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Sommaire de recherche

Ames, Elinor 1997, The Development of Romanian Children Adopted into Canada: Final Report, Burnaby, Simon Fraser University. Étude financée par les Subventions nationales au bien-être social.

Contexte

Pour obtenir une information semblable, consulter Fisher et coll., 1997, « Problems Reported by Parents of Romanian Orphans Adopted to British Columbia », International Journal of Behavioral Development, volume 20(1), pp. 67 à 82.

La recherche de Mme Ames, qui portait sur des enfants qui vivaient dans des orphelinats et ont été adoptés par des familles de la Colombie-Britannique en 1990-1991 visait à examiner les effets d'une privation précoce sur le développement de l'enfant. L'étude porte sur le développement intellectuel, les problèmes de nature médicale, comportementale et sociale, l'attachement et les comportements amicaux non discriminants, le stress des parents, les facteurs liés aux résultats et les recommandations.

L'étude portait sur trois groupes : un groupe d'orphelins roumains (OR), constitué de 46 enfants qui avaient été placés en établissement en Roumanie pendant au moins huit mois et dont la durée médiane du séjour en établissement avait été de 17,5 mois; un groupe d’enfants nés au Canada (ENC), formé de 46 enfants non adoptés et n’ayant jamais séjourné en établissement, et un groupe d’enfants adoptés en bas âge (EABS), qui comprenait 29 enfants roumains adoptés par des familles de la Colombie-Britannique avant l'âge de quatre mois.

Les enfants ont été étudiés à deux reprises au cours de cette étude longitudinale. La première étape de l’étude a commencé au moment où les OR ont passé 11 mois (temps médian) dans leur foyer adoptif et avaient en moyenne 29,5 mois. La deuxième étape a eu lieu après un séjour de 39 mois (temps médian) de ces enfants dans leur foyer adoptif. La plupart des enfants étaient alors âgés de quatre ans et demi.

Conditions de vie en orphelinat des OR et des EABA

  • Soixante-quinze pour cent des parents ont déclaré que leurs enfants n'avaient pas suffisamment à manger au cours de leur séjour en établissement. Cinquante-six pour cent ont dit que leurs enfants n'avaient pas suffisamment à boire (Ames, 15).
  • Selon les parents, le ratio enfants/préposé était de dix pour un en moyenne.
  • Les parents ont dit que les orphelinats roumains étaient ternes et tranquilles. Les préposés parlaient rarement aux enfants, et les tout-petits ne manifestaient aucune réaction.

Développement intellectuel

Première étape

  • À l'adoption, tous les OR accusaient un retard sur le plan du développement. Cela comprend la motricité fine et les mouvements globaux, ainsi que les capacités personnelles et sociales et les habiletés linguistiques.
  • Les OR accusaient un retard dans moins de domaines s'ils avaient passé moins de temps en orphelinat, s'ils avaient joué avec des jouets, s'ils avaient été les favoris des préposés et s'ils étaient tenus propres pendant leur passage en établissement.
  • Les enfants inscrits au programme de développement de la Colombie-Britannique ont progressé rapidement.

Deuxième étape

  • Après avoir passé trois ans en moyenne au Canada, les OR avaient le quotient intellectuel le plus faible, soit un score moyen global de 90, les EABA se retrouvaient au milieu avec une moyenne de 98, et les ENC ont obtenu les meilleures notes, soit une moyenne de 106.
  • Les OR adoptés après deux ans avaient le quotient intellectuel le plus faible, et on estimait que 56 % d'entre eux n'étaient pas prêts à suivre des cours à un niveau convenant à leur âge, par rapport à 17 % des EABA (Ames, 30).
  • Le quotient intellectuel des OR était inférieur s'ils avaient passé plus de temps en orphelinat et si leur famille avait adopté deux OR en même temps.

Santé

Première étape

  • On a signalé que 85 % des OR avaient éprouvé au moins un problème de santé, ce qui est une proportion plus élevée que chez les ENC et les EABA (Ames, 42).
  • La plupart des problèmes de santé des OR existaient au moment de leur adoption, tout comme ceux de 65 % des EABA (ibidem)
  • Les problèmes de santé les plus courants comprenaient les parasites intestinaux, que l'on a relevés seulement chez les OR, tandis que l'on a relevé des problèmes d'hépatite B et d'anémie chez les OR et EABA.

Deuxième étape

  • La taille, le poids ainsi que l’état de santé général de la plupart des OR et des EABA s’étaient beaucoup améliorés depuis leur arrivée au Canada. Toutefois, à quatre ans et demi et plus, les OR pesaient, en moyenne, 2,5 kilogrammes de moins que les ENC, et étaient, en moyenne, plus courts de deux pouces que ces derniers, et un pouce plus courts que les EABA (Ames, 42).
  • Plus d'OR que de ENC éprouvaient au moins deux problèmes de santé. La gravité moyenne de leurs problèmes n'était pas plus importante que celle des ENC.
  • Plus les OR étaient restés longtemps en orphelinat, plus ils étaient petits pour leur âge.
  • À aucune des deux étapes, les EABA n'étaient différents des ENC sur le plan des problèmes de santé.

Problèmes comportementaux et sociaux

Première étape

  • Quatre-vingt-quatre pour cent des OR ont manifesté des comportements stéréotypés (comme le fait de se balancer de fixer leurs mains qui bougent) tandis qu'on a constaté ce comportement chez un seul EABA, mais chez aucun enfant né au Canada. Soixante-cinq pour cent des OR ont présenté des troubles de l'alimentation, 28 % demeuraient tranquillement dans leur lit sans manifester de signe d’éveil, et 32 % se sont isolés de leurs frères et sœurs et de leurs pairs (Ames, 46-47). Aucun enfant adopté en bas âge et né au Canada n'a manifesté ce genre de comportement. Selon Ames, il se pourrait que ces comportements dénotent une adaptation à la condition d'institutionnalisation plutôt que des problèmes de nature physiologique.

Deuxième étape

  • Soixante-douze pour cent des parents d'OR ont signalé des problèms graves de nature comportementale, émotionnelle ou sociale.
  • Les OR continuent d’éprouver plus de problèmes comportementaux que les ENC : une aide professionnelle s’impose manifestement pour 36 % d’entre eux. Leurs problèmes étaient maintenant extériorisés, c'est-à-dire que les enfants passent à l'acte.
  • Les OR éprouvaient plus de problèmes de comportement social avec leurs pairs que les ENC et que les EABA. Ces derniers manifestaient plus de problèmes de comportement social que les ENC.
  • Les problèmes liés à l'alimentation, sans compter les problèmes d'éveil et de relations avec les frères et sœurs, ont diminué à un point tel que les OR n'éprouvaient pas plus ce genre de problème que les ENC ou les EABA. Les OR continuent de manifester plus de comportements stéréotypés (comme le fait de se balancer et de fixer leurs mains qui bougent) que les ENC et EABA.
  • Soixante-seize pour cent des OR contre 23 % des EABA ont eu besoin d’au moins un service d'enseignement spécialisé, par exemple l'orthophonie, l'ergothérapie, etc. (Ames, 63).

Attachement et comportements amicaux non discriminants

Première étape

  • Les OR manifestaient un attachement moins solide que les ENC et les EABA.
  • Les ENC et les EABA n'étaient pas différents en ce qui concerne l'attachement.
  • Les OR manifestaient nettement plus de comportements amicaux non discriminants que les ENC et les EABA.

Deuxième étape

  • Le tiers des OR manifestaient des modèles d'attachement peu solides atypiques qui n'étaient pas courants chez les ENC et EABA (Ames, 73).
  • Les parents des OR ont mentionné que les comportements amicaux non discriminants n'avaient pas diminué par rapport à la première étape.

Stress parental

Première étape

  • Les parents des OR étaient plus stressés que ceux des ENC.
  • Les parents des OR ont mentionné que leurs enfants étaient beaucoup plus faciles à distraire.

Deuxième étape

  • Les parents des OR étaient plus stressés que les parents des deux autres groupes d'enfants.
  • Le tiers des parents des OR ont éprouvé suffisamment de stress pour laisser entendre qu'ils avaient besoin d'une aide professionnelle (Ames, 88).
  • Les parents des OR ont dit que leurs enfants leur paraissaient d'une certaine façon moins acceptables, exigeants sur le plan de l'attention, faciles à distraire et hyperactifs.
  • Le stress des parents était surtout lié au fait que leurs enfants éprouvaient plus de problèmes de comportement et manifestaient un attachement moins solide.

Écart des résultats des enfants

  • Trente pour cent des OR éprouvaient trois ou quatre problèmes graves, notamment un quotient intellectuel inférieur à 85, des problèmes de comportement supérieurs au seuil clinique, un attachement atypique et un comportement stéréotypé continu. Un seul enfant parmi le groupe des EABA éprouvait trois problèmes graves ou plus, mais aucun des ENC.
  • Les différences sur le plan des résultats ont été imputées à la durée de la période passée dans les orphelinats et aux caractéristiques de leur foyer adoptif. Les enfants se sont mieux comportés quand ils avaient passé moins de temps en orphelinat, quand les familles n'avaient adopté qu'un enfant de la Roumanie, quand les mères étaient plus âgées et quand les deux parents avaient choisi l'enfant. Une situation socioéconomique inférieure empêchait les parents de consacrer beaucoup de temps et d'énergie à atténuer les problèmes de leurs enfants. Cela a produit de médiocres résultats.

Recommandations

  • Les futurs parents et les responsables de l'adoption devraient considérer l'adoption d'enfants orphelins comme l’adoption d’un enfant ayant des besoins spéciaux.
  • Chaque mois qu'un enfant passe en orphelinat accroît ses problèmes de comportement et réduit sa capacité intellectuelle. C'est pourquoi les responsables de l'adoption doivent tenter de placer les enfants les plus jeunes toutes les fois où cela est possible.
  • Les particuliers et les organismes qui favorisent l'adoption d’enfants étrangers devraient offrir aux parents qui envisagent d'adopter des orphelins une préparation spécialisée avant l'adoption. Les parents devraient être prévenus que le temps et l'énergie nécessaires pour répondre aux besoins d'un enfant adopté d'un orphelinat sont tels qu'il n’est pas sage d'adopter plus d'un enfant à la fois ou d'introduire un enfant dans une famille qui compte déjà plusieurs jeunes enfants.
  • Les programmes de préparation à l'adoption devraient permettre aux futurs parents adoptifs d'entrer en communication avec des groupes de soutien ou des parents qui ont déjà adopté, comme ils envisagent de le faire, des enfants placés en orphelinat.
  • Tous les enfants adoptés à l'étranger devraient subir un examen médical complet à leur arrivée au Canada.
  • Les enfants adoptés qui ont séjourné dans les orphelinats devraient participer à des programmes de développement de l'enfant ou à des programmes préscolaires spécialisés susceptibles de les aider dans leur développement.
  • Les organismes qui travaillent dans le domaine de l’adoption internationale devraient être tenus de fournir un soutien postérieur à l'adoption aux parents qui adoptent des enfants ayant séjourné dans un orphelinat, et tous les parents devraient être incités à y participer.
  • On devrait effectuer une étude longitudinale sur les enfants adoptés ayant séjourné dans un orphelinat dans d’autres pays; on pourrait ainsi examiner les effets de variables relatives aux orphelinats susceptibles d’améliorer les résultats.

Mme Elinor Ames est affiliée à l'Université Simon Fraser de Burnaby (Colombie-Britannique) (elinor_ames@sfu.ca).

On peut obtenir le texte intégral de la façon suivante :

On peut obtenir le rapport final auprès des responsables de la Romanian Adoption Study, Département de psychologie, Université Simon Fraser, Burnaby (Colombie-Britannique) V5A 1S6.

Bibliothèque de Développement des ressources humaines Canada (819) 994-2603

Benoít, Teresa, Leslie Jocelyn, Diane Moddemann et Joanne Embree. (1996) «Romanian Adoption: the Manitoba Experienc » Archives du Pediatrics & Adolescent Medicine. Vol. 150, p. 1278-1282.

L’étude sur laquelle repose cet article vise à évaluer 22 enfants roumains adoptés par 18 familles manitobaines afin d’examiner leur état initial sur le plan du comportement, du développement et de la santé.

Parmi les enfants adoptés, six étaient âgés de six mois ou moins au moment de l’adoption, cinq étaient âgés entre sept et douze mois, huit entre treize et 24 mois, et trois avaient plus de 24 mois. Dix enfants ont été adoptés auprès d’institutions et cinq en étaient à leur troisième placement ou plus.

Au moment de l’évaluation initiale, les enfants adoptés étaient en moyenne âgés de dix-neuf mois; ils avaient en moyenne 35 mois lors de l’évaluation de suivi.

Avant d’adopter leur enfant, quinze couples ont reçu des conseils de médecins, de travailleurs sociaux et/ou d’autres parents.

Constations initiales sur l’état de santé

  • On a constaté que 32 % des enfants se situaient sous le cinquième centile en ce qui a trait à la taille par rapport à leur groupe d’âge; 36 % se situaient sous le cinquième centile en ce qui a trait au poids; enfin 45 % se situaient sous le cinquième centile en ce qui a trait à la circonférence de la tête.
  • On a décelé d’autres problèmes de santé, dont : strabisme convergent (1), rachitisme (1), gale (2), parasites intestinaux (5), hépatite B (6), séropositivité (1).

Constations sur l’état de santé lors de l’évaluation de suivi

  • On a observé des améliorations notables dans les paramètres de croissance lors de l’évaluation de suivi alors qu’environ 10 % des enfants se situaient sous le cinquième centile pour ce qui est de la taille par rapport à leur groupe d’âge; environ 5 % se situaient sous le cinquième centile quant au poids, et tout près de 20 % se situaient sous le cinquième centile relativement à la circonférence de la tête.
  • Cinq enfants souffraient d’une microcéphalie persistante (circonférence de la tête anormalement plus petite que la moyenne par rapport à l’âge et au sexe).

Constations initiales sur le développement et le comportement

  • On a mesuré le niveau de développement des enfants selon leur motricité fine et globale et selon leurs capacités cognitives et langagières. Les résultats moyens des enfants dans toutes ces facettes de leur développement se situaient à peine près de la note de passage.
  • Voici les données recueillies : 55 % des enfants adoptés présentaient des troubles du comportement au moment de l’évaluation initiale; 18 % des enfants avaient des tendances d’auto-stimulation; 32 % n’arrivaient pas à établir un contact visuel; 32 % préféraient les objets aux personnes; 36 % avaient un comportement de jeu anormal (en anglais, brief play); enfin, 32 % démontraient un niveau d’activité inapproprié (hypoactivité ou hyperactivité).

Constations sur le comportement et le développement lors de l’évaluation de suivi

  • Le degré de développement des enfants adoptés se situait dans la moyenne lors de l’évaluation de suivi.
  • On a constaté des améliorations importantes sur le plan du comportement : seulement 9 % démontraient un comportement d’auto-stimulation; 9 % n’étaient pas en mesure d’établir un contact visuel; 14 % préféraient les objets aux personnes; 27 % adoptaient un comportement de jeu anormal et 32 % présentaient un niveau d’activité inapproprié. Les chercheurs ont noté qu’un enfant qui était normal au départ, a démontré un comportement hyperactif lors de l’évaluation de suivi.
  • Plusieurs enfants n’avaient pas progressé du tout, ni sur le plan du développement ni sur le plan physique.

