Faits saillants
La mesure du panier de consommation (MPC) est une mesure du faible revenu fondée sur le coût d'un panier de biens et de services précis. Elle a été conçue pour compléter deux mesures du faible revenu de Statistique Canada - les seuils de faible revenu (SFR), fondés sur les habitudes moyennes de consommation, et la mesure de faible revenu (MFR), fondée sur le revenu médian. La MPC tient beaucoup mieux compte des différences du coût de la vie entre les régions que ces autres mesures.
Nous disposons désormais de sept années de données recueillies à l'aide de cette mesure. Il est donc possible d'examiner les tendances en matière de faible revenu sur une période de temps considérable, de même que la persistance du faible revenu chez différents groupes sur deux périodes de cinq ans (de 2000 à 2004 et de 2002 à 2006).
Ce rapport renferme également des données fondées sur la situation du principal soutien économique (PSE) des familles économiques sur le plan du travail rémunéré et sur cinq groupes particulièrement vulnérables à l'égard du faible revenu persistant, à savoir les chefs de famille monoparentale ayant au moins un enfant de moins de 18 ans; les personnes seules de 45 à 64 ans; les personnes ayant une incapacité physique ou mentale limitant le travail; les personnes ayant immigré au Canada dans les dix dernières années; les Canadiens autochtones vivant à l'extérieur des réserves.
Incidence du faible revenu
- À l'échelle nationale, l'incidence du faible revenu est allée en diminuant au cours de la période étudiée, passant de 14,6 % en 2000 à 11,9 % en 2006.
- Parmi les différents groupes d'âge, c'est chez les enfants que l'on relève la baisse la plus marquée, soit 3,7 points de pourcentage depuis 2000, pour arriver à 14,4 % en 2006.
- On constate une légère diminution de l'incidence de faible revenu chez les familles de travailleurs à faible revenu entre 2000 et 2006. Malgré un taux relativement peu élevé (7,3 %), ces familles représentaient toujours 35 % des familles à faible revenu et comptaient 44 % des enfants à faible revenu en 2006. Les familles de travailleurs à faible revenu sont celles dont le PSE compte au moins 910 heures de travail rémunéré pendant l'année de référence.
- Parmi les cinq groupes sociodémographiques de PSE particulièrement à risque de connaître une situation de faible revenu persistant, il y a eu une amélioration statistiquement significative par rapport au faible revenu pour tous les groupes entre 2000 et 2006, sauf pour les Canadiens autochtones et les immigrants récents. L'incidence du faible revenu chez les familles économiques dont le PSE faisait partie d'un ou plusieurs de ces groupes est passée de 35,9 % à 28,4 % pendant cette période.
- En 2006, l'incidence du faible revenu à l'échelle nationale, telle que mesurée par la MPC, était supérieure à celle observée à l'aide des seuils de faible revenu après impôt (SFR-API) de Statistique Canada (10,5 %)1. Cette situation s'appliquait à tous les sousgroupes, à l'exception des aînés et des personnes seules de 45 à 64 ans (tableau cidessus)2.
Incidence du faible revenu (%)
| |
Canada |
Enfants (<18) |
Aînés (>65) |
Familles ayant un revenu de travail |
Chefs de famille mono-parentale |
Personnes seules (45 à 64) |
PSE Incapacité limitant le travail |
PSE Im-
migrants récents |
PSE Autochtones hors
réserve |
| MPC 2006 |
11,9 |
14,4 |
3,3 |
7,3 |
30,7 |
33,8 |
32,8 |
24,2 |
28,6 |
| MPC 2000 |
14,6 |
18,1 |
5,5 |
8,3 |
38,7 |
42,2 |
42,5 |
30,9 |
31,5 |
| Change-ment |
-2,7 |
-3,7 |
-2,2 |
-1,0 |
-7,9 |
-8,4 |
-9,7 |
-6,7 |
-2,9 |
| SFR-API 2006 |
10,5 |
11,3 |
5,4 |
6,1 |
24,3 |
34,8 |
30,8 |
22,6 |
25,3 |
Ampleur du faible revenu
- À l'échelle nationale, l'ampleur du faible revenu (l'écart moyen entre le revenu disponible de toutes les familles économiques à faible revenu et leur seuil de faible revenu exprimé en pourcentage) s'est améliorée légèrement au cours de la période de sept ans, passant de 32,2 % en 2000 à 31,4 % en 2006, bien que ce changement ne soit pas statistiquement significatif.
- L'ampleur du faible revenu était moindre pour les aînés (19,8 %) et les enfants (25,0 %) à faible revenu que pour la population en âge de travailler (34,3 %).
- Elle était considérablement moins grande chez les familles de travailleurs à faible revenu (31,5 %) que chez les familles à faible revenu dont le PSE n'avait effectué aucune heure de travail rémunéré (38,9 %) ou avait effectué entre 1 et 909 heures de travail rémunéré (37,1 %).
- En 2006, parmi les groupes à risque élevé, l'ampleur du faible revenu était la plus grande chez les personnes seules de 45 à 64 ans (41,2 %), tandis qu'elle était la plus faible chez les familles monoparentales (26,8 %).
Persistance du faible revenu
- Selon la MPC, alors que 22,2 % des personnes âgées de 18 à 60 ans en 2002 ont connu une situation de faible revenu durant au moins une des années de la période 2000 à 2006, 7,5 % ont connu une situation de faible revenu persistant durant cette période, c'est-à-dire que leur revenu a été faible pendant la majeure partie de ce temps. De la même façon, 26,5 % de tous les enfants de moins de 14 ans en 2002 ont connu une situation de faible revenu durant au moins une des années de la période 2002 à 2006, mais ce faible revenu n'a été persistant que chez 11,0 % d'entre eux.
- Entre 2000 et 2004 et 2002 et 2006, le taux de faible revenu persistant a diminué légèrement de façon générale (de 8,1 % à 7,5 %) et pour les enfants de moins de 14 ans (de 11,6 % à 11,0 %).
- Entre 2002 et 2006, le taux de faible revenu persistant pour les enfants de familles en âge de travailler dont le PSE avait travaillé contre rémunération pendant au moins 910 heures en 2002 était de 5,1 %, soit bien en-deçà du taux relevé dans le cas des PSE sans aucune heure de travail rémunéré en 2002 (60,8 %) ou ayant effectué entre 1 et 909 heures de travail rémunéré (32,1 %).