Bien qu'il existe une documentation sur les questions d'intégration des immigrants sur le marché du travail, un moins grand nombre d'études examinent les résultats des enfants et des jeunes immigrants. Ce bilan documentaire se concentre sur les études qui évaluent les mesures des résultats au fil du temps pour examiner le rendement initial et la progression des enfants et des jeunes immigrants au Canada, deux indicateurs clés de l'intégration.
Sweetman (1998) compare les résultats scolaires en mathématiques et en sciences des enfants immigrants à ceux des enfants de souche en utilisant des données sur l'Australie, le Canada, la Grande-Bretagne et les États-Unis extraites de la troisième Enquête internationale sur les mathématiques et les sciences 1995 (TIMSS). Il constate que les résultats des enfants immigrants aux épreuves de mathématiques et de sciences sont généralement inférieurs à ceux des enfants de souche au Canada et aux États-Unis, mais supérieurs à ceux des enfants de souche en Australie. Il présente également des preuves de convergence avec les résultats moyens des enfants de souche en fonction du nombre d'années passées dans le système scolaire au Canada et aux États-Unis.
Worswick (2001) compare les résultats scolaires des enfants de parents immigrants à ceux des enfants de parents nés au Canada d'après l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ). Cette étude s'appuie sur les résultats aux épreuves de lecture et de mathématiques administrées aux enfants de 2e année, de même que sur les résultats au test de vocabulaire en images Peabody Picture (PPVT) administré aux enfants de maternelle et de 1re année. L'analyse s'appuie également sur les mesures qualitatives des résultats scolaires fournis par la personne qui connaît le mieux l'enfant (PCM) (la mère de l'enfant dans à peu près 90 % des cas), de même que les mesures qualitatives des résultats scolaires fournis par son enseignant. Les enfants de parents immigrants dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais affichaient, au cours de leurs premières années à l'école, un désavantage en vocabulaire et, dans une mesure moindre, en lecture de la 2e à la 5e années. Toutefois, à 14 ans, les résultats moyens de ces enfants étaient égaux ou supérieurs à ceux des enfants de parents nés au Canada et à ceux des enfants de parents immigrants dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais.
Dans un autre ouvrage, Worswick (2004) analyse la distribution entière des résultats aux tests des enfants d'immigrants à l'aide de l'ELNEJ. Cette étude avait pour but de voir si les résultats moyens obtenus dans Worswick (2001) cachaient d'importantes différences dans la répartition des résultats aux épreuves. Les résultats moyens d'un groupe démographique d'enfants en particulier peuvent s'approcher d'un niveau acceptable, tandis qu'un pourcentage considérable d'enfants peuvent obtenir des résultats très faibles. Worswick (2004) a observé que le 10e percentile de la distribution des résultats en vocabulaire (PPVT) était plus faible chez les enfants de parents immigrants dont la langue maternelle n'était ni le français ni l'anglais que chez les enfants de parents nés au Canada. Toutefois, cette différence est présente principalement à la maternelle, et non aux années ultérieures dans les épreuves de lecture et de mathématiques.
Ma (2003) analyse les résultats en lecture, en mathématiques et en sciences des jeunes immigrants au Canada à l'aide de données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Ses recherches démontrent qu'il n'y a pas de différences entre les élèves immigrants et non immigrants en mathématiques, mais qu'il y a des différences de résultats favorables aux élèves non immigrants en lecture et en sciences. Cette étude n'analyse qu'une catégorie d'immigrants — ceux nés à l'extérieur du Canada — et ne touche pas aux résultats des élèves de première génération (nés au Canada de parents nés à l'extérieur du pays).