Commentaires des auteurs

  • Les enfants placés dès l’âge de six mois ou plus jeune encore sont généralement adoptés auprès de leur famille naturelle, et la majorité de ces enfants démontraient une courbe de croissance, un développement et un comportement normaux tant à l’évaluation initiale qu’à l’évaluation de suivi. Les enfants qui ont été adoptés un peu plus tard dans leur vie risquaient de présenter des lacunes sur le plan de la croissance, du développement et du comportement.
  • Les améliorations les plus considérables ont été remarquées chez les enfants qui avaient obtenu une note de passage lors de l’évaluation initiale.
  • On a recommandé une intervention pour 36 % des enfants de l’étude. Quatre enfants qui, lors de l’évaluation initiale, présentaient des déficits cognitifs importants ont été référés à des programmes de développement de la petite enfance et à des services additionnels, tels que des services sociaux, d’ergothérapie et d’orthophonie. Lors de l’évaluation de suivi, un enfant s’est classé dans la moyenne, deux ont obtenu une note de passage et un n’avait pas progressé du tout.
  • L’enfant séropositif était tout à fait normal sur le plan du développement, mais il fallait procéder à une intervention pour résoudre ses problèmes de comportement. Cet enfant avait obtenu des résultats négatifs lors de tests de dépistage effectués en Roumanie et en Autriche, mais il s’est révélé séropositif selon l’examen effectué au Canada. Dans le cas d’enfants adoptés à l’étranger, les auteurs recommandent aux parents de demander à ce que des tests soient effectués continuellement pour dépister des maladies infectieuses. Ils leur recommandent également d’assister à des séances d’information sur la prévalence du VIH et sur les procédures de dépistage dans les pays étrangers.
  • Lors de la visite initiale, bien des enfants présentaient des retards de croissance. Au moment de l’évaluation de suivi, des améliorations importantes ont été notées sur le plan de la taille et du poids. Cela suggère que la privation de nourriture et l’environnement malsain ont joué un rôle important dans la plupart des cas de retard.
  • On a remarqué que 41 % des enfants parvenaient graduellement à résoudre leurs problèmes de comportement après avoir été confiés à leur famille adoptive. On a associé les troubles de comportement persistants à de mauvais résultats sur le plan cognitif.

Les Dres Benoît, Jocelyn et Moddeman sont attachées au département de pédiatrie et de santé de l’enfant, à la section du développement de l’enfant, et la Dre. Embree est attachée au département de pédiatrie et de santé de l’enfant, à la section des maladies infectieuses, au centre des sciences de la santé de l’Hôpital pour enfants de Winnipeg, au Manitoba.

Document complet disponible auprès des universités suivantes :
Université de la Colombie-Britannique * — (604)822-6596
Université de Calgary* — (403)220-7419
Université du Manitoba — (204)789-3345
Université McGill — (514)398-4732
Université McMaster — (905)525-9140 x22546
Université de la Saskatchewan — (306)966-5995
Université St. Francis Xavier — (902)867-2421

Chisholm, Kim. (2000) « Attachment in Children Adopted from Romanian Orphanages » dans Crittenden, Patricia et Claussen, Angelika. Organization of Attachment Relationships. Angleterre : Presses de l’Université de Cambridge p. 171‑189.

Contexte

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les mécanismes d'attachement des enfants roumains adoptés, consultez :

  • Chisholm, Kim et autres (1995). « Attachment Security and Indiscriminately Friendly Behavior in Children Adopted from Romanian Orphanages. » Development and Psychopathology, vol. 7 p. 283-294
  • Chisholm, Kim. (1998) « A Three Year Follow-up of Attachment and Indiscriminate Friendliness in Children Adopted from Romanian Orphanages. » Child Development, vol. 69, numéro 4, p. 1092‑1106.

L’étude dont cet article est tiré se penche sur le développement et l’établissement des liens de deux enfants roumains adoptés au Canada. L’objectif de l’étude consiste à déterminer la capacité des enfants ayant vécu en établissement à développer un sentiment d’attachement.

Jill a été adoptée par sa mère Pat, femme de carrière célibataire, lorsqu’elle avait trois ans et trois mois. Jamie a été adopté avec son frère jumeau Todd, par Rose et Eric, lorsqu’ils avaient quatre ans et cinq mois. En raison des similarités entre les conditions de petite enfance de Jill et de Jamie, ce dernier a été choisi pour faire l’objet de l’étude plutôt que Todd.

Les renseignements sur les enfants et leur famille ont été obtenus dans le cadre de deux longues entrevues menées auprès des mères adoptives. La première entrevue a été effectuée presque un an après l’arrivée de Jill dans son foyer adoptif et sept mois après l’arrivée de Jamie. La deuxième entrevue a été réalisée environ trois ans plus tard.

Les deux mères adoptives ont discuté des conditions dans les orphelinats d’où provenait leur enfant, de la condition de leur enfant avant l’adoption, des premiers problèmes vécus avec leur enfant, des problèmes vécus trois ans après l’adoption et des différents liens d’attachement développés avec les enfants adoptés.

L’attachement a été mesuré au moyen d’une séance de sépraration-retrouvailles au cours de laquelle la mère et l’enfant devaient interagir par le jeu.

Conditions institutionnelles de Jill et Jamie

Les deux enfants ont vécu dans de piètres conditions. La mère adoptive de Jill a souligné que les enfants à l’orphelinat étaient sales et couverts de piqûres d’insectes. Les parents adoptifs de Jamie ont indiqué que l’orphelinat était insalubre et non chauffé. Des égratignures sur le dos de Jamie laissaient présager de l’abus physique.

Condition de Jill lors de son adoption à trois ans et trois mois

  • Jill présentait un retard considérable au niveau de la motricité globale, de la motricité fine et du langage.
  • Jill souffrait d’anémie, de parasitose intestinale et d’otites chroniques lesquelles ont occasionné une perte d’audition de 40 % dans une de ses oreilles.
  • Jill était souvent silencieuse, maussade, elle suçait ses doigts et se balançait constamment. Elle se fâchait facilement et faisait des crises de colère. Jill éprouvait également des difficultés à manger.
  • Jill était terrifiée par les toilettes, le bain, le bruit fort, les hommes et les animaux.

Progrès réalisés par Jill au cours de la première année d’adoption

  • Au cours des six premiers mois suivant son arrivée au Canada, Jill a grandi de six pouces et a pris dix livres.
  • Même si les habilités d’expression verbale de Jill s’amélioraient, elle présentait toujours des difficultés à ce niveau.
  • Jill a souffert d’une perte auditive, mais les médecins ne croient pas que celle-ci sera permanente.
  • Jill n’a maintenant plus de difficulté à manger. Elle suce toujours ses doigts et elle se balance seulement lorsqu’elle est nerveuse.
  • Jill a toujours peur des bruits forts et des chiens.
  • Contrairement à sa méfiance initiale envers les personnes, Jill a plutôt une attitude chaleureuse envers tout le monde et a tendance à s’égarer.

Progrès réalisés par Jill trois ans et trois mois après l’adoption

  • Jill a fait d’énormes progrès au niveau de la motricité fine et globale. Elle a également amélioré ses habilités d’expression verbale Elle était débordante d’énergie, savait nager, aller à vélo et était en train d’apprendre à patiner.
  • Jill avait toujours peur des bruits forts, malgré le fait qu’elle ne se balançait plus, elle continuait à sucer ses doigts et à traîner un chat en peluche comme objet sécurisant.
  • Jill affichait toujours une attitude chaleureuse avec tout le monde découlant, selon la mère, du récent diagnostic de trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention.

Évaluation de l’attachement

L’auteur qualifie la relation entre Jill et sa mère de sécurisante. Comme tous les enfants jouissant d'un attachement sécurisant, on a constaté une réduction impressionnante de la participation au jeu lorsque Pat a quitté la pièce. Jill a également manifesté de l’inquiétude à savoir où se trouvait sa mère après son départ. Cependant, certains comportements de Jill ne s’inscrivaient pas du tout dans les mécanismes d’attachement sécurisant habituels. Par exemple, Jill attendait que Pat structure le jeu. Mme Chisholm a également noté que le comportement de Jill face au jeu n’était pas empreint de la créativité et de la complexité habituellement présentes chez les enfants jouissant d’un attachement sécurisant.

Condition de Jamie lors de son adoption à quatre ans et cinq mois

  • À son adoption, Jamie présentait des retards dans toutes les sphères du développement.
  • Jamie se situait en dessous du cinquième percentile pour son âge par rapport à tous les paramètres de croissance.
  • Jamie se dépêchait toujours pour manger et buvait constamment.
  • Jamie était très passif et ne souriait pas. Il se balançait sans arrêt et suçait son pouce. Il pleurait rarement et n’aimait pas être pris ou caressé.
  • Jamie avait peur des animaux, des bains et des hauteurs.
  • Jamie adoptait une attitude chaleureuse envers tout le monde.

Progrès réalisés par Jamie sept mois après son adoption

  • Jamie n’avait pratiquement pas amélioré ses difficultés de comportement.
  • Le développement physique de Jamie avait progressé, mais sa motricité fine et ses capacités langagières accusaient toujours du retard. Jamie avait aussi commencé à bégayer.
  • Jamie éprouvait toujours de la difficulté à manger.
  • Jamie se balançait toujours et suçait encore son pouce.
  • Jamie adoptait encore une attitude chaleureuse envers tout le monde.
  • Jamie avait aussi tendance à faire des crises de colère. L’utilisation du « retrait » pour gérer son comportement s’était avérée inefficace.

Progrès réalisés par Jamie deux ans et quatre mois après son adoption

  • Avec la présence d’une aide-enseignante, Jamie s’était bien adapté à la maternelle, mais il éprouvait des difficultés en première année.
  • Il accusait toujours du retard au niveau du langage, mais son bégaiement s’était amélioré.
  • Jamie se balançait moins et suçait moins sont pouce, mais il avait toujours ces comportements lorsqu’il était fâché.
  • Jamie avait toujours peur des chiens et des bruits forts.
  • Jamie adoptait toujours une attitude chaleureuse envers tout le monde et faisait encore des crises de colère lorsqu’il était frustré ou puni.
  • Jamie ne jouait pas comme la majorité des enfants de sept ans, ce qui motivait ses pairs à le rejeter.
  • Jamie présentait un besoin de briser des objets.

Évaluation de l’attachement

Mme Chisholm rapporte que le comportement de Jamie correspond à un mécanisme de défense qu’il utilise pour conserver l’accès à la figure d’attachement tout en évitant de s’investir émotionnellement. Jamie a inhibé toute expression d’émotions négatives. Mme Chisholm émet l’hypothèse que l’expression d’émotions négatives pourrait entraîner le rejet de la figure d’attachement. Elle note également que le comportement de Rose influence le comportement de Jamie. Lors de ses interactions avec Jamie, Rose était silencieuse et renfermée. Lorsqu’elle a initié une interaction, elle ne semblait pas être convaincue que Jamie allait réagir. Souvent, le regard de Rose n’était pas dirigé directement sur Jamie. Jamie et Rose étaient maladroits dans leurs interactions mutuelles et on a noté très peu de moments, au cours de la séance de jeu supervisée, où ils étaient assez proches pour se toucher.

Qu’est-ce qui explique les différences?

Mme Chisholm dénote plusieurs différences qui ont sûrement contribué aux divers mécanismes d’attachement développés par Jill et Jamie. Elle souligne entre autres :

  • On soupçonnait que Jamie avait été victime d’abus physique à l’orphelinat.
  • Rose a passé beaucoup de son temps à discipliner Jamie en raison de ses troubles de comportement, ce qui s’était d’ailleurs avéré inefficace. Mme Chisholm soupçonne que cette situation aurait pu contribuer au détachement de Rose.
  • Rose et Eric avaient également déménagé deux fois depuis l’adoption de Jamie.
  • Rose avait l’impression d’être incapable de trouver quelqu’un pour lui offrir du répit, car les troubles de comportement de Jamie étaient trop difficiles à gérer.
  • Rose était silencieuse et renfermée pendant la séance de jeu. Elle témoignait une attention fugace à l’égard du jeu de Jamie.
  • Rose et Eric faisaient partie d’un groupe de soutien formé de parents ayant adopté des enfants roumains. Cependant, Rose n’avait pas l’impression que le groupe l’aidait et se sentait, par conséquent, laissée pour compte. Rose avait bénéficié de très peu d’aide et de conseils concernant la façon de gérer le comportement de Jamie.
  • À l’opposé, Jill était la seule enfant de la famille et habitait la même résidence depuis son adoption.
  • Pat avait reçu de la formation sur les besoins particuliers des enfants et était donc peut-être mieux préparée pour faire face aux différents problèmes de Jill.
  • Pat bénéficiait d’un vaste réseau de soutien formé d’amis et de parents.
  • Pat était ravie du comportement de sa fille et de leurs interactions mutuelles.

Mme Chisholm estime que ces études de cas ont permis de recueillir de précieux renseignements sur le processus d’attachement et sur la capacité d’adaptation des enfants ayant vécu en institution. L’article précise qu’il est effectivement possible de créer une relation d’attachement avec des enfants qui ont passé les trois ou quatre premières années de leur vie dans une institution.

Kim Chisholm est attachée au Département de psychologie de l’Université Saint-Francis-Xavier à Antigonish, Nouvelle-Écosse.

Pour obtenir le texte intégral :

Université de l’Alberta — (780) 492-3795
Université McGill — (514) 398-4732
Université Memorial — (709) 737-7424
Université d’Ottawa — (613) 562-5210
Université de la Saskatchewan — (306) 966-5996
Université Simon Fraser — (604) 291-3625

CHISHOLM, Kim, Margaret CARTER, Elinor AMES et Sara MORISON. « Attachment security and indiscriminately friendly behaviour in children adopted from Romanian orphanages », Development and Psychopathology, vol. 7 (1995), p. 283-294.

Contexte

Pour l’étude longitudinale réalisée en 1998, consultez l’article suivant : CHISHOLM, Kim. « A Three Year Follow-up of Attachment and Indiscriminate Friendliness in Children Adopted from Romanian Orphanages » Child Development, vol. 69, n° 4 (1998), p. 1092-1106.

L’article repose sur une étude au cours de laquelle on a examiné l’attachement et les comportements amicaux non discriminants de 46 enfants qui ont passé au moins huit mois dans un orphelinat roumain avant d’être adoptés par des familles canadiennes (groupe OR). En moyenne, les enfants avaient 19 mois à l’adoption. Au moment où les parents adoptifs ont été interviewés, l’âge moyen des enfants était de 30 mois.

On a comparé les conclusions tirées de cette étude avec celles issues de deux groupes, l’un formé de 46 enfants non adoptés nés au Canada (groupe NC), et un autre formé de 29 enfants roumains adoptés avant l’âge de quatre mois par des familles canadiennes (groupe RC). En moyenne, les enfants du groupe RC avaient 2,3 mois à l’adoption. Au moment où les parents adoptifs ont été interviewés, l’âge moyen des enfants du groupe RC était de 25 mois.

