Ce rapport fournit des données sur le faible revenu selon la mesure du panier de consommation (MPC) pour la période de sept ans allant de 2000 à 2006. Ces données ont permis l'analyse de séries chronologiques et une comparaison de la persistance du faible revenu sur deux périodes, soit de 2000 à 2004 et de 2002 à 2006.
Une des particularités qui distinguent la MPC des mesures du faible revenu de Statistique Canada - les seuils de faible revenu et la mesure de faible revenu - est le fait qu'elle tient mieux compte des différences du coût de la vie entre régions. La MPC est fondée sur le coût d'un panier de biens et de services précis dans 48 régions géographiques des 10 provinces du pays. Le coût du niveau de vie que représente ce panier peut varier entre ces diverses régions au cours d'une année donnée, tout comme l'ampleur des changements du coût du panier sur une certaine période peut varier entre les régions.
Autre distinction importante entre la MPC et les autres mesures du faible revenu est le fait que le coût du panier est comparé au revenu disponible qui reste aux familles pour acheter les biens et les services en question. On retranche donc un certain nombre de choses du revenu brut de la famille en plus de l'impôt avant de le comparer au coût du panier (p. ex., les charges sociales assumées par les particuliers, les dépenses non remboursées consacrées à la garde des enfants et aux soins et services de santé non assurés mais recommandés par un professionnel de la santé, comme les soins dentaires et les soins de la vue, les médicaments sur ordonnance et les aides pour personnes handicapées).
Le rapport renferme également des données et une analyse sur deux catégories particulières de PSE en âge de travailler : les " travailleurs à faible revenu " et cinq groupes sociodémographiques particulièrement à risque de vivre une situation de faible revenu annuel et persistant. Ces groupes à risque élevé sont les chefs de famille monoparentale, les personnes seules de 45 à 64 ans, les personnes ayant une incapacité qui limite le travail, les immigrants récents et les Canadiens autochtones habitant hors des réserves.
Résultats
Population générale
Que ce soit selon la MPC ou les SFR-API, l'incidence globale du faible revenu a connu une diminution entre 2000 et 2006.
La MPC a relevé une plus forte incidence de faible revenu que les SFR-API chez les enfants de moins de 18 ans. Cela s'explique en grande partie par le fait que, contrairement aux SFR-API, la MPC tient compte des frais de garde d'enfants.
L'ampleur du faible revenu était considérablement moindre chez les aînés et les enfants que chez la population en âge de travailler. Cette situation témoigne de la plus grande générosité des programmes de transfert gouvernementaux envers ces deux groupes.
Entre 2002 et 2006, 22,2 % des personnes âgées de 18 à 60 ans ont connu une situation de faible revenu durant au moins une année; 7,5 % se sont trouvées dans une situation de faible revenu persistant durant cette période.
Travailleurs à faible revenu
Bien que le risque de faible revenu des familles économiques dont le principal soutien économique (PSE) avait accumulé au moins 910 heures de travail rémunéré ait été beaucoup plus faible (7,3 %) que pour les autres catégories de famille économique, ces familles représentaient une proportion importante (35,0 %) de toutes les familles en âge de travailler à faible revenu.
L'ampleur du faible revenu et la probabilité d'une situation de faible revenu persistant étaient moins marquées chez les familles à faible revenu dont le PSE comptait au moins 910 heures de travail rémunéré que chez les autres catégories de familles économiques.
Groupes à risque élevé
L'incidence du faible revenu des familles dont le PSE appartenait à un groupe à risque élevé s'établissait en moyenne à 28,4 %, en 2006, soit près de trois fois le taux relevé chez les familles dont le PSE n'appartenait pas à un tel groupe (10,1 %).
On constate une baisse statistiquement significative de l'incidence du faible revenu entre 2000 et 2006 pour tous les groupes à risque élevé, sauf les Canadiens autochtones hors réserve et les immigrants récents.
Entre 2002 et 2006, l'incidence du faible revenu persistant chez les familles dont le PSE faisait partie d'un groupe à risque élevé était de 20,1 % (plus de quatre fois le taux de 4,6 % des familles dont le PSE ne faisait pas partie d'un tel groupe).