2005, le taux d'activité se situait à 67,2 %, soit près de son niveau record, et le taux d'emploi atteignait son point le plus élevé jusque-là, soit 62,7 %. Par ailleurs, le taux de chômage est tombé à 6,8 % en 2005, le taux annuel moyen le plus bas jamais enregistré, et a poursuivi cette tendance depuis, atteignant même 6,1 % en mai 2006. |
| ...et on s'attend à ce qu'il le reste au cours de la prochaine décennie | L'emploi global devrait augmenter à un taux annuel moyen de 1,1 % de 2006 à 2015. Bien que ce soit là un ralentissement par rapport à la période 2001-2005 (alors que le taux était de 1,8 %), l'économie canadienne devrait quand même créer environ 1,9 million de nouveaux postes d'ici 10 ans. C'est l'évolution prévue de la conjoncture économique qui influe le plus sur les projections de l'emploi. Pendant les cinq prochaines années, le produit intérieur brut réel (PIB) du Canada devrait croître à un taux annuel moyen de 2,9 %, qui devrait ensuite s'abaisser légèrement pour s'établir à 2,6 % au cours des cinq années suivantes (2011-2015). Ce ralentissement est d'abord attribuable à une contraction du potentiel de croissance de l'économie engendrée par la progression moins rapide de la population, qui se répercutera sur celle de la population active. Les départs à la retraite, eux aussi liés au vieillissement de la population, auront également des effets sur la croissance de la population active. |
| Aucune pénurie générale de main-d'oeuvre n'est attendue au cours des dix prochaines années | Comme le taux d'inflation se maintient depuis plusieurs années à l'intérieur de la fourchette cible de la Banque du Canada (soit de 1 à 3 %), celle-ci pourra sans doute établir des paramètres monétaires qui permettront à la demande de suivre d'assez près la croissance plus lente du potentiel économique. On ne prévoit donc pas de pénuries persistantes et généralisées sur le marché du travail canadien. |
| La part du secteur des services au sein de l'emploi devrait continuer de s'accroître au cours des prochaines années | On prévoit qu'au cours des 10 prochaines années, le taux de croissance de l'emploi restera plus élevé dans le secteur des services (1,2 %) que dans celui de la production de biens (0,8 %), ce qui s'explique dans une large mesure par la progression plus rapide de la productivité du travail dans les industries de biens : d'après les projections, les fabricants continueront en effet d'accroître leur efficacité afin de maintenir leur compétitivité face à une concurrence internationale féroce et à l'appréciation de la devise canadienne. On s'attend même à ce que le PIB du secteur des biens croisse à un taux légèrement supérieur à celui du secteur des services (3,0 % contre 2,7 %) au cours des 10 prochaines années. |
| La croissance d'emploi devrait être forte dans les secteurs de la santé, de la conception de systèmes informatiques et des services professionnels | Du côté des services, la croissance de l'emploi devrait être particulièrement vive dans les secteurs de la santé, de la conception de systèmes informatiques et des services professionnels. Cette vigueur sera notamment attribuable à l'augmentation des dépenses publiques en soins de santé rendue possible par l'amélioration de la situation financière des gouvernements, à la transition qui se poursuit vers l'économie du savoir et à la hausse des investissements en recherche et développement. Dans les industries de biens, les prix élevés de l'énergie continueront à aiguillonner l'investissement et la production dans le secteur des hydrocarbures, tandis que les industries de fabrication de produits informatiques et électroniques, d'autre matériel de transport (pour l'aérospatiale, notamment) et de produits métalliques profiteront de la fermeté de la demande mondiale et des niveaux élevés des bénéfices des entreprises. Par contre, on prévoit que l'industrie des véhicules et des pièces automobiles souffrira du fléchissement de la demande d'automobiles en Amérique du Nord. De même, l'exploitation forestière et la fabrication de produits du bois subiront les effets de l'affaiblissement de la construction résidentielle. |
| À l'avenir, la majorité des postes à combler découleront des départs à la retraite | Un grand nombre de personnes appartenant à la génération du baby-boom prendront leur retraite entre 2006 et 2015, de sorte que la majorité des postes à combler seront dus au besoin de remplacer des travailleurs ayant pris leur retraite. On s'attend à ce qu'environ 1,7 million d'emplois (les emplois d'étudiant étant exclus) soient créés sous l'impulsion de la croissance de l'activité économique (la « demande d'expansion ») tandis que près de 3,8 millions d'emplois existants se libéreront à la suite des départs à la retraite. En d'autres termes, environ 70 % de tous les emplois offerts pendant cette période découleront de la nécessité de remplacer des travailleurs désormais à la retraite, alors que la moyenne des dix dernières années se chiffrait à environ 51 %. À plus long terme, ce pourcentage sera encore plus élevé. |