On a comparé les enfants des groupes NC et RC avec des enfants de même sexe et de même âge (moins d’un mois de différence) du groupe OR.

Attachement

En ce qui concerne l’évaluation de la solidité des liens d’attachement, les chercheurs constatent que les enfants du groupe OR ont obtenu des résultats nettement inférieurs à ceux des enfants des groupes NC et RC. Il n’y a aucune différence à cet égard entre les enfants du groupe RC et ceux du groupe NC.

Les auteurs notent que la principale différence qu’il y a entre les enfants des groupes OR et NC, relativement au modèle d’attachement, est que les enfants du groupe OR manifestent un comportement d’attachement ambivalent. Ce type de comportement est caractérisé par un sentiment d’ambivalence à l’égard d’un dispensateur de soins en situation de détresse. L’enfant adopté recherche les contacts tout en manifestant de la colère et de la résistance. Il n’est pas facilement réconforté. Les chercheurs donnent l’exemple d’un enfant qui veut être déposé par terre, puis qui fait une crise ou désire se refaire prendre immédiatement.

Bien que les parents des groupes OR, RC et NC aient obtenu des résultats similaires en ce qui concerne l’attachement parental, c’est-à-dire l’engagement envers le rôle de parent, c’est seulement dans le groupe OR qu’on a pu établir une corrélation significative entre l’attachement parental et les résultats obtenus par les enfants dans l’évaluation de l’attachement. Si de faibles résultats à cet égard peuvent être suffisants pour les enfants des groupes NC et RC, les enfants du groupe OR, quant à eux, peuvent nécessiter un niveau supérieur d’engagement parental qui peut se traduire par une plus grande chaleur affective ou une meilleure capacité de comprendre les signaux que donnent les enfants. Les chercheurs émettent l’hypothèse que les comportements peu communicatifs et les problèmes de comportement qu’affichent les enfants du groupe OR peuvent avoir rendu la tâche plus difficile à leurs parents dans les efforts qu’ils déploient pour répondre à leurs besoins d’une manière qui favorise l’attachement sécurisant.

Les chercheurs notent que les résultats qu’ont obtenus les enfants du groupe OR lors de l’évaluation de la solidité des liens d’attachement n’étaient pas reliés à l’âge auquel ils avaient été adoptés ni au temps qui s’est écoulé depuis leur adoption. Leurs résultats plus faibles peuvent fort probablement être attribués à l’expérience qu’ils ont eue pendant une période prolongée dans les orphelinats où ils ont souffert de négligence et de privation sociale.

Comportements amicaux non discriminants

Les enfants du groupe OR manifestent nettement plus des comportements amicaux non discriminants que les enfants du groupe RC. On signale que 43 % des enfants du groupe OR déambulent sans détresse par rapport à 24 % des enfants du groupe RC, 65 % des enfants du groupe OR se montrent très amicaux envers tous les adultes inconnus par rapport à 45 % du groupe RC, 42 % des enfants du groupe OR ne sont jamais timides en présence d’adultes inconnus par rapport à 14 % des enfants du groupe RC, 61 % des enfants du groupe OR abordent des adultes inconnus par rapport à 34 % des enfants du groupe RC et 52 % des enfants du groupe OR se rendraient volontiers à la maison en compagnie d’un étranger par rapport à 28 % des enfants du groupe RC (CHISHOLM et coll., 290). Seulement trois des 46 parents du groupe OR mentionnent que les comportements amicaux non discriminants de leur enfant étaient une source de préoccupations.

Les auteurs soulignent que dans l’étude longitudinale qu’ils réaliseront, ils poseront aux familles des trois groupes des questions afin de déterminer si l’amitié non discriminante est un comportement qui s’atténue avec le temps et d’obtenir des renseignements sur les comportements amicaux non discriminants des enfants non adoptés nés au Canada.

Kim Chisholm est attachée au Département de psychologie de l’Université St. Francis Xavier, Antigonish (Nouvelle-Écosse).

Pour obtenir le texte complet, veuillez communiquer avec les établissements suivants :

Université de la Colombie-Britannique * — (604) 822-6596
Université McGill — (514) 398-4732
Université d’Ottawa — (613) 562-5210
Université du Québec à Montréal — (514) 987-3000, poste 3173
Université Queen’s — (613) 533-2526
Université de Regina — (306) 585-4290

Chisholm, Kim 1998, «A Three Year Follow-up of Attachment and Indiscriminate Friendliness in Children Adopted from Romanian Orphanages », Child Development, volume 69, numéro 4, pp. 1092 à 1106.

L'étude, à partir de laquelle le présent article est tiré, a examiné l'attachement et les comportements amicaux non discriminants de 46 enfants qui ont passé au moins huit mois dans un orphelinat roumain avant d'être adoptés par des familles canadiennes. En moyenne, ces enfants avaient 19 mois à l'adoption. On a comparé les conclusions de cette étude avec celles issues de l’étude de deux groupes, l'un formé de 46 enfants nés au Canada qui n'avaient été ni adoptés ni placés en établissement, et un autre formé de 36 enfants qui ont été adoptés par des familles canadiennes en Roumanie avant d'avoir atteint quatre mois (adoption précoce). Au moment de cette étude, tous les enfants vivaient avec leur famille adoptive depuis au moins 26 mois.

On a comparé les enfants nés au Canada et le groupe d'enfants adoptés tôt avec des enfants de même sexe et de même âge (moins d’un mois de différence) qui avaient passé plus de temps en établissement

Les conclusions de la présente étude font l'objet d'une comparaison avec celles d’une étude précédente portant sur les mêmes familles et effectuée par Chisholm et ses collaborateurs en 1995. L'auteure signale qu’aucune différence n’a été constatée quant à l'âge et au sexe observés dans ces évaluations. Toutes les analyses ont donc été effectuées sans égard à l'âge ou au sexe.

Mme Chisholm a constaté que les enfants qui avaient passé au moins huit mois dans un orphelinat manifestaient des liens d'attachement beaucoup moins solides que les enfants nés au Canada et les enfants adoptés tôt. Aucune différence n’a été constatée entre les enfants nés au Canada et les enfants adoptés rapidement en ce qui concerne les modèles d'attachement. Mme Chisholm émet l'hypothèse suivante : puisque les enfants adoptés rapidement l’ont été avant l’âge de quatre mois, il n'y avait aucune raison de prévoir que l’établissement d’un lien dans ce groupe serait différent de celui des enfants nés au Canada, puisque ces enfants n'avaient pas été victimes d'une négligence prolongée.

Les familles composées d’enfants institutionnalisés depuis longtemps et par conséquent, plus angoissés, avaient des antécédents socioéconomiques inférieurs et affichaient un stress parental supérieur à celui des familles composées d’enfants nés au Canada et adoptés rapidement. Leurs enfants présentaient une quotient intellectuel (QI) nettement inférieur à celui des enfants émotionnellement sécurisés et ayant la même expérience de vie en établissement. Ces enfants ont aussi manifesté des modèles d'attachement plus atypiques que les enfants ayant passé beaucoup de temps en établissement et considérés comme ayant des liens plus solides que les enfants nés au Canada et ceux qui ont été adoptés rapidement. Ces modèles de comportement étaient plus marqués et incluaient le fait de déambuler sans détresse et d'être prêts à se rendre à la maison en compagnie d'un étranger. Ce comportement ne s’atténuait généralement pas au cours des deux à quatre premières années passées dans le foyer d'adoption. Toutefois, ces enfants ont obtenu des résultats nettement supérieurs en ce qui a trait à d'autres mesures de sécurité liées à l'attachement au cours de la présente étude qu’au cours de l’étude précédente. Selon Mme Chisholm, cela prouve que les enfants exposés à de mauvaises conditions dans les orphelinats peuvent nouer des liens solides. L'étude actuelle a montré que tous les enfants adoptés après avoir passé beaucoup de temps dans un orphelinat n'obtiennent pas des notes différentes sur le plan de l'attachement aux parents que celles des enfants nés au Canada ou d'enfants adoptés rapidement.

Les enfants adoptés rapidement ont manifesté des comportements amicaux beaucoup moins non discriminants au cours de la présente étude qu'ils ne l'avaient fait précédemment. Ils ne sont plus différents des enfants nés au Canada en ce qui concerne les comportements amicaux non discriminants. Les enfants ayant passé plus de temps en orphelinat ont manifesté des comportements amicaux non discriminants beaucoup plus forts que les deux autres groupes au cours de l'étude initiale et actuelle. Ces enfants ont aussi obtenu de meilleurs résultats en ce qui concerne les comportements extrêmes et atypiques dans les deux études.

Mme Chisholm signale que l'amitié non discriminante peut jouer le rôle de fonction d'adaptation dans un orphelinat où les ressources sont extrêmement limitées. De tels comportements peuvent aussi témoigner d'un besoin de stimulation.

Cette étude nous porte à croire que les parents qui prévoient adopter des enfants à l'étranger doivent se soucier du développement social et émotif de leurs enfants ainsi que des retards développementaux et des problèmes de comportement. Les conclusions montrent la gravité des conséquences possibles d'un séjour prolongé en établissement. Beaucoup plus d'enfants adoptés après avoir passé huit mois dans un orphelinat que d'enfants nés au Canada ou adoptés tôt ont manifesté des modèles d'attachement atypiques. L'auteure mentionne que certains chercheurs ont laissé entendre que ces genres de modèles sont des facteurs de risque dans le développement d'une psychopathologie. De tels modèles sont rares dans les échantillons de référence, et on les retrouve plus souvent dans les échantillons cliniques de nourrissons et d'enfants maltraités.

L'auteure signale qu'un séjour précoce dans un orphelinat avait une incidence sur la solidité du lien seulement quand il était conjugué à d'autres facteurs de stress. Dans les familles où les comportements difficiles chez un enfant étaient conjugués à du stress chez les parents, les enfants ont noué des liens plutôt fragiles. Selon Mme Chisholm, cela porte à croire qu'un facteur de risque seul n'entraîne pas une probabilité plus grande de risque d'une psychopathologie. C'est plutôt la combinaison de plusieurs facteurs de risque qui accroîtrait considérablement la possibilité de difficultés futures.

Kim Chisholm est attachée au département de psychologie de l'Université St. Francis Xavier à Antigonish (Nouvelle-Écosse).

On peut obtenir le texte intégral aux endroits suivants :

Université de la Colombie-Britannique * — (604) 822-2274
Université de Calgary* — (403) 220-5967
Université McGill* — (514) 398-4732
Université du Nouveau-Brunswick — (506) 648-5705
Université d'Ottawa — (613) 562-5210
Université de Regina* — (306) 585-4290
Université de Toronto — (905) 828-3881

Chisholm, Kim. 1998, «A Three Year Follow-up of Attachment and Indiscriminate Friendliness in Children Adopted from Romanian Orphanages », Child Development, volume 69, numéro 4, pp. 1092 à 1106.

L'étude, à partir de laquelle le présent article est tiré, a examiné l'attachement et les comportements amicaux non discriminants de 46 enfants qui ont passé au moins huit mois dans un orphelinat roumain avant d'être adoptés par des familles canadiennes. En moyenne, ces enfants avaient 19 mois à l'adoption. On a comparé les conclusions de cette étude avec celles issues de l’étude de deux groupes, l'un formé de 46 enfants nés au Canada qui n'avaient été ni adoptés ni placés en établissement, et un autre formé de 36 enfants qui ont été adoptés par des familles canadiennes en Roumanie avant d'avoir atteint quatre mois (adoption précoce). Au moment de cette étude, tous les enfants vivaient avec leur famille adoptive depuis au moins 26 mois.

On a comparé les enfants nés au Canada et le groupe d'enfants adoptés tôt avec des enfants de même sexe et de même âge (moins d’un mois de différence) qui avaient passé plus de temps en établissement

Les conclusions de la présente étude font l'objet d'une comparaison avec celles d’une étude précédente portant sur les mêmes familles et effectuée par Chisholm et ses collaborateurs en 1995. L'auteure signale qu’aucune différence n’a été constatée quant à l'âge et au sexe observés dans ces évaluations. Toutes les analyses ont donc été effectuées sans égard à l'âge ou au sexe.

Mme Chisholm a constaté que les enfants qui avaient passé au moins huit mois dans un orphelinat manifestaient des liens d'attachement beaucoup moins solides que les enfants nés au Canada et les enfants adoptés tôt. Aucune différence n’a été constatée entre les enfants nés au Canada et les enfants adoptés rapidement en ce qui concerne les modèles d'attachement. Mme Chisholm émet l'hypothèse suivante : puisque les enfants adoptés rapidement l’ont été avant l’âge de quatre mois, il n'y avait aucune raison de prévoir que l’établissement d’un lien dans ce groupe serait différent de celui des enfants nés au Canada, puisque ces enfants n'avaient pas été victimes d'une négligence prolongée.

Les familles composées d’enfants institutionnalisés depuis longtemps et par conséquent, plus angoissés, avaient des antécédents socioéconomiques inférieurs et affichaient un stress parental supérieur à celui des familles composées d’enfants nés au Canada et adoptés rapidement. Leurs enfants présentaient une quotient intellectuel (QI) nettement inférieur à celui des enfants émotionnellement sécurisés et ayant la même expérience de vie en établissement. Ces enfants ont aussi manifesté des modèles d'attachement plus atypiques que les enfants ayant passé beaucoup de temps en établissement et considérés comme ayant des liens plus solides que les enfants nés au Canada et ceux qui ont été adoptés rapidement. Ces modèles de comportement étaient plus marqués et incluaient le fait de déambuler sans détresse et d'être prêts à se rendre à la maison en compagnie d'un étranger. Ce comportement ne s’atténuait généralement pas au cours des deux à quatre premières années passées dans le foyer d'adoption. Toutefois, ces enfants ont obtenu des résultats nettement supérieurs en ce qui a trait à d'autres mesures de sécurité liées à l'attachement au cours de la présente étude qu’au cours de l’étude précédente. Selon Mme Chisholm, cela prouve que les enfants exposés à de mauvaises conditions dans les orphelinats peuvent nouer des liens solides. L'étude actuelle a montré que tous les enfants adoptés après avoir passé beaucoup de temps dans un orphelinat n'obtiennent pas des notes différentes sur le plan de l'attachement aux parents que celles des enfants nés au Canada ou d'enfants adoptés rapidement.

Les enfants adoptés rapidement ont manifesté des comportements amicaux beaucoup moins non discriminants au cours de la présente étude qu'ils ne l'avaient fait précédemment. Ils ne sont plus différents des enfants nés au Canada en ce qui concerne les comportements amicaux non discriminants. Les enfants ayant passé plus de temps en orphelinat ont manifesté des comportements amicaux non discriminants beaucoup plus forts que les deux autres groupes au cours de l'étude initiale et actuelle. Ces enfants ont aussi obtenu de meilleurs résultats en ce qui concerne les comportements extrêmes et atypiques dans les deux études.

Mme Chisholm signale que l'amitié non discriminante peut jouer le rôle de fonction d'adaptation dans un orphelinat où les ressources sont extrêmement limitées. De tels comportements peuvent aussi témoigner d'un besoin de stimulation.

