Le pouvoir des mots et des images
Conseils généraux
Les mots ont chacun un sens précis et ne sont pas interchangeables. Voici certaines distinctions importantes à faire en ce qui a trait aux mots « déficience », « incapacité » et « handicapé ».
- Un handicap est un obstacle lié à l’environnement ou aux attitudes qui empêche une personne de prendre pleinement sa place dans Ia société. Notez que le mot « handicapé » est un adjectif, pas un nom. Ainsi, il faut dire « une personne handicapée », et non pas « un handicapé ».
- Évitez de qualifier les personnes handicapées de « héros », d'« innocente victime » ou encore de personnes « braves », « courageuses » ou « édifiantes ». Choisissez plutôt des termes neutres, qui décrivent avec précision ce dont vous parlez. Souvenez-vous que la majorité des personnes handicapées sont des gens ordinaires, et que les mots et les images utilisés devraient témoigner de leur inclusion dans la société, sauf dans les cas où l’isolement social est le thème traité.
- N’employez pas de mots pouvant susciter Ia gène, Ia culpabilité ou Ia pitié. Les expressions comme « souffre de », « est frappé de » et « malade » laissent entendre que la personne en question souffre physiquement ou mentalement, ce qui n’est pas toujours le cas. La déficience est un état; elle n’est pas nécessairement source de souffrance et ne requiert pas toujours des traitements médicaux.
- Des mots comme « invalide » ou « infirme » donnent l’impression que les personnes handicapées sont des citoyens de seconde zone et qu’elles doivent être exclues des activités offertes aux personnes non handicapées.
L’annexe détachable fournit d’autres exemples de termes appropriés.
Les personnes handicapées n'hésitent pas à utiliser le langage courant pour décrire leurs activités quotidiennes. Ainsi, les personnes en fauteuil roulant vont « marcher », les personnes aveugles « voient » ce que vous voulez dire, etc. Même si les personnes handicapées font certaines choses différemment, cela ne veut pas dire qu’il faut utiliser des mots différents.
N’oubliez pas que certaines déficiences ne sont pas visibles, mais elles n'en sont pas moins réelles. C'est le cas des personnes qui ont I'épilepsie, I'hémophilie, une déficience intellectuelle ou des problèmes d'apprentissage ou de santé mentale. Les personnes qui ont ce genre de limitations sont elles aussi confrontées à des préjugés et à des obstacles lorsqu'elles cherchent à s'intégrer à Ia société.
De plus, dans la mesure du possible, mettez l'accent sur le sujet dont vous voulez traiter. II n'est pas nécessaire de mentionner Ia déficience de Ia personne dont vous parlez à moins, bien sûr, que cela soit le sujet de votre reportage.