Le présent document avait pour principal objectif d'examiner le développement des compétences des enfants immigrants (15 ans) à l'aide du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) et de l'Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) pour déterminer ses incidences sur la politique publique. Les recherches visaient à répondre aux quatre questions qui suivent :
À 16 ans, les jeunes de la plupart des provinces du Canada peuvent décider de demeurer à l'école pour obtenir leur diplôme en ayant pour but de poursuivre des études postsecondaires, obtenir leur diplôme et accéder au marché du travail, ou décrocher du système d'éducation structurée. Chez les immigrants récents (au Canada depuis un à cinq ans), le moment de ces décisions est crucial, puisque leurs compétences en lecture ne sont peut-être pas assez développes pour leur permettre de tirer le maximum de leur décision. Ce problème est encore plus important chez les immigrants dont la langue parlée à domicile n'est ni le français ni l'anglais. Toutefois, la plupart des immigrants semblent avoir rattrapé leur retard après cinq ans d'intégration.
En 2000, parmi l'ensemble des pays participants, y compris le Canada, les filles ont été meilleures que les garçons en lecture. Au Canada, l'écart entre les compétences en lecture des garçons et des filles s'établissait à 32 points. L'analyse des résultats des deux groupes d'immigrants a révélé des désavantages semblables pour les garçons. Les garçons immigrants étaient les élèves les plus désavantagés sur le plan des résultats en lecture. Toutefois, le fossé entre les sexes était pratiquement le même pour tous les groupes d'immigrants et le même que celui entre les sexes des élèves nés au Canada. Cela veut dire que les interventions les plus rigoureuses devraient viser à améliorer les résultats des garçons de façon à réduire l'écart de compétences en lecture entre les sexes des élèves de souche, de première génération et immigrants.
Bien que ce ne soit pas si évident dans les analyses bivariées, les élèves immigrants et de première génération réussissent en moyenne moins bien en lecture que leurs homologues nés au Canada. Le désavantage du point de vue des compétences en lecture est particulièrement significatif pour les garçons immigrants, les élèves dont la langue parlée à domicile est une autre langue que la langue du test et ceux qui habitent au Canada depuis moins de cinq ans. Sur une note positive, la durée de résidence au Canada avait tendance à affaiblir ces différences, ce qui indique une intégration rapide. En moyenne, une durée de résidence de cinq ans au Canada permettait de réduire l'écart de compétences en lecture de plus de 60 %. De plus, les personnes exposées à domicile à une langue qui correspond à la langue du test ne montrent pas de désavantages sur le plan des compétences en lecture, indépendamment de la durée de résidence au Canada.
Enfin, les analyses à niveaux multiples cherchaient à déterminer les effets des écoles sur les compétences en lecture des élèves immigrants. En moyenne, et cela est vrai dans l'ensemble des groupes analysés, on établissait une association positive entre la situation socio-économique moyenne des écoles et le rendement moyen des écoles en lecture. Le choix des écoles dans les diverses régions du Canada n'avait pas d'effet sur les élèves nés à l'étranger. Chez les élèves de première génération, il y avait un avantage moyen considérable pour les écoles de la région de l'Atlantique, des Prairies et de la Colombie-Britannique. Toutefois, les différences inter-écoles causeraient une moins grande variation des résultats que les différences intra-écoles. Cela veut dire que, sur le plan des compétences en lecture, le choix d'école n'est pas aussi important que les caractéristiques individuelles de l'élève.