Cette étude nous porte à croire que les parents qui prévoient adopter des enfants à l'étranger doivent se soucier du développement social et émotif de leurs enfants ainsi que des retards développementaux et des problèmes de comportement. Les conclusions montrent la gravité des conséquences possibles d'un séjour prolongé en établissement. Beaucoup plus d'enfants adoptés après avoir passé huit mois dans un orphelinat que d'enfants nés au Canada ou adoptés tôt ont manifesté des modèles d'attachement atypiques. L'auteure mentionne que certains chercheurs ont laissé entendre que ces genres de modèles sont des facteurs de risque dans le développement d'une psychopathologie. De tels modèles sont rares dans les échantillons de référence, et on les retrouve plus souvent dans les échantillons cliniques de nourrissons et d'enfants maltraités.

L'auteure signale qu'un séjour précoce dans un orphelinat avait une incidence sur la solidité du lien seulement quand il était conjugué à d'autres facteurs de stress. Dans les familles où les comportements difficiles chez un enfant étaient conjugués à du stress chez les parents, les enfants ont noué des liens plutôt fragiles. Selon Mme Chisholm, cela porte à croire qu'un facteur de risque seul n'entraîne pas une probabilité plus grande de risque d'une psychopathologie. C'est plutôt la combinaison de plusieurs facteurs de risque qui accroîtrait considérablement la possibilité de difficultés futures.

Kim Chisholm est attachée au département de psychologie de l'Université St. Francis Xavier à Antigonish (Nouvelle-Écosse).

On peut obtenir le texte intégral aux endroits suivants :

Université de la Colombie-Britannique * — (604) 822-2274
Université de Calgary* — (403) 220-5967
Université McGill* — (514) 398-4732
Université du Nouveau-Brunswick — (506) 648-5705
Université d'Ottawa — (613) 562-5210
Université de Regina* — (306) 585-4290
Université de Toronto — (905) 828-3881

Daly, Kerry et Sobol, Michael. (1993) Adoption in Canada: Final Report. Université de Guelph, Étude sur l’adoption nationale financée par les Subventions nationales au bien-être social.

Le document Adoption in Canada: Final Report examine les principales tendances de l’adoption, les facteurs propres à la prise de décision concernant une grossesse, les dispositions régissant les services d’adoption au Canada ainsi que les politiques et les lois existantes.

La troisième partie du rapport comporte une brève section sur les pratiques d’adoption internationale. On y aborde les deux types d’adoption internationale et on se penche sur l’adoption internationale au Québec.

Trois cent cinquante questionnaires ont été remplis par des organismes publics, des intervenants indépendants et des organismes indépendants dans l’ensemble du Canada. Le questionnaire avait pour objectifs de déterminer qui offre des services d’adoption internationale ainsi que la nature de ces services en plus d’examiner les motivations possibles entourant l’adoption internationale.

Deux types d’adoption internationale

Daly et Sobol soulignent que le premier type d’adoption internationale concerne les enfants qui sont amenés au Canada pour ensuite être adoptés. Peu de ces cas sont archivés dans les registres d’adoption internationale, ils sont plutôt intégrés aux registres d’adoption nationale. Le deuxième type concerne les enfants qui sont adoptés dans leur pays d’origine par des citoyens canadiens avant d’être amenés au Canada. Il est difficile de déterminer combien d’enfants sont entrés au Canada depuis que ce type d’adoption a commencé à être consigné au niveau fédéral en 1991.

L’expérience du Québec

Les auteurs indiquent que le Québec assure le contrôle de son mouvement d’immigration et conserve des dossiers détaillés sur les adoptions internationales. En 1983, 335 enfants ont été adoptés à l’étranger avant d’immigrer au Québec. En 1987, ce nombre est passé à 168 (Daly et Sobol, 36). Au cours des huit premiers mois de 1991, le nombre d’adoptions internationales a augmenté pour s’établir à 596. En 1986, 74 enfants ont été adoptés en Corée par des familles québécoises contrairement à un seul en 1991. Le nombre d’adoptions réalisées en Haïti a également varié énormément : en 1983, 169 enfants ont été adoptés comparativement à 5 en 1986 et à 83 en 1991.

Services d’adoption internationale

Selon un sondage mené par des fournisseurs de services dans l’ensemble du pays, les services suivants ont été offerts aux parents souhaitant adopter un enfant étranger : 8 % des organismes offraient des évaluations psycho-éducatives; 47 % offraient un certain type de counseling familial ou de soutien au cours de l’année suivant l’adoption; 23 % offraient du counseling familial ou du soutien pendant plus d’un an après l’adoption et 30 % offraient des services de counseling dans les cas où surgiraient des problèmes par suite de l’adoption. Les intervenants indépendants n’offraient que des services de counseling familial au cours de la première année suivant l’adoption.

Sobol et Daly estiment qu’il existe peu de services spécialisés permettant de répondre aux besoins particuliers des enfants adoptés à l’étranger et de leur famille. Ils soulignent également que cette situation est assez inquiétante particulièrement pour les gens qui ont recours aux intervenants indépendants, car ces derniers n’offrent pas de services de counseling avant l’adoption, ni de counseling à long terme. Les parents qui décident d’adopter un enfant par l’entremise d’un intervenant indépendant n’auront pas la chance de suivre des cours préparatoires à l’adoption ni de participer à des séances de counseling sur les particularités de l’adoption comme moyen de former une famille. Par conséquent, ces parents seront confrontés aux difficultés de l’adoption internationale sans posséder les outils nécessaires pour les surmonter. Ces intervenants sont incapables d’offrir des services d’aide au développement à long terme dans les cas où les difficultés tardent à surgir. Les auteurs signalent qu’il est incertain que tous les intervenants bénéficiant d’un soutien public pourront ou voudront répondre à ce besoin grandissant.

Motivation des parents

Les intervenants indépendants rapportent qu’une des raisons motivant les parents à adopter un enfant à l’étranger est le fait qu’ils veulent un enfant de même origine ethnique. Ils signalent que l’altruisme des pays du Tiers-Monde est également une grande motivation entourant l’adoption internationale.

D’autres organismes d’adoption se sont également penchés sur les raisons qui motivent les parents à avoir recours à l’adoption internationale. Ils ont noté l’immense besoin de devenir parent ainsi que la possibilité d’éviter les longs délais de l’adoption nationale.

Les données relatives à l’adoption internationale au Québec montrent un nombre sans précédent de parents de race blanche ayant adopté des enfants roumains en 1991. Au cours de la même époque, on note également une augmentation du nombre de parents de race blanche ayant adopté des enfants de la Chine, du Salvador, d’Haïti, du Mexique et de Taïwan. Les parents désirant adopter un enfant semblaient être motivés par la disponibilité des enfants dans tous les pays, peu importe l’origine ethnique.

Kerry Daly et Michael Sobol sont rattachés à l’Université de Guelph.

Pour obtenir le document intégral :

Développement des ressources humaines Canada — (819) 994-2603
Nova Scotia Department of Community Services — (902) 424-7906
Bibliothèque municipale d’Ottawa — (613) 236-0302 poste 219
Université de Toronto — (416) 978-2288
Université de l’Ouest de l’Ontario — (519) 661-2111 poste 84758

Despeignes, Marie-Joëlle (1994) «Identité psychosociale d’enfants d’origine haïtienne adoptés par des parents Québécois: «Identité familiale» Intervention, Vol. 97 p. 20-27.

L’étude de Mme Despeignes avait pour but d’examiner l’identité psychosociale de douze enfants d’origine haïtienne adoptés par des familles québécoises afin de mieux comprendre les principales étapes de formation de leur identité. Les sujets étaient âgés de sept à treize ans au moment de l’étude.

Sept enfants ont été adoptés avant d’avoir un an, deux autres avaient environ deux ans au moment de leur adoption et les autres avaient environ trois ans. Tous les enfants adoptés vivaient dans leur famille adoptive, à l’exception d’un garçon qui était en foyer d’accueil depuis l’âge d’un an et demi.

L’auteure du rapport d’étude s’intéresse à la façon dont l’identité des enfants de l’adoption internationale se forme lorsque leurs origines raciale et culturelle sont différentes de celles de leurs parents adoptifs. Despeignes a examiné les stratégies de formation de l’identité des enfants adoptés.

L’article porte sur la perception qu’ont les enfants de leur adoption internationale, de leur relation avec leurs parents et avec leurs frères et sœurs, de leur interaction avec d’autres enfants adoptifs et avec les membres de leur famille élargie et sur les sentiments qu’ils éprouvent à l’égard de leur famille biologique.

La perception des enfants adoptifs par rapport à leur adoption

  • Tous les enfants adoptifs croient que leur adoption est une expérience positive.
  • Les enfants adoptifs ne se rappellent pas des conditions de leur institutionnalisation à Haïti; la connaissance de leur histoire se fonde sur ce qu’on leur a dit.
  • Les enfants adoptifs ont discuté du fait qu’ils ont souffert de malnutrition et de la fragilité de leur santé en raison de leurs piètres conditions d’existence avant leur adoption.
  • Cinq enfants adoptifs croient qu’ils seraient morts s’ils n’avaient pas été adoptés.
  • Selon les enfants adoptifs, l’adoption leur a permis de quitter un environnement où leurs besoins élémentaires n’étaient pas satisfaits pour un environnement plus convenable avec des parents.
  • Deux enfants estiment ne pas être différents des enfants non adoptés. Toutefois, deux autres enfants adoptifs sont attristés du fait de leur adoption parce qu’ils éprouvent un sentiment de perte par rapport à leur famille biologique et un autre enfant a exprimé un sentiment de soulagement du fait que les parents adoptifs ne peuvent pas avoir d’enfants. Les enfants adoptifs ont affirmé que leur adoption est un état favorable pour toutes les parties concernées.
  • L’auteur a remarqué que dans le cas de certains enfants adoptifs, l’adoption à un jeune âge a favorisé une intégration réussie au sein de la famille et a contribué à créer un sentiment d’appartenance.
  • Les résultats de l’étude indiquent que les enfants adoptifs ne disent pas à leurs amis qu’ils ont été adoptés. Certains enfants adoptifs croyaient que les autres ne s’en rendaient pas compte.

Relation des enfants adoptifs avec leurs parents d’adoption

  • Les onze enfants adoptifs qui vivaient avec leurs parents d’adoption au moment de l’étude ont décrit un environnement familial dans lequel ils se sentent en sécurité. Il n’y a eu que trois cas où les enfants adoptifs ont décrit leur foyer d’adoption en des termes négatifs.
  • L’auteure a constaté que l’élément racial devenait secondaire pour les enfants adoptifs lorsque la relation parent-enfant est forte et bien établie.
  • Les familles d’adoption n’accentuent pas les différences raciales afin de créer un sentiment d’appartenance et de solidarité.
  • Onze enfants adoptifs croient que leurs parents sont les personnes les plus importantes dans leur vie. Un enfant adoptif croit qu’il n’y a personne d’important dans sa vie.
  • Les trois filles et six garçons âgés de douze ans ou moins ont exprimé un fort désir de plaire à leurs parents.
  • L’analyse révèle que les enfants adoptifs ont davantage tendance à se confier à leur mère jusqu’à l’âge de dix ans. Après cet âge, ils ont davantage tendance à se confier à leurs amis.
  • La relation des enfants adoptifs avec leurs pères était plus distante, cela étant manifeste chez cinq garçons. Les enfants ont fait remarquer que cela était attribuable à une communication qui laisse à désirer.
  • À la question de savoir ce qu’ils feraient s’ils pouvaient choisir la race de leurs parents adoptifs, deux enfants adoptifs choisiraient leurs parents actuels, un préférerait un père de race noire et une mère de race blanche. Un enfant trouvait le choix difficile à faire et voulait deux familles, une famille d’origine haïtienne et une famille caucasienne. Un autre enfant adoptif choisirait des parents gentils, mais les autres ne choisiraient pas en fonction de la race parce que cela n’est pas important pour eux.
  • Un garçon a dit que ses parents ne savaient pas quoi dire lorsqu’il abordait la question du racisme avec eux.
  • L’auteure fait remarquer que la relation émotionnelle entre un enfant et ses parents est difficile à analyser parce qu’elle n’est pas toujours évidente.

Relation des enfants adoptifs avec leurs frères et soeurs

  • Avant l’arrivée de l’enfant adoptif, certains enfants parlaient spontanément de leur nouveau frère ou de leur nouvelle sœur avec leurs parents.
  • Plus la différence d’âge entre les frères et sœurs était importante, moins les activités avec ceux-ci étaient nombreuses.
  • Six des neufs enfants adoptifs qui ont des frères ou des sœurs d’origine haïtienne ne croient pas que l’ethnicité est importante.
  • Parmi les trois enfants adoptifs ayant des frères ou des sœurs qui ne sont pas d’origine haïtienne, l’un aurait aimé avoir un frère de la même race, parce qu’un frère d’origine haïtienne serait plus apte à discuter et à comprendre leurs origines. Un autre enfant souhaiterait avoir des amis haïtiens.
  • Les différences ethniques n’avaient pas d’incidence sur les relations entre frères et sœurs.
  • Les frères et les sœurs ne discutaient pas beaucoup de l’adoption.
  • L’un des enfants biologiques a commencé à se renseigner sur Haïti par les livres, la musique, etc., en attendant l’arrivée de l’enfant adoptif.
  • L’analyse a révélé que l’absence de liens sanguins entre les frères et soeurs adoptifs et les enfants biologiques des parents adoptifs ne posait pas de problème pour les enfants biologiques.
  • Les propos concernant les relations entre les frères et sœurs étaient généralement positifs sauf pour deux exceptions. Dans le premier cas, la rivalité donnait lieu à des comportements agressifs. Le second cas était moins problématique : les frères et sœurs se taquinaient. Pas un seul enfant n’a dit que son adoption était la cause de difficultés dans ses relations avec ses frères ou sœurs.

Interaction des enfants adoptifs avec leur famille adoptive élargie.

  • Les enfants adoptifs ont des relations positives avec leurs grands-parents, leurs oncles, leurs tantes et leurs cousins.
  • Les enfants adoptifs estiment être des égaux dans leur famille.
  • Aucun enfant adoptif n’a raconté d’incident d’ordre racial au sein de la famille.
  • Deux enfants adoptifs se sentaient plus près des membres de la famille élargie du côté maternel parce qu’ils les voient plus fréquemment. La distance est la raison des rencontres moins nombreuses avec les membres de la famille élargie du côté paternel.
  • Neuf enfants adoptifs ont des contacts réguliers avec leurs grands-parents. Deux sur neuf ont un contact quotidien avec leurs grands-parents parce que ceux-ci vivent à proximité.
  • Un enfant adoptif n’a plus de grands-parents, mais conserve de bons souvenirs de sa relation avec eux. Un autre fait état de liens forts avec les grands-parents paternels, mais il a souvent eu des divergences d’opinion avec la grand-mère maternelle. Cet enfant a dit que les conflits ne concernent jamais l’adoption ou la race. Il croit que sa grand-mère maternelle préfère ses petits-enfants biologiques.
  • Cinq enfants adoptifs mentionnent avoir une relation importante avec un oncle ou une tante et ont le sentiment que les oncles ou les tantes en question leur portent un intérêt sincère.
  • Un enfant adoptif a exprimé le sentiment d’être plus près d’un oncle que de ses parents dans les circonstances où il y a des difficultés de nature raciale.
  • Un autre enfant adoptif décrit ses rapports avec les membres de la famille élargie comme étant peu fréquents et courtois. Il attribue ce retrait au fait qu’il n’est pas intéressé à établir des liens étroits avec eux.
  • Tous les enfants adoptifs ont parlé de leur relation avec leurs cousins en termes favorables.
  • Dans la majorité des familles, l’enfant adoptif a tendance à former des liens plus serrés lorsque la mère est la personnalité dominante dans la famille.

