La présente section explore la relation de certaines caractéristiques clés des immigrants et des élèves de première génération, notamment la durée de résidence au Canada, la langue parlée à domicile et le sexe, avec leur niveau de compétence en lecture au PISA 2000.
La figure 2 présente un simple résumé descriptif de la population des jeunes de 15 ans au Canada en 2000. Tel que décrit précédemment, on y compte trois groupes différents d'élèves : les élèves de souche, les élèves de première génération et les élèves immigrants (voir définitions à la section III). Chaque bulle de la figure 2 contient les résultats moyens en lecture selon le statut d'immigrant. La moyenne de l'OCDE a été fixée à 500 points.
Au Canada, les résultats moyens en lecture des élèves de souche et de première génération n'étaient pas statistiquement différents (537,5 et 539,5 respectivement), mais les élèves immigrants se classaient plus bas en moyenne (515,6). Cet écart de 24 points équivaut à peu près à une demi-année de scolarité (Willms, 2004). Toutefois, les trois groupes se classaient bien au-dessus de la moyenne de l'OCDE, qui s'établissait à 500.
De plus, la figure 2 illustre davantage la distribution des résultats en lecture entre les trois groupes selon la langue parlée à domicile et le temps passé par les jeunes immigrants au Canada. Il est clair, selon cette figure, que le fait qu'un élève parle ou non la langue du test à la maison est un important facteur qui détermine son résultat en lecture. Chez les élèves de souche, on observait une différence de 42 points, similaire à celle observée chez les élèves immigrants. La différence est beaucoup moins grande chez les élèves de première génération (26,7 points).
De plus, chez les élèves immigrants qui sont nés à l'extérieur du Canada, l'âge auquel ils sont arrivés au Canada a son importance. Ceux qui sont au Canada depuis plus de cinq ans (qui sont arrivés avant l'âge de 10 ans) ont obtenu 39,3 points de plus que ceux qui étaient au Canada depuis moins de cinq ans (qui étaient arrivés après avoir eu 10 ans).
La figure 3 présente une répartition des élèves immigrants seulement et de leurs résultats en lecture selon leur exposition à la langue parlée à domicile et à la durée de résidence au Canada. Nous avons créé quatre quadrants, chacun représentant un groupe d'élèves ayant une durée de résidence et une langue parlée à domicile différente.
Comme prévu, plus la durée de résidence au Canada augmente, plus les résultats en lecture augmentent, indépendamment de la langue parlée à domicile. De même, indépendamment de la durée de résidence, l'utilisation de la langue du test à la maison est associée à des résultats en lecture plus élevés chez les élèves immigrants. Par conséquent, un élève né à l'extérieur du Canada, qui habite au Canada depuis moins de 5 ans et parle une langue autre que la langue du test à domicile se bute à un double désavantage, et se classe 21,7 points plus bas que la moyenne de l'OCDE (500).
Les résultats au PISA 2000 révèlent que dans les 32 pays participants, les filles de 15 ans surpassent les garçons en compréhension de l'écrit. Au Canada, 32 points séparent les garçons et les filles (OCDE, 2001). Le tableau 1 présente une répartition des résultats entre les trois groupes selon le sexe. Parmi les élèves de première génération et les élèves de souche, les filles obtenaient les résultats les plus élevés en lecture (555,2 et 554,3 respectivement), et chez les garçons, il n'y avait pas de différence entre les deux groupes (521,7 et 521,0).
| Résultat moyen en lecture | Erreur type | |
| Garçons de souche | 521,0 | 2,04 |
| Filles de souche | 554,3 | 1,91 |
| Garçons de première génération | 521,7 | 5,29 |
| Filles de première génération | 555,2 | 4,42 |
| Garçons immigrants | 499,7 | 5,75 |
| Filles immigrantes | 531,2 | 6,67 |
| Moyenne canadienne | 537,0 | 1,6 |
| Moyenne de l'OCDE | 500,0 |
Les garçons et les filles qui ne sont pas nés au Canada réussissent moins bien que leurs homologues du même sexe, sauf que les filles immigrantes obtiennent des résultats moyens en lecture plus élevés que les garçons de souche et de première génération. Il est intéressant de noter que le fossé entre les sexes était pratiquement le même entre les trois groupes d'élèves — à environ 34 points. Sachons que les six groupes d'élèves ont obtenu des résultats en lecture égaux ou supérieurs à la moyenne de l'OCDE (500).