| Les deux tiers des emplois à combler de 2006 à 2015 devraient être dans des professions requérant habituellement des études postsecondaires ou dans des emplois de gestion | De 2006 à 2015, environ les deux tiers (65,9 %) des emplois à combler en raison de la demande d'expansion et des départs à la retraite devraient être dans des professions requérant habituellement des études postsecondaires (études universitaires et études collégiales ou formation d'apprenti) ou dans des emplois de gestion. Il s'agit d'une hausse par rapport à la proportion de 63 % en moyenne enregistrée au cours des dix dernières années. On s'attend à ce que la demande d'expansion atteigne ses taux les plus élevés dans les professions exigeant un diplôme universitaire (taux annuel moyen de 1,6 %), sous l'effet de la transition vers l'économie du savoir et de la hausse des dépenses publiques dans le secteur de la santé. Par contre, la croissance de l'emploi devrait être beaucoup plus faible (taux annuel moyen de 0,6 %) dans les professions peu qualifiées qui n'exigent qu'une formation en cours d'emploi. De façon générale, les professions hautement qualifiées vont représenter environ 70 % de l'ensemble des nouveaux emplois pour la période 2006 à 2015, comparativement à 60 % au cours des dix dernières années. On s'attend à ce qu'environ 2,4 % des travailleurs prennent leur retraite chaque année entre 2006 et 2015, soit une hausse par rapport à la moyenne de 1,9 % observée au cours des dix dernières années. Les pressions dues aux départs à la retraite seront les plus vives dans les professions où l'âge habituel de la retraite est moins élevé et la proportion de la main-d'oeuvre qui s'approche de cet âge est plus élevée — caractéristiques qui sont notamment celles des professions exigeant habituellement des études postsecondaires et des professions en gestion. Plus précisément, on prévoit que 2,8 % des travailleurs exerçant des professions en gestion et 2,5 % de ceux qui occupent des fonctions nécessitant habituellement une formation universitaire prendront leur retraite à chaque année pendant cette période. Parmi les principales professions exposées à ce genre de pressions, on peut mentionner le personnel enseignant aux niveaux primaire et secondaire, le personnel infirmier autorisé et les gestionnaires (notamment de l'administration publique, des services de santé et d'éducation, et des services sociaux et communautaires). |
| Le niveau de scolarité de la population active continuera de s'accroître au cours de la prochaine décennie, bien qu'à une cadence moins rapide que par le passé | Le taux de croissance de la population active ayant complétée des études postsecondaires devrait demeurer le plus élevé. Plus précisément, on s'attend à ce que le nombre de personnes possédant un grade universitaire augmentera de 2,2 % par année en moyenne de 2006 à 2015, de sorte qu'en 2015 ils représenteront 24,4 % de la population active, comparativement à 21,8 % en 2005 (et à 13,7 % en 1990). À l'inverse, le nombre de personnes n'ayant pas complétées d'études secondaires devrait continuer de baisser à moyen terme (au rythme de 1,0 % par année en moyenne). Le niveau de scolarité de la population active continuera de s'accroître, mais à une cadence moins rapide. La génération du baby-boom était déjà plus scolarisée que la génération précédente; les enfants des baby-boomers sont eux aussi plus instruits que leurs parents, mais l'écart entre les générations se rétrécit. |
| Les sortants du système scolaire seront, de loin, la principale source de nouvelle offre de main-d'oeuvre dans l'économie | On dit souvent que la croissance nette de la population active canadienne sera entièrement imputable à l'immigration au cours des prochaines décennies. Il est vrai que le phénomène du vieillissement entraînera un ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler et de la population active au cours de la période de projection, et que cette croissance serait encore plus faible sans les nouveaux apports d'immigrants. Il reste que les sortants du système scolaire seront, et de loin, la principale source de nouvelle offre de travail, leur nombre moyen s'établissant à environ 550 000 par année au cours de la prochaine décennie. |
| À l'heure actuelle, rien n'indique qu'il y ait des déséquilibres importants parmi les niveaux de compétence... | Plusieurs indicateurs suggèrent que la forte croissance de la demande dans les professions hautement qualifiées observée durant les dernières années a été adéquatement satisfaite par la hausse de l'offre de travailleurs qualifiés. En effet, les salaires réels par niveau de compétence relatifs à la moyenne sont demeurés assez constants depuis 1997, alors que les taux de chômage des niveaux de compétences par rapport à la moyenne n'ont pas révélés de tendances marquées à la hausse ou à la baisse depuis 1987. Ces indicateurs n'indiquent donc pas de déséquilibres significatifs entre l'offre de main-d'oeuvre qualifiée et la demande des employeurs parmi les différents niveaux de compétence. |