La famille biologique

  • Les enfants adoptifs ont dit ne rien savoir au sujet de leurs parents biologiques. L’un d’entre eux a une photo de sa mère biologique et sait certaines choses sur elle.
  • Les enfants adoptifs sont d’avis que leurs parents de naissance les ont abandonnés à l’adoption parce qu’ils souhaitaient une vie meilleure pour eux.
  • Les parents adoptifs ont déclaré avoir communiqué toute l’information dont ils disposaient au sujet de la famille biologique de l’enfant adoptif.
  • Tous les enfants adoptifs ont été réticents à discuter de leur famille biologique. Plusieurs d’entre eux étaient visiblement irrités lorsqu’on leur demandait de discuter de la façon dont ils s’étaient sentis au moment de leur adoption.
  • Sept enfants ont dit ne pas penser à leurs parents biologiques et demeurer indifférents par rapport à leur famille biologique. Toutefois, une enfant qui avait fourni ces renseignements initialement a avoué plus tard avoir déjà rêvé de vivre avec ses parents biologiques.
  • Trois enfants adoptifs ont dit ne pas penser à leurs parents biologiques. Néanmoins, ils préféreraient vivre avec eux.
  • Un enfant tiendrait à savoir si sa mère est en vie.
  • Trois enfants ont dit qu’ils espéraient en secret renouer avec leurs parents, mais qu’ils ne pensaient pas que ce rêve était réaliste. Deux de ces trois enfants déclarent en outre que leurs parents de naissance leur manquent.
  • Un enfant a expliqué à quel point il était douloureux de vivre sans posséder d’information sur sa famille biologique.
  • Les enfants adoptifs veulent connaître les caractéristiques et la personnalité de leurs parents biologiques et savoir s’ils leur ressemblent.

L’auteure du rapport signale qu’il serait intéressant d’étudier le développement psychosocial des adolescents âgés de 13 à 18 ans afin d’examiner leur vie et de connaître la perception qu’ils ont d’eux-mêmes, des autres et de la société.

Marie-Joëlle Despeignes est attachée à l’Université de Montréal.

Le document complet est disponible en français seulement aux endroits suivants :

Université du Québec à Trois Rivières — (819) 376-5011 x 2283
Université du Québec à Montréal — (514) 987-3000 x 3173
York University — (416) 736-5808

Gunnar, Megan 1999, Studying Stress Physiology in Internationally Adopted Children, Actes de la conférence, exposé présenté à la conférence internationale des recherches sur l'adoption, Minneapolis, du 10 au 14 août.

L’objectif visé par ce document est de savoir si les expériences psychosociales négatives vécues par 65 % des enfants qui ont fait l'objet d'une adoption internationale et qui vivaient en établissement avant l'adoption influent sur leur développement neurophysiologique à long terme et pourraient entraîner des problèmes de comportement (Gunnar, 1). Ces enfants ont souvent une mauvaise santé et accusent des retards de développement à la suite d’une privation de stimuli, de malnutrition et d'une exposition à l'alcool avant la naissance. L'auteure utilise des preuves relevées dans les recherches sur les primates et les rats pour étudier la relation entre l'adversité prénatale et postnatale et la sécrétion de cortisol, habituellement considéré comme l’hormone du stress. L'augmentation du cortisol au cours des expériences a permis de constater une accentuation initiale de l'activité et du sentiment de mieux-être tandis que des augmentations prolongées ont favorisé le repli sur soi et la sensation de fatigue.

Mme Gunnar a examiné le taux de cortisol de 16 enfants adoptés par des familles canadiennes qui avaient passé quatre mois ou moins en orphelinat, de 22 enfants adoptés par des familles canadiennes qui avaient passé huit mois au moins en orphelinat et de 29 enfants nés au Canada.

La privation d'une stimulation sociale précoce chez les rats a parfois entraîné des modifications de la production de cette hormone du stress à l'âge adulte. L'auteure émet l'hypothèse selon laquelle on peut s'attendre à cet effet chez des enfants exposés tôt à diverses conditions défavorables. Mme Gunnar signale que cela peut être démontré par le fait que même s'il est facile d'élever le taux de cortisol chez les nouveau-nés, à compter de 12 mois, il devient difficile de l'élever chez les enfants qui ont des liens d'attachement solides même quand ils semblent en détresse. Toutefois, l’augmentation du taux de cortisol est plus facile à déceler chez les enfants qui vivent des relations précaires.

Le but de l'étude était de déterminer si des élévations fréquentes de cortisol produisent des changements durables du taux de cortisol. Tous les enfants roumains visés par l'étude ont montré une réduction normale de cortisol au cours de la journée. Toutefois, ceux qui avaient passé au moins huit mois en orphelinat affichaient des taux nettement plus élevés de cortisol, quel que soit le moment. Les enfants qui avaient réussi à nouer des liens solides avec leurs parents se sont le mieux comportés. Même si ces enfants avaient vécu plusieurs mois en orphelinat, leur taux de cortisol était conforme au taux moyen des enfants canadiens nés et élevés dans leur famille d'origine.

Selon Mme Gunnar, il reste à déterminer si les enfants qui ont éprouvé des problèmes émotifs et comportementaux qui ne diminuent pas après leur passage en établissement sont ceux dont le système régulateur du stress a été le plus gravement affecté par leurs expériences négatives à un jeune âge.

Le Dre Megan Gunnar est affiliée à l'Institute of Child Development de l'Université du Minnesota.

On peut consulter le texte complet à l'adresse suivante : http://www.che.umn.edu/fsos/mtarp/Icarpapers/gunnar.htm

Lebner, Ashley 2000, “Genetic Mysteries and International Adoption: The Cultural Impact of Biomedical Technologies on the Adoptive Family Experience», Family Relations, volume 49, numéro 4, pp. 371 à 378.

L’étude à partir de laquelle cet article est tiré prétend que la «médicalisation» et la «généticisation» de plus en plus poussées de la société nord-américaine peuvent influer sur ce que pensent (le comment et le pourquoi) les familles adoptives des parents biologiques de leurs enfants, des risques relatifs à la santé et de leur propre rôle en tant que parents sur le plan génétique. Le projet vise à définir certains des contextes sémantiques, des milieux sociaux, des différends politiques et des problèmes stratégiques qui ont façonné le discours de la «culture de la naissance», que l’on définit comme un lien fondamental entre les réalités de la naissance biologique et le bagage culturel (Lebner, 371). Mme Lebner y arrive grâce à des entrevues avec dix parents et enfants du Québec et du sud-est de l'Ontario unis par l'adoption internationale et à l’examen de la représentation qu'offrent les médias et le contenu des discussions de groupes sur Internet qui traitent de divers aspects de l'adoption internationale. Les parents interrogés ont adopté des enfants de diverses origines : Chine, Colombie, Guatemala, Honduras, Inde, Russie, Thaïlande et Vietnam.

Tous les parents interrogés se sont montrés préoccupés par l’ignorance des antécédents génétiques et médicaux de leurs enfants. Ce souci peut entraîner de l'anxiété et le sentiment d'être un parent incomplet. Mme Lebner soutient que l'anxiété est à la fois mal placée et imposée. Selon elle, les antécédents génétiques d’une personne ne doivent pas être considérés comme un plan à partir duquel on peut extrapoler la santé passée ou future des familles. Toutefois, le discours de certains médias et médecins peut porter à croire autre chose. Mme Lebner signale que de telles croyances éliminent non seulement le rôle important du milieu de vie, mais contiennent la dangereuse possibilité d'être une source de discrimination où des personnes et des groupes ayant des gènes particuliers pourraient devenir membres d'une «sous-classe biologique» en raison de la perception positive ou négative qu'on a de leurs gènes.

Selon Mme Lebner, les médecins de famille devraient tenir compte du fait que la culture actuelle concernant les médicaments et la génétique aggrave peut-être les stigmates qu'on inflige aux familles non biologiques. Afin de pouvoir apporter un soutien convenable aux familles adoptives, les professionnels de la famille devraient comprendre les limites réelles que pose la tentative de prévoir les problèmes de santé en s'appuyant sur les antécédents médicaux et le patrimoine génétique, et ils devraient en parler avec les futurs parents adoptifs.

Mme Lebner souligne que les préoccupations au sujet des antécédents médicaux supposent davantage qu'une simple préoccupation des parents au sujet de la future santé de leurs enfants. Selon elle, nos médecins nous ont appris que si nous nous préoccupions vraiment de notre santé, nous devrions la surveiller attentivement et connaître nos antécédents familiaux. L'article cite des exemples de médecins frappés par le fait qu'un parent adoptif pourrait ne presque rien savoir des antécédents médicaux de son enfant. L'auteur émet l'hypothèse suivante : même si tous les médecins ne répondaient pas de cette façon, de tels cas pourraient faire ressortir qu'on accorde de plus en plus d'importance aux antécédents génétiques et à la génétique en général, et que les praticiens peuvent transmettre cette préoccupation à leurs patients. De plus, ils révèlent que le préjugé historique à l'égard de l'adoption comme un «pis-aller» peut être renforcé par le recours de plus en plus fréquent aux nouvelles technologies médicales, ce qui peut laisser entendre que les familles sont défavorisées ou assimilées à des familles de seconde zone si elles ne partagent pas des antécédents génétiques communs.

L'auteure soutient que la «généticisation» de la société nord-américaine renforce le stigmate culturel à l'égard des familles où tous les membres n’ont pas de liens biologiques. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les parents adoptifs ne sont pas considérés comme les “vrais” parents parce qu'ils n'ont pas de liens génétiques et parce qu'ils sont incapables de pourvoir sur le plan génétique aux besoins de leur enfant, le cas échéant, comme les parents naturels le font souvent (on pense ici aux transfusions de sang ainsi qu’aux dons de moelle osseuse et d'organes). Toutefois, des parents adoptifs ont aussi mentionné que la biomédecine est capable d'apporter un soutien aux parents adoptifs. On a donné pour exemple la manière dont un pédiatre a suggéré à une famille adoptive de faire donner au fils adoptif tous les vaccins au cas où il n'aurait pas été déjà vacciné. Mme Lebner signale que ce genre de comportement peut rassurer des parents quant à la façon de régler les problèmes de santé de leurs enfants adoptés dans d'autres pays. La plupart des parents ont reconnu avoir pensé aux possibilités que les technologies génétiques offriront à leurs familles, qu'il s’agisse de retrouver les parents biologiques ou de créer un organe nécessaire à une transplantation.

Les questions abordées dans l'article ne représentent qu'une petite partie des données qui ont été recueillies ou qui sont appelées à l’être. Ce texte offre un aperçu de ce qui a été produit au cours des premières étapes du projet et ne prétend pas en fournir une représentation fidèle.

Ashley Lebner est affiliée à l'Université McGill de Montréal (Québec).

On peut obtenir le texte intégral aux endroits suivants :

Université de Colombie-Britannique* — (604) 822-6596
Université de Calgary* — (403) 220-7419
Université du Manitoba* — (204) 474-9873
Université de Montréal* — (514) 343-6903
Université d'Ottawa — (613) 562-5210
Université de Toronto — (905) 828-3881

Lovelock, Kirsten. «Intercountry Adoption as a Migratory Practice: A Comparative Analysis of Intercountry Adoption and Immigration Policy and Practice in the United States, Canada and New Zealand in the Post W.W II Period. » (2000) International Migration Review. Vol. 34(3) p. 907-949.

L’objectif de l’article de Mme Lovelock consiste à examiner le développement des politiques en matière d’immigration ainsi que des politiques et des pratiques sur l’adoption internationale en vigueur aux États-Unis, au Canada et en Nouvelle-Zélande. L’auteure soutient qu’à ce titre les trois pays ont placé en tête de liste le bien-être et les besoins nationaux devant le bien-être et les besoins des enfants migrants disponibles pour l’adoption.

L’article de Mme Lovelock est composé de huit sections et d’un sommaire portant sur l’adoption internationale des années 1940 jusqu’au milieu des années 1990. Vous trouverez ci-dessous le résumé de ses constatations.

  1. Liens entre les politiques en matière d’immigration et celles touchant l’adoption internationale
    Mme Lovelock affirme que l’adoption internationale n’est possible que si les politiques en matière d’immigration en facilitent la pratique et si cette dernière est considérée comme respectant les objectifs nationaux. Mme Lovelock soutient que les politiques et les pratiques nationales ont été façonnées en fonction des demandes des citoyens, car il était dans l’intérêt de ces nations de répondre à leurs besoins locaux.
  2. Réponses ponctuelles : La première vague
    Mme Lovelock remarque que la première vague d’adoption internationale suivant la Seconde Guerre mondiale, et ce, jusqu’au début des années 1970, visait principalement à subvenir aux enfants dans le besoin. Les parents avaient rarement recours à l’adoption en raison de leur infertilité ou de leur incapacité d’adopter au pays. Mme Lovelock affirme que cette pratique consistait à trouver des familles pour les enfants.
  3. Pratiques et politiques internationales
    Mme Lovelock signale qu’en mai, 1 960 intervenants dans le domaine de l’adoption et professionnels juridiques se sont rassemblés en Suisse pour inaugurer le «Cycle d'études européen sur l'adoption entre pays». Le rapport de cet événement contenait de nombreuses recommandations ainsi que des principes pouvant guider les travailleurs sociaux participant au processus d’adoption. Le rapport souligne que les enfants devraient se trouver en tête de liste des priorités en ce qui a trait à l’adoption et que le recours à l’adoption internationale devrait être envisagé seulement lorsque toutes les autres possibilités offertes dans le pays d’origine de l’enfant ont été examinées. Cependant, ces principes n’ont inspiré aucune politique nationale sur l’adoption internationale aux États-Unis ou au Canada. Toutefois, la Nouvelle-Zélande a intégré ces principes à sa politique sur l’adoption internationale.
  4. L’Asie devient une région très en demande
    Mme Lovelock attire l’attention sur le fait que les Américains adoptent des enfants provenant du Japon, de la Corée et de Hong Kong depuis les années 1950. Les critères d’immigration canadiens faisaient obstacle à l’adoption internationale d’enfants d’origine non européenne. En 1962, l’adoption d’enfants provenant des pays auparavant rejetés par le Canada est devenue possible lorsque ce dernier a voulu se conformer aux pratiques des autres pays occidentaux. On pensait également que l’adoption internationale contribuerait à résoudre le problème associé au placement interne d’enfants d’origines différentes. En 1963, la Nouvelle-Zélande a autorisé l’entrée au pays d’enfants provenant d’Asie.
  5. Vietnam : Pratiques d’adoption controversées et révision de la politique
    Mme Lovelock fait la description du programme de grande envergure, Operation Baby Lift, lancé en 1975 par les Etats-Unis, dans le but d’adopter des enfants vietnamiens. Ce programme consiste à faire venir par avion aux États-Unis des enfants disponibles pour l’adoption. L’auteure soulève quelques-uns des problèmes auxquels le programme a été confronté, notamment un écrasement d’hélicoptère et la présence d’enfants non-orphelins. Mme Lovelock soutient que la migration de ces enfants avait été orchestrée en fonction des besoins et des préoccupations des Américains, plus précisément à la suite de la participation des États-Unis à la guerre. Mme Lovelock souligne que la participation des trois pays en question à la guerre du Vietnam a provoqué la création d’initiatives d’adoption. Grâce à une modification du Règlement sur l’immigration permettant l’entrée au pays d’enfants dont l’adoption avait été finalisée dans leur pays d’origine, le processus d’adoption canadien est maintenant plus souple. La Nouvelle-Zélande a tenté de mener à bien deux projets au cours de cette période, mais ils se sont avérés, tous deux, infructueux.
  6. La deuxième vague – L’adoption en fonction de l’offre passe maintenant à l’adoption en fonction de la demande
    Mme Lovelock signale que la deuxième vague d’adoption internationale s’est produite au milieu des années 1970 lorsque l’Amérique latine est devenue une région de choix pour les parents adoptifs nord-américains. À cette époque, les parents désirant adopter un enfant étranger étaient principalement motivés par leur infertilité ou leur incapacité d’adopter dans leur pays. Mme Lovelock affirme que même s’il existe des différences en termes de motivation entre la première et la deuxième vague, les deux courants ont été influencés par des réalités sociales, politiques et économiques élargies.
  7. Fin des années 1980 et début des années 1990 : Internationalisation de l’adoption et des règlements internationaux
    À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les États-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande sont devenus d’importants pays d’accueil pour les enfants roumains. Le gouvernement de la Roumanie a répondu à la forte demande pour ses enfants et à l’incapacité de leur bureaucratie de répondre et de régir cette demande en suspendant toute adoption internationale jusqu’à ce qu’un nouveau règlement soit rédigé. Mme Lovelock fait ressortir l’inquiétude des agents d’immigration canadiens à l’égard du faible taux de fécondité et du déséquilibre de l’âge de la population au Canada. En 1990, le Conseil consultatif canadien de l'emploi et de l'immigration a recommandé au gouvernement fédéral de faciliter le processus d’adoption internationale afin de régler ces problèmes. Mme Lovelock souligne que le but de l’immigration de faciliter le processus d’adoption entre les pays n’était pas uniquement humanitaire, mais émanait plutôt de préoccupations démographiques internes. Les États-Unis ont agit de la même façon, et vers la fin des années 1980, la Nouvelle-Zélande a été confrontée à une pénurie d’enfants disponibles pour l’adoption à l’interne, ce qui l’a motivé à assouplir ses politiques en matière d’adoption internationale.
  8. Convention de La Haye – Acceptation internationale de l’adoption entre pays
    La Convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale a été créée en 1993. Les trois objectifs de la Convention consistent à prendre des mesures de protection pour veiller à ce que l’adoption internationale se fasse au mieux des intérêts de l’enfant et dans le respect de ses droits fondamentaux tels que reconnus par les lois internationales; à mettre en place un système de coopération entre les pays signataires afin de garantir le respect des ententes conclues pour ainsi prévenir la vente et le trafic d’enfants et finalement à assurer la reconnaissance dans les pays signataires des adoptions réalisées conformément à la Convention. Les trois pays en question ont signé la convention. Mme Lovelock remarque que le fait de devenir un pays signataires est motivé, en partie, par des préoccupations relatives au bien-être des enfants migrants. Elle souligne cependant, que les trois pays savaient que leurs citoyens pourraient avoir de la difficulté à adopter des enfants provenant de pays signataires de la convention si eux-mêmes ne la signaient pas.

    Mme Lovelock soutient que les trois pays ont priorisé les besoins de leurs propres citoyens ainsi que les préoccupations politiques nationales et internationales avant les besoins et le bien-être des enfants migrant pour être adoptés. Elle affirme que les trois pays sont conscients des abus commis et de la nécessité d’établir des règles internationales pour régir une pratique qui est maintenant devenue internationale. Mme Lovelock insiste sur le fait que même si les préoccupations à l’égard des abus et la nécessité de mettre en place des règles sont justifiées, les trois pays ont choisi de concentrer leurs efforts sur les procédures et les problèmes associés au processus plutôt que sur la morale élargie et les questions éthiques qui sont au cœur de ce processus.

Pour obtenir le texte intégral :

Université de la Colombie-Britannique* — (604) 822-6596
Université Dalhousie * — (902) 494-3612
Université du Manitoba — (204) 474-9873
Université McGill — (514) 398-4732
Université d’Ottawa — (613) 562-5210
Université de Regina* — (306) 585-4290
Université de Toronto* — (416) 287-7487

March, Karen & Miall, Charlene. (2000) Social Support for Adoption in Canada; Preliminary Findings of a Canada –Wide Survey. Université York. Ces données ont été recueillies grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Suite à cette enquête effectuée à l’échelle nationale, il en est ressorti un rapport approfondi sur les attitudes des Canadiens face à l’adoption comme solution de rechange à la famille et sur les changements apportés aux pratiques d’adoption actuellement en cours. Les auteures se penchent sur plusieurs aspects des attitudes du public à l’égard de l’adoption en général et posent une question ayant trait à l’adoption internationale. Le rapport présente une ventilation des résultats du sondage par statut social et il a été établi, concernant l’adoption internationale, que 92 % des hommes interrogés et 95 % des femmes ont exprimé leur appui pour le maintien de l’adoption internationale.

Le texte intégral est affiché sur ce site Web : http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/sociology/miall.htm

Marcovitch. S Cesaroni. L, Roberts. W et Swanson. C, 1995, « Romanian Adoption: Parents’ Dreams, Nightmares, and Realities », Child Welfare, volume 74, numéro 5, page 993.

Contexte

Pour obtenir plus d'information concernant les enfants adoptés par des familles ontariennes, consulter l’étude de Sharon Marcovitch, Susan Goldberg, Amanda Gold, Jane Washington, Christine Wasson, Karla Krekewich et Mark Handley-Derry, 1997, intitulée « Determinants of Behavioural Problems in Romanian Children Adopted in Ontario », International Journal of Behavioral Development, volume 20(1), pp. 17 à 31.

Cette étude présente les conclusions tirées d'un questionnaire rempli par 105 familles canadiennes qui ont adopté 130 enfants roumains. L'âge médian des enfants à l'adoption était de six mois. L'âge médian des enfants adoptés au moment de l'étude était de trois ans.

Parmi les 130 enfants adoptés, 71 provenaient d'un orphelinat ou d'un hôpital, et 59 vivaient avec leurs parents biologiques au moment de l'adoption. Parmi les 71 enfants adoptés vivant dans un établissement au moment de l'adoption, 39 s'y trouvaient depuis leur naissance.

Les résultats rendent compte des perceptions des parents au sujet de l'expérience de l'adoption, de la condition de l'enfant à l'adoption et des progrès accomplis par les enfants. On y aborde les besoins des parents, et les conséquences d'une politique de l'adoption y sont analysées.

Le questionnaire a été distribué à des parents adoptifs en Ontario, en Colombie-Britannique, au Québec, en Saskatchewan et en Alberta.

Santé des enfants adoptés — Dans le cas de ceux qui vivaient dans un orphelinat et de ceux qui vivaient avec leurs parents biologiques.

  • On a jugé que la moitié des enfants adoptés étaient, en général, en bonne santé au moment de l'adoption, que 28 % étaient en assez bonne santé et que 22 % étaient en très mauvaise santé (ibidem).
  • Parmi les problèmes de santé fréquemment signalés, mentionnons les éruptions cutanées, la malnutrition, les parasites, la déshydratation, les otites et la jaunisse.
  • Quatre-vingt un pour cent des enfants ont fait l’objet en Roumanie d’un dépistage du VIH et du virus de l'hépatite B. Un plus petit nombre ont été examinés pour des aberrations chromosomiques (1,6 %), la tuberculose (14,8 %) et des parasites de l’oeuf (4 %) (Marcovitch et coll., 1995).
  • Selon les résultats de ces tests, un enfant a obtenu des résultats positifs en ce qui concerne la tuberculose, deux enfants en ce qui concerne les parasites, et sept enfants en ce qui concerne le virus de l'hépatite B. À leur arrivée au Canada, tous les enfants adoptés ont subi un examen physique et un dépistage de maladies. Seize parents ont mentionné que les examens médicaux effectués au Canada ont donné des résultats positifs en ce qui concerne des maladies pour lesquelles leur enfant avait obtenu des résultats négatifs en Roumanie. Parmi les nouveaux cas diagnostiqués au Canada, mentionnons le virus de l'hépatite B, les parasites, la tuberculose, l'anémie; un enfant a obtenu des résultats positifs en ce qui concerne le VIH.

Difficultés éprouvées par les enfants adoptés

  • Trente enfants ont été adoptés à l'âge de deux ans et plus et 100 enfants ont été adoptés avant cet âge. Vingt-trois des membres du groupe d’enfants plus âgés séjournaient dans un établissement avant d’être adoptés. Les parents ont dit que tous les problèmes avaient diminué au fil du temps dans le cas des enfants adoptés plus âgés.
  • Les enfants adoptés plus jeunes n'ont pas manifesté la même tendance puisqu'un plus grand nombre de parents ont signalé une augmentation des difficultés dans les relations avec les pairs, des crises de colère et d'autres problèmes (dans cette catégorie, on a souvent signalé des problèmes de comportement).
  • Les parents des enfants adoptés à un âge plus avancé ont d'abord signalé des problèmes de santé, des retards de développement, des comportements stéréotypés et des troubles de l'alimentation. Les retards de développement, les problèmes de santé et les comportements stéréotypés sont demeurés des domaines à problème pour le groupe des enfants plus âgés. Les parents des enfants adoptés plus jeunes ont d'abord mentionné les mêmes problèmes que ceux éprouvés par les enfants adoptés plus âgés en plus de troubles du sommeil (Marcovitch et coll., 1995).
  • Soixante et onze des enfants visés par l'étude vivaient en établissement avant d’être adoptés, et 59 vivaient avec leurs parents biologiques. Parmi le dernier groupe, les crises de colère et les difficultés dans les relations avec les pairs et les frères et sœurs ont augmenté légèrement au fil du temps. Dans le groupe des enfants provenant d'établissements, un enfant a manifesté un comportement moins colérique, et les autres difficultés de tous les enfants sont demeurées les mêmes (parmi les autres problèmes, il y avait les comportements amicaux non discriminants, la dépendance, l'anxiété ou la crainte, le repli sur soi et la faible capacité d'attention). Parmi les premiers problèmes fréquemment signalés dans le groupe des enfants provenant d'établissements, il y avait des problèmes de santé, des retards de développement, des troubles de l'alimentation et des comportements stéréotypés. Les problèmes de santé se sont poursuivis tout comme les retards sur le plan du développement et les crises de colère. Dans le groupe d'enfants adoptés de leurs parents biologiques, les premières difficultés fréquemment signalées ont été des problèmes de santé et des troubles de l’alimentation (Marcovitch et coll., 1996).

Préparation des parents, services et ressources

  • La plupart des parents ont déclaré que des lectures préparatoires les avait aidés à se préparer aux problèmes de santé et de développement de leur enfant.
  • Les parents ont trouvé utiles les groupes de soutien à l'adoption, les programmes et les cliniques de développement du nourrisson ou de l'enfant, les groupes de jeux préscolaires et la communication avec leur médecin de famille.
  • Les parents ont déclaré que des évaluations et des recommandations relatives au développement, de l'aide concernant la façon d'expliquer les circonstances de l'adoption de leur enfant, le soutien scolaire, les ressources et le soutien aux parents et à l'éducation de l'enfant fournis par d’autres parents qui ont adopté un enfant roumain pourraient être des services utiles.

Conséquences en matière de politiques

  • Selon les auteurs, compte tenu du danger qu’il y a de s'en remettre aux dossiers de santé provenant du pays d'origine de l'enfant, on devrait normalement soumettre celui-ci dès son arrivée au Canada à une évaluation complète (le physique et le développement).
  • On devrait avoir pour objectif de mettre sur pied des programmes d'enseignement qui améliorent la connaissance qu’ont les parents adoptifs des facteurs de risque liés au développement associés à l'adoption d'un enfant roumain, quel que soit son âge.
  • Les auteurs laissent aussi entendre que les parents adoptifs devraient pouvoir accéder à des recherches sur la santé et le développement.

Mme Sharon Marcovitch est membre associée du département des sciences de la santé publique à l'Université de Toronto, en Ontario, et est aussi associée à la Child Development Clinic de l'hôpital pour enfants de Toronto (Ontario).
Laura Cesaroni, M.A., était assistante de recherche pour ce projet.

On peut obtenir le texte intégral aux endroits suivants :

Université de l'Alberta* — (780) 492-3795
Université de la Colombie-Britannique* — (604) 822-6596
Université Dalhousie — (902) 494-8858
Université du Manitoba* — (204) 474-9873
Université McGill — (514) 398-7879
Saskatchewan Social Services Resource Centre Library — (306) 787-3680
Université de Toronto* — (416) 978-2288

Marcovitch, Sharon, Susan GOLDBERG, Amanda GOLD, Jane WASHINGTON, Christine WASSON, Karla KREKEWICH et Mark HANDLEY-DERRY. « Determinants of Behavioural Problems in Romanian Children Adopted in Ontario », International Journal of Behavioral Development, vol. 20(1) (1997), p. 17-31.

Contexte

Le présent article examine plus en profondeur les questions abordées dans l’article suivant : MARCOVITCH, CESARONI, ROBERTS et SWANSON. « Romanian adoption: Parents’ dreams, nightmares and realities » Child Welfare. vol. 74 (1995), p. 936-1032.

L’article repose sur une étude au cours de laquelle on a évalué un sous-groupe composé de 56 familles de l’échantillon de l’Ontario qui avait fait l’objet de l’étude susmentionnée. Ces familles étaient disposées à participer à un projet visant à assurer un suivi médical, psychosocial et développemental plus approfondi de leurs enfants.

Les résultats mettent en évidence les perceptions qu’ont les parents des problèmes de comportement, le niveau de développement des adoptés et l’attachement enfant-parents.

Des 56 enfants adoptés, 37 avaient passé moins de six mois à l’hôpital ou à l’orphelinat (groupe au foyer) et 19 avaient reçu des soins en établissement pendant plus de six mois (groupe en établissement). Les enfants avaient passé en moyenne de 0 à 48 mois en établissement.

Les enfants ont été adoptés par des familles ontariennes entre janvier 1990 et avril 1991. Ils étaient âgés de trois à cinq ans au moment où l’étude a été réalisée.