| ...mais de tels déséquilibres pourraient se manifester à l'avenir | La croissance de l'emploi devrait être supérieure à celle de la population active dans tous les niveaux de compétence au cours des 10 prochaines années, entraînant ainsi un recul des taux de chômage. Même si ces taux devraient suivre l'évolution du taux global, on s'attend à ce qu'il y ait des écarts entre les taux relatifs de 2006 à 2015, ce qui pourrait laisser présager l'apparition de déséquilibres pour certains niveaux de compétence au cours des 10 prochaines années. Les professions de la gestion et celles qui requièrent habituellement des études collégiales devraient voir leurs taux de chômage régresser plus fortement que la moyenne car la croissance de l'emploi devrait être sensiblement supérieure à celle de la population active. Le vieillissement de la population est susceptible d'exercer des pressions sur ces deux niveaux de compétence. À l'opposé, dans les professions exigeant habituellement des études secondaires et dans celles qui demandent une formation en cours d'emploi, l'écart entre le taux de croissance de l'emploi et celui de la population active devrait être inférieur à la moyenne, de sorte que les taux de chômage devraient diminuer moins fortement que les autres niveaux de compétence. Enfin, dans les professions exigeant généralement des études universitaires, le taux de chômage devrait connaître une baisse comparable à la moyenne de l'ensemble de l'économie. |
| Il existe actuellement des écarts importants entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre pour certaines professions... | Bien que, globalement, on ne constate pas de déséquilibre entre les niveaux de compétence qu'exigent les employeurs et ceux que possède la main-d'oeuvre qualifiée disponible, cette situation peut néanmoins dissimuler de nombreuses situations particulières où il existe des écarts, l'offre de travail étant surabondante dans certaines professions tandis que dans d'autres professions, c'est la demande de travail qui est excédentaire. C'est bien ce qui se produit à l'heure actuelle, car plusieurs professions se trouvent dans l'une ou l'autre de ces situations. |
| ... en particulier dans les professions de la gestion et celles du secteur de la santé | C'est dans le groupe de la gestion et le secteur de la santé qu'on trouve présentement le plus grand nombre de professions montrant des signes de pénuries à l'échelle nationale. Ces pressions sont particulièrement vives dans le cas des médecins, des professionnels en thérapie et en évaluation (physiothérapeutes, par exemple), ainsi que des infirmiers/infirmières en chef et des aides-infirmiers/aides-infirmières. Des pressions se manifestent aussi dans d'autres professions de la santé, notamment le personnel infirmier auxiliaire, le personnel technique en audiologie et en physiothérapie, et les technologues en radiation médicale. Parmi les autres professions qui montrent des signes de pénuries, on compte celles qui sont liées au forage et aux services pétroliers et gaziers, les constructeurs et rénovateurs de domiciles, les entrepreneurs et les contremaîtres dans les métiers, de même que les ingénieurs en informatique et en logiciel. Les professions actuellement considérées comme étant en offre excédentaire se situent pour la plupart dans des catégories de main-d'oeuvre peu qualifiée où la demande est à la baisse. Par exemple, les restructurations organisationnelles, l'automatisation et les progrès informatiques auront tendance à réduire la demande de commis en bureautique et en éditique. Les progrès technologiques dans les domaines de la navigation, des communications et de la localisation des poissons, ainsi que les quotas d'exploitation, ralentissent la croissance de l'emploi parmi les patrons de bateau de pêche et les pêcheurs. En ce qui concerne les opérateurs de machines dans la fabrication de produits textiles et les opérateurs de machines à coudre industrielles, c'est surtout la concurrence internationale qui contribue à la baisse de la demande. Enfin, les difficultés qu'ont connues les industries forestière et agricole ainsi que l'industrie du matériel électrique et électronique ont eu un effet négatif sur certaines professions dans ces industries. |
| Étant donné les conditions actuelles sur le marché du travail, les professions de la gestion et de la santé devraient continuer d'être soumises à de fortes tensions entre la demande et l'offre | Compte tenu des tendances actuelles entre l'offre et la demande, plusieurs professions continueront, à moyen terme, de subir de fortes pressions sur le marché du travail. Plusieurs de ces professions appartiennent au secteur de la santé : médecins, infirmiers et infirmières en chef, personnel de supervision, aides infirmiers et infirmières, etc. L'excédent de demande prévu dans leur cas tient généralement à des facteurs qui restreignent la croissance de l'offre de main-d'oeuvre : longues années de formation (jusqu'à sept ans et plus pour la formation universitaire des médecins, par exemple), incapacité des établissements d'enseignement à composer avec une forte augmentation des inscriptions, etc. Au nombre des autres groupes professionnels susceptibles de subir des pressions à l'avenir, on retrouve les professions de la gestion (en administration publique et en ressources humaines, par exemple). Les pénuries de travailleurs professionnels dans les ressources humaines et les services aux entreprises devraient persister, car les employeurs continuent à mettre l'accent sur l'embauche et la rétention de travailleurs de qualité. Les pressions devraient aussi subsister ces 10 prochaines années dans le cas des foreurs/foreuses et du personnel de mise à l'essai et des autres services liés à l'extraction du pétrole et du gaz, en raison de l'augmentation de la demande associée aux grands projets d'investissement dans l'exploitation des sables pétrolifères de l'Alberta. |
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