Problèmes de comportement

Les rapports des parents indiquent que les enfants du groupe en établissement présentaient davantage des caractères introvertis et extravertis. Les caractères introvertis dénotent des problèmes qui peuvent indisposer l’enfant, mais qui ne perturbent pas les autres, p. ex. la dépression et le retrait social. Par contre, les caractères extravertis font apparaître des problèmes qui dérangent les autres, p. ex. l’agressivité et l’hyperactivité. Il n’y avait pas un nombre prépondérant de problèmes liés soit à l’introversion, soit à l’extraversion. Toutefois, les enfants du groupe en établissement étaient plus susceptibles de présenter des problèmes, peu importe le type.

Les enfants du groupe en établissement avaient plus de frères et sœurs auxquels ils devaient s’adapter que ceux du groupe au foyer. Les auteurs émettent l’hypothèse que ce facteur peut avoir contribué à les rendre plus vulnérables aux problèmes de comportement ou à ce que les parents les perçoivent comme ayant davantage de problèmes de comportement.

Niveau de développement

Les résultats qu’ont obtenus dans l’ensemble les enfants du groupe au foyer et ceux du groupe en établissement se situaient dans la moyenne en ce qui concerne le niveau de développement. Les résultats qu’ont obtenus les enfants du groupe au foyer se situaient dans la moyenne supérieure, tandis que ceux qu’ont obtenus les enfants du groupe en établissement étaient dans la moyenne inférieure, ce qui indique que les enfants du groupe au foyer avaient un niveau de développement plus élevé.

On a signalé plus de problèmes de comportement chez les enfants qui ne possédaient pas encore complètement les aptitudes que les enfants de leur âge possèdent en général.

Attachement enfant-parents

Le taux d’attachement sécurisant pour les deux groupes était considérablement plus bas que celui d’un groupe de référence de 38 enfants de quatre ans, en bonne santé, qui avait fait précédemment l’objet d’une étude. Trente pour cent des enfants de ces deux groupes jouissaient d’un attachement sécurisant par rapport à 42 % des enfants du groupe de référence.

L’attachement évitant, le type d’attachement non sécurisant le plus courant dans le groupe de référence, est absent du groupe au foyer et du groupe en établissement. On considère généralement que l’attachement évitant est le reflet des antécédents de soins de l’enfant dans lesquels il est fréquent que la figure d’attachement ne réagisse pas à la détresse du nourrisson. L’enfant apprend à éviter d’exprimer ses besoins d’attachement par peur d’être rejeté. Les auteurs émettent l’hypothèse que l’absence de ce type d’attachement dans les deux groupes est attribuable à trois facteurs : les milieux d’où viennent ces enfants – l’attachement évitant n’aurait pas été adaptatif; les parents qui déploient des efforts pour adopter un enfant d’un autre pays ne sont pas susceptibles de ne pas répondre à la détresse de leur enfant à une fréquence telle que l’enfant deviendrait évitant; la capacité d’établir une relation avec un nouvel enfant revêt une telle importance dans toutes les adoptions qu’il est généralement improbable que les enfants adoptés reçoivent le genre de soins donnant lieu à l’évitement.

Par rapport au groupe de référence, l’attachement dépendant et l’attachement dominateur étaient surreprésentés dans le groupe au foyer et le groupe en établissement. Il n’y avait toutefois pas de différence significative à ce chapitre entre ces deux groupes.

Les enfants jouissant d’un attachement sécurisant présentaient invariablement moins de problèmes de comportement. Toutefois, 20 % des enfants jouissant d’un attachement sécurisant, 36 % des enfants vivant un attachement dépendant et 44 % de ceux vivant un attachement dominateur ont obtenu des résultats supérieurs au seuil établi (de l’aide professionnelle est recommandée dans les cas de problèmes de comportement). Pour ce qui est du groupe de référence, 22 % des enfants jouissant d’un attachement sécurisant, 25 % des enfants vivant un attachement dépendant et 6 % de ceux vivant un attachement dominateur ont obtenu des notes dans l’échelle clinique.

Les auteurs remarquent que les parents se souciaient davantage de la santé et du développement de leur enfant que du type de relation que l’enfant établissait avec eux ou de l’adaptation du comportement de l’enfant. Selon les auteurs, il s’agit là de deux facteurs qui peuvent rendre les enfants adoptés vulnérables. Ils suggèrent donc de sensibiliser davantage les parents adoptifs aux difficultés d’adaptation sociale possibles quand ces derniers se préparent à adopter un enfant.

Dr Sharon Marcovitch est membre associé de la faculté de santé publique et des sciences de l’Université de Toronto (Ontario). Dre Marcovitch et Susan Goldberg sont affiliées au Hospital for Sick Children de Toronto (Ontario).

Pour obtenir le texte complet, veuillez communiquer avec les établissements suivants :

Université de la Colombie-Britannique * — (604) 822-6596
Université de Calgary* (403) — 220-5967
Université Dalhousie (902) — 494-3612
Université du Québec à Trois-Rivières — (819) 376-5011, poste 2283
Université de Toronto* — (416) 978-2288

McDade, Kathryn. International Adoption in Canada: Public Policy Issues. Studies in Social Policy. Institute for Research on Public Policy. Avril 1991.

Contexte

Survol historique de l’adoption internationale au Canada.

Les objectifs visés par McDade dans ce document sont d’examiner les pratiques de l’adoption internationale au Canada et de soulever des questions administratives qui devraient alimenter les prochains débats publics à ce sujet.

Composé de sept sections, ce document traite de l’histoire et des pratiques de l’adoption internationale dans le monde, de l’histoire de l’adoption internationale au Canada, des procédures d’adoption internationale et de l’adoption d’enfants de la Roumanie. Il comprend également une revue de la littérature relative à la recherche sur l’adoption internationale, un résumé des données sur l’adoption internationale au Canada et des conclusions.

L’auteure explique comment l’adoption d’enfants provenant d’autres pays est devenue populaire en Europe après la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée, alors qu’un nombre considérable d’enfants ont dû être déplacés. Dans les années 1970, les enfants victimes de la guerre dans l’Asie du Sud-Est ont également fait l’objet d’adoptions internationales.

McDade souligne que la participation du Canada à l’adoption internationale coïncide avec la diminution du nombre d’enfants canadiens donnés en adoption à des parents d’ici. Le nombre d’adoptions nationales au Canada a atteint un sommet entre les années 1969 et 1971 et a diminué depuis parce que les mères seules sont de plus en plus hésitantes à donner leur bébé en adoption.

En outre, le document aborde les différences qu’il y a dans les processus à suivre pour adopter un enfant à l’étranger et l’amener au Canada à des fins d’adoption dans les années 1980.

McDade explique comment les Canadiens en sont venus à s’intéresser aux orphelins roumains, de même que les règlements et les processus en vigueur à ce moment-là.

Dans ses conclusions, l’auteure décrit les aspects de l’adoption internationale qui requièrent l’attention immédiate des législateurs. Il y a, entre autres, les responsabilités et la responsabilisation des professionnels des secteurs privé et public quant à la réalisation des évaluations des foyers des futurs parents adoptifs, de même que le rôle et la responsabilisation des intervenants du secteur privé chargés de repérer les enfants à adopter et de négocier l’adoption à l’étranger.

Kathryn McDade est affiliée à l’Institut de recherche en politiques publiques.

Pour obtenir le texte complet, veuillez communiquer avec les établissements suivants :

Université de l’Alberta — (780) 492-3795
Université McGill — (514) 398-4732
Ministère des Services communautaires de la Nouvelle-Écosse — (902) 424-7906
Université d’Ottawa — (613) 562-5210
Université de Regina — (306) 585-4290
Université de Toronto — (416) 978-2288

Pomerleau, Andrée, Malcuit, G., Chicoine, J., Séguin, R., Belhumeur, C., Germain, P., Amyot, I. et Jéliu, G. (2005). « Health Status, Cognitive and Motor Development of Young Children Adopted from China, East Asia, and Russia Across the First 6 Months After Adoption ». International Journal of Behavioral Development. Volume 29, numéro 5, pp. 445 à 457.

Contexte

Cet article traite des constatations issues d’une étude longitudinale sur l’adoption, qui porte sur la croissance physique et le développement cognitif et socio-affectif de trois groupes d’enfants ayant fait l’objet d’une adoption internationale. Les chercheurs suivent la progression des enfants adoptés, à partir du moment de leur adoption au Québec, et ils ont comparé l’état de santé, les mensurations anthropométriques (poids, grandeur et périmètre crânien, ratio poids/grandeur et ratio grandeur/âge) et le développement psychologique de 123 enfants adoptés avant l’âge de 18 mois en provenance de la Chine, de l’Asie de l’Est (Vietnam, Taïwan, Thaïlande, Corée du Sud, Cambodge) et de l’Europe de l’Est (à savoir la Russie). Les chercheurs ont aussi recueilli des données auprès de 121 familles adoptives du Québec (119 de langue française et 2 de langue anglaise). La plupart des enfants avaient été confiés à l’adoption à la naissance; certains avaient été placés dans un orphelinat ou dans une famille, tandis que d’autres avaient fait l’objet des deux types de placement.

  1. État de santé et développement moteur à l’arrivée, et trois et six mois plus tard :
    • Les mesures anthropométriques et de la santé indiquent que les enfants de l’Asie de l’Est présentaient, à leur arrivée, des percentiles plus élevés pour le poids et la grandeur que les enfants venant de la Chine et de la Russie. Toutefois, les augmentations en percentile avec le temps étaient plus élevées dans les groupes provenant de la Chine et de la Russie que dans le groupe provenant de l’Asie.
    • Au moment de la première mesure, le ratio grandeur/âge était plus élevé dans le groupe de l’Asie que dans les autres groupes, ce qui n’a pas changé avec le temps.
    • Les données sur l’état de santé et les données médicales ont révélé que, de façon générale, les pourcentages d’enfants ayant des problèmes d’ordre médical ont diminué entre le moment de la première évaluation et celui de la mesure effectuée après six mois.
    • Un plus grand nombre d’enfants d’origine chinoise et asiatique faisaient de l’eczéma et présentaient des anomalies cranio-faciales, tandis qu’un plus grand nombre d’enfants d’origine russe avaient des maladies organiques non dermatologiques et, plus important encore, présentaient des signes de troubles neurologiques (hypotonie musculaire, retards dans la croissance, microcéphalie, etc).
    • Le développement dans son ensemble était plus ardu chez les enfants venant de la Russie que chez les autres enfants. Les enfants venant de l’Asie de l’Est présentaient un développement moteur plus élevé que les autres enfants.
  2. Rapports entre l’état de santé et les mesures du développement; comparaison entre des sous-groupes d’enfants :
    • Comme le montrent les mesures anthropométriques, un meilleur état nutritionnel au moment de l’arrivée est plus ou moins relié à l’obtention de meilleurs résultats sur les plans cognitif ou moteur jusqu’à six mois après ce moment.
    • Les enfants présentant des signes de troubles neurologiques à leur arrivée pourraient progresser au plan moteur s’ils faisaient l’objet d’interventions de suivi adéquates, mais non sur le plan cognitif. Le petit nombre d’enfants se trouvant dans cette situation empêche toutefois de tirer des conclusions sûres.
  3. Rapports entre l’âge des enfants au moment de leur arrivée, les mesures anthropométriques et du développement et les prévisions concernant le développement cognitif et moteur :
    • De façon générale, les enfants qui étaient plus jeunes au moment de leur arrivée présentaient une meilleure condition physique et psychologique que les enfants plus âgés lorsqu’ils ont fait l’objet d’une évaluation peu de temps après leur arrivée ainsi que plus tard.
    • Les enfants d’un ratio grandeur/âge inférieur présentent des résultats initiaux inférieurs pour ce qui est du développement moteur, et les enfants qui présentent des résultats initiaux inférieurs (donc aussi un ratio grandeur/âge inférieur) améliorent davantage ces résultats par la suite. Compte tenu aussi de ces variables, le pays d’origine n’a pas contribué à la variance des résultats pour l’indice du développement moteur (IDM) ou pour l’indice du développement psychomoteur (IDP).
    • Selon les chercheurs, ces deux constatations laissent supposer que les enfants plus jeunes à leur arrivée ont progressé à un rythme plus accéléré que les enfants plus âgés, ce qui renforce l’idée voulant qu’une période prolongée passée, avant l’adoption, dans un milieu instable puisse avoir des effets néfastes sur le développement d’un enfant.

L’article comportait un exposé dans lequel les chercheurs ont soulevé les points suivants :

  • Chez tous les enfants, quel que soit leur pays d’origine, les percentiles du périmètre crânien et les ratios grandeur/âge, la mesure du développement psychique et l’état nutritionnel chronique ont été mis en corrélation avec le développement cognitif et moteur.
  • Les résultats ont révélé que les carences affectives découlant d’expériences vécues avant l’adoption étaient liées aux besoins physiques ainsi que psychologiques.
  • Dans la présente étude, quel que soit le pays d’origine de l’enfant ou sa situation avant l’adoption, l’âge au moment de l’arrivée semble important.
  • En général, les mesures anthropométriques et du développement (sauf pour les enfants présentant des signes de troubles neurologiques au moment de leur arrivée) ont montré de l’amélioration après que les enfants aient passé quelques mois avec leur famille adoptive. Cependant, même six mois après l’adoption, les résultats sur les plans cognitif et moteur ne se situaient pas dans la normale pour tous les enfants.
  • Un meilleur état nutritionnel, une plus courte période avant l’adoption ou l’adoption à un plus jeune âge et l’absence de signes de troubles neurologiques sont des indicateurs prévisionnels d’améliorations rapides pour ce qui est du développement cognitif et moteur. Il semble donc possible de modifier une trajectoire développementale déficiente associée à de premières expériences négatives lorsque les signes d’ordre médical ne sont pas extrêmes et lorsque les carences affectives n’ont pas été très prolongées.

Les chercheurs ayant réalisé cette étude sont associés au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal et à l’Hôpital Sainte-Justine, Université de Montréal. L’article se trouve à l’adresse suivante : International Journal of Behavioral Development 2005. 29 (5), pp. 445 à 457. http://www.tandf.co.uk/journals/pp/01650254.html

Serbin, Lisa. « Research on International Adoption: Implications for Developmental Theory and Social Policy », International Journal of Behavioral Development, vol. 20(1) (1997), p. 83-92.

L’auteure établit le bien-fondé de la recherche sur l’adoption internationale et démontre la pertinence d’un tel travail par rapport à la théorie du développement et à la politique sociale.

Pertinence par rapport au développement humain

Serbin remarque que, dans le milieu de la recherche, on ne semble pas bien comprendre le bien-fondé de la recherche sur l’adoption internationale et on méconnaît les applications pratiques possibles et les enjeux politiques qui peuvent être examinés en faisant de la recherche dans un tel domaine.

Serbin croit également que les parents adoptifs craignent que les chercheurs puissent mettre en doute la légitimité de leurs adoptions et se demander si l’adoption était la meilleure solution dans l’intérêt de leur enfant ou de leur collectivité.

L’auteure souligne que la recherche sur l’adoption internationale peut permettre de comprendre les questions relatives au développement, de même qu’aider les parents et les spécialistes dans le domaine à comprendre les besoins des enfants adoptés et de leur famille et d’y satisfaire.

Expériences d’adoption et participation aux projets de recherche

Serbin affirme que l’expérience des parents pendant et après le processus d’adoption est susceptible d’influer sur leur attitude et leur volonté de participer à des projets de recherche. L’indifférence qui peut être perçue de la part des gouvernements nationaux ou des agences régissant l’adoption peut motiver les parents adoptifs à se liguer contre l’hostilité qu’ils perçoivent du gouvernement ou du public envers eux et leurs enfants. Ces familles peuvent se montrer réticentes à participer à des projets de recherche subventionnés par le gouvernement ou peuvent avoir l’impression qu’elles doivent elles-mêmes payer leurs propres études afin d’éviter tout parti pris. En revanche, lorsque le gouvernement et les bureaux d’aide sociale sont perçus comme étant d’un grand soutien, les parents peuvent être plus enclins à participer à de telles recherches.

Serbin souligne que les perspectives de recherche dépendront des intentions des personnes ou des agences qui réaliseront les recherches. Par exemple, les organismes gouvernementaux nationaux voudront peut-être trouver des façons de maximiser l’intégration sociale des enfants adoptés. Les recherches commanditées par un groupe de parents adoptifs, quant à elles, porteront peut-être davantage sur la détermination des besoins des enfants et de leur famille et mettront l’accent sur le succès que connaît l’adoption internationale. L’auteure fait remarquer que ces exemples montrent comment les fruits de la recherche en adoption internationale seront tributaires des outils et des méthodes utilisés, de même que des questions que l’on tentera d’élucider.

Serbin croit que les chercheurs ont des obligations envers les familles participantes. Ils se doivent de traiter les données avec le plus grand soin qui soit, qu’il s’agisse des questions posées, de la confidentialité des résultats, de leur interprétation ou de leur publication.

Sujets de recherche et méthodes

L’auteure explique comment la recherche sur l’adoption comporte généralement des expériences dans les « conditions naturelles ». Il s’agit d’expériences qui se déroulent auprès d’un groupe d’enfants placés dans des foyers d’adoption, sans qu’il y ait de procédures de contrôle expérimental. Ces enfants peuvent être comparés à ceux d’autres groupes, tels que les frères et sœurs, ou à ceux d’autres groupes d’enfants adoptés. Les expériences dans les conditions naturelles permettent aux chercheurs d’examiner les effets des interventions qui sont réalisées, lesquelles ne peuvent éthiquement être évaluées au moyen de plans expérimentaux proprement dits.

Serbin fait remarquer que l’on peut apprendre beaucoup sur le développement humain et ses limites des premières expériences des adoptés internationaux. De telles expériences comprennent notamment l’abandon des parents, la privation de nourriture et d’attention en bas âge et le placement dans des foyers dont la culture est souvent différente. Les études peuvent également aborder les questions des stades critiques du développement et évaluer l’importance de relations particulières et de certains types de stimulation à des moments précis de la petite enfance. Les études complémentaires approfondies peuvent fournir des renseignements importants sur les effets de structures sociales ou de mécanismes d’attachement atypiques.

La recherche sur l’adoption peut aborder entre autres les thèmes suivants : quelles conditions font en sorte que l’adoption internationale peut être profitable, et à qui profite-t-elle? Quels sont les besoins des adoptés internationaux et de leur famille adoptive? Quels sont les services dont les familles adoptives ou leurs enfants sont susceptibles d’avoir besoin et quels sont les effets possibles?

Répercussions sur la politique sociale

La recherche sur l’adoption internationale a des répercussions importantes sur la politique sociale. Les enfants adoptés peuvent bénéficier de programmes d’intervention précoce et de services médicaux spécialisés afin qu’ils puissent s’épanouir, tant psychologiquement que physiquement. Les familles adoptives peuvent avoir besoin de renseignements et de services d’appui tout au long du processus d’adoption. Les résultats des recherches sur l’expérience que vivent les adoptés internationaux peuvent influer directement sur les politiques nationales en matière d’adoption et d’immigration et les ententes internationales sur l’adoption.

L’auteure est d’avis que les chercheurs dans le domaine du développement humain peuvent jouer un rôle important dans la détermination des besoins et des mesures viables en matière d’adoption internationale. Elle croit que les chercheurs se doivent de présenter leurs observations, en fonction de la recherche et de la théorie, lors des débats sur la politique publique. La recherche dans le domaine du développement peut contribuer à ce que les enfants adoptés et leur famille vivent une expérience positive à long terme.

Dr. Lisa Serbin est affiliée à l’Université Concordia, Montréal (Québec).

Pour obtenir le texte complet, veuillez communiquer avec les établissements suivants :

Université de la Colombie-Britannique* — (604) 822-6596
Université de Calgary* — (403) 220-5967
Université Dalhousie — (902) 494-3612
Bibliothèque nationale du Canada — (613) 996-3566
Université du Québec à Trois-Rivières — (819) 376-5011, poste 2283
Université de Toronto* — (416) 978-2288

Westhues, Anne & Cohen, Joyce (1994) Intercountry Adoption in Canada: Final Report (Adoption internationale au Canada : Rapport final) Ottawa (Ontario). Développement des ressources humaines Canada. Financé par le programme de Subventions nationales au bien-être social (SNBS).

Contexte

Pour de l’information similaire, veuillez vous reporter au document de Westhues, Anne & Cohen, Joyce (1997) intitulé «A Comparison of the Adjustment of Adolescent and Young Adult Inter-country Adoptees and their Siblings». International Journal of Behavioral Development vol. 20(1) p. 47-65.

Les auteures du rapport, Westhues et Cohen, disent qu’en matière d’adoption internationale, la question qui intéresse les décideurs, les fournisseurs de services, les parents adoptifs éventuels et les parents biologiques qui doivent décider s’ils vont abandonner des enfants aux fins d’adoption consiste à savoir si les adoptions interculturelles et transraciales réussissent. Les auteures examinent comment se comportent les enfants adoptifs originaires d’autres pays et leurs familles adoptives une fois qu’ils sont devenus des adolescents, comparativement à leurs frères et sœurs nés au Canada qui sont des enfants nés de mêmes parents ou des frères et sœurs nés au Canada et adoptés ici.

L’échantillon comprend des familles de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec ayant adopté un enfant à l’étranger qui, au moment de l’étude, était âgé d’au moins douze ans. Les enfants en question sont originaires de la Corée du Sud, du Bangladesh, du Vietnam, de Haïti, de l’Inde, du Brésil, de la Colombie, du Guatemala, de la Bolivie, du Chili, du Mexique, de la Jamaïque, des Philippines, de Hong Kong, du Cambodge, de la Chine et de la Zambie. Les entrevues ont été menées auprès de 123 mères, 113 pères, 155 enfants adoptés à l’étranger et 121 frères et sœurs nés de ces parents, à l’exception de16 enfants qui ont été adoptés au Canada. À leur arrivée au Canada, les enfants de l’adoption internationale étaient âgés de trois ans en moyenne et au moment de l’étude ils étaient au Canada depuis environ quatorze années.

Cette étude porte sur les caractéristiques des parents et des enfants, le processus d’adoption, les relations familiales, l’estime de soi, l’école et les amis, l’identité ethnique et raciale et l’expérience du racisme.

Les auteures ont découvert que les jeunes provenant de l’adoption internationale interviewés disent avoir un fort sentiment d’appartenance à leur famille. Leur estime de soi est meilleure que celle de la population en général. Elles ont relevé la même tendance chez les filles adoptives et chez les filles nées au Canada à avoir une estime de soi inférieure à celle des garçons. Westhues et Cohen signalent que les écarts supérieurs peuvent s’expliquer par le statut socio-économique élevé des familles qui adoptent à l’étranger. Les deux groupes de frères et sœurs (les enfants biologiques des parents et les enfants adoptés au Canada) expriment un sentiment d’appartenance à leur famille encore plus grand et décrivent aussi de plus forts sentiments d’estime de soi.

En ce qui a trait aux relations avec leurs semblables, tous les enfants, à l’exception de trois enfants adoptés à l’étranger et de deux frères et sœurs, ont dit avoir des amis. Plus de 50 % des filles adoptives et des sœurs ont dit que leurs amis étaient de race blanche (Westhues & Cohen, 127). Une différence importante a été constatée relativement aux fils adoptifs par rapport à leurs frères en ce que les seconds étaient plus susceptibles d’indiquer que leurs amis étaient d’ethnies diverses. Une vaste majorité d’enfants adoptés à l’étranger ont déclaré avoir eu une expérience déplaisante en raison de leur origine ethnique ou raciale. Dans la plupart des cas, il s’agissait d’insultes de la part de leurs compagnes et compagnons d’études au niveau élémentaire. Dix pour cent des parents n’étaient pas au courant de ces expériences (Westhues & Cohen, 166).

Westhues et Cohen indiquent qu’environ la moitié des enfants adoptés à l’étranger se considèrent comme Canadiens ou Québécois. Toutefois, environ 9 % des enfants adoptés à l’étranger et 3 % de leurs frères auraient des difficultés relativement à leur identité ethnique. Le fait que 10 % des enfants adoptifs de sexe masculin et de sexe féminin disent se considérer comme des personnes de race blanche malgré que leur pays d’origine soit, entre autres, la Corée, le Bangladesh et Haïti, est, signale-t-on, une question peut-être plus préoccupante (Westhues & Cohen, 141). Westhues et Cohen pensent qu’il s’agit peut-être d’un phénomène d’adaptation fonctionnelle en tant que personnes appartenant à une minorité visible non seulement dans la société canadienne, mais aussi dans leur famille. Néanmoins, ce fait inquiète parce qu’il est peu probable que les autres, surtout les personnes en dehors de leur famille, réagissent à leur égard comme s’ils étaient de race blanche. Les frères et les sœurs des enfants adoptifs étaient plus susceptibles de dire qu’ils assumaient d’emblée leur identité ethnique. Leur réaction concernant les questions portant sur l’origine raciale était d’ailleurs semblable.

Soixante et un pour cent des enfants adoptés à l’étranger et 78 % de leurs frères et sœurs croyaient que leurs parents étaient satisfaits ou très satisfaits de leurs résultats scolaires (Westhues & Cohen, 119-120). Dix-sept pour cent des frères et sœurs ont dit être parmi les premiers de leur classe, tandis que seulement 7 % des enfants de l’adoption internationale disaient de même (idem). La grande majorité des parents étaient d’avis que leurs enfants adoptés à l’étranger s’étaient fixés des objectifs de carrière réalistes ou ils acceptaient le droit de leurs enfants de choisir ce qu’ils voulaient devenir.

De nombreux enfants avaient des problèmes de santé au moment de leur arrivée au Canada. Toutefois, environ la moitié de ces problèmes pouvaient être corrigés. Le problème de santé le plus courant était la malnutrition, suivi de troubles intestinaux ou digestifs souvent causés par des parasites. Des éruptions cutanées telles que la gale ou l’eczéma ont été signalées. Les troubles respiratoires, problèmes dentaires, déficiences auditives, problèmes neurologiques et orthopédiques, retards cognitifs, déficiences visuelles, problèmes de motricité globale et fine et anomalies sanguines comptaient parmi les problèmes moins courants pouvant être corrigés. Huit pour cent des enfants adoptés à l’étranger avaient des problèmes de santé permanents, les plus courants étant les troubles neurologiques et orthopédiques et les retards cognitifs. Les déficiences visuelles et auditives, les problèmes de motricité globale et fine, les problèmes respiratoires et les anomalies sanguines comptaient parmi les autres problèmes de santé permanents. Les autres enfants étaient décrits comme étant en bonne santé par les parents.

En se fondant sur les résultats de leur étude, Westhues et Cohen formulent les recommandations suivantes :

  • Que chaque province maintienne ses programmes d’éducation pour les enfants des niveaux élémentaire et secondaire en vue de prévenir le racisme.
  • Que les ministères de l’Éducation et les commissions scolaires locales fournissent des programmes d’éducation et de formation du personnel travaillant dans les écoles concernant la façon de réagir au racisme entre eux et entre les étudiants. Les auteurs de l’étude disent que les enfants adoptés à l’étranger qui sont victimes d’insultes de nature raciale et d’autres comportements perturbateurs doivent se sentir appuyés par le système.
  • Que l’on s’engage à maintenir le coût de l’adoption internationale à un niveau abordable et que les coûts liés à l’adoption soient réglementés afin que l’adoption internationale soit une option viable pour tous les Canadiens.
  • Que des services de placement préalable comportant une composante éducative centrée sur les questions liées à la citoyenneté et aux événements marquants de la vie soient disponibles pour les parents adoptifs éventuels.
  • Que des services de postplacement soient offerts à la fois aux parents et aux enfants adoptifs. Ces services comprendraient des services éducatifs et d’appui tels que le tutorat ou les soins de santé. Ces services devraient être fournis par des employés qui sont sensibles aux différences culturelles et bien renseignés à cet égard.
  • Que les travailleurs sociaux qui effectuent des évaluations psychosociales pour l’adoption internationale soient formés pour connaître la culture, les religions et les mœurs sociales dans les pays où les Canadiens peuvent adopter. La formation devrait inclure les techniques d’évaluation utilisées pour vérifier dans quelle mesure une famille est ouverte à la possibilité de devenir une famille transraciale et multiculturelle.
  • Qu’une formation soit offerte aux professionnels en matière de services à l’enfance et de santé mentale afin de les aider à mieux comprendre la dynamique des familles transraciales et transculturelles.
  • Que des lignes directrices applicables à l’échelle nationale soient élaborées pour les évaluations psychosociales des familles désireuses d’adopter à l’étranger.
  • Qu’une formation soit offerte aux médecins sur les genres de problèmes de santé dont peuvent souffrir les enfants adoptés à l’étranger lorsqu’ils arrivent au pays et les genres de tests qui permettent de dépister ces problèmes.
  • Qu’un système d’information soit créé pour enregistrer le nombre d’enfants admis au Canada chaque année aux fins d’adoption. Des renseignements d’ordre démographique concernant ces enfants et des précisions quant à l’existence d’un lien de parenté avec la famille adoptante seraient d’autres renseignements à introduire dans ce système.
  • Qu’autant d’information que possible soit obtenue concernant les enfants adoptés à l’étranger, y compris de l’information sur ce qu’ils ont vécu jusqu’au moment de leur adoption et, lorsque cela est possible, de l’information concernant leurs parents biologiques et familles élargies.
  • Que le Canada continue d’appuyer, financièrement et au moyen de programmes éducatifs, les pays en voie de développement et notre pays également.

Westhues et Cohen soulignent qu’il n’est pas possible de faire de généralisations concernant la population en général sans risque d’erreur étant donné le taux de réponse peu élevé de leur groupe échantillon. Elles indiquent aussi qu’on ne doit pas perdre de vue la possibilité que les familles qui ont accepté de participer à l’étude pourraient être celles pour qui l’expérience de l’adoption a été bonne.

Anne Westhues est rattachée à la Sir Wilfrid Laurier University de Waterloo (Ontario).
Joyce S. Cohen est rattachée à la University of Toronto de Toronto (Ontario).

Le texte complet est disponible à la bibliothèque du gouvernement de l’Alberta : (780) 427-8400

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Date de modification :
2011